01 · Référence
Synthèse opérationnelle
Le pois protéagineux peut être touché depuis la germination jusqu’à la maturité par des maladies de semences, telluriques, aériennes, bactériennes et virales. En France, la hiérarchie dépend fortement du type de pois : Aphanomyces et mildiou primaire sont des enjeux majeurs d’implantation du pois de printemps ; le pois d’hiver est davantage exposé au complexe hivernal ascochytose–Colletotrichum–bactériose après des séquences humides, douces et gélives. [2][3][4][8]
Le diagnostic doit commencer par le motif spatial : foyers de jeunes plantes naines pour un mildiou primaire ; ronds jaunes et racines brunes/molles pour Aphanomyces ; gradient du bas vers le haut pour l’ascochytose ; lésions anguleuses huileuses après gel pour la bactériose ; coulures et lésions à bord brun pouvant devenir saumonées sur gousses pour Colletotrichum. Une photo isolée ne suffit pas toujours. [2][3][8][11]
L’ascochytose reste la principale maladie aérienne du pois de printemps et peut occasionner jusqu’à environ 25 q/ha de perte lors d’attaques sévères selon Terres Inovia. Les pluies, l’eau libre et une température de 15–20 °C favorisent son développement. [2][5]
Le complexe sanitaire du pois d’hiver évolue : Terres Inovia suit depuis 2021 un Colletotrichum sp. responsable d’une anthracnose distincte de l’ancienne appellation “anthracnose du pois” utilisée historiquement pour l’ascochytose. La campagne 2026 a confirmé l’importance d’un diagnostic différentiel entre Colletotrichum, ascochytose et bactériose. [3][10][11]
Aphanomyces euteiches est la maladie tellurique la plus préjudiciable du pois. Pour le pois de printemps, Terres Inovia recommande de ne pas implanter si le potentiel infectieux (PI) est supérieur à 1. Il n’existe pas de lutte chimique ou biologique curative ; la gestion repose sur la prévention, la rotation, les espèces résistantes et le progrès génétique. [6][7][8][26]
02 · Référence
Périmètre : une famille de risques, pas une seule “maladie du pois”
Le terme “maladies du pois protéagineux” recouvre plusieurs groupes biologiques dont les cycles et les leviers de gestion diffèrent. Une protection cohérente commence par les séparer : maladies transmises ou favorisées par la semence, maladies telluriques à inoculum persistant, maladies aériennes à dynamique météo-dépendante, bactérioses favorisées par les blessures et les pluies, et viroses liées notamment aux vecteurs pucerons. [2][12][17]
03 · Référence
Méthode de diagnostic au champ
Un diagnostic utile doit répondre à cinq questions avant de nommer un pathogène : où se trouvent les plantes malades dans la parcelle ? quel organe a été touché en premier ? où se situent les symptômes dans le couvert ? quelle séquence météo a précédé les symptômes ? et le problème progresse-t-il ou reste-t-il lié à un événement ponctuel ? La coexistence de plusieurs agents sur pois d’hiver rend cette méthode particulièrement importante. [3][10]
Figure 1 — Localisation des symptômes : aide au tri initial, à confirmer par observation détaillée et, si nécessaire, laboratoire.
04 · Référence
Calendrier de risque selon le stade
Le calendrier ci-dessous est volontairement qualitatif. Il sert à déclencher les observations, pas à programmer automatiquement un traitement. La date de semis, le type hiver/printemps, la météo, le sol, la variété et la présence d’inoculum peuvent avancer ou retarder fortement la fenêtre de risque. [2][3][4][12]
Figure 2 — Fenêtres qualitatives de surveillance. Le niveau “prioritaire” indique une période où l’observation est particulièrement pertinente, pas un seuil de traitement.
05 · Référence
Ascochytose : maladie aérienne de référence du pois
L’ascochytose du pois, historiquement appelée “anthracnose” dans de nombreux documents français, est aujourd’hui décrite par Terres Inovia comme un complexe de champignons nécrotrophes comprenant Didymella pinodes, Phoma medicaginis var. pinodella et Ascochyta pisi. La terminologie est importante : depuis l’émergence d’un Colletotrichum sp. sur pois d’hiver, Terres Inovia réserve désormais le terme anthracnose à cette nouvelle composante. [2][3][25]
Les premiers symptômes d’ascochytose sont souvent observés dans le bas du couvert, où la durée d’humectation est plus longue. Taches brunes/noires, lésions sur tiges et nécroses sur gousses peuvent progresser vers le haut lorsque les pluies se répètent. Les contaminations peuvent être liées aux résidus, au sol et à la semence selon les espèces du complexe. [2][25][27]
La fenêtre climatique décrite par Terres Inovia est surtout 15–20 °C avec précipitations, humidité relative élevée et présence d’eau libre. En pois de printemps, la maladie apparaît principalement à partir de la floraison et peut occasionner jusqu’à environ 25 q/ha de pertes lors d’attaques sévères. [2][5]
06 · Référence
Colletotrichum sp. : anthracnose émergente du pois d’hiver
Un Colletotrichum sp. est observé en France sur pois d’hiver depuis 2021. Terres Inovia le considère désormais comme une composante majeure du complexe de maladies hivernales dans de nombreuses situations. Les symptômes peuvent apparaître tôt, parfois dès février–mars : lésions rondes à ovales, claires, bordées de brun, pouvant évoluer en “coulures” sur tiges ; sur gousses, les lésions peuvent brunir puis prendre des teintes orangées à saumon en vieillissant. [3][10][11]
Les bilans de la campagne 2023–2024 analysés par Terres Inovia ont montré la difficulté du diagnostic visuel : les échantillons pouvaient contenir simultanément Colletotrichum sp., Pseudomonas syringae et des agents du complexe Ascochyta. Le BSV Champagne-Ardenne 2025 rapporte une pression nettement plus faible qu’en 2024, ce qui illustre le rôle déterminant de la météo. [10][16]
Au printemps 2026, Terres Inovia a signalé qu’une combinaison hiver humide, alternances douceur/gel puis réchauffement de fin d’hiver créait un contexte favorable au complexe. Dans le Nord-Est, la suite plus sèche du printemps et une gestion précoce ont freiné la progression. [3][4]
07 · Référence
Bactériose : reconnaître un problème non fongique
La bactériose du pois est principalement associée à Pseudomonas syringae Sur pois d’hiver les blessures de gel constituent une porte d’entrée importante pluie vent et opérations mécaniques sur végétation humide peuvent favoriser la dissémination Les lésions sont souvent vert foncé à brunes huileuses puis nécrotiques…
08 · Référence
Mildiou du pois : attaque primaire et secondaire
Le mildiou causé par Peronospora pisi possède une phase tellurique via des oospores persistantes et une phase aérienne secondaire L’attaque primaire concerne surtout les jeunes plantes foyers de plantes nanifiées pâles à jaunâtres parfois déformées avec duvet grisâtre Les contaminations secondaires provoquent plutôt des plages…
| Groupe | Exemples | Période critique | Levier dominant |
|---|---|---|---|
| Telluriques / racinaires | Aphanomyces, Pythium, Rhizoctonia, Fusarium | Levée à végétation ; expression accrue en sol humide | Historique parcellaire, drainage, rotation, test PI, semence/traitement autorisé |
| Aériennes fongiques | Ascochytose, Colletotrichum, Botrytis, rouille, oïdium, Sclerotinia | Sortie hiver à remplissage ; souvent floraison | Observation, météo, variété, protection fongicide raisonnée |
| Oomycète foliaire/tellurique | Mildiou (Peronospora pisi) | Jeunes plantes pour primaire ; secondaire plus tard | Traitement de semence lorsqu’autorisé, rotation, diagnostic des foyers |
| Bactérienne | Bactériose / Pseudomonas syringae | Sortie hiver, après gel, grêle, blessures + pluie | Prévention des blessures, date semis, semences, hygiène ; pas de “fongicide” curatif |
| Virales | PSbMV et autres viroses du pois | Jeunes stades à floraison selon virus/vecteur | Semences saines, résistance, surveillance des pucerons, gestion vecteurs |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur synthèse opérationnelle ?
Le pois protéagineux peut être touché depuis la germination jusqu’à la maturité par des maladies de semences telluriques aériennes bactériennes et virales En France la hiérarchie dépend fortement du type de pois Aphanomyces et mildiou primaire sont des enjeux majeurs d’implantation du pois de printemps le pois d’hiver est davantage exposé au complexe hivernal ascochytose Colletotrichum bactériose après des séquences humides douces et gélives 2 3 4 8 Le diagnostic doit commencer par le motif spatial foyers de jeunes plantes naines pour un mildiou primaire ronds jaunes et racines brunes… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur périmètre : une famille de risques, pas une seule “maladie du pois” ?
Le terme “maladies du pois protéagineux” recouvre plusieurs groupes biologiques dont les cycles et les leviers de gestion diffèrent. Une protection cohérente commence par les séparer : maladies transmises ou favorisées par la semence, maladies telluriques à inoculum persistant, maladies aériennes à dynamique météo-dépendante, bactérioses favorisées par les blessures et les pluies, et viroses liées notamment aux vecteurs pucerons. [2][12][17] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur méthode de diagnostic au champ ?
Un diagnostic utile doit répondre à cinq questions avant de nommer un pathogène : où se trouvent les plantes malades dans la parcelle ? quel organe a été touché en premier ? où se situent les symptômes dans le couvert ? quelle séquence météo a précédé les symptômes ? et le problème progresse-t-il ou reste-t-il lié à un événement ponctuel ? La coexistence de plusieurs agents sur pois d’hiver rend cette méthode particulièrement importante. [3][10] Figure 1 — Localisation des symptômes : aide au tri initial, à confirmer par observation détaillée et, si nécessaire, laboratoire. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur calendrier de risque selon le stade ?
Le calendrier ci-dessous est volontairement qualitatif. Il sert à déclencher les observations, pas à programmer automatiquement un traitement. La date de semis, le type hiver/printemps, la météo, le sol, la variété et la présence d’inoculum peuvent avancer ou retarder fortement la fenêtre de risque. [2][3][4][12] Figure 2 — Fenêtres qualitatives de surveillance. Le niveau “prioritaire” indique une période où l’observation est particulièrement pertinente, pas un seuil de traitement. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur ascochytose : maladie aérienne de référence du pois ?
L’ascochytose du pois historiquement appelée anthracnose dans de nombreux documents français est aujourd’hui décrite par Terres Inovia comme un complexe de champignons nécrotrophes comprenant Didymella pinodes Phoma medicaginis var pinodella et Ascochyta pisi La terminologie est importante depuis l’émergence d’un Colletotrichum sp sur pois d’hiver Terres Inovia réserve désormais le terme anthracnose à cette nouvelle composante 2 3 25 Les premiers symptômes d’ascochytose sont souvent observés dans le bas du couvert où la durée d’humectation est plus longue Taches brunes noires lésions sur tiges et nécroses sur gousses peuvent progresser… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur colletotrichum sp. : anthracnose émergente du pois d’hiver ?
Un Colletotrichum sp est observé en France sur pois d’hiver depuis 2021 Terres Inovia le considère désormais comme une composante majeure du complexe de maladies hivernales dans de nombreuses situations Les symptômes peuvent apparaître tôt parfois dès février mars lésions rondes à ovales claires bordées de brun pouvant évoluer en coulures sur tiges sur gousses les lésions peuvent brunir puis prendre des teintes orangées à saumon en vieillissant 3 10 11 Les bilans de la campagne 2023 2024 analysés par Terres Inovia ont montré la difficulté du diagnostic visuel les… [S01][S02][S03]





