01 · Fonction
Comprendre ce que la coupure de sections commande
Une section est la partie de l’outil que le système peut activer séparément : groupe de buses sur un pulvérisateur, rangs d’un semoir ou zone de distribution d’un épandeur. Le contrôleur confronte la position de l’outil aux limites de la parcelle et aux surfaces déjà travaillées. Il coupe ou rallume les sections selon le recouvrement choisi. Dans la terminologie AEF, la fonctionnalité ISOBUS correspondante est TC-SC (Task Controller Section Control).
La fonction ne remplace ni le guidage du tracteur ni le réglage agronomique de la dose. Elle évite surtout de faire travailler deux fois certaines zones ou de sortir de la limite enregistrée. Les pointes, fourrières et parcelles irrégulières offrent davantage d’occasions de recouvrement que les grandes parcelles longues et rectangulaires.
Lors d’essais au pulvérisateur publiés par ARVALIS en 2016, le recouvrement moyen sur une parcelle de 100 m de long est passé de 4 % avec la commande manuelle des tronçons à 2 % avec l’assistance GPS. C’est un résultat d’essai, avec plusieurs chauffeurs, vitesses et types de pulvérisateurs ; il ne garantit pas la même économie sur toutes les parcelles. ARVALIS précise que le gain potentiel diminue lorsque les demi-tours sont peu nombreux.
02 · Réglage
Mesurer la géométrie et les délais de réaction
Le terminal doit connaître la position de l’antenne par rapport à l’outil, sa largeur de travail, le nombre de sections et leur largeur respective. Une antenne décalée ou une largeur mal saisie déplace virtuellement les sections : la carte peut paraître correcte alors que le produit arrive au mauvais endroit. Vérifier les valeurs de la notice du matériel et les mesurer sur la combinaison tracteur-outil utilisée.
La commande électrique et l’effet réel au sol ne surviennent pas forcément au même instant. Le produit circule encore dans la rampe du pulvérisateur ; un doseur ou un épandeur présente lui aussi son propre délai. Le terminal peut anticiper l’ouverture et la fermeture, mais les valeurs dépendent de la machine, du produit et de la vitesse. Éviter de recopier le réglage d’un autre outil sans essai.
Le lien entre temps et distance aide à comprendre l’écart : distance parcourue en mètres = vitesse en km/h ÷ 3,6 × délai en secondes. À 12 km/h, une seconde représente environ 3,3 m. Ce calcul illustre l’enjeu du réglage ; il ne constitue pas une temporisation conseillée. Après un changement de vitesse ou de configuration, regarder si la zone effectivement traitée correspond à la limite prévue.
03 · Outils
Adapter le contrôle à l’outil utilisé
Sur un pulvérisateur, chaque tronçon commande plusieurs buses, ou parfois une buse individuelle. Une coupure plus fine peut limiter les recouvrements dans les pointes, mais elle multiplie les organes à régler et à vérifier. Observer les buses et la trace de pulvérisation aux ouvertures et fermetures : la carte de couverture seule ne prouve pas que le débit est immédiatement stabilisé.
La géométrie d’un épandeur centrifuge est différente : les granulés sont projetés et la nappe de répartition n’est pas un rectangle sous la machine. À titre d’exemple propre à une gamme KUHN, Varispread fait varier la largeur utile dans les pointes et Optipoint choisit le point de commande des vannes selon l’engrais et la vitesse. Il faut donc utiliser le modèle et les tableaux d’épandage prévus pour l’épandeur et l’engrais concernés, puis vérifier le résultat au champ.
Sur un semoir, la coupure peut porter sur un demi-outil, un groupe de rangs ou chaque rang. Un arrêt trop tardif crée une double densité, tandis qu’une remise en route trop tardive laisse un manque. La vitesse de transport des graines et le délai mécanique de la distribution comptent autant que la commande affichée. Tester la reprise du semis dans une zone représentative avant de généraliser le réglage.
| Outil | Section commandée | Contrôle au champ |
|---|---|---|
| Pulvérisateur | Tronçon ou buse | Début et fin de pulvérisation en fourrière |
| Épandeur centrifuge | Zone de nappe et débit | Répartition aux pointes et bordures |
| Semoir | Doseur ou rang | Dernière et première graines effectivement déposées |
04 · Compatibilité
Confirmer le TC-SC sur toute la combinaison
Une prise ISOBUS présente sur le tracteur ne suffit pas à garantir la coupure automatique. L’AEF distingue les fonctionnalités des différents composants et rappelle que seule une fonction prise en charge par tous les éléments nécessaires peut être utilisée. Contrôler le terminal, l’outil, leurs versions et les activations disponibles ; la base de données AEF permet de rechercher les compatibilités certifiées.
Ne pas confondre TC-SC, qui pilote les sections, avec TC-GEO, utilisé pour les données et prescriptions géolocalisées. Selon les équipements, un système propriétaire peut aussi réaliser la coupure sans la même combinaison ISOBUS. Avant un achat, demander une démonstration avec le tracteur, le terminal et l’outil exacts de l’exploitation, ainsi que la liste des fonctions activées et des mises à jour requises.
05 · Décision
Valider le réglage et chiffrer le gain possible
Sur une fourrière et une pointe faciles à observer, comparer la trace réelle à la limite prévue. Chercher les bandes non travaillées, les doubles passages et la cohérence des sections affichées sur le terminal. Si le résultat dérive, vérifier dans cet ordre la position de l’antenne, les dimensions de l’outil, les largeurs des sections et les temporisations prévues par la notice. Refaire l’essai après correction.
Le gain économique dépend des surfaces recouvertes auparavant, du coût du produit, du nombre de passages, du temps de conduite et du prix de l’équipement. Relever un taux de recouvrement local avec et sans assistance est plus utile qu’appliquer automatiquement les 2 points d’écart mesurés dans l’essai ARVALIS. Les parcelles courtes et découpées peuvent justifier une attention prioritaire ; les grandes parcelles régulières offrent généralement moins de demi-tours.
Conserver avec les réglages la combinaison de matériels, le nombre de sections, le produit ou la semence et les observations de l’essai. Ce relevé facilite le prochain chantier et évite d’attribuer à la précision du GPS un défaut lié à la géométrie ou au délai de l’outil.
06 · Parcelles
Repérer les parcelles où le gain se concentre
Le gain potentiel se concentre sur les pointes, les fourrières et les parcelles irrégulières, qui offrent davantage d’occasions de recouvrement que les grandes parcelles longues et rectangulaires.
ARVALIS précise que le gain potentiel diminue lorsque les demi-tours sont peu nombreux. Les parcelles courtes et découpées peuvent donc justifier une attention prioritaire, alors que les grandes parcelles régulières offrent généralement moins de demi-tours.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
La coupure de sections fonctionne-t-elle avec tout matériel ISOBUS?
Non. Il faut vérifier que les composants de la combinaison prennent en charge la fonctionnalité TC-SC et que les options nécessaires sont activées. La base AEF aide à contrôler les compatibilités certifiées.
La coupure automatique fait-elle toujours économiser 2 % de produit?
Non. Les 4 % et 2 % de recouvrement rapportés par ARVALIS concernent un essai au pulvérisateur sur une parcelle de 100 m. Le gain propre à une exploitation dépend de la forme des parcelles, du nombre de demi-tours et du réglage de la machine.
Faut-il tester le réglage avant le chantier?
Oui. Tester une pointe et une fourrière, observer le dépôt réel, corriger un paramètre à la fois et conserver le réglage validé pour cette combinaison de matériels.





