Référence agronomique · France

Santé des cultures · Maladies des cultures

Mildiou de la tomate

Phytophthora infestans

Le mildiou de la tomate produit des taches humides sur feuilles, tiges et fruits. Repérer les foyers après une période humide et différencier les autres mildious oriente la surveillance.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 4 min
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Mildiou de la tomate — illustration documentaire (Santé des cultures, Maladies des cultures)
Mildiou de la tomate · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Agent

Phytophthora infestans

Organes

Feuilles, tiges et fruits

Indice

Taches brunes, duvet humide

Risque

Pluie et forte humidité

01 · Guide

Agent causal, taxonomie et identité

Phytophthora infestans (Mont. ) de Bary est l’agent du mildiou tardif (« late blight ») de la pomme de terre et de la tomate. INRAE/ePhytia le classe parmi les Chromista, embranchement Oomycota, classe Oomycetes, sous-classe Peronosporomycetidae, ordre Peronosporales et famille Peronosporaceae. Les anciens noms Botrytis infestans et Peronospora infestans expliquent une partie de la littérature historique.

La distinction oomycète/champignon n’est pas seulement académique. Les oomycètes ont une biologie et une phylogénie distinctes des vrais champignons, avec des zoospores flagellées dans le cycle de P. infestans et une forte dépendance à l’eau pour la contamination. Cette spécificité se traduit aussi dans les cibles moléculaires de certaines familles de produits phytopharmaceutiques.

02 · Guide

Pourquoi ce pathogène reste redoutable en France

La France combine plusieurs situations favorables au mildiou : cultures de tomate de plein champ et d’industrie exposées aux pluies et rosées, abris où une mauvaise gestion de l’hygrométrie peut prolonger l’humectation, proximité possible avec des cultures de pomme de terre, et succession de périodes orageuses puis tempérées. ePhytia note qu’en France l’incidence sur tomate s’est renforcée depuis les années 1990 avec l’arrivée et l’installation de nouvelles populations, notamment du type sexuel A2.

03 · Guide

Plantes hôtes, réservoirs et ponts épidémiologiques

La tomate et la pomme de terre sont les hôtes économiques majeurs. ePhytia cite aussi des Solanaceae cultivées ou sauvages pouvant héberger le pathogène : aubergine, piment/poivron dans certains contextes, pépino, morelle noire, Datura, Lycium, Nicotiana glauca, Petunia, Physalis et d’autres Solanum. L’importance réelle de chaque espèce comme réservoir varie selon la région, la souche et sa capacité à sporuler.

04 · Guide

Symptômes détaillés par organe et par stade

Le premier signe est souvent une plage humide ou huileuse, vert pâle à vert brun, mal délimitée. La lésion s’élargit rapidement, brunit puis se nécrose. Une marge livide peut entourer la zone atteinte. Lorsque l’humidité est élevée, un duvet blanc discret et fugace apparaît surtout sur la face inférieure, à la périphérie des lésions : il correspond aux sporangiophores et sporanges.

Sous forte pression, les lésions confluent. Des folioles entières, puis des feuilles, rameaux et parfois l’ensemble du plant peuvent se dessécher en quelques jours. La vitesse de progression est un critère diagnostique important : elle est souvent bien plus brutale que l’alternariose, qui évolue progressivement avec des lésions concentriques sur tissus plus âgés.

Signes du mildiou de la tomate
SigneDescription
Premier signePlage humide ou huileuse, vert pâle à vert brun, mal délimitée, qui brunit puis se nécrose
Face inférieure, en forte humiditéDuvet blanc discret et fugace, à la périphérie des lésions
Vitesse d’évolutionBrutale, bien plus rapide que l’alternariose

05 · Guide

Diagnostic différentiel : éviter les faux positifs et faux négatifs

Le diagnostic au champ doit combiner l’aspect des lésions, leur position sur la plante, la dynamique temporelle et les conditions météorologiques des jours précédents. Un duvet blanc absent au moment de l’observation n’exclut pas le mildiou : il est fugace et dépend d’une forte humidité. À l’inverse, la présence de moisissure secondaire sur une nécrose ne suffit pas à identifier P. infestans.

06 · Guide

Infection, pénétration et colonisation des tissus

Lorsqu’un sporange atteint un limbe humide, il peut libérer des zoospores flagellées ; ePhytia situe l’optimum de libération autour de 13 °C. Les zoospores se fixent, germent puis pénètrent surtout par les stomates, mais une pénétration directe à travers cuticule et cellules épidermiques est aussi décrite. Les sporanges peuvent également germer directement par un tube germinatif.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quel est l’agent du mildiou de la tomate?

C’est Phytophthora infestans, un oomycète et non un vrai champignon. Il est aussi l’agent du mildiou tardif de la pomme de terre.

Comment reconnaître le mildiou au champ?

Par une plage humide ou huileuse, vert pâle à vert brun, qui s’élargit rapidement. Le duvet blanc est fugace et peut être absent au moment de l’observation.

Le mildiou progresse-t-il vite?

Sous forte pression, les lésions confluent. Des folioles, des feuilles, des rameaux, voire le plant entier peuvent se dessécher en quelques jours.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.