01 · Référence
Définition agronomique et place dans les systèmes fourragers
Dans les élevages français, elle occupe surtout trois niches : la prairie multi-espèces destinée au pâturage, où elle apporte une architecture racinaire et une saisonnalité complémentaires ; la culture spéciale riche en feuilles, gérée en passages rapprochés ; et, plus récemment, la dérobée estivale entre deux prairies, testée en Bretagne. Son intérêt est maximal quand le système cherche une ressource verte en été et accepte une conduite plus fine qu’une prairie de graminées classique.
02 · Référence
Histoire, sélection et évolution des usages
En France, la chicorée est redevenue visible avec les prairies multi-espèces, les systèmes biologiques et la recherche d’espèces de pâturage plus tolérantes aux sécheresses estivales. Les essais français restent beaucoup moins nombreux que pour le ray-grass, la fétuque, le dactyle ou la luzerne ; cette asymétrie de connaissance doit être conservée dans l’interprétation.
03 · Référence
Botanique, morphologie et critères d’identification
La chicorée fourragère forme une rosette de feuilles et une racine pivotante. Sa structure diffère de celle des graminées : une hauteur mesurée à l’herbomètre ne se convertit donc pas mécaniquement en biomasse avec le même coefficient. Une coupe de contrôle et l’observation de la composition botanique rendent l’estimation plus fiable.
04 · Référence
Cycle, vernalisation, montaison et nombre de cycles
Le nombre de cycles n’est pas fixe. En Bretagne, après le premier cycle, les parcelles d’essai ont été exploitées environ tous les 25 jours. Une culture semée tôt peut fournir plusieurs passages estivaux et automnaux ; un semis tardif réduit la fenêtre utile parce que la croissance ralentit fortement à l’automne avec la baisse des températures. La logique de pilotage doit donc être phénologique et climatique, non calendaire.
05 · Référence
Sol, pH, structure et drainage
Les références commerciales françaises indiquent une tolérance à des sols légèrement acides, avec un repère pH supérieur à 5,5 pour Chicor ; les références néo-zélandaises visent souvent un optimum voisin de 5,6–6,2. Dans une prairie multi-espèces comprenant légumineuses, la cible pH doit cependant aussi satisfaire trèfles ou luzerne : le compromis du mélange peut conduire à viser plus haut. Le chaulage se raisonne sur analyse de sol et statut acido-basique, pas sur la seule présence de chicorée.
06 · Référence
Eau, climat, sécheresse et limites de la “résistance”
Les résultats bretons montrent que la date de semis et la fraîcheur du milieu influencent beaucoup la place prise par la chicorée. Une parcelle séchante peut mettre en valeur son enracinement, mais une implantation tardive dans un été frais limite son intérêt. L’observation de la prairie locale doit primer sur une réputation générale de tolérance à la sécheresse.
07 · Référence
Place dans la rotation et précédent cultural
Dans une rotation courte de renouvellement de prairie, la date de destruction de l’ancienne prairie est un coût d’opportunité majeur. Semer la chicorée assez tôt peut obliger à détruire une prairie au moment où sa pousse de printemps reste forte. L’intérêt économique ne se juge donc pas uniquement au rendement de la chicorée, mais au bilan de fourrage de l’ensemble de la transition.
08 · Référence
Préparation du sol, semis et implantation
La phase d’installation est plus lente qu’un colza fourrager. Dans les essais bretons, le premier pâturage est intervenu généralement 50–55 jours après semis, avec un minimum de 45 et un maximum de 78 jours. Ce délai augmente le risque de salissement. Une levée homogène, une parcelle propre avant semis et l’absence de tassement sont donc des leviers essentiels.
09 · Référence
Doses de semis et conception des associations
Dans une prairie complexe, la dose se raisonne avec l’agressivité des autres espèces. Une dose excessive de chicorée peut conduire temporairement à un fourrage très pauvre en fibres ; une dose trop faible peut disparaître rapidement sous la concurrence et le pâturage sélectif. ARVALIS rappelle en 2026 que la conception d’une prairie multi-espèces doit partir du sol, de la pérennité visée, du mode d’exploitation et de la valeur alimentaire attendue, et que la dose totale de mélange ne dépasse généralement pas 30 kg/ha.
| Repère | Valeur | Contexte |
|---|---|---|
| Premier pâturage | 50 à 55 jours après semis | Essais bretons, de 45 à 78 jours |
| Intervalle entre exploitations | Environ 25 jours | Parcelles d’essai après le premier cycle |
| pH du sol | Supérieur à 5,5 | Repère commercial français pour Chicor |
| Optimum de pH | 5,6 à 6,2 | Références néo-zélandaises |
| Dose totale du mélange | Généralement 30 kg/ha au plus | Prairie multi-espèces, ARVALIS 2026 |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Où place-t-on la chicorée fourragère?
Surtout dans une prairie multi-espèces destinée au pâturage, en culture riche en feuilles ou en dérobée estivale testée en Bretagne. Son intérêt est maximal pour une ressource verte en été.
Quand faire le premier pâturage après semis?
Dans les essais bretons, généralement 50 à 55 jours après semis, avec un minimum de 45 et un maximum de 78 jours. Ce délai augmente le risque de salissement.
Quel pH viser pour la chicorée?
Le repère commercial français est un pH supérieur à 5,5 ; les références néo-zélandaises visent 5,6 à 6,2. Dans un mélange avec trèfles ou luzerne, la cible doit aussi convenir aux légumineuses.





