01 · Référence
Définition : que mesure exactement l’humidité du maïs?
La teneur en eau du maïs est le rapport entre la masse d'eau contenue dans le grain et la masse totale du grain, exprimé en pourcentage. C'est la convention dite « base humide », utilisée dans les transactions et dans la pratique agricole française. Un lot à 28 % contient donc, par définition, 28 kg d'eau et 72 kg de matière sèche pour 100 kg de produit brut. Cette convention doit être distinguée de la base sèche, parfois utilisée en recherche ou en génie des procédés, qui exprime l'eau par rapport à la seule matière sèche.
Cette distinction n'est pas académique : toutes les conversions de rendement, de poids de livraison et de quantité d'eau à évaporer en dépendent. Une humidité mesurée à 30 % est exprimée sur produit brut sauf mention contraire. Les formules de correction deviennent fausses si l'on mélange base humide et base sèche.
Le terme « point d'humidité » désigne un point de pourcentage. Passer de 30 à 29 % correspond à -1 point, mais ne signifie pas que l'on retire exactement 10 kg d'eau par tonne. La matière sèche restant constante, la masse totale se réduit à mesure que l'eau est évaporée ; la quantité d'eau retirée pour chaque point varie donc légèrement avec le niveau de départ.
02 · Référence
Pourquoi l’humidité commande une grande partie de la récolte
L'humidité intervient simultanément dans cinq décisions : déterminer si le grain est physiologiquement mûr, estimer la quantité d'eau qui reste à retirer, régler la moissonneuse-batteuse, dimensionner la logistique vers le séchoir et vérifier que le lot pourra être conservé. Elle est donc l'un des rares indicateurs qui relie directement agronomie, machinisme, énergie, qualité et économie.
Une récolte plus humide sécurise parfois la présence du grain au champ en limitant l'exposition à la verse, aux chutes d'épis, aux pluies et aux mycotoxines de champ ; mais elle augmente le débit d'eau à évaporer, le coût énergétique et la pression sur le séchoir. À l'inverse, une récolte plus sèche réduit le séchage, mais peut reporter le chantier vers une période de moins bonne portance ou accroître les pertes mécaniques et sanitaires si les plantes se dégradent.
Sources clés : S7, S9, S10, S11, S17
03 · Référence
Humidité et maturité physiologique : le repère H32
Le stade de maturité physiologique correspond à la fin de l'accumulation de matière sèche dans le grain. Le signe de terrain le plus utilisé est la formation du point noir à la base du grain, qui traduit l'interruption des échanges avec la rafle. Les références ARVALIS positionnent fréquemment ce stade autour de 30-32 % d'humidité chez les maïs à dominante dentée ; des types plus cornés peuvent conserver quelques points supplémentaires.
Il ne faut pas transformer cette valeur en seuil rigide. La génétique, les conditions de remplissage et un stress brutal peuvent déplacer la relation entre aspect de la plante, point noir et teneur en eau. Le point noir sert à confirmer que la matière sèche n'augmentera pratiquement plus ; l'humidité mesurée sert ensuite à décider quand et comment récolter.
En amont, ARVALIS utilise aussi des repères H50 ou H45 pour le pilotage de la fin d'irrigation. Ils illustrent l'intérêt de suivre l'humidité comme un continuum de fin de cycle : H50/H45 pour sécuriser le remplissage, H32 environ pour la maturité physiologique, puis une phase de dessiccation au champ jusqu'au seuil de récolte choisi.
Sources clés : S5, S6, S7, S8, S22, S30
04 · Référence
Campagne 2026 : une humidité de fin de cycle potentiellement très hétérogène
La campagne 2026 ne permet pas d'appliquer un calendrier national standard. Agreste estimait le 7 août la production française de maïs grain, y compris semences, à 9,0 Mt et le rendement moyen à 70,3 q/ha, niveaux très inférieurs à 2025. L'organisme attribue cette baisse à la sécheresse et aux températures caniculaires, en plus d'une baisse de la sole.
Météo-France confirme l'exception climatique : juin 2026 a été le mois de juin le plus chaud depuis le début des mesures avec un déficit de précipitations proche de 50 %, puis juillet 2026 est devenu le mois le plus chaud tous mois confondus depuis 1900, avec près de 70 % de déficit pluviométrique. Mi-août, la sécheresse des sols superficiels concernait une part très importante du territoire.
05 · Référence
La référence à 15 % : statistique, commerce et stockage
| Concept | Définition opérationnelle | Exemple à 30 % |
|---|---|---|
| Teneur en eau base humide | Eau / masse totale × 100 | 300 kg d’eau dans 1 000 kg de grain |
| Matière sèche | 100 - humidité | 70 %, soit 700 kg MS/t brute |
| Point d’humidité | Écart absolu en points de pourcentage | 30 → 29 % = -1 point |
| Base sèche | Eau / matière sèche × 100 | 300/700 = 42,9 % sur base sèche |
| Masse corrigée | Masse recalculée à une humidité de référence | 30 % → 15 % : 823,5 kg/t brute |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que signifie une humidité de 28 %?
Selon la convention « base humide » utilisée dans les transactions, un lot à 28 % contient 28 kg d’eau et 72 kg de matière sèche pour 100 kg de produit brut.
Passer de 30 à 29 % retire-t-il 10 kg d’eau par tonne?
Non. Une baisse de 30 à 29 % correspond à -1 point, mais ne retire pas exactement 10 kg d’eau par tonne, car la masse totale diminue à mesure que l’eau s’évapore.
La maturité se lit-elle uniquement avec l’humidité?
Non. Le point noir sert à confirmer que la matière sèche n’augmente pratiquement plus. L’humidité mesurée sert ensuite à décider quand et comment récolter.





