01 · Guide
À retenir
La jambe noire est un syndrome bactérien de la pomme de terre causé par un complexe évolutif de Pectobacterium et Dickeya. Le plant est une source majeure d’inoculum, mais l’eau, l’environnement, les plantes réservoirs et la mécanisation peuvent aussi intervenir. La maladie s’exprime surtout quand humidité, asphyxie et température permettent à une population jusque-là latente de se multiplier.
Le signe le plus évocateur est une pourriture brun foncé à noire de la base des tiges, humide à plus sèche selon les conditions, accompagnée de jaunissement, flétrissement et parfois d’enroulement du feuillage.
02 · Guide
Définition et périmètre
Définition opérationnelle. La « jambe noire » désigne l’expression sur tiges d’une bactériose pectinolytique de la pomme de terre, principalement causée par des espèces des genres Pectobacterium et Dickeya. Les mêmes groupes bactériens peuvent provoquer des pourritures molles sur tubercules, au champ, pendant le transport, au tri ou en stockage.
Le terme historique « Erwinia » persiste dans certains documents anciens et dans le langage de terrain. Il ne correspond plus à la taxonomie actuelle : les agents concernés ont été répartis dans Pectobacterium et Dickeya. Pour SILLOVA, les anciennes appellations doivent être conservées uniquement comme synonymes historiques utiles au moteur de recherche, jamais comme taxonomie principale.
03 · Guide
Agents causals et taxonomie
Les agents appartiennent aux « soft-rot Pectobacteriaceae », des bactéries à Gram négatif capables de produire des enzymes qui dégradent les parois végétales, notamment les pectines. Cette activité pectinolytique explique la macération et la liquéfaction rapide des tissus lorsque la maladie s’exprime. Le complexe d’espèces est dynamique : les espèces dominantes ont changé au cours du temps et leur fréquence varie entre régions, années et types de matériel.
04 · Guide
Symptômes en végétation
Les symptômes dépendent du moment de contamination, de la quantité de bactéries, de l’espèce bactérienne, de la température et surtout des conditions d’humidité et d’aération. Une infection précoce peut dégrader le tubercule-mère avant ou juste après l’émergence : le résultat est un retard, un plant chétif ou un trou de peuplement.
En conditions humides, les symptômes de pourriture sont généralement plus marqués. Des conditions chaudes et plus sèches peuvent conduire à un tableau où le flétrissement domine. Les pieds atteints peuvent finir par se dessécher et ne pas former de tubercules-fils lorsque l’attaque est précoce ou sévère.
05 · Guide
Symptômes sur tubercules et en stockage
Sur tubercules, la pourriture molle est un symptôme majeur du même complexe bactérien. Elle peut se développer au champ, pendant la récolte, le transport, le tri ou le stockage. Le point de départ est fréquemment le talon/stolon, une lenticelle ou une blessure.
Une odeur forte n’est pas nécessaire au début de la maladie : les odeurs nauséabondes deviennent souvent plus marquées lorsque des microorganismes secondaires colonisent la masse. Inversement, une pourriture malodorante ne permet pas à elle seule d’attribuer le cas à Pectobacterium ou Dickeya.
06 · Guide
Diagnostic différentiel
Le diagnostic différentiel doit croiser l’organe atteint, le caractère humide ou sec, la présence de structures fongiques, la distribution des symptômes et le contexte de sol. Plusieurs causes peuvent coexister sur une même plante ou un même tubercule, particulièrement lorsque des tissus sont déjà fragilisés.
07 · Guide
Cycle biologique et pathogénie
Le cycle ne se résume pas à une infection ponctuelle. Les bactéries peuvent être présentes à faible niveau dans ou sur un tubercule sans symptôme visible. Après plantation, elles peuvent rester quiescentes ou coloniser les tissus et l’environnement proche. Lorsque les conditions deviennent favorables - eau disponible, mauvaise oxygénation, température compatible et tissus sensibles - les populations augmentent et les enzymes pectinolytiques provoquent la macération.
08 · Repères
Retenir les repères d’identification
Quatre repères situent la jambe noire : les agents, l’indice sur tige, le risque sur tubercule et le levier principal.
| Repère | Point à retenir |
|---|---|
| Agents | Pectobacterium et Dickeya |
| Indice | Base des tiges noircie |
| Tubercule | Pourriture molle possible |
| Levier | Plant sain et hygiène |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quels agents sont en cause?
Des espèces de Pectobacterium et de Dickeya, bactéries du groupe des « soft-rot Pectobacteriaceae ». Le terme « Erwinia » ne correspond plus à la taxonomie actuelle.
Quel est le signe le plus évocateur?
Une pourriture brun foncé à noire de la base des tiges, accompagnée de jaunissement et de flétrissement du feuillage.
Une odeur suffit-elle à identifier la bactérie?
Non. Une pourriture malodorante ne permet pas à elle seule d’attribuer le cas à Pectobacterium ou Dickeya, car des microorganismes secondaires peuvent renforcer l’odeur.





