01 · Guide
Fonctions et limites du bâtiment
Le porc en bâtiment constitue le cœur du modèle porcin français contemporain. Il ne désigne pas une technique unique : un même élevage peut associer verraterie en stalles ou en petits groupes, gestation collective, maternité conventionnelle ou liberté, post-sevrage chauffé, engraissement sur caillebotis total ou partiel, voire certains lots sur litière. L’intérêt du bâtiment est de maîtriser les flux, l’alimentation, le climat et la biosécurité ; ses points faibles potentiels sont la dépendance à la ventilation et à l’énergie, la concentration des animaux, les émissions, et le risque de dégradation rapide du bien-être en cas de défaut d’ambiance ou d’enrichissement.
La filière reste très concentrée géographiquement : selon les données 2024 provisoires d’Agreste reprises par l’IFIP, la Bretagne produit environ 12,27 millions de porcs charcutiers, soit 56,9 % de la production métropolitaine, et l’ensemble Ouest représente 73,3 %. La production française hors DOM atteint 21,35 millions de têtes en 2024. Pour l’année complète 2025, Agreste estime la production à 22,2 millions de têtes, quasi stable sur un an après le léger rebond de 2024.
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Définition et périmètre du système « porcs en bâtiment »
Un élevage porcin « en bâtiment » est un système dans lequel la totalité ou la majeure partie du cycle d’élevage se déroule dans des locaux couverts et organisés en salles, cases et circuits techniques. Le bâtiment peut être fermé avec ventilation dynamique, semi-ouvert avec ventilation naturelle, ou combiner des volumes fermés et des courettes.
La réglementation française distingue les catégories biologiques et zootechniques : porcelet jusqu’au sevrage, porc sevré jusqu’à dix semaines, porc de production de dix semaines jusqu’à l’abattage ou la saillie, cochette, truie, truie sèche et gravide, truie allaitante et verrat. Chaque catégorie a des contraintes thermiques, comportementales et alimentaires différentes ; il est donc techniquement erroné de concevoir un bâtiment homogène pour tout le troupeau.
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Place dans la filière porcine française
La production nationale a connu une contraction structurelle au cours de la dernière décennie. L’IFIP indique 24,57 millions de porcs produits en métropole en 2010, 22,73 millions en 2020 et 21,35 millions en 2024. Le redressement de 2024 et la stabilisation de 2025 ne compensent donc pas la baisse de long terme. Cette évolution renforce la recherche de productivité par place, de maîtrise des coûts, de pérennité des bâtiments et d’adaptation aux attentes sociétales.
La filière est structurée autour d’un tissu d’élevages de production, d’organisations de producteurs, d’abattoirs et d’industries de charcuterie. L’IFIP recense environ 853 000 truies dans 3 420 élevages de production dans la pyramide génétique 2024, en plus des élevages de sélection et de multiplication. Les choix de bâtiment sont donc aussi des choix de filière : poids de sortie, cadence, type de mâle, statut sanitaire, contrats d’aliment et relation avec l’abattoir.
04 · Guide
Ventilation et confort thermique
Le besoin thermique change fortement entre un porcelet nouveau-né et un porc en engraissement. La conception des entrées et sorties d’air doit répondre aux catégories hébergées et à la densité réelle.
Surveiller température, humidité et comportement des animaux permet de détecter un défaut d’ambiance. Un équipement de ventilation doit être entretenu et prévu avec une réponse en cas de panne.
05 · Guide
Biosécurité et circulation
Les mouvements de personnes, d’animaux et de matériel doivent suivre des circuits identifiés. Un bâtiment bien ventilé ne protège pas à lui seul contre l’introduction d’un agent infectieux.
La conduite en bandes facilite le nettoyage entre lots lorsque les salles peuvent être vidées. Les décisions de bâtiment doivent intégrer le travail quotidien et la capacité réelle de nettoyage.
06 · Guide
Performances de référence 2024 : piloter le bâtiment par les résultats
Les performances de référence 2024 montrent l’enjeu du pilotage du bâtiment. Dans les élevages naisseurs-engraisseurs suivis en GTE, le GMQ technique d’engraissement 30–115 kg est de 858 g/j, l’indice de consommation de 2,61 et les pertes/saisies de 3,4 %. Le tiers supérieur sur la marge atteint 870 g/j, 2,55 d’IC et 2,9 % de pertes, contre 842 g/j, 2,69 et 4,3 % pour le tiers inférieur. Ces écarts ne proviennent pas uniquement du bâtiment, mais l’ambiance, l’eau, l’aliment, le sanitaire, la densité et le fonctionnement des équipements les influencent directement.
| Groupe | GMQ 30–115 kg | Indice de consommation | Pertes et saisies |
|---|---|---|---|
| Élevages suivis en GTE | 858 g/j | 2,61 | 3,4 % |
| Tiers supérieur sur la marge | 870 g/j | 2,55 | 2,9 % |
| Tiers inférieur sur la marge | 842 g/j | 2,69 | 4,3 % |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
La production porcine française progresse-t-elle?
Pas à long terme. L’IFIP indique 24,57 millions de porcs produits en 2010, 22,73 millions en 2020 et 21,35 millions en 2024. Le redressement de 2024 et la stabilisation de 2025 ne compensent pas cette baisse.
Quelle part de la production vient de Bretagne?
Selon les données 2024 provisoires d’Agreste reprises par l’IFIP, la Bretagne produit environ 12,27 millions de porcs charcutiers, soit 56,9 % de la production métropolitaine.
Un bâtiment bien ventilé suffit-il contre les maladies?
Non. Un bâtiment bien ventilé ne protège pas à lui seul contre l’introduction d’un agent infectieux. Les mouvements de personnes, d’animaux et de matériel doivent suivre des circuits identifiés.





