01 · Référence
Points de décision
L’épiaison est la phase où l’épi d’orge sort progressivement de la gaine de la dernière feuille. Dans l’échelle BBCH des céréales, elle correspond au stade principal 5, de BBCH51 à BBCH59 : premier épillet visible, puis 20, 30, 40, 50, 60, 70, 80 % de l’épi émergé, jusqu’à l’épi complètement sorti au-dessus de la ligule de la feuille drapeau. Le stade BBCH49, « premières barbes visibles », appartient encore au gonflement ; il ne doit donc pas être confondu avec le début officiel de l’épiaison.
Chez l’orge, une difficulté majeure est que l’épiaison n’est pas synonyme de floraison. Plusieurs orges, surtout de printemps à floraison fermée, réalisent l’anthèse et la fécondation alors que l’épi est encore partiellement ou totalement dans la gaine, souvent autour de la sortie des barbes. À l’inverse, certaines orges à floraison plus ouverte peuvent extruder des anthères après l’émergence de l’épi.
L’épiaison est aussi un excellent point de contrôle du potentiel installé : le nombre d’épis/m² est alors pratiquement fixé, la hauteur finale est presque atteinte, le couvert approche son maximum de surface verte, et la future capacité de remplissage dépend de la fertilité des épis et de la durée pendant laquelle feuilles, tiges, barbes et épis restent fonctionnels. AHDB situe le maximum de GAI de l’orge d’hiver autour de GS59 dans ses références britanniques et recommande de préserver un couvert vert plusieurs semaines après l’émergence des épis.
La campagne française 2026 illustre fortement l’effet du climat. En Champagne-Ardenne, l’épiaison des orges d’hiver a été observée autour du 25 avril après une montaison de 39 jours, contre 44 jours en moyenne pluriannuelle, avec 10 à 20 % d’épis manquants selon les sols à la suite du déficit hydrique. En Bourgogne-Franche-Comté, le stade est également survenu fin avril, environ une semaine en avance sur la médiane ; sur les plateaux, la densité d’épis était jusqu’à 30 % inférieure à la moyenne décennale et la fertilité a parfois été pénalisée par le stress.
02 · Référence
Définition : qu’appelle-t-on épiaison chez l’orge?
L’épiaison désigne l’émergence de l’inflorescence — l’épi — hors de la gaine de la feuille drapeau. Elle est provoquée par l’allongement du dernier entre-nœud, souvent appelé pédoncule, qui élève l’épi au-dessus du couvert. L’épi est déjà formé depuis longtemps : l’épiaison n’est donc pas la création de l’épi mais son apparition externe.
Sur le plan agronomique, le stade est utile parce qu’il marque la fin d’une longue phase de construction pré-anthèse et le début d’une période dominée par la fécondation, le début du développement des grains, la protection de la surface verte et le transfert progressif d’assimilats vers l’épi. Chez l’orge, l’enchaînement est rapide et peut être moins intuitif que chez le blé car la floraison peut précéder l’épiaison visible.
03 · Référence
Échelle BBCH 50–59 : repères précis
Dans la BBCH céréales, le pourcentage d’émergence est évalué par rapport à la longueur de l’épi visible au-dessus de la ligule de la feuille drapeau. Pour un suivi précis, les barbes ne doivent pas être utilisées seules comme mesure de longueur de l’épi : elles peuvent sortir alors que l’épi reste en partie dans la gaine.
04 · Référence
Épiaison ≠ floraison : la particularité essentielle de l’orge
La littérature souligne explicitement que « heading date » et « flowering time » ne sont pas interchangeables chez l’orge. Chez de nombreuses orges de printemps, la fécondation se produit autour de la sortie des barbes, alors que l’épi est encore enfermé dans la gaine ; l’extrusion ultérieure d’anthères peut être un phénomène distinct de la fécondation. Cette dissociation est importante en phénotypage, en diagnostic de stress et en positionnement des interventions.
Des guides agronomiques nord-américains distinguent les orges à floraison fermée, qui fleurissent typiquement avant ou pendant l’émergence de l’épi, et les types plus ouverts où l’extrusion des anthères peut survenir après la sortie. Le comportement est variétal ; on ne peut donc pas déduire l’état reproductif à partir de la seule visibilité des anthères.
05 · Référence
Comment reconnaître l’épiaison au champ sans se tromper
Le diagnostic doit partir du maître-brin, puis intégrer des talles fertiles. Prélever des plantes sur plusieurs zones représentatives, repérer la feuille drapeau et sa ligule, puis estimer la proportion de l’épi qui dépasse réellement cette ligule. Les bordures, zones tassées, passages de roues et plages d’hydromorphie sont à échantillonner séparément si elles constituent des unités agronomiques différentes.
06 · Référence
Du gonflement à l’épi sorti : mécanique de l’émergence
Avant BBCH51, l’épi est protégé dans la gaine de la feuille drapeau. L’allongement du pédoncule pousse progressivement l’épi vers l’ouverture de la gaine. Les dernières phases d’élongation de tige se poursuivent pendant l’épiaison, mais AHDB indique qu’après GS59 les augmentations de hauteur deviennent faibles : la majeure partie de la stature est alors acquise.
La gaine exerce une contrainte mécanique sur l’épi et les barbes. Une émergence anormalement lente ou incomplète peut être liée à un stress sévère, à un dommage mécanique, à une forte réduction d’allongement du pédoncule ou à des particularités variétales. Le diagnostic doit distinguer un simple décalage de stade d’un défaut réel de sortie.
07 · Référence
Les barbes : signal précoce mais mauvais raccourci de stade
L’orge est souvent très barbue et les arêtes peuvent émerger plusieurs jours avant que l’épi soit réellement visible. C’est précisément pourquoi BBCH49 existe. Dans les guides de protection de l’orge, la « sortie des barbes » constitue une fenêtre agronomique fréquemment citée, notamment pour la protection de la dernière feuille et la ramulariose, mais elle reste distincte de BBCH51–59.
08 · Référence
Épi à 2 rangs, 6 rangs et hybrides : ce que l’épiaison révèle
Chez l’orge à deux rangs, les épillets sont groupés par trois mais seul l’épillet central est fertile ; chez les six rangs, les trois épillets peuvent être fertiles. Les hybrides commerciaux d’orge d’hiver sont généralement des six rangs. Cette architecture modifie le nombre potentiel de grains par épi, le besoin de compensation par la densité d’épis et l’aspect visuel de la parcelle à épiaison.
| Terme | Définition opérationnelle | À ne pas confondre avec |
|---|---|---|
| Sortie des barbes | Premières arêtes visibles ; typiquement BBCH49 | Épiaison officielle BBCH51+ |
| Épiaison | Épi sortant de la gaine de la feuille drapeau | Floraison / fécondation |
| Floraison / anthèse | Maturation ou extrusion des anthères et fécondation | Simple sortie physique de l’épi |
| Épi sorti | Épi entièrement dégagé au-dessus de la ligule : BBCH59 | Maturité ou grain formé |
| Heading date | Convention de date d’épiaison utilisée en expérimentation | Date biologique de fécondation si non explicitée |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Épiaison et floraison sont-elles la même chose chez l’orge?
Non. L’épiaison est la sortie de l’épi hors de la gaine, tandis que la floraison (anthèse) peut précéder ou suivre cette sortie selon le type d’orge. Le comportement est variétal.
Les barbes visibles signalent-elles l’épiaison?
Non. Les barbes peuvent sortir alors que l’épi reste en partie dans la gaine. La sortie des barbes (BBCH49) appartient encore au gonflement.
Quel stade marque un épi entièrement sorti?
L’épi entièrement dégagé au-dessus de la ligule correspond à BBCH59. La sortie progresse par étapes, de BBCH51 à BBCH59.





