Référence agronomique · France

Cultures · Prairies, fourrages & couverts

Pois fourrager

Pisum sativum L. (partim)

Monographie du pois fourrager, légumineuse annuelle utilisée plante entière, en méteil ou en couvert : distinction avec le pois protéagineux, choix hiver ou printemps, densité, céréale tuteur, maîtrise de la verse, récolte et conservation.

Vérifié le 25 août 2026 Lecture 13 min
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Pois fourrager à fleurs blanches et gousses vertes dans une parcelle
Pois fourrager en floraison et formation des gousses · Image SILLOVA
12 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Donnée stable

Pisum sativum

Espèce

Variétés sélectionnées pour biomasse et usage fourrager [S01][S03][S04]

02
Consolidé

Plante entière récoltée en vert

Usage statistique

Classée parmi les autres fourrages annuels par Agreste [S02]

03
Consolidé

Triticale + pois

Mélange courant

La céréale sert de tuteur et complète l’énergie [S05][S09]

04
Consolidé

25 à 30 kg/ha

Dose en mélange

Exemple OSAÉ à recalculer selon PMG et risque de verse [S09]

01 · Identité

Un pois choisi pour la plante entière

Le pois fourrager appartient à la même espèce que les pois protéagineux et potagers, mais son type variétal et sa destination diffèrent. Il est recherché pour sa biomasse, sa hauteur et son intégration dans les mélanges.

Agreste distingue le pois sec récolté à maturité pour la graine du pois fourrager récolté en vert plante entière, classé dans les autres fourrages annuels. Cette distinction évite de transposer directement rendements, stades et critères variétaux du pois protéagineux.

La tige souple porte des vrilles et peut verser lorsqu’elle n’est pas soutenue. C’est pourquoi le pois fourrager est rarement conduit seul pour l’ensilage : une céréale à paille constitue un tuteur et homogénéise le chantier.

Sources de cette section [S01][S02][S03][S04]

02 · Système

Méteil, dérobée ou couvert : trois cahiers des charges

Un méteil fourrager vise une ration ; une dérobée doit produire vite entre deux cultures ; un couvert protège le sol et sera détruit. Les mêmes graines peuvent être mobilisées, mais le pilotage change.

Pour le fourrage, rendement, protéines, fibres, énergie et stabilité de conservation sont prioritaires. Pour le couvert, la date de destruction, l’eau consommée et l’azote restitué comptent davantage. Une parcelle destinée à la graine suit encore un autre itinéraire.

Le débouché est fixé avant le semis, notamment pour choisir la variété, la céréale, la densité et les produits éventuellement autorisés. Changer de destination tardivement peut poser une difficulté réglementaire ou sanitaire pour l’alimentation animale.

Sources de cette section [S02][S03][S10][S11]

03 · Rotation

Espacer les légumineuses et gérer les reliquats

Le pois fixe l’azote atmosphérique lorsqu’une nodulation fonctionnelle s’établit. Il ne nécessite pas d’apport azoté minéral de routine, qui favoriserait surtout la céréale et déséquilibrerait le mélange.

Le retour rapproché du pois ou d’autres Fabaceae augmente le risque de maladies racinaires et de ravageurs communs. La rotation doit comptabiliser protéagineux, légumineuses fourragères et couverts, pas seulement la culture principale déclarée.

La restitution à la culture suivante dépend de la biomasse laissée. Récolter le méteil exporte protéines et azote ; détruire un couvert sur place en restitue davantage. Le bilan prévisionnel intègre ces flux et le risque de minéralisation hors période d’absorption.

Sources de cette section [S03][S05][S07]

04 · Semis

Raisonner en grains plutôt qu’en kilogrammes seuls

Le PMG du pois varie fortement. Une dose en kg/ha n’a donc de sens qu’avec le lot de semences et la densité visée. OSAÉ cite 25 à 30 kg/ha dans certaines associations, avec un plafond de grains pour contenir la verse.

La graine doit être placée dans l’humidité, souvent plus profondément que la céréale. Un semis en un passage représente un compromis ; deux passages améliorent parfois le placement mais augmentent coût et tassement. Le réglage est contrôlé au champ par comptage.

La période dépend du type hiver ou printemps. Le semis d’automne cherche une installation suffisante avant le gel sans excès de croissance ; celui de printemps nécessite une levée rapide avant le dessèchement. La variété doit être adaptée à cette fenêtre.

Sources de cette section [S04][S09][S10]

05 · Mélange

Triticale-pois : robuste, mais pas automatique

Le triticale-pois est répandu parce que les calendriers concordent et que la céréale concurrence les adventices tout en soutenant le pois. Avoine, seigle, blé ou féverole peuvent compléter ou remplacer des partenaires.

La céréale ne doit être ni trop dense, au risque de diluer les protéines, ni trop faible, au risque de laisser verser le pois. La résistance à la verse, la précocité et la hauteur des deux variétés doivent être compatibles. Les proportions se raisonnent séparément.

ARVALIS indique qu’un mélange très complexe n’est pas nécessairement supérieur à une association bien réglée. Chaque espèce ajoutée doit avoir une fonction vérifiable : tuteur, protéines, énergie, couverture ou sécurisation climatique.

Sources de cette section [S05][S06][S09]

06 · Conduite

Surveiller peuplement, verse et santé racinaire

Après la levée, le comptage vérifie chaque espèce. Une densité totale correcte peut masquer l’échec du pois ou, inversement, une proportion trop élevée qui annonce de la verse.

La nutrition du mélange se pilote avec l’analyse de sol et les besoins de la céréale sans pénaliser la fixation symbiotique. Un jaunissement du pois peut signaler asphyxie, compaction, maladie ou défaut de nodulation ; apporter de l’azote sans diagnostic ne corrige pas la cause.

Les adventices sont mieux contenues par une implantation dense et homogène. La concurrence du mélange ne remplace pas une rotation propre. Les bordures, zones tassées et manques de levée sont inspectés tôt pour comprendre les écarts.

Sources de cette section [S05][S09]

07 · Récolte

Le compromis se lit dans le pois et dans la céréale

Une récolte précoce privilégie digestibilité et protéines ; une récolte tardive augmente rendement, amidon et matière sèche mais aussi fibres et risque de verse. Le stade optimal dépend de la ration.

Observer seulement la céréale est insuffisant. Le remplissage des gousses, la conservation des feuilles et l’état sanitaire du pois sont suivis avec le grain de la céréale. Une analyse avant chantier peut aider à estimer matière sèche et valeur.

La fauche évite la terre, surtout si le couvert est couché. Des andains réguliers et une reprise rapide limitent les pertes. Après un épisode de verse ou de pluie, le risque de souillure et de fermentation indésirable augmente.

Sources de cette section [S05][S06][S09]

08 · Conservation

Ensilage et enrubannage exigent de l’homogénéité

Le pois apporte protéines et humidité ; la céréale apporte structure, matière sèche et sucres. L’équilibre facilite l’ensilage à condition que la maturité des partenaires soit synchronisée.

Un préfanage peut être nécessaire. Le tassement, la fermeture immédiate et la protection contre les perforations déterminent les pertes. Un fourrage trop humide produit des jus ; trop sec ou trop long, il emprisonne de l’air.

L’enrubannage convient aux volumes plus modestes mais demande une densité régulière et un film intact. À l’ouverture, toute odeur anormale, moisissure ou échauffement conduit à écarter le lot douteux. La ration s’appuie sur une analyse du stock.

Sources de cette section [S05][S08][S10]

09 · Couvert

Produire de la biomasse sans compromettre la suite

Le pois fourrager peut produire rapidement une biomasse automnale et fixer de l’azote. Le guide interculture cite 100 kg/ha en pur et 30 à 50 kg/ha en mélange pour cet usage spécifique.

Ces doses ne se transposent pas au méteil d’hiver. En couvert, la date de semis, la sensibilité au gel et la méthode de destruction sont choisies en fonction de la culture suivante. Une légumineuse seule piège moins l’azote minéral qu’une céréale.

La destruction doit prévenir repousses et montée à graines tout en préservant le sol. La libération d’azote est synchronisée autant que possible avec la culture suivante. L’eau consommée par un couvert tardif devient un critère majeur en région sèche.

Sources de cette section [S03][S10][S11]

10 · Protection

Une destination fourragère impose une vérification stricte

Maladies racinaires, ascochytose, ravageurs et verse se maîtrisent d’abord par rotation, semences saines, variété, densité et observation. Les risques diffèrent entre semis d’automne et de printemps.

Le statut réglementaire doit correspondre à la culture et à sa destination animale. Une autorisation sur pois protéagineux ne vaut pas automatiquement pour un pois fourrager récolté plante entière. E-Phy et l’étiquette font foi au moment de l’usage.

En cas de doute, le conseil technique confirme le délai avant récolte et les restrictions. Une intervention non compatible peut rendre le fourrage inutilisable ; cette vérification précède toujours la décision, jamais le chantier.

Sources de cette section [S03][S12]

Repères documentés

Les paramètres à enregistrer

La traçabilité du mélange permet d’expliquer rendement, valeur et verse puis d’ajuster la campagne suivante.

Repères du pois fourrager selon la destination.
ParamètreRepèrePrécautionSource
DestinationPlante entière récoltée en vertDistinct du pois secAgreste
MélangeTriticale-pois fréquentCompatibilité des maturitésARVALIS
Dose exemple25-30 kg/ha en associationRecalculer avec PMGOSAÉ
ProfondeurEnviron 3-4 cm en associationHumidité et type de solOSAÉ
Couvert100 kg/ha pur, 30-50 en mélangeRepère interculture seulementSEMAE
ProtectionUsage et destination vérifiésE-Phy fait foiANSES
Sources de cette section [S02][S05][S09][S10][S12]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quelle différence entre pois fourrager et pois protéagineux ?

Ils appartiennent à Pisum sativum, mais le pois fourrager est choisi pour la biomasse et récolté plante entière en vert ; le protéagineux est principalement conduit pour la graine sèche. [S01][S02][S03]

Pourquoi semer le pois avec du triticale ?

Le triticale sert de tuteur, limite la verse, concurrence les adventices et apporte énergie et sucres. Le pois complète la teneur en protéines du fourrage. [S05][S09]

Quelle dose de pois mettre dans un méteil ?

Il n’existe pas une dose universelle. OSAÉ cite 25 à 30 kg/ha dans certaines associations ; il faut recalculer en grains viables avec le PMG, la variété et le risque de verse. [S09]

Quand récolter le mélange ?

Plus tôt pour digestibilité et protéines, plus tard pour matière sèche, rendement et amidon. La décision combine stade des gousses, grain de la céréale, verse et objectif de ration. [S05][S09]

Le pois fourrager convient-il comme couvert ?

Oui, notamment pour produire de la biomasse et fixer de l’azote. La dose, la date et la destruction sont alors différentes de celles d’un méteil destiné à l’ensilage. [S03][S10]

Un produit autorisé sur pois est-il utilisable avant ensilage ?

Pas automatiquement. Il faut vérifier dans E-Phy l’usage exact, la destination fourragère, le délai avant récolte et toutes les restrictions de l’étiquette. [S12]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 12

  1. S01
  2. S02
  3. S03
  4. S04
  5. S05
  6. S06
  7. S07
  8. S08