01 · Référence
Définition : qu’est-ce qu’un porc « sur paille » ?
Un élevage porcin sur paille utilise une litière végétale comme interface entre l’animal et un sol plein, ou comme matériau dominant d’une zone de couchage. La paille absorbe une partie de l’urine, se mélange aux fèces et évolue biologiquement pendant le séjour des animaux. Selon le système, la litière reste en place pendant toute la bande (« accumulée » ou « profonde ») ou est retirée régulièrement (« raclée »). [S05][S06]
La fonction de la paille est multiple : confort thermique lorsque la litière est sèche, couchage, absorption de l’humidité, apport de carbone au fumier, matériau de fouissage et de manipulation. Cette multifonctionnalité explique pourquoi la réussite ne se résume pas à « mettre de la paille » : il faut dimensionner la surface, l’air, l’eau, le paillage et la sortie du fumier comme un seul système. [S05]
02 · Référence
Place dans la filière porcine française en 2024-2026
Le système sur paille demeure minoritaire à l’échelle nationale, dans une filière très concentrée et historiquement structurée autour du caillebotis. Fin 2024, le cheptel porcin français compte environ 11,6 millions de têtes ; 68,3 % des animaux sont détenus dans des cheptels de 2 000 porcs ou plus. La Bretagne concentre 55,3 % des effectifs, devant les Pays de la Loire (11,4 %) et la Nouvelle-Aquitaine (6,9 %). [S02]
En 2025, la production française atteint 22,2 millions de têtes, quasi stable sur un an (-0,2 %), tandis que le tonnage progresse de 0,7 % grâce à l’augmentation du poids moyen d’abattage. Le prix moyen du porc est de 1,93 €/kg carcasse, en recul de 8,6 % sur un an ; le coût moyen de l’aliment baisse de 1,9 %. La consommation progresse de 2,7 % et le taux d’approvisionnement est de 98,1 %. [S03]
Ces chiffres de Label Rouge et de bio donnent un ordre de grandeur des filières différenciées, mais ne constituent pas un recensement des porcs sur paille : un élevage sur paille peut être conventionnel et un produit Label Rouge peut relever d’un cahier des charges dont les exigences de logement sont spécifiques. [S04]
03 · Référence
Dimensionner la surface : minima légaux, recommandations techniques et bio
La surface minimale réglementaire et la surface techniquement conseillée sur paille répondent à deux logiques différentes. Le droit fixe un plancher de protection animale ; la recommandation IFIP vise le fonctionnement de la litière, avec davantage de carbone, d’oxygène et de place pour dissocier repos et déjections. [S05][S20]
Pour une salle de 100 porcs à 100 kg, 0,65 m²/porc correspond au minimum réglementaire général, soit 65 m² d’espace libre ; le repère IFIP paille de 1,20–1,30 m²/porc conduit plutôt à 120–130 m². Le bâtiment, les équipements et les circulations doivent ensuite être dimensionnés au-delà de cette seule surface animale. [S05][S20]
04 · Référence
Concevoir la case : zonage, sol, barrières et accès
La case fonctionne mieux lorsque le porc peut lire l’espace : repos sec et calme, ressources (aliment/eau) dans une zone distincte, déjections dans une zone plus humide et plus froide. L’IFIP recommande explicitement ce raisonnement par zones. Dans les nouveaux concepts BâtiPorc C4E, la localisation des abreuvoirs, des zones d’activité et des conditions microclimatiques est utilisée pour orienter le comportement de déjection. [S05][S15]
05 · Référence
Besoin en paille : références, calculs et qualité
Les besoins sont très variables avec le poids, la saison, le type de litière, la surface, l’abreuvement et la fréquence d’entretien. Les repères IFIP Bâtisanté sont particulièrement utiles car ils donnent à la fois une moyenne et une plage observée. [S05]
En engraissement, l’IFIP recommande également un paillage initial d’environ 10 kg/porc. L’entretien commence souvent 3 à 4 semaines après l’entrée et se poursuit environ tous les 7 à 10 jours ; en période froide, l’évaporation diminue et la fréquence doit souvent augmenter. [S05]
06 · Référence
Démarrer et entretenir une litière accumulée
Une litière « active » n’est pas forcément chaude partout. L’objectif n’est pas de composter sous les animaux à n’importe quelle température, mais de conserver une matrice poreuse et suffisamment sèche pour absorber, favoriser l’aération et limiter les zones fortement anaérobies. Un fumier noir, collant, saturé d’eau et dégageant une forte odeur d’ammoniac est un signal de dysfonctionnement, pas un signe de « bonne fermentation ». [S05][S09]
07 · Référence
Eau, humidité et abreuvement : premier levier de réussite
L’IFIP fixe pour l’élevage sur paille un repère spécifique : en post-sevrage et engraissement, limiter le débit des abreuvoirs à environ 0,8 L/min et ne pas les placer dans l’aire paillée. La fiche générale Bâtisanté donne pour les porcs à l’engrais des repères de 0,8–1,0 L/min en bol et 0,5–0,8 L/min en sucette ; le réglage doit donc être cohérent avec le type d’abreuvoir et la maîtrise de la litière. [S05]
08 · Référence
Ambiance, ventilation et confort thermique
Sur paille, l’IFIP propose une température de consigne de 5 à 7 °C inférieure à celle utilisée sur sol ajouré, car une litière sèche isole l’animal du sol froid. Cette référence ne signifie pas qu’il faut laisser les porcs subir le froid : elle suppose une litière fonctionnelle, un bâtiment protégé des courants d’air et une conduite adaptée au poids. [S05]
La fiche Bâtisanté indique également un renouvellement d’air supérieur d’environ 30 % à celui recommandé pour le caillebotis afin d’évacuer la vapeur d’eau produite par les animaux et le fumier. Dans les bâtiments ventilés naturellement, les ouvertures et rideaux doivent pouvoir être réglés bande par bande lorsque des âges différents coexistent. [S05]
| Nature de l’information | Traitement dans ce dossier | Exemples |
|---|---|---|
| Réglementation | Texte en vigueur identifié et date de consultation précisée | Surfaces minimales, lumière, matériaux manipulables, biosécurité, ICPE, bio |
| Données de filière | Millésime explicitement indiqué | Cheptel 2024, production/prix 2025, conjoncture 2026 |
| Références techniques | Source et ancienneté indiquées | IFIP Bâtisanté, BâtiPorc C4E, Trinottières |
| Références anciennes | Utilisées comme ordres de grandeur, jamais comme « prix 2026 » | fumier/paille, surcoûts historiques, émissions |
| Calculs SILLOVA | Hypothèses affichées et formules reproductibles | besoin annuel de paille, sensibilité coût, surface de bâtiment |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur définition : qu’est-ce qu’un porc « sur paille » ? ?
Un élevage porcin sur paille utilise une litière végétale comme interface entre l’animal et un sol plein ou comme matériau dominant d’une zone de couchage La paille absorbe une partie de l’urine se mélange aux fèces et évolue biologiquement pendant le séjour des animaux Selon le système la litière reste en place pendant toute la bande accumulée ou profonde ou est retirée régulièrement raclée S05 S06 La fonction de la paille est multiple confort thermique lorsque la litière est sèche couchage absorption de l’humidité apport de carbone au fumier matériau… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur place dans la filière porcine française en 2024-2026 ?
Le système sur paille demeure minoritaire à l’échelle nationale dans une filière très concentrée et historiquement structurée autour du caillebotis Fin 2024 le cheptel porcin français compte environ 11 6 millions de têtes 68 3 des animaux sont détenus dans des cheptels de 2 000 porcs ou plus La Bretagne concentre 55 3 des effectifs devant les Pays de la Loire 11 4 et la Nouvelle-Aquitaine 6 9 S02 En 2025 la production française atteint 22 2 millions de têtes quasi stable sur un an -0 2 tandis que le… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur dimensionner la surface : minima légaux, recommandations techniques et bio ?
La surface minimale réglementaire et la surface techniquement conseillée sur paille répondent à deux logiques différentes Le droit fixe un plancher de protection animale la recommandation IFIP vise le fonctionnement de la litière avec davantage de carbone d’oxygène et de place pour dissocier repos et déjections S05 S20 Pour une salle de 100 porcs à 100 kg 0 65 m² porc correspond au minimum réglementaire général soit 65 m² d’espace libre le repère IFIP paille de 1 20 1 30 m² porc conduit plutôt à 120 130 m² Le bâtiment… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur concevoir la case : zonage, sol, barrières et accès ?
La case fonctionne mieux lorsque le porc peut lire l’espace : repos sec et calme, ressources (aliment/eau) dans une zone distincte, déjections dans une zone plus humide et plus froide. L’IFIP recommande explicitement ce raisonnement par zones. Dans les nouveaux concepts BâtiPorc C4E, la localisation des abreuvoirs, des zones d’activité et des conditions microclimatiques est utilisée pour orienter le comportement de déjection. [S05][S15] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur besoin en paille : références, calculs et qualité ?
Les besoins sont très variables avec le poids, la saison, le type de litière, la surface, l’abreuvement et la fréquence d’entretien. Les repères IFIP Bâtisanté sont particulièrement utiles car ils donnent à la fois une moyenne et une plage observée. [S05] En engraissement, l’IFIP recommande également un paillage initial d’environ 10 kg/porc. L’entretien commence souvent 3 à 4 semaines après l’entrée et se poursuit environ tous les 7 à 10 jours ; en période froide, l’évaporation diminue et la fréquence doit souvent augmenter. [S05] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur démarrer et entretenir une litière accumulée ?
Une litière « active » n’est pas forcément chaude partout. L’objectif n’est pas de composter sous les animaux à n’importe quelle température, mais de conserver une matrice poreuse et suffisamment sèche pour absorber, favoriser l’aération et limiter les zones fortement anaérobies. Un fumier noir, collant, saturé d’eau et dégageant une forte odeur d’ammoniac est un signal de dysfonctionnement, pas un signe de « bonne fermentation ». [S05][S09] [S01][S02][S03]





