01 · Référence
Repères de récolte et de livraison
L’humidité de récolte n’est pas l’humidité de livraison. En France, la filière indique historiquement pour l’alimentation animale une norme contractuelle de 14 % avec 16 % maximum, tandis que les contrats ingrédients / alimentation humaine sont souvent à 14,5 ou 15 % maximum. Ces références doivent être vérifiées dans le contrat de campagne.
Pour un lot alimentation humaine, Terres Inovia conseille de démarrer dès 16–17 %, puis de ventiler vers 14–15 %.
La mesure doit être représentative de la parcelle et répétée si les zones mûrissent à des rythmes différents. Le contrat du collecteur fixe les conditions de réception du lot.
02 · Référence
Définition : que mesure exactement le pourcentage d’humidité?
Dans le langage agricole, « humidité » et « teneur en eau » désignent la part d’eau contenue dans le grain. La valeur commerciale est généralement exprimée sur base humide : masse d’eau rapportée à la masse totale du produit. Un lot à 18 % contient donc, par définition, 18 kg d’eau pour 100 kg de produit brut, et 82 kg de matière sèche.
Cette définition paraît simple mais elle est essentielle pour raisonner les corrections de poids. La matière sèche ne disparaît pas pendant le séchage ; seule une partie de l’eau est retirée. Par conséquent, 100 t récoltées à 20 % ne deviennent pas 94 t à 14 % par simple soustraction de 6 points : elles deviennent environ 93,0 t, car les 80 t de matière sèche doivent représenter 86 % du poids final.
03 · Référence
Trois humidités à ne jamais confondre
L’humidité de récolte guide le démarrage de la moissonneuse. L’humidité de conservation indique si le grain peut être gardé sans dégradation. L’humidité de livraison est fixée par le contrat. Ces trois valeurs peuvent être différentes pour le même lot.
Terres Inovia recommande de ramener les lots récoltés encore humides vers le niveau demandé par le débouché avant un stockage prolongé. La température et l’aération changent aussi le risque de conservation : un grain livré au bon taux n’a pas forcément été conservé dans de bonnes conditions auparavant.
Les exigences commerciales diffèrent entre alimentation animale, alimentation humaine et semences. Vérifier le cahier des charges de la campagne avant la récolte évite de confondre un seuil de réception avec une consigne pour régler la moissonneuse.
| Humidité | Rôle | Repère cité |
|---|---|---|
| Humidité de récolte | Guide le démarrage de la moissonneuse | Pour un lot alimentation humaine, démarrer dès 16–17 %, puis ventiler vers 14–15 % |
| Humidité de conservation | Indique si le grain peut être gardé sans dégradation | Ramener les lots encore humides vers le niveau demandé par le débouché avant un stockage prolongé |
| Humidité de livraison | Fixée par le contrat du collecteur | Alimentation animale : 14 %, avec 16 % maximum historiquement ; ingrédients ou alimentation humaine : 14,5 ou 15 % maximum |
04 · Référence
Pourquoi récolter avant que le grain soit trop sec
Le pois est une grosse graine sensible aux chocs mécaniques. Quand sa teneur en eau baisse, le tégument et les cotylédons deviennent moins tolérants au battage. Terres Inovia conseille de commencer la récolte d’un lot destiné à l’alimentation humaine vers 16–17 % pour limiter la casse, puis de ramener le grain au niveau de livraison requis.
NDSU Extension rappelle également que le grain trop sec se fend plus facilement pendant la récolte et la manutention. Le réglage de la machine doit donc accompagner la décision de date, sans remplacer la mesure de l’humidité.
À l’autre extrême, un pois trop humide est difficile à battre : les tiges restent souples, la végétation « ne monte pas » correctement, le débit chute et le stockage devient immédiatement contraignant. La fenêtre de récolte est donc un compromis mécanique et logistique à ajuster au débouché.
05 · Référence
Méthodes de mesure : du test de l’ongle à la méthode de référence
Terres Inovia donne un repère pratique : lorsqu’un grain se raye encore légèrement sous l’ongle, il approche d’environ 20 % d’humidité et la récolte peut devenir proche. Le test est utile pour décider quand commencer les mesures instrumentales, mais il est trop imprécis pour arbitrer entre 16, 17 et 18 %.
06 · Référence
Protocole d’échantillonnage parcellaire
Une poignée prise en bordure ne représente pas toujours le lot. Traverser la parcelle et prélever dans plusieurs zones : centre, bordure, sol plus profond, zone séchante ou partie versée. Mélanger les échantillons avant de mesurer l’humidité du grain.
07 · Référence
Vérifier le résultat avant de régler la récolte
Prélever les gousses qui entreront réellement dans la coupe, y compris dans les étages bas du couvert. Les graines des étages supérieurs peuvent sécher plus vite et donner une impression trompeuse de maturité homogène.
Retirer les gros débris avant la mesure sans sélectionner seulement les plus beaux grains. Si les lectures varient fortement entre zones, fractionner le chantier ou revenir plus tard dans les parties humides. La décision finale croise humidité mesurée, état des tiges, météo et exigences du collecteur.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quelle différence entre humidité de récolte et humidité de livraison?
Ce ne sont pas les mêmes valeurs. L’humidité de récolte guide le démarrage de la moissonneuse, tandis que l’humidité de livraison est fixée par le contrat du collecteur.
Quelle humidité de livraison pour l’alimentation animale?
La filière indique historiquement une norme contractuelle de 14 %, avec 16 % maximum. Ces références doivent être vérifiées dans le contrat de campagne.
Comment mesurer l’humidité d’un lot de pois?
Le test de l’ongle donne un repère de terrain, mais il ne remplace pas un humidimètre. Il faut prélever dans plusieurs zones de la parcelle et mélanger les échantillons avant la mesure.





