01 · Référence
Synthèse exécutive : les points essentiels
Le mildiou de la tomate est provoqué par Phytophthora infestans, un oomycète du groupe des Chromista/Oomycota. L’appeler « champignon » est courant en pratique mais taxonomiquement imprécis : sa biologie, notamment le rôle des zoospores et de l’eau libre, explique une partie de son comportement épidémique.
La maladie peut évoluer très vite. INRAE/ePhytia indique qu’une infection peut se réaliser en environ 3 à 4 heures, que les premières taches peuvent apparaître 4 à 7 jours après contamination et qu’une lésion peut produire des milliers de sporanges. En conditions fraîches et humides, plusieurs cycles secondaires se succèdent rapidement.
02 · Référence
Agent causal, taxonomie et identité
Phytophthora infestans (Mont.) de Bary est l’agent du mildiou tardif (« late blight ») de la pomme de terre et de la tomate. INRAE/ePhytia le classe parmi les Chromista, embranchement Oomycota, classe Oomycetes, sous-classe Peronosporomycetidae, ordre Peronosporales et famille Peronosporaceae. Les anciens noms Botrytis infestans et Peronospora infestans expliquent une partie de la littérature historique.
La distinction oomycète/champignon n’est pas seulement académique. Les oomycètes ont une biologie et une phylogénie distinctes des vrais champignons, avec des zoospores flagellées dans le cycle de P. infestans et une forte dépendance à l’eau pour la contamination. Cette spécificité se traduit aussi dans les cibles moléculaires de certaines familles de produits phytopharmaceutiques.
03 · Référence
Pourquoi ce pathogène reste redoutable en France
La France combine plusieurs situations favorables au mildiou : cultures de tomate de plein champ et d’industrie exposées aux pluies et rosées, abris où une mauvaise gestion de l’hygrométrie peut prolonger l’humectation, proximité possible avec des cultures de pomme de terre, et succession de périodes orageuses puis tempérées. ePhytia note qu’en France l’incidence sur tomate s’est renforcée depuis les années 1990 avec l’arrivée et l’installation de nouvelles populations, notamment du type sexuel A2.
Le risque n’est pas homogène Un été chaud et sec peut interrompre ou ralentir l’épidémie tandis qu’un simple basculement vers des nuits humides des rosées persistantes des pluies orageuses ou une irrigation mouillant le feuillage peut recréer une fenêtre de contamination C’est pourquoi l’approche SILLOVA doit séparer trois notions inoculum présent conditions météorologiques favorables et…
04 · Référence
Plantes hôtes, réservoirs et ponts épidémiologiques
La tomate et la pomme de terre sont les hôtes économiques majeurs. ePhytia cite aussi des Solanaceae cultivées ou sauvages pouvant héberger le pathogène : aubergine, piment/poivron dans certains contextes, pépino, morelle noire, Datura, Lycium, Nicotiana glauca, Petunia, Physalis et d’autres Solanum. L’importance réelle de chaque espèce comme réservoir varie selon la région, la souche et sa capacité à sporuler.
Les repousses et plantes spontanées ont une importance pratique disproportionnée un petit nombre de plants infectés peut produire une quantité massive de sporanges au moment où la culture principale devient sensible Les tas de déchets de pommes de terre tubercules infectés repousses de pomme de terre et tomates abandonnées doivent être considérés comme des ponts…
05 · Référence
Symptômes détaillés par organe et par stade
Le premier signe est souvent une plage humide ou huileuse, vert pâle à vert brun, mal délimitée. La lésion s’élargit rapidement, brunit puis se nécrose. Une marge livide peut entourer la zone atteinte. Lorsque l’humidité est élevée, un duvet blanc discret et fugace apparaît surtout sur la face inférieure, à la périphérie des lésions : il correspond aux sporangiophores et sporanges.
Sous forte pression, les lésions confluent. Des folioles entières, puis des feuilles, rameaux et parfois l’ensemble du plant peuvent se dessécher en quelques jours. La vitesse de progression est un critère diagnostique important : elle est souvent bien plus brutale que l’alternariose, qui évolue progressivement avec des lésions concentriques sur tissus plus âgés.
06 · Référence
Diagnostic différentiel : éviter les faux positifs et faux négatifs
Le diagnostic au champ doit combiner l’aspect des lésions, leur position sur la plante, la dynamique temporelle et les conditions météorologiques des jours précédents. Un duvet blanc absent au moment de l’observation n’exclut pas le mildiou : il est fugace et dépend d’une forte humidité. À l’inverse, la présence de moisissure secondaire sur une nécrose ne suffit pas à identifier P. infestans.
07 · Référence
Cycle biologique : de l’inoculum au foyer épidémique
Figure 2 — Cycle épidémique simplifié de Phytophthora infestans sur tomate.
Le cycle comporte une phase asexuée extrêmement efficace et lorsque les types sexuels compatibles A1 et A2 se rencontrent une phase sexuée En asexué les sporanges produits sur les lésions sont disséminés germent directement ou libèrent des zoospores provoquent une nouvelle infection puis une nouvelle vague de sporulation Ce mécanisme explique la nature polycyclique de…
08 · Référence
Infection, pénétration et colonisation des tissus
Lorsqu’un sporange atteint un limbe humide, il peut libérer des zoospores flagellées ; ePhytia situe l’optimum de libération autour de 13 °C. Les zoospores se fixent, germent puis pénètrent surtout par les stomates, mais une pénétration directe à travers cuticule et cellules épidermiques est aussi décrite. Les sporanges peuvent également germer directement par un tube germinatif.
L’infection peut être réalisée en 3 à 4 heures dans des conditions favorables Le mycélium non cloisonné colonise ensuite rapidement les tissus ePhytia cite une température optimale de croissance d’environ 23 C Les premières lésions deviennent visibles 4 à 7 jours après contamination ce qui crée un décalage dangereux entre l’événement infectieux et le diagnostic…
| Champ | Référence |
|---|---|
| Page SILLOVA | 472 — Mildiou de la tomate |
| Bloc | N — Maladies des cultures — fiches individuelles |
| Culture | Tomate (Solanum lycopersicum) — plein champ, industrie et sous abri |
| Agent principal | Phytophthora infestans — oomycète, et non champignon vrai |
| Date de vérification réglementaire | 20 août 2026 |
| Connexions SILLOVA | Maladies des cultures • Tomate • Tomate plein champ • Tomate sous serre • Irrigation maraîchère • Biocontrôle • Produits phytopharmaceutiques |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur synthèse exécutive : les points essentiels ?
Le mildiou de la tomate est provoqué par Phytophthora infestans un oomycète du groupe des Chromista Oomycota L’appeler champignon est courant en pratique mais taxonomiquement imprécis sa biologie notamment le rôle des zoospores et de l’eau libre explique une partie de son comportement épidémique La maladie peut évoluer très vite INRAE ePhytia indique qu’une infection peut se réaliser en environ 3 à 4 heures que les premières taches peuvent apparaître 4 à 7 jours après contamination et qu’une lésion peut produire des milliers de sporanges En conditions fraîches et humides… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur agent causal, taxonomie et identité ?
Phytophthora infestans Mont de Bary est l’agent du mildiou tardif late blight de la pomme de terre et de la tomate INRAE ePhytia le classe parmi les Chromista embranchement Oomycota classe Oomycetes sous-classe Peronosporomycetidae ordre Peronosporales et famille Peronosporaceae Les anciens noms Botrytis infestans et Peronospora infestans expliquent une partie de la littérature historique La distinction oomycète champignon n’est pas seulement académique Les oomycètes ont une biologie et une phylogénie distinctes des vrais champignons avec des zoospores flagellées dans le cycle de P infestans et une forte dépendance à l’eau… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur pourquoi ce pathogène reste redoutable en france ?
La France combine plusieurs situations favorables au mildiou cultures de tomate de plein champ et d’industrie exposées aux pluies et rosées abris où une mauvaise gestion de l’hygrométrie peut prolonger l’humectation proximité possible avec des cultures de pomme de terre et succession de périodes orageuses puis tempérées ePhytia note qu’en France l’incidence sur tomate s’est renforcée depuis les années 1990 avec l’arrivée et l’installation de nouvelles populations notamment du type sexuel A2 Le risque n’est pas homogène Un été chaud et sec peut interrompre ou ralentir l’épidémie tandis qu’un simple… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur plantes hôtes, réservoirs et ponts épidémiologiques ?
La tomate et la pomme de terre sont les hôtes économiques majeurs ePhytia cite aussi des Solanaceae cultivées ou sauvages pouvant héberger le pathogène aubergine piment poivron dans certains contextes pépino morelle noire Datura Lycium Nicotiana glauca Petunia Physalis et d’autres Solanum L’importance réelle de chaque espèce comme réservoir varie selon la région la souche et sa capacité à sporuler Les repousses et plantes spontanées ont une importance pratique disproportionnée un petit nombre de plants infectés peut produire une quantité massive de sporanges au moment où la culture principale devient… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur symptômes détaillés par organe et par stade ?
Le premier signe est souvent une plage humide ou huileuse vert pâle à vert brun mal délimitée La lésion s’élargit rapidement brunit puis se nécrose Une marge livide peut entourer la zone atteinte Lorsque l’humidité est élevée un duvet blanc discret et fugace apparaît surtout sur la face inférieure à la périphérie des lésions il correspond aux sporangiophores et sporanges Sous forte pression les lésions confluent Des folioles entières puis des feuilles rameaux et parfois l’ensemble du plant peuvent se dessécher en quelques jours La vitesse de progression est un… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur diagnostic différentiel : éviter les faux positifs et faux négatifs ?
Le diagnostic au champ doit combiner l’aspect des lésions, leur position sur la plante, la dynamique temporelle et les conditions météorologiques des jours précédents. Un duvet blanc absent au moment de l’observation n’exclut pas le mildiou : il est fugace et dépend d’une forte humidité. À l’inverse, la présence de moisissure secondaire sur une nécrose ne suffit pas à identifier P. infestans. [S01][S02][S03]





