01 · Référence
Identifier l’hôte avant de parler de mildiou
Le mot mildiou désigne plusieurs maladies causées par des oomycètes. La vigne, la tomate, la pomme de terre et le tournesol n’ont pas le même agent ni le même calendrier de risque.
02 · Référence
Identifier le mildiou sur la culture atteinte
Les mildious sont causés par des oomycètes, organismes proches des algues brunes au sens phylogénétique et distincts des « vrais champignons ». Le besoin d’eau libre ou d’humidité très élevée est un trait épidémiologique central.
Sur pomme de terre et tomate, Phytophthora infestans reste un bioagresseur à très fort potentiel épidémique. En 2026, ARVALIS recommande un pilotage à la parcelle avec Mileos®, la prophylaxie des tas de déchets/repousses et une alternance stricte des modes d’action.
03 · Référence
Ce que recouvre réellement le mot « mildiou »
Dans le langage de terrain, « mildiou » décrit un syndrome de maladies foliaires ou systémiques associées à des oomycètes de l’ordre des Peronosporales. La classification moderne place ces organismes dans les Chromista/Oomycota. Leur mycélium peut rappeler celui des champignons, mais leur biologie, leurs spores mobiles chez plusieurs espèces et leur physiologie les distinguent des Ascomycètes ou Basidiomycètes.
Conséquence opérationnelle: une recommandation fondée uniquement sur le mot « mildiou » est insuffisante. Le bon objet de connaissance est le couple culture-agent, complété par le stade et le contexte pédoclimatique.
04 · Référence
Diagnostic transversal: reconnaître sans surdiagnostiquer
Association entre une plage chlorotique, huileuse ou anguleuse sur la face supérieure et une sporulation blanche, grise à violacée sur la face inférieure, surtout après une nuit humide.
Sur vigne, rechercher les « taches d’huile », le duvet blanc sous feuille, le rot gris sur jeunes organes et le rot brun après nouaison.
Sur tomate/pomme de terre, rechercher des lésions brunes à marge humide et un duvet blanc au revers; sur tomate, tiges et fruits peuvent être touchés.
05 · Référence
Eau, humidité, température: le moteur commun, avec des optima différents
L’eau est le dénominateur commun des mildious, mais les seuils ne sont pas universels. P. infestans sporule sous forte humidité et ARVALIS retient, pour la pomme de terre, une hygrométrie d’au moins 87 % pendant plusieurs heures comme situation favorable; INRAE décrit une sporulation optimale vers 16-22 °C sur tomate et une inhibition lorsque des températures proches de 30 °C se maintiennent.
Pour P. viticola, la germination des oospores de vigne requiert de l’eau et débute autour d’une température moyenne de 11 °C; l’incubation varie ensuite avec la température et peut tomber à environ cinq jours en été.
| Culture | Agent cité | Repère documenté |
|---|---|---|
| Pomme de terre | Phytophthora infestans | Hygrométrie d’au moins 87 % pendant plusieurs heures, situation favorable selon ARVALIS |
| Tomate | Phytophthora infestans | Sporulation optimale vers 16-22 °C, selon INRAE |
| Vigne | Plasmopara viticola | Germination des oospores avec de l’eau, à partir d’une température moyenne d’environ 11 °C |
| Tournesol | Plasmopara halstedii | Contaminations primaires surtout quand de l’eau libre est présente dans le sol au voisinage du semis |
06 · Référence
Pomme de terre et tomate - Phytophthora infestans
Le projet national MILTALOC, lancé en janvier 2026 pour cinq ans, illustre l’enjeu: ARVALIS rappelle plus de 230 000 ha de pomme de terre et 185 000 tonnes de tomate d’industrie produites en France en 2025. Le projet combine connaissance des populations de P. infestans, leviers alternatifs, OAD, itinéraires techniques et résistance variétale.
07 · Référence
Vigne - Plasmopara viticola
Introduit d’Amérique du Nord, le mildiou de la vigne est signalé dans le Bordelais dès 1879. Il attaque les organes herbacés en croissance. Sur feuille, le faciès classique associe « tache d’huile » sur la face supérieure et duvet blanc sur la face inférieure; en fin de saison, le faciès mosaïque apparaît sur feuilles âgées.
Sur inflorescences et grappes, le risque varie avec le stade: déformation en crosse et dessèchement avant/pendant floraison, « rot gris » sur jeunes baies, puis « rot brun » après nouaison. Après véraison, les baies ne sont plus réceptives.
08 · Référence
Tournesol - Plasmopara halstedii
Le mildiou du tournesol est un pathogène tellurique dont les oospores peuvent rester viables plus de dix ans. Les contaminations primaires se produisent surtout quand de l’eau libre est présente dans le sol au voisinage du semis. La maladie peut alors devenir systémique: plantes nanifiées, chlorotiques, souvent avec sporulation blanche au revers des feuilles.
Le classement ORNQ (organisme réglementé non de quarantaine) s’accompagne d’un plan de surveillance. La capacité d’évolution de P. halstedii est telle qu’aucun profil de résistance ne doit être considéré comme une garantie définitive.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Le mildiou désigne-t-il une seule maladie?
Non. Le mot désigne plusieurs maladies causées par des oomycètes. La vigne, la tomate, la pomme de terre et le tournesol n’ont pas le même agent ni le même calendrier de risque.
L’humidité suffit-elle à évaluer le risque?
L’eau est un facteur commun, mais les seuils ne sont pas universels. Il faut préciser le couple culture-agent, le stade et le contexte pédoclimatique.
Une résistance variétale suffit-elle contre le mildiou du tournesol?
Aucun profil de résistance ne doit être considéré comme une garantie définitive, car P. halstedii a une forte capacité d’évolution. Ses oospores peuvent rester viables plus de dix ans dans le sol.





