01 · Référence
À retenir
L’enrubannage est un ensilage en balle : le fourrage est préfané, comprimé puis rendu anaérobie par un film étirable.
Il occupe une position intermédiaire entre ensilage d’herbe et foin : plus sec qu’un ensilage classique, nettement plus humide qu’un foin stable.
Il est particulièrement adapté aux petits chantiers, aux excédents de pâturage, aux coupes précoces et aux surfaces où un silo collectif serait peu pratique.
Une teneur minimale de 40 % MS en tout point de la balle est un repère de sécurité important vis-à-vis des butyriques et de la protéolyse.
| Repère | Valeur |
|---|---|
| Teneur minimale en MS en tout point de la balle | 40 % |
| Cible de préfanage | 50-60 % MS |
| Hauteur de fauche pour l’enrubannage d’herbe | 7-8 cm |
02 · Référence
Définition et principe de l’enrubannage
La conservation combine trois mécanismes : une teneur en matière sèche suffisamment élevée pour limiter l’activité des micro-organismes indésirables, une exclusion rapide de l’oxygène par compression et filmage, puis une fermentation acidifiante dominée idéalement par les bactéries lactiques. À la différence d’un foin, la stabilité ne repose donc pas sur un séchage poussé ; à la différence d’un ensilage humide, l’activité fermentaire est plus faible car la disponibilité en eau est réduite.
03 · Référence
Place de l’enrubannage dans les systèmes fourragers français
La technique répond particulièrement bien aux systèmes où la récolte de l’herbe doit être flexible : valorisation d’excédents de pâturage, première coupe précoce, petites surfaces dispersées, parcelles éloignées, luzernières de surface limitée, méteils ou prairies multi-espèces. ARVALIS souligne la possibilité de réaliser de petits chantiers et de gérer les surfaces au cas par cas.
Elle réduit l’exposition climatique par rapport au foin, mais au prix d’un emballage plastique, de consommables spécifiques et d’une logistique de manutention plus exigeante. Son intérêt économique augmente lorsque la valeur alimentaire du fourrage récolté tôt permet de réduire les achats de concentrés ou lorsque l’alternative serait une perte de récolte. Il diminue si les balles sont mal conservées ou si une part importante est jetée à l’ouverture.
04 · Référence
Espèces et types de fourrages concernés
L’enrubannage peut concerner la plupart des fourrages herbacés dès lors qu’ils peuvent être préfanés et pressés : ray-grass anglais ou italien, fétuques, dactyle, fléole, luzerne, trèfle violet, prairies multi-espèces, prairies permanentes et mélanges céréales-protéagineux immatures. La conduite doit être adaptée à la vitesse de séchage, à la fragilité des feuilles, au pouvoir tampon et à l’agressivité mécanique du fourrage.
05 · Référence
Stade de coupe : arbitrer rendement, valeur et sécurité de conservation
La qualité potentielle se fixe avant le pressage. Plus le stade avance, plus le rendement augmente mais la digestibilité et la teneur en protéines diminuent généralement, tandis que les tiges deviennent plus rigides. L’enrubannage permet de récolter plus tôt que le foin car il n’exige pas 85 % MS. Cette précocité est un de ses principaux intérêts.
06 · Référence
Météo et fenêtre de récolte
L’objectif n’est pas seulement d’avoir un jour sans pluie, mais d’obtenir assez de potentiel évaporatif pour atteindre rapidement 40 %, puis idéalement 50-60 % MS. Rayonnement, température, humidité relative, vent, rosée, rendement sur pied et largeur d’étalement pilotent la vitesse de préfanage.
Une référence Chambre de 2025 conseille, pour viser 45-50 % MS, de disposer d’au moins deux jours secs après fauche dans les conditions décrites. Le besoin réel est toutefois très variable : un RGI léger de fin de printemps peut atteindre la cible plus vite, alors qu’un méteil volumineux ou une coupe d’automne peut demander davantage de temps.
07 · Référence
Hauteur de fauche et contamination par la terre
Une coupe trop basse augmente le risque de ramasser terre, débris, cailloux et spores de Clostridium. Les références françaises convergent vers un ordre de grandeur de 7-8 cm pour l’enrubannage d’herbe, à adapter au couvert et à la parcelle. Cette hauteur améliore aussi l’aération du fourrage couché sur les chaumes et soutient la reprise de végétation.
08 · Référence
Préfanage : objectif, dynamique et homogénéité
ARVALIS insiste sur l’homogénéité : la moyenne d’un andain à 50 % MS ne suffit pas si des poches sont à 30-35 %. Le fanage permet de mélanger les couches et d’éviter qu’un cœur humide persiste.
09 · Référence
Fanage et andainage
L’andain destiné au round-baller doit être régulier et adapté à la largeur du pick-up. Une alimentation uniforme de la chambre améliore la géométrie de la balle, sa densité et la régularité du filmage.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Qu’est-ce que l’enrubannage?
Un ensilage en balle : le fourrage est préfané, comprimé puis rendu anaérobie par un film étirable.
Quelle teneur en matière sèche viser?
Une teneur minimale de 40 % MS en tout point de la balle est un repère de sécurité. Le préfanage vise idéalement 50-60 % MS.
Pourquoi couper à 7-8 cm?
Une coupe trop basse augmente le risque de ramasser terre, débris et spores de Clostridium. Les références françaises convergent vers 7-8 cm pour l’enrubannage d’herbe.





