01 · Référence
Mode d’emploi et niveau de fiabilité
Le foin est un fourrage conservé par dessiccation. La qualité finale résulte d'une chaîne où aucun maillon ne peut compenser complètement une erreur du précédent : stade trop tardif, coupe trop basse, contamination par la terre, séchage lent, pertes de feuilles, pressage trop humide ou stockage réhumidifié se cumulent. Les repères techniques de ce dossier doivent donc être lus comme un système de décisions et…
Les seuils de matière sèche et de température sont particulièrement importants. ARVALIS retient 85 % MS comme objectif de séchage pour le foin et, dans une publication de 2025 consacrée à l'échauffement, recommande de viser au moins 84 % MS au pressage pour limiter le risque d'échauffement des balles.
Les valeurs alimentaires ne doivent pas être appliquées comme une composition fixe. Elles varient selon l'espèce, le stade, le numéro de coupe, la fertilisation, la météo, les pertes de feuilles et les conditions de stockage. Une analyse représentative du lot est la base du rationnement lorsque les enjeux de performance ou de santé sont élevés.
02 · Référence
Synthèse exécutive : 50 repères à retenir
Le foin est un fourrage sec obtenu par dessiccation de plantes fourragères récoltées puis stockées à l'abri de l'eau.
L'objectif de conservation est de réduire suffisamment l'activité de l'eau pour stopper l'essentiel des fermentations et des développements microbiens.
La valeur du foin est d'abord celle de la plante au moment de la coupe : une fenaison tardive ne peut pas être compensée par un séchage parfait.
Pour les graminées, le compromis rendement-qualité se situe généralement autour du début d'épiaison, à ajuster selon les besoins du troupeau.
Pour la luzerne, une première coupe au début bourgeonnement privilégie la qualité ; un rythme d'environ 30 à 40 jours entre repousses est souvent cité dans les références françaises.
03 · Référence
Définition, fonctions et vocabulaire
Au sens agronomique, le foin est un fourrage issu de graminées, légumineuses, dicotylédones fourragères ou d'un mélange, conservé principalement par séchage. Le Catalogue européen des matières premières pour aliments des animaux décrit notamment l'herbe séchée au champ (« grass, field dried [hay] ») et distingue les fourrages verts, ensilés ou séchés.
La fenaison désigne l'ensemble des opérations qui conduisent de l'herbe sur pied au foin stockable : fauche, éventuellement conditionnement, fanage, pré-andainage/andainage, pressage ou ramassage en vrac, transport et stockage. Le séchage peut être entièrement réalisé au champ, terminé sous abri par ventilation, ou combiné selon le système.
04 · Référence
Histoire et évolution de la fenaison
La conservation de l'herbe par séchage est l'une des techniques fondamentales qui ont permis de nourrir des herbivores pendant l'hiver ou les périodes sèches. Longtemps, la coupe manuelle, le fanage à la fourche et le stockage en meules imposaient une forte consommation de main-d'œuvre et des surfaces limitées. La mécanisation du XIXe puis du XXe siècle - faucheuses, râteaux, presses, tracteurs…
Depuis la seconde moitié du XXe siècle, la fenaison partage la place avec les conservations par voie humide (ensilage, puis enrubannage). Le foin conserve néanmoins des avantages : absence de fermentation recherchée, produit transportable et commercialisable, facilité d'utilisation dans de nombreux systèmes, rôle structurant dans les rations et compatibilité avec des cahiers des charges fromagers ou territoriaux. Le séchage en grange représente une évolution technique importante : il permet de faucher plus tôt et de transférer une partie du risque météo du champ au bâtiment.
05 · Référence
Place du foin dans les systèmes français
Le foin est produit à partir de prairies permanentes, temporaires, artificielles (notamment luzerne ou trèfle), mélanges multi-espèces et parfois de cultures fourragères annuelles. Il est présent dans les élevages bovins lait et viande, ovins, caprins, équins et, à des échelles plus modestes, dans d'autres filières herbivores.
La statistique française suit les surfaces et productions de fourrages et prairies dans la Statistique agricole annuelle. Pour SILLOVA, les chiffres de surfaces nationales doivent être récupérés dans le tableau Agreste de l'année considérée plutôt que figés dans la page, car les catégories statistiques (prairies temporaires, artificielles, STH productive ou peu productive) et les données provisoires/définitives évoluent.
06 · Référence
Stade de coupe : arbitrer rendement, qualité et pérennité
Le stade de coupe est le déterminant structurel de la valeur alimentaire. Au cours de la maturation, la proportion de tiges et de parois végétales augmente, la digestibilité diminue et l'ingestibilité se dégrade. Le rendement de la première coupe augmente généralement quand la récolte est retardée, ce qui crée un compromis rendement/qualité.
Pour la luzerne, ARVALIS indique qu'un rythme de quatre coupes par an peut optimiser le compromis rendement/qualité/pérennité dans les contextes adaptés, avec des repousses de l'ordre de 30 à 40 jours et au moins une coupe plus tardive permettant la reconstitution des réserves. Il s'agit d'un repère technique, pas d'un calendrier universel.
07 · Référence
Cinétique de séchage : comprendre les trois phases
ARVALIS décrit trois phases de dessiccation. Le raisonnement du chantier doit changer d'une phase à l'autre : au début, il faut exposer ; à la fin, il faut surtout aérer sans casser.
ARVALIS estime qu'il faut généralement 3 à 6 jours de séchage au champ pour atteindre le stade foin, contre 2 à 4 jours pour l'enrubannage et 1 à 3 jours pour l'ensilage, selon les rendements, espèces et conditions météorologiques.
08 · Référence
Fauchage : hauteur, largeur d’étalement et conditionnement
Une coupe nette et régulière facilite le séchage et la repousse. La hauteur de 6-7 cm est un repère fréquemment cité pour les prairies : elle réduit le risque de ramasser de la terre, laisse circuler l'air sous le fourrage et protège les organes de repousse. Une coupe plus haute peut être pertinente en conditions sèches ou sur certaines espèces ; une coupe plus basse…
09 · Référence
Fanage : accélérer sans défolier
Le fanage mélange et retourne le tapis afin d'exposer les couches humides. Son intérêt dépend du rendement, de la largeur d'étalement et de la météo. Un fanage très précoce, lorsque les feuilles sont encore souples, est moins pénalisant qu'un passage agressif sur un fourrage proche du pressage.
Passages suivants : réduire le régime et l'agressivité à mesure que la MS augmente ; éviter les heures les plus sèches pour les légumineuses.
Réglage : les dents doivent soulever le fourrage sans gratter le sol ; la terre augmente les cendres et dégrade la qualité hygiénique.
Nombre de passages : aucun nombre standard ; chaque passage doit apporter un gain de séchage supérieur aux pertes mécaniques qu'il provoque.
10 · Référence
Pressage : matière sèche, densité et format des balles
Le pressage transforme un produit très volumineux en unité manipulable et stockable. Il marque aussi un point de non-retour : si le fourrage est trop humide, l'air circule beaucoup moins bien et la chaleur peut s'accumuler. ARVALIS recommande au moins 84 % MS au pressage pour les balles rondes et rectangulaires lorsqu'elles ne seront pas ventilées.
| Terme | Définition opérationnelle | Unité/repère |
|---|---|---|
| Matière sèche (MS) | Fraction du fourrage restant après retrait de l’eau. | % de la masse brute |
| Humidité | Part d’eau du fourrage ; approximativement 100 - %MS. | % |
| Fenaison | Chaîne de récolte et de séchage destinée à produire du foin. | Processus |
| Fanage | Etalement/retournement destiné à accélérer et homogénéiser le séchage. | Passage(s) |
| Andainage | Regroupement du fourrage en bande pour terminer le séchage et alimenter la presse. | Largeur/masse linéique |
| Foin ventilé | Foin rentré encore insuffisamment sec et dont le séchage est terminé par circulation d’air. | %MS entrée / durée ventilation |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur mode d’emploi et niveau de fiabilité ?
Le foin est un fourrage conservé par dessiccation. La qualité finale résulte d'une chaîne où aucun maillon ne peut compenser complètement une erreur du précédent : stade trop tardif, coupe trop basse, contamination par la terre, séchage lent, pertes de feuilles, pressage trop humide ou stockage réhumidifié se cumulent. Les repères techniques de ce dossier doivent donc être lus comme un système… [S02][S04][S13][S14]
Que faut-il retenir sur synthèse exécutive : 50 repères à retenir ?
Le foin est un fourrage sec obtenu par dessiccation de plantes fourragères récoltées puis stockées à l'abri de l'eau. L'objectif de conservation est de réduire suffisamment l'activité de l'eau pour stopper l'essentiel des fermentations et des développements microbiens. [S05]
Que faut-il retenir sur définition, fonctions et vocabulaire ?
Au sens agronomique, le foin est un fourrage issu de graminées, légumineuses, dicotylédones fourragères ou d'un mélange, conservé principalement par séchage. Le Catalogue européen des matières premières pour aliments des animaux décrit notamment l'herbe séchée au champ (« grass, field dried [hay] ») et distingue les fourrages verts, ensilés ou séchés. La fenaison désigne l'ensemble des opérations qui conduisent de l… [S27]
Que faut-il retenir sur histoire et évolution de la fenaison ?
La conservation de l'herbe par séchage est l'une des techniques fondamentales qui ont permis de nourrir des herbivores pendant l'hiver ou les périodes sèches. Longtemps, la coupe manuelle, le fanage à la fourche et le stockage en meules imposaient une forte consommation de main-d'œuvre et des surfaces limitées. La mécanisation du XIXe puis du XXe siècle - faucheuses… [S08][S10][S12]
Que faut-il retenir sur place du foin dans les systèmes français ?
Le foin est produit à partir de prairies permanentes, temporaires, artificielles (notamment luzerne ou trèfle), mélanges multi-espèces et parfois de cultures fourragères annuelles. Il est présent dans les élevages bovins lait et viande, ovins, caprins, équins et, à des échelles plus modestes, dans d'autres filières herbivores. La statistique française suit les surfaces et productions de fourrages et prairies dans la… [S15][S18]
Que faut-il retenir sur stade de coupe : arbitrer rendement, qualité et pérennité ?
Le stade de coupe est le déterminant structurel de la valeur alimentaire. Au cours de la maturation, la proportion de tiges et de parois végétales augmente, la digestibilité diminue et l'ingestibilité se dégrade. Le rendement de la première coupe augmente généralement quand la récolte est retardée, ce qui crée un compromis rendement/qualité. Pour la luzerne, ARVALIS indique qu'un rythme… [S05]





