01 · Identité
Une légumineuse alimentaire de printemps
Le pois chiche, Cicer arietinum L., est une Fabaceae annuelle dont la graine est destinée en France presque exclusivement à l’alimentation humaine : marché du sec, conserve, plats cuisinés, houmous et ingrédients.
Le type Kabuli domine la production française : graines crème, de calibre intermédiaire à gros, valorisées pour leur présentation. Le type Desi, à graines plus petites et colorées, reste minoritaire mais entre dans les dispositifs français d’évaluation variétale.
C’est une plante de printemps-été, adaptée aux climats chauds et secs, qui fixe l’azote atmosphérique par symbiose rhizobienne. Cette rusticité relative ne doit pas être confondue avec une culture sans risque : implantation, ascochytose, adventices, températures de floraison et calibre conditionnent la valeur finale.
02 · France
Une culture montée en puissance puis stabilisée
Les surfaces PAC de pois chiche sont passées de 1 487 ha en 2003 à 36 709 ha en 2019, avant de reculer puis de se stabiliser : 27 494 ha en 2024 et 26 134 ha en 2025.
La production 2025 est estimée à environ 40 000 t par le bilan de marché Terres Univia, pour des rendements moyens d’environ 16,5 q/ha en conventionnel et 10 q/ha en agriculture biologique — une campagne très hétérogène. La part biologique est remarquable : 9 671 ha en 2024, soit environ 35 % de la surface.
La géographie s’organise en trois ensembles : Sud-Est, Sud-Ouest et Centre-Ouest. L’Occitanie reste le premier bassin : le Mémento statistique 2026 y mesure 10 000 ha en 2024, soit 35,1 % de la surface métropolitaine de la SAA, pour un rendement régional de 15 q/ha. Une même campagne peut donner des chiffres légèrement différents selon la source — PAC, SAA, enquête ou bilan de marché : chaque valeur garde son année, sa source et son périmètre.
| Indicateur | Valeur | Référence | Source |
|---|---|---|---|
| Surface | 36 709 ha | 2019 · pic de la série PAC | Terres Univia |
| Surface | 27 494 ha | 2024 · série PAC | Terres Univia |
| Surface | 26 134 ha | 2025 | Terres Inovia |
| Production | ≈ 40 000 t | 2025 · estimation | Terres Univia |
| Surface bio | 9 671 ha | 2024 · certifié + conversion | Terres Univia / Agence Bio |
| Occitanie | 10 000 ha · 15 q/ha | 2024 | DRAAF / Agreste |
03 · Rotation
Un précédent valorisé pour les céréales
Le pois chiche rompt les successions céréalières, fixe l’azote atmosphérique et demande peu d’intrants azotés : un effet de système qui dépasse la seule marge de la culture.
Le guide Terres Inovia 2026 estime qu’une céréale suivant un pois chiche peut économiser autour de 40 kg N/ha d’azote minéral par rapport à un précédent non légumineux selon les situations. En intégrant l’azote et parfois une réduction du travail du sol, l’effet précédent peut représenter jusqu’à environ 150 €/ha — un ordre de grandeur, pas une valeur universelle.
La culture s’insère dans des rotations de printemps, souvent en zones sèches où les options sont limitées. Comme toute légumineuse, elle impose un intervalle de retour suffisant pour limiter les maladies telluriques, et une attention aux reliquats d’herbicides des cultures précédentes.
04 · Implantation
Semer sur sol réchauffé, doser avec le PMG
Le pois chiche se sème au printemps, lorsque le sol est suffisamment réchauffé et ressuyé : une levée rapide et homogène conditionne la compétitivité face aux adventices.
La dose se calcule à partir du PMG réel du lot : dose (kg/ha) = graines/m² × PMG (g) / 100. Entre un lot à 275 g et un lot à 385 g, la dose varie de près de 40 % à densité identique — un point souvent sous-estimé, car la semence représente le premier poste de charges de la culture.
L’inoculation de la semence avec le rhizobium spécifique sécurise la nodulation sur parcelles sans historique de pois chiche. Sans nodulation active, la culture perd son autonomie azotée et une partie de son intérêt agronomique.
05 · Fertilisation & eau
Pas d’azote, des exportations P-K à compenser
Correctement nodulé, le pois chiche ne reçoit pas de fertilisation azotée ; le raisonnement porte sur phosphore, potassium et entretien de la fertilité.
Pour un rendement de 20 à 30 q/ha, le guide 2026 cite environ 15 à 20 kg de P2O5 et 15 à 20 kg de K2O exportés par hectare. En sol à pH élevé, au-delà de 7,5, la disponibilité du phosphore peut être limitée malgré une teneur totale correcte : l’analyse de sol pilote la décision.
La culture est réputée sobre en eau, mais la reproduction reste sensible au stress hydrique terminal et à la chaleur : nombre de fleurs, nouaison et viabilité du pollen peuvent chuter. L’irrigation, quand elle existe, se pilote sur ces stades critiques plutôt qu’en routine.
06 · Santé
Ascochytose en première ligne
L’ascochytose, causée par Ascochyta rabiei, est la maladie la plus structurante du pois chiche : transmission par la semence, épidémies favorisées par l’humidité, dégâts sur feuilles, tiges et gousses.
La prévention combine semence saine, choix variétal, intervalle de retour et surveillance. Les travaux du GEVES — projets AsCoLuP puis Ascochick, envirotypage prévu en 2026 — visent à mieux caractériser la résistance variétale et les populations du champignon.
Les ravageurs, dont Heliothis sur gousses, et la faune sauvage complètent la surveillance. Pour toute protection phytopharmaceutique, la base E-Phy de l’ANSES fait foi : les usages autorisés sur pois chiche sont limités et se vérifient avant chaque intervention. En floraison, les règles de protection des pollinisateurs s’appliquent.
07 · Récolte
Protéger calibre et présentation
La récolte intervient en été, lorsque les gousses et graines ont jauni ; la décision de battage jauge l’humidité et la fragilité des graines.
Les graines trop sèches cassent au battage ; les graines insuffisamment mûres restent vertes ou tachées. Les réglages de la moissonneuse — vitesse de batteur, contre-batteur, grilles — s’adaptent dans la journée pour limiter casses et éclats, défauts rédhibitoires sur le marché humain.
Le potentiel usuel cité par le guide 2026 est de 15 à 30 q/ha en conventionnel et 10 à 25 q/ha en bio, avec une moyenne technique 2019-2025 d’environ 17,5 q/ha. La campagne 2022, sèche et chaude, a donné 14,4 q/ha en conventionnel dans l’échantillon de l’enquête : raisonner une marge sur un rendement unique est risqué.
08 · Qualité
Calibre, couleur et propreté font le prix
La qualité commerciale dépend du calibre, du PMG, de la couleur, de l’homogénéité, de l’absence de graines tachées ou attaquées, de la casse, des impuretés et de l’humidité.
La fiche qualité de la récolte 2025, publiée par Terres Univia et Terres Inovia, suit humidité, protéines, PMG, calibre et défauts : ces mesures déterminent le classement du lot et son prix sur le marché du sec comme en conserve.
Un Label Rouge dédié au pois chiche (LA 03/25) est homologué par l’INAO, avec un cahier des charges spécifique : un levier de différenciation pour les lots conformes, au prix d’exigences techniques renforcées sur l’ensemble de l’itinéraire.
09 · Débouchés
Un marché humain porté par la demande
La consommation française de légumineuses progresse depuis 2015 selon FranceAgriMer : le pois chiche bénéficie de la demande en produits végétaux, du sec au houmous.
La France reste importatrice nette : la production nationale couvre une partie des usages, et le commerce extérieur structure les prix. À l’échelle mondiale, le pois chiche est la deuxième légumineuse sèche produite, avec environ 17 Mt en 2024 selon la FAO.
Le raisonnement économique se fait à l’échelle de la rotation : marge de la culture, aide couplée — 122 €/ha en 2025 —, effet précédent jusqu’à environ 150 €/ha et sécurisation du débouché. La semence est le premier poste de charges : 312 à 367 €/ha selon les itinéraires chiffrés par le guide 2026, ce qui renforce l’importance du calcul de dose au PMG réel.
Repères documentés
Repères datés du pois chiche
Ces données donnent un point de comparaison daté, à interpréter avec leur année, leur périmètre et leur statut.
| Indicateur | Valeur / situation | Référence | Source / lecture |
|---|---|---|---|
| Surface France | 26 134 ha | 2025 | Terres Inovia |
| Production France | ≈ 40 000 t | 2025 · estimation | Terres Univia |
| Rendement | 16,5 q/ha conv. · 10 q/ha bio | 2025 | Terres Univia |
| Surface bio | 9 671 ha | 2024 | Terres Univia / Agence Bio |
| Aide couplée | 122 €/ha | Campagne 2025 | Arrêté du 24/02/2026 |
| Production mondiale | ≈ 17 Mt | 2024 | FAO |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quelle différence entre pois chiche Kabuli et Desi ?
Le Kabuli, à graines crème de calibre intermédiaire à gros, domine la production française et vise le marché humain du sec et de la conserve. Le Desi, à graines plus petites et colorées, reste minoritaire mais est évalué dans les dispositifs variétaux français. [S01][S12]
Quelle surface occupe le pois chiche en France ?
26 134 hectares en 2025 selon Terres Inovia, après un pic à 36 709 ha en 2019 dans la série PAC. La production 2025 est estimée à environ 40 000 tonnes. [S04][S05]
Quand semer le pois chiche ?
Au printemps, sur sol réchauffé et ressuyé. La dose se calcule avec le PMG réel du lot — dose (kg/ha) = graines/m² × PMG (g) / 100 — et l’inoculation sécurise la nodulation sur parcelles sans historique. [S01]
Faut-il fertiliser le pois chiche en azote ?
Non, la fixation symbiotique couvre les besoins si la nodulation est active. Le raisonnement porte sur phosphore et potassium : environ 15 à 20 kg de P2O5 et de K2O exportés par hectare à 20-30 q/ha. [S01]
Quelle est la maladie principale du pois chiche ?
L’ascochytose, causée par Ascochyta rabiei et transmise par la semence. Semence saine, choix variétal, intervalle de retour et surveillance en sont la prévention ; les travaux du GEVES précisent la résistance variétale. [S13]
Quel rendement espérer ?
Le guide 2026 cite un potentiel usuel de 15 à 30 q/ha en conventionnel et 10 à 25 q/ha en bio, pour une moyenne technique 2019-2025 d’environ 17,5 q/ha. La dispersion entre années est forte. [S01]
Quelle aide PAC pour le pois chiche ?
L’aide couplée légumineuses à graines, fixée à 122 €/ha pour la campagne 2025 par l’arrêté du 24 février 2026. Le montant est recontrôlé chaque année. [S10]
Où se cultive le pois chiche en France ?
Principalement dans le Sud-Est, le Sud-Ouest et le Centre-Ouest. L’Occitanie est le premier bassin : 10 000 ha en 2024, soit 35,1 % de la surface métropolitaine selon la statistique agricole régionale. [S07]





