Référence agronomique · France

Grandes cultures · Conduite du pois protéagineux

Maladies du pois protéagineux

Diagnostiquer les maladies du pois protéagineux impose de distinguer les symptômes aériens, les maladies du sol et le stade de la culture.

Mis à jour le 02/10/2026 Lecture 6 min
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Maladies du pois protéagineux — illustration documentaire (Grandes cultures, Conduite du pois protéagineux)
Maladies du pois protéagineux · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Feuillage

Plusieurs agents

Les taches ne désignent pas une seule maladie.

Sol

Aphanomyces

Évaluer le risque avant implantation.

Stade

Floraison sensible

Renforcer l’observation des organes.

Décision

Diagnostic confirmé

Croiser symptômes, météo et historique.

01 · Référence

Synthèse opérationnelle

Le pois protéagineux peut être touché depuis la germination jusqu’à la maturité par des maladies de semences, telluriques, aériennes, bactériennes et virales. En France, la hiérarchie dépend fortement du type de pois: Aphanomyces et mildiou primaire sont des enjeux majeurs d’implantation du pois de printemps; le pois d’hiver est davantage exposé au complexe hivernal ascochytose–Colletotrichum–bactériose après des séquences humides, douces et gélives.

Le diagnostic doit commencer par le motif spatial: foyers de jeunes plantes naines pour un mildiou primaire; ronds jaunes et racines brunes/molles pour Aphanomyces; gradient du bas vers le haut pour l’ascochytose; lésions anguleuses huileuses après gel pour la bactériose; coulures et lésions à bord brun pouvant devenir saumonées sur gousses pour Colletotrichum. Une photo isolée ne suffit pas toujours.

L’ascochytose reste la principale maladie aérienne du pois de printemps et peut occasionner jusqu’à environ 25 q/ha de perte lors d’attaques sévères selon Terres Inovia. Les pluies, l’eau libre et une température de 15–20 °C favorisent son développement.

Le complexe sanitaire du pois d’hiver évolue: Terres Inovia suit depuis 2021 un Colletotrichum sp. responsable d’une anthracnose distincte de l’ancienne appellation “anthracnose du pois” utilisée historiquement pour l’ascochytose. La campagne 2026 a confirmé l’importance d’un diagnostic différentiel entre Colletotrichum, ascochytose et bactériose.

Aphanomyces euteiches est la maladie tellurique la plus préjudiciable du pois. Pour le pois de printemps, Terres Inovia recommande de ne pas implanter si le potentiel infectieux (PI) est supérieur à 1. Il n’existe pas de lutte chimique ou biologique curative; la gestion repose sur la prévention, la rotation, les espèces résistantes et le progrès génétique.

02 · Référence

Périmètre : une famille de risques, pas une seule “maladie du pois”

Le terme “maladies du pois protéagineux” recouvre plusieurs groupes biologiques dont les cycles et les leviers de gestion diffèrent. Une protection cohérente commence par les séparer: maladies transmises ou favorisées par la semence, maladies telluriques à inoculum persistant, maladies aériennes à dynamique météo-dépendante, bactérioses favorisées par les blessures et les pluies, et viroses liées notamment aux vecteurs pucerons.

03 · Référence

Méthode de diagnostic au champ

Un diagnostic utile doit répondre à cinq questions avant de nommer un pathogène: où se trouvent les plantes malades dans la parcelle? quel organe a été touché en premier? où se situent les symptômes dans le couvert? quelle séquence météo a précédé les symptômes? et le problème progresse-t-il ou reste-t-il lié à un événement ponctuel? La coexistence de plusieurs agents sur pois d’hiver rend cette méthode particulièrement importante.

04 · Référence

Calendrier de risque selon le stade

Le calendrier ci-dessous est volontairement qualitatif. Il sert à déclencher les observations, pas à programmer automatiquement un traitement. La date de semis, le type hiver/printemps, la météo, le sol, la variété et la présence d’inoculum peuvent avancer ou retarder fortement la fenêtre de risque.

05 · Référence

Ascochytose : maladie aérienne de référence du pois

L’ascochytose du pois, historiquement appelée “anthracnose” dans de nombreux documents français, est aujourd’hui décrite par Terres Inovia comme un complexe de champignons nécrotrophes comprenant Didymella pinodes, Phoma medicaginis var. pinodella et Ascochyta pisi. La terminologie est importante: depuis l’émergence d’un Colletotrichum sp. sur pois d’hiver, Terres Inovia réserve désormais le terme anthracnose à cette nouvelle composante.

Les premiers symptômes d’ascochytose sont souvent observés dans le bas du couvert, où la durée d’humectation est plus longue. Taches brunes/noires, lésions sur tiges et nécroses sur gousses peuvent progresser vers le haut lorsque les pluies se répètent. Les contaminations peuvent être liées aux résidus, au sol et à la semence selon les espèces du complexe.

La fenêtre climatique décrite par Terres Inovia est surtout 15–20 °C avec précipitations, humidité relative élevée et présence d’eau libre. En pois de printemps, la maladie apparaît principalement à partir de la floraison et peut occasionner jusqu’à environ 25 q/ha de pertes lors d’attaques sévères.

06 · Référence

Colletotrichum sp. : anthracnose émergente du pois d’hiver

Un Colletotrichum sp. est observé en France sur pois d’hiver depuis 2021. Terres Inovia le considère désormais comme une composante majeure du complexe de maladies hivernales dans de nombreuses situations. Les symptômes peuvent apparaître tôt, parfois dès février–mars: lésions rondes à ovales, claires, bordées de brun, pouvant évoluer en “coulures” sur tiges; sur gousses, les lésions peuvent brunir puis prendre des teintes orangées à saumon en vieillissant.

Les bilans de la campagne 2023–2024 analysés par Terres Inovia ont montré la difficulté du diagnostic visuel: les échantillons pouvaient contenir simultanément Colletotrichum sp. , Pseudomonas syringae et des agents du complexe Ascochyta. Le BSV Champagne-Ardenne 2025 rapporte une pression nettement plus faible qu’en 2024, ce qui illustre le rôle déterminant de la météo.

Au printemps 2026, Terres Inovia a signalé qu’une combinaison hiver humide, alternances douceur/gel puis réchauffement de fin d’hiver créait un contexte favorable au complexe. Dans le Nord-Est, la suite plus sèche du printemps et une gestion précoce ont freiné la progression.

Repères pratiques : maladies du pois protéagineux.
GroupeExemplesPériode critiqueLevier dominant
Telluriques / racinairesAphanomyces, Pythium, Rhizoctonia, FusariumLevée à végétation; expression accrue en sol humideHistorique parcellaire, drainage, rotation, test PI, semence/traitement autorisé
Aériennes fongiquesAscochytose, Colletotrichum, Botrytis, rouille, oïdium, SclerotiniaSortie hiver à remplissage; souvent floraisonObservation, météo, variété, protection fongicide raisonnée
Oomycète foliaire/telluriqueMildiou (Peronospora pisi)Jeunes plantes pour primaire; secondaire plus tardTraitement de semence lorsqu’autorisé, rotation, diagnostic des foyers
BactérienneBactériose / Pseudomonas syringaeSortie hiver, après gel, grêle, blessures + pluiePrévention des blessures, date semis, semences, hygiène; pas de “fongicide” curatif
ViralesPSbMV et autres viroses du poisJeunes stades à floraison selon virus/vecteurSemences saines, résistance, surveillance des pucerons, gestion vecteurs

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quelle est la maladie du sol la plus préjudiciable au pois?

Aphanomyces euteiches est la maladie tellurique la plus préjudiciable du pois. Il n’existe pas de lutte chimique ou biologique curative : la gestion repose sur la prévention, la rotation et les espèces résistantes.

Quelles conditions favorisent l’ascochytose?

Les pluies, l’eau libre et une température de 15–20 °C. En pois de printemps, la maladie apparaît surtout à partir de la floraison et peut occasionner jusqu’à environ 25 q/ha de pertes lors d’attaques sévères.

Faut-il traiter les maladies du pois comme une seule famille?

Non. Le terme recouvre des groupes aux cycles et aux leviers différents : maladies de semences, telluriques, aériennes, bactériennes et viroses. Le diagnostic commence par le motif spatial des symptômes.

Traçabilité

Sources utilisées

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