01 · Référence
Synthèse opérationnelle
Le complexe de ravageurs change complètement au cours du cycle : limaces, oiseaux, thrips et sitones dominent l’implantation ; pucerons, cécidomyies, tordeuses et bruches deviennent prioritaires de la reprise végétative à la formation des gousses. Une observation “ravageurs” sans stade phénologique a donc peu de valeur. [2][3][4]
Le puceron vert du pois (Acyrthosiphon pisum) est le ravageur le plus nuisible à l’échelle nationale dans les années favorables. Terres Inovia cite jusqu’à 30 q/ha de pertes et rappelle son rôle de vecteur de plusieurs viroses ; les infections précoces sont particulièrement pénalisantes. [6][15]
Le sitone (Sitona lineatus) est visible par ses encoches foliaires, mais la vraie nuisibilité vient des larves qui détruisent les nodosités et perturbent la fixation symbiotique. Terres Inovia cite jusqu’à 10–12 q/ha de perte et une baisse de la teneur en protéines pouvant atteindre 30 % dans les cas extrêmes. [4][22]
Le thrips de début de cycle (Thrips angusticeps) concerne surtout le pois de printemps. La surveillance va de la levée à 6 feuilles ; le seuil opérationnel est 1 thrips/plante en moyenne, avec un risque accru lorsque la levée est lente et les conditions peu poussantes. Aucun dégât n’est signalé sur pois d’hiver dans les références Terres Inovia. [2][3]
La cécidomyie (Contarinia pisi) est localisée mais potentiellement sévère, surtout en Champagne crayeuse et Picardie. Les vols sont courts et soudains ; la décision repose sur les cuvettes et l’accélération des captures entre deux observations rapprochées, non sur un seuil numérique fixe. [7]
02 · Référence
Périmètre : “ravageur du pois” recouvre plusieurs types de dégâts
Le terme rassemble des insectes piqueurs-suceurs, des coléoptères dont les larves sont racinaires ou granivores, des lépidoptères dont les chenilles pénètrent dans les gousses, des diptères floricoles, des gastéropodes et des vertébrés. Leur biologie, la méthode de surveillance et la relation entre présence et perte économique n’ont rien de commun. La première règle est donc de nommer le ravageur probable avant de parler de seuil ou de produit. [2][13]
03 · Référence
Contexte français : pourquoi le suivi ravageurs reste stratégique
Le bilan Agreste 2025 recense 162 000 ha de pois protéagineux au sens large, pour un rendement moyen de 36,2 q/ha et 585 000 t de production. Pour le pois protéagineux pur, la sole est de 98 000 ha, le rendement moyen de 35,5 q/ha et la production de 348 000 t. Les écarts entre années sont importants : 2024 avait été marqué par des rendements beaucoup plus faibles, ce qui rappelle que bioagresseurs et météo doivent être analysés ensemble. [21]
La valeur d’un diagnostic ravageur ne se limite pas aux quintaux. Une attaque de tordeuse ou de bruche peut être économiquement faible pour un débouché alimentation animale et devenir rédhibitoire pour une semence ou un marché alimentation humaine. À l’inverse, une forte activité de sitones peut surtout se traduire par une dégradation de la fixation d’azote et du taux de protéines. [4][8][9]
04 · Référence
Calendrier de surveillance selon le stade
Le graphique ci-dessous indique les périodes où l’observation est généralement la plus informative. Il ne doit pas être utilisé comme calendrier automatique d’insecticide : seuil, météo, débouché, pression réelle, auxiliaires, type hiver/printemps et règles de l’AMM doivent toujours être ajoutés. [2][3][4][6][7][8][9]
Figure 1 — Fenêtres qualitatives de surveillance. Une fenêtre “prioritaire” signifie qu’il faut observer davantage, pas traiter systématiquement.
05 · Référence
Méthode de diagnostic au champ : cinq niveaux d’observation
Un bon suivi des ravageurs combine au moins cinq niveaux : plante, racine, piège, bordure et contexte. Le puceron se compte par battage sur support blanc ; la tordeuse se suit par piège à phéromone ; la cécidomyie par cuvette ; le sitone par les encoches sur jeunes feuilles puis les nodosités ; la limace par dégâts et piégeage adapté. Mélanger ces méthodes produit de faux seuils. [3][4][6][7][8][24]
06 · Référence
Thrips de début de cycle : Thrips angusticeps
Le thrips de référence au démarrage du pois de printemps est Thrips angusticeps. L’adulte, brun foncé, mesure environ 1 mm et devient actif autour de 7–8 °C. Il pique les jeunes tissus et injecte une salive qui peut provoquer nanisme, feuilles gaufrées ou crispées, taches jaunes/brunes et ramifications anormales. Le risque augmente lorsque les plantes restent petites et poussent lentement. [2][3]
Terres Inovia conseille de surveiller de la levée au stade 6 feuilles et cite un seuil de 1 thrips par plante en moyenne. Le guide de culture insiste sur la fenêtre très précoce, en particulier levée à 2–3 feuilles lorsque les conditions sont peu poussantes. Un précédent blé ou lin est signalé comme facteur favorable. En pois d’hiver, l’institut indique qu’aucun dégât de thrips n’a été observé. [2]
07 · Référence
Sitone : l’insecte visible n’est pas le stade le plus nuisible
Sitona lineatus est un charançon gris-brun de 3,5 à 5 mm. Les adultes migrent vers le pois et découpent des encoches semi-circulaires sur les bords des feuilles. Ces morsures sont surtout un indicateur. Après la ponte, les larves gagnent le sol et consomment d’abord les nodosités, puis peuvent attaquer radicelles et racines. La fixation symbiotique d’azote est alors directement perturbée. [4]
La surveillance porte sur les jeunes feuilles de la levée à 5–6 feuilles du pois de printemps et jusqu’à 8–10 feuilles du pois d’hiver. Le seuil Terres Inovia est 5 à 10 encoches par plante sur les feuilles récemment émises. Au-delà de ces stades, l’essentiel des pontes a déjà eu lieu et une intervention dirigée contre les adultes devient inutile pour protéger les nodosités de la génération en cours. [4]
Terres Inovia cite jusqu’à 10–12 q/ha de pertes dans les cas extrêmes et une baisse de la teneur en protéines pouvant atteindre 30 %. Une étude de quatre ans a aussi montré qu’une densité expérimentale de 0,2 adulte/plante réduisait le nombre de graines et de gousses par plante de 18 % et 15 %, sans relation linéaire simple entre davantage d’adultes et davantage de perte. Cela explique pourquoi le comptage des morsures reste un indicateur pratique plutôt qu’une équation de rendement. [4][22]
08 · Référence
Puceron vert du pois : rendement direct + viroses
Acyrthosiphon pisum mesure environ 3 à 6 mm et peut être vert clair ou rosé. Il se cache dans les jeunes feuilles et les boutons puis colonise le couvert. Terres Inovia le considère comme le principal ravageur du pois et cite jusqu’à 30 q/ha de perte dans les attaques fortes. [6]
| Groupe | Ravageurs repères | Organe / phase | Risque dominant |
|---|---|---|---|
| Piqueurs-suceurs | Thrips, puceron vert | Jeunes pousses, feuilles, boutons | Nanisme, prélèvement de sève, viroses |
| Coléoptères | Sitone, bruche | Feuilles puis nodosités ; gousses/graines | Nutrition azotée ; qualité des graines |
| Lépidoptères | Tordeuse, noctuelles | Feuilles puis gousses | Défoliation ou graines rongées |
| Diptères | Cécidomyie | Boutons floraux | Avortement floral |
| Gastéropodes | Limaces grises/noires | Semis, plantules | Pertes de pieds |
| Vertébrés | Pigeons, corvidés, lapins, lièvres | Semences, plantules, parfois gousses | Peuplement et pertes localisées |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur synthèse opérationnelle ?
Le complexe de ravageurs change complètement au cours du cycle limaces oiseaux thrips et sitones dominent l’implantation pucerons cécidomyies tordeuses et bruches deviennent prioritaires de la reprise végétative à la formation des gousses Une observation ravageurs sans stade phénologique a donc peu de valeur 2 3 4 Le puceron vert du pois Acyrthosiphon pisum est le ravageur le plus nuisible à l’échelle nationale dans les années favorables Terres Inovia cite jusqu’à 30 q ha de pertes et rappelle son rôle de vecteur de plusieurs viroses les infections précoces sont particulièrement… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur périmètre : “ravageur du pois” recouvre plusieurs types de dégâts ?
Le terme rassemble des insectes piqueurs-suceurs, des coléoptères dont les larves sont racinaires ou granivores, des lépidoptères dont les chenilles pénètrent dans les gousses, des diptères floricoles, des gastéropodes et des vertébrés. Leur biologie, la méthode de surveillance et la relation entre présence et perte économique n’ont rien de commun. La première règle est donc de nommer le ravageur probable avant de parler de seuil ou de produit. [2][13] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur contexte français : pourquoi le suivi ravageurs reste stratégique ?
Le bilan Agreste 2025 recense 162 000 ha de pois protéagineux au sens large pour un rendement moyen de 36 2 q ha et 585 000 t de production Pour le pois protéagineux pur la sole est de 98 000 ha le rendement moyen de 35 5 q ha et la production de 348 000 t Les écarts entre années sont importants 2024 avait été marqué par des rendements beaucoup plus faibles ce qui rappelle que bioagresseurs et météo doivent être analysés ensemble 21 La valeur d’un diagnostic ravageur ne… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur calendrier de surveillance selon le stade ?
Le graphique ci-dessous indique les périodes où l’observation est généralement la plus informative. Il ne doit pas être utilisé comme calendrier automatique d’insecticide : seuil, météo, débouché, pression réelle, auxiliaires, type hiver/printemps et règles de l’AMM doivent toujours être ajoutés. [2][3][4][6][7][8][9] Figure 1 — Fenêtres qualitatives de surveillance. Une fenêtre “prioritaire” signifie qu’il faut observer davantage, pas traiter systématiquement. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur méthode de diagnostic au champ : cinq niveaux d’observation ?
Un bon suivi des ravageurs combine au moins cinq niveaux : plante, racine, piège, bordure et contexte. Le puceron se compte par battage sur support blanc ; la tordeuse se suit par piège à phéromone ; la cécidomyie par cuvette ; le sitone par les encoches sur jeunes feuilles puis les nodosités ; la limace par dégâts et piégeage adapté. Mélanger ces méthodes produit de faux seuils. [3][4][6][7][8][24] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur thrips de début de cycle : thrips angusticeps ?
Le thrips de référence au démarrage du pois de printemps est Thrips angusticeps L’adulte brun foncé mesure environ 1 mm et devient actif autour de 7 8 C Il pique les jeunes tissus et injecte une salive qui peut provoquer nanisme feuilles gaufrées ou crispées taches jaunes brunes et ramifications anormales Le risque augmente lorsque les plantes restent petites et poussent lentement 2 3 Terres Inovia conseille de surveiller de la levée au stade 6 feuilles et cite un seuil de 1 thrips par plante en moyenne Le guide de… [S01][S02][S03]





