01 · Repère
Synthèse et fiche d’identité
La variété n’est pas ‘facile’ pour autant. Elle cumule plusieurs enjeux techniques : vigueur élevée de l’arbre, nécessité d’équilibrer charge et croissance, sensibilité au coup de soleil des fruits verts, forte sensibilité à l’échaudure superficielle en conservation, risque de bitter pit dans certains contextes et besoin de maîtriser la date de cueillette. En France, l’accord interprofessionnel Maturité-Qualité renouvelé en 2026 impose notamment un indice de régression de l’amidon minimal et des seuils de matière soluble avant commercialisation.
02 · Guide
Origine, histoire et parenté
Granny Smith provient d’un semis découvert dans le verger de Maria Ann Smith à Ryde, en Nouvelle-Galles du Sud. Le fruit est connu localement dès 1868, puis la variété est conservée et multipliée par greffage. Son aptitude à la conservation a favorisé sa diffusion au-delà de l’Australie.
03 · Guide
Statut variétal, synonymes et place génétique
Pour sécuriser la nouaison de Granny Smith, il faut un pollen compatible et une floraison suffisamment synchrone. Les insectes pollinisateurs doivent ensuite transférer effectivement le pollen entre rangs ou arbres. Un verger peut donc échouer malgré la présence d’une variété théoriquement compatible si la phénologie ou l’activité des pollinisateurs est défavorable.
04 · Guide
Arbre, vigueur, port et fructification
La fructification est régulière lorsque la charge est correctement ajustée. La variété est souvent considérée comme moins fortement alternante que certains cultivars, mais elle n’est pas dépourvue d’alternance : une surcharge réduit le calibre et peut compromettre l’induction florale de l’année suivante, alors qu’une sous-charge favorise gros fruits, vigueur et risques physiologiques tels que le bitter pit. L’objectif n’est donc pas le rendement maximal ponctuel mais un compromis entre nombre de fruits, calibre, fermeté, teneur en sucres et retour à fleur.
05 · Guide
Floraison, pollinisation et compatibilités
La présence de pollen compatible pendant la floraison doit être vérifiée localement. Gala, Fuji ou d’autres pommiers peuvent servir de pollinisateurs selon leur compatibilité et le recouvrement réel des floraisons. Leur répartition dans le verger et l’activité des insectes comptent autant que le nom des variétés sur le plan de plantation.
06 · Guide
Productivité, charge, éclaircissage et alternance
L’éclaircissage peut combiner interventions manuelles et mécaniques selon la vigueur et le système de conduite. Il vise à homogénéiser la charge, préserver le retour à fleur et limiter la proportion de fruits hors calibre ou physiologiquement fragiles. Avant toute intervention réglementée, vérifier les usages autorisés pour la campagne et le stade concernés.
07 · Guide
Fruit : morphologie, couleur, texture et qualité sensorielle
La chair est blanche à blanc verdâtre, dense, croquante et juteuse. À la récolte, l’acidité est marquée et constitue l’une des signatures organoleptiques du cultivar. En conservation, l’amidon régresse, les sucres solubles deviennent plus disponibles, l’acidité diminue progressivement et la perception gustative s’arrondit. Une Granny cueillie trop tôt peut rester dure mais peu expressive et présenter davantage de risques de stockage ; cueillie trop tard, elle perd de la fraîcheur verte, peut jaunir et se conserve moins longtemps.
08 · Guide
Maturité, indices de récolte et fenêtre de cueillette
Depuis le 1er juillet 2026, l’accord interprofessionnel français Granny Smith ‘Maturité-Qualité’ impose avant récolte un indice de régression de l’amidon d’au moins 3 sur l’échelle CTIFL/Eurofru. Le contrôle doit être réalisé pré-récolte. La coloration intégrale des pépins est mentionnée à titre indicatif et n’est plus l’unique critère. Cette évolution recentre la décision sur un indicateur physiologique plus directement lié à la dégradation de l’amidon.
La couleur verte seule ne dit pas si un lot est prêt à être cueilli. Prélever plusieurs fruits représentatifs du verger et confronter le test d’amidon à la fermeté, au calibre et au débouché prévu. Une mesure isolée sur quelques pommes exposées au soleil peut conduire à avancer ou retarder à tort tout le chantier.
| Indicateur | Donnée citée dans la page |
|---|---|
| Indice de régression de l’amidon exigé (depuis le 1er juillet 2026) | Au moins 3 sur l’échelle CTIFL/Eurofru |
| Moment du contrôle | Pré-récolte |
| Coloration intégrale des pépins | Mentionnée à titre indicatif, plus critère unique |
09 · Guide
Sol, climat, eau et changement climatique
L’exposition directe des fruits au soleil pendant une période chaude augmente le risque de coup de soleil. La température du fruit peut dépasser celle de l’air, surtout si le feuillage le protège mal ou si l’arbre manque d’eau. Il faut donc raisonner ensemble l’ouverture de la canopée, la charge et l’irrigation, sans supprimer brutalement l’ombrage des pommes.
La protection du fruit commence par une canopée équilibrée : assez de lumière pour la fructification, mais sans exposer soudainement les pommes après une taille ou un effeuillage sévère. Le suivi de l’eau doit tenir compte de la réserve du sol et de la charge en fruits ; un stress observé sur l’arbre appelle une vérification dans la zone racinaire avant d’augmenter les apports.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quel indice de maturité faut-il respecter avant récolte?
Depuis le 1er juillet 2026, l’accord interprofessionnel impose un indice de régression de l’amidon d’au moins 3 sur l’échelle CTIFL/Eurofru, contrôlé avant récolte.
La couleur verte suffit-elle pour décider de la récolte?
Non. Il faut prélever plusieurs fruits représentatifs et confronter le test d’amidon à la fermeté, au calibre et au débouché prévu.
Pourquoi l’éclaircissage compte-t-il?
Il vise à homogénéiser la charge, préserver le retour à fleur et limiter les fruits hors calibre ou physiologiquement fragiles.





