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Grandes cultures · Conduite de l’orge

Montaison de l’orge

La montaison de l’orge correspond à l’allongement des entre-nœuds, du début du stade 3 BBCH à la dernière feuille. Observer les nœuds et l’épi en formation aide à placer les interventions selon le stade réel.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 7 min
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Montaison de l’orge — illustration documentaire (Grandes cultures, Conduite de l’orge)
Montaison de l’orge · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Quatre points pour guider la lecture.

Début

Épi 1 cm

Nœuds

Observer la tige

Rendement

Talles fertiles

Fin

Dernière feuille

01 · Guide

Comprendre la montaison de l’orge

La montaison correspond à la phase d’élongation de la tige des céréales. Dans l’échelle BBCH, elle occupe le stade principal 3, de BBCH30 à BBCH39. Sur le terrain, le passage de fin tallage à montaison ne doit pas être décidé à partir de la seule hauteur du couvert: on dissèque la base d’une tige représentative, on localise l’épi en développement et on identifie les nœuds réellement séparés par des entre-nœuds. BBCH31 correspond au premier nœud détectable, BBCH32 au deuxième, tandis que BBCH37–39 marquent l’apparition puis l’étalement complet de la dernière feuille.

Cette phase est beaucoup plus qu’un simple allongement. L’orge transforme rapidement son architecture: certaines talles régressent, les talles survivantes deviennent des tiges fertiles, les derniers entre-nœuds s’allongent, le couvert intercepte davantage de rayonnement et l’épi poursuit sa différenciation à l’intérieur de la gaine. La période précédant l’épiaison est critique pour le nombre de grains: la survie des structures reproductrices et la disponibilité en assimilats deviennent déterminantes.

La campagne française 2026 fournit un exemple très démonstratif. En Champagne-Ardenne, ARVALIS a observé une montaison des orges d’hiver du 15 mars (épi 1 cm) au 25 avril (épiaison), soit 39 jours contre 44 jours en moyenne pluriannuelle. Cinq à six semaines presque sans pluie ont limité la montée à épi, avec 10 à 20 % d’épis manquants selon les sols, alors qu’un bon rayonnement a permis de préserver une fertilité d’épi correcte.

02 · Guide

Définition : qu’appelle-t-on montaison chez l’orge?

La montaison est la phase pendant laquelle les entre-nœuds du chaume s’allongent et éloignent progressivement l’épi du plateau de tallage. Elle commence après la transition reproductive de l’apex: lorsque l’agriculteur voit la tige s’allonger, l’épi a déjà commencé depuis un certain temps son développement interne. La montaison se termine pratiquement avec l’étalement de la dernière feuille et le passage au gonflement puis à l’épiaison.

Quatre dimensions doivent être distinguées: le développement phénologique (BBCH), l’allongement physique de la tige, la dynamique du peuplement de tiges fertiles et la construction de l’épi. Deux parcelles à même BBCH peuvent donc présenter des biomasses, hauteurs, risques de verse ou niveaux de stress très différents.

03 · Guide

Échelle BBCH 30–39 : repères précis

L’échelle BBCH est une convention de description du développement; elle ne remplace pas l’observation. Les codes 30 à 39 décrivent la progression de l’élongation de la tige et l’apparition de la dernière feuille. AHDB rappelle qu’un nœud n’est compté que si l’entre-nœud qui le précède est suffisamment allongé: le premier nœud détectable doit être au-dessus d’un entre-nœud d’au moins 1 cm; pour les nœuds suivants, l’entre-nœud séparant les nœuds doit être clairement allongé.

04 · Guide

De la fin tallage à BBCH30 : la transition est déjà reproductive

La transition végétatif–reproductif de l’apex précède la montaison visible. L’épi embryonnaire passe par des phases d’initiation et de différenciation des épillets puis des organes floraux. La littérature physiologique sur l’orge montre que le potentiel de grains est en partie créé tôt, mais qu’une proportion importante des structures initiées peut ensuite avorter; le rendement final dépend donc fortement de leur survie pendant la période reproductive précédant l’épiaison.

Cette dissociation entre stade externe et stade interne explique pourquoi un couvert encore peu haut peut déjà être engagé dans une phase décisive. Les décisions d’azote, d’eau, de protection contre les maladies et de régulation doivent être raisonnées en fonction du stade réel, pas d’une impression de vigueur.

05 · Guide

Anatomie de la tige pendant la montaison

Le chaume d’orge est formé d’une succession de nœuds et d’entre-nœuds. L’allongement n’est pas uniforme: les entre-nœuds bas se constituent tôt et jouent un rôle important dans la résistance mécanique, tandis que les entre-nœuds supérieurs contribuent fortement à la hauteur finale. AHDB indique que la hauteur finale de l’orge résulte principalement de l’allongement des cinq derniers entre-nœuds et qu’à GS39 la culture a déjà atteint près de la moitié de sa hauteur potentielle finale dans ses benchmarks britanniques.

Les nœuds portent les gaines foliaires et constituent des repères morphologiques. Le risque de verse de tige est lié au rapport entre la résistance mécanique des premiers entre-nœuds et les forces appliquées par vent, pluie et poids de l’épi. La qualité de constitution de la base de tige entre début montaison et 1–2 nœuds est donc stratégique.

06 · Guide

La montaison trie les talles : du maximum de tiges au nombre d’épis

Le nombre maximal de talles est généralement atteint autour de la fin du tallage/début montaison. Toutes ne montent pas à épi. L’orge élimine des pousses moins compétitives lorsque la demande en lumière, eau et nutriments augmente. Une étude de trois ans sur orges d’hiver et de printemps a montré que le nombre d’épis à récolte était fortement corrélé au rendement et que la mortalité des talles se produisait surtout avant l’anthèse.

La montaison est ainsi une phase de conversion: le système passe d’un stock de pousses potentielles à un nombre de tiges reproductrices. Les talles les plus précoces, bien enracinées et déjà développées disposent d’un avantage. À l’inverse, talles tardives, peu feuillées ou sous couvert très dense sont plus exposées à la régression.

07 · Guide

Montaison et construction du rendement

Le rendement peut être décomposé en nombre d’épis par mètre carré × grains par épi × poids du grain. La montaison agit directement sur les deux premières composantes: elle détermine la survie des talles jusqu’à l’épi et accompagne la période où se construit la fertilité de l’épi. La synthèse physiologique consacrée à l’orge décrit une « période critique » juste avant l’épiaison, au cours de laquelle la survie des structures reproductrices est particulièrement déterminante pour le nombre de grains.

08 · Guide

Orge d’hiver et orge de printemps : deux montaisons très différentes

La durée et les besoins pendant la montaison diffèrent entre orges d’hiver et de printemps.

Repères à vérifier dans la parcelle ou le contrat.
DimensionCe qui change pendant la montaisonIndicateur terrain
PhénologiePassage BBCH30 → BBCH39Nœuds, dernière feuille, position de l’épi
ArchitectureAllongement des entre-nœudsHauteur de tige et longueur des entre-nœuds
PeuplementRégression puis stabilisation des talles fertilesTiges/m² puis épis/m²
ÉpiCroissance rapide et survie des structures reproductricesDissection, stade interne, futur grains/épi
CouvertForte expansion de surface verteGAI, fermeture du couvert, biomasse

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

À quel stade commence la montaison de l’orge?

Elle commence au stade BBCH30, avec l’épi 1 cm, et occupe le stade principal 3 jusqu’à BBCH39. BBCH31 correspond au premier nœud détectable.

Peut-on déterminer la montaison à la seule hauteur du couvert?

Non. Le passage de fin tallage à montaison se décide en disséquant la base d’une tige représentative, en localisant l’épi et en identifiant les nœuds réellement séparés.

Le rendement se joue-t-il pendant la montaison?

En partie. La montaison détermine la survie des talles jusqu’à l’épi et accompagne la construction de la fertilité de l’épi, qui conditionnent le nombre d’épis et de grains.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.