01 · Référence
À retenir
La performance d’un mélange dépend davantage de la présence des bonnes fonctions et des bonnes espèces que du simple nombre d’espèces. Les essais français historiques comme les travaux récents convergent sur ce point : la composition, la conduite et le contexte pédoclimatique déterminent le résultat. Un mélange qui réussit en sol séchant du nord Massif Central ne doit pas être copié tel quel en sol hydromorphe océanique ou en prairie de pâturage intensif.
Définir d’abord la durée visée, le mode d’exploitation, le type de sol, la réserve en eau et la qualité alimentaire recherchée. Le nombre d’espèces n’est qu’une conséquence de ces choix. La composition du mélange doit ensuite être suivie au champ, car les proportions semées ne sont pas celles du fourrage récolté.
02 · Référence
Historique, logique agronomique et développement en France
Les mélanges associent plusieurs groupes de plantes afin de combiner production, qualité et couverture du sol. La diversité utile dépend du milieu et des fonctions réellement attendues ; multiplier les espèces sans rôle identifié complique le semis et l’interprétation du couvert.
03 · Référence
Situation française, surfaces et contexte fourrager
Ces chiffres illustrent la variabilité climatique mais ne permettent pas d’attribuer un rendement aux multi-espèces. Les essais, suivis de parcelles et observatoires doivent rester la source principale pour comparer des compositions de mélanges.
04 · Référence
Pourquoi mélanger : mécanismes de complémentarité et effet mélange
Graminées et légumineuses peuvent exploiter différemment la lumière et l’azote. Cette complémentarité motive les mélanges, mais le résultat n’est pas garanti : la date de semis, le sol et la concurrence entre espèces influencent le peuplement obtenu. Les essais locaux sont plus utiles qu’un gain moyen sans contexte.
05 · Référence
Dicotylédones fourragères : chicorée et plantain comme troisième groupe fonctionnel
La chicorée et le plantain peuvent apporter un troisième groupe fonctionnel aux graminées et légumineuses. Leur intérêt dépend de leur persistance et de leur part dans le fourrage récolté ou pâturé. Les espèces ajoutées doivent répondre à une contrainte réelle de la parcelle ou de l’alimentation du troupeau.
La chicorée fourragère et le plantain lancéolé/fourrager sont les espèces les plus couramment mobilisées dans cette logique. Leur enracinement pivotant et leur saisonnalité différente peuvent compléter les graminées. Leur inclusion doit néanmoins être décidée par l’usage animal, la pérennité visée, la capacité à gérer la montée à tige et les références locales ; elles ne remplacent pas automatiquement une légumineuse.
06 · Référence
Règles de conception d’un mélange fonctionnel
Le guide AFPF de longue durée recommande de ne pas dépasser environ six espèces et huit variétés au total. L’objectif n’est pas de multiplier les composants mais de s’assurer que chacun apporte une fonction complémentaire. Le guide recommande également une dose totale généralement inférieure ou égale à 30 kg/ha, sauf certains mélanges à base de brome.
| Repère | Valeur | Lecture |
|---|---|---|
| Nombre d’espèces | Environ six espèces et huit variétés au total | Guide AFPF de longue durée |
| Dose totale du mélange | Généralement 30 kg/ha au plus | Sauf certains mélanges à base de brome |
| Précocité des RGA | Jusqu’à cinq semaines d’écart à l’épiaison | Repère ARVALIS |
| Fonctions dans la durée | Production, relais, installation, accompagnement | Lecture de la trajectoire botanique |
07 · Référence
Choix variétal : utiliser Herbe-book et les listes recommandées
Le mélange ne doit pas être raisonné seulement au niveau de l’espèce. ARVALIS rappelle que cinq semaines peuvent séparer l’épiaison des variétés de RGA les plus précoces et les plus tardives. La précocité, la souplesse d’exploitation, la remontaison, l’alternativité, la ploïdie et, pour la luzerne, la dormance influencent fortement la compatibilité entre composants.
Herbe-book utilise les données d’évaluation du GEVES et permet de comparer les variétés fourragères ; le portail propose aussi un calculateur de mélange en fonction des PMG et du peuplement théorique. Les listes recommandées AFPF/UFS s’appuient sur une méthodologie impliquant INRAE, ARVALIS, Idele, GEVES et les semenciers.
08 · Référence
Durée, succession des espèces et trajectoire botanique
Cette dynamique montre qu’il faut distinguer « espèces de production », « espèces de relais », « espèces d’installation » et « espèces d’accompagnement ». La disparition d’un composant n’est pas toujours un échec si sa fonction temporaire a été remplie, mais une simplification excessive peut signaler un déséquilibre de fertilisation, d’exploitation ou de milieu.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Combien d’espèces dans un mélange multi-espèces?
Le nombre compte moins que la fonction de chaque espèce. Le guide AFPF de longue durée recommande de ne pas dépasser environ six espèces et huit variétés au total.
Quelle dose de semis pour un mélange?
Le guide recommande une dose totale généralement inférieure ou égale à 30 kg/ha, sauf certains mélanges à base de brome.
Faut-il suivre la composition du mélange après le semis?
Oui : les proportions semées ne sont pas celles du fourrage récolté. La composition doit être suivie au champ dans le temps.





