Référence agronomique · France

Cultures · Grandes cultures · Protéagineux

Lentille

Lens culinaris Medik.

Monographie de la lentille cultivée (Lens culinaris) : légumineuse de saison fraîche pour l’alimentation humaine, 35 754 ha en France en 2025, environ 43 % de la surface en biologique, lentilles vertes dominantes, AOP du Puy et IGP du Berry, semis de février à avril, Aphanomyces et bruche comme points de vigilance majeurs.

Vérifié le 19 août 2026 Lecture 15 min
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Parcelle de lentilles avant la récolte en été
Lentille · Image SILLOVA
17 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

35 754 ha

Surface France 2025

Série PAC · après 34 216 ha en 2024 [S09]

02
Consolidé

15,0 q/ha

Rendement national 2025

Après 17,1 q/ha en 2024, campagne exceptionnelle [S10]

03
Consolidé

≈ 43 %

Part biologique

14 868 ha AB + conversion en 2024 [S08]

04
Consolidé

24,4 %

Graines bruchées 2025

Record de l’observatoire qualité depuis 2021 [S10]

01 · Identité

Une petite légumineuse de saison fraîche

La lentille cultivée, Lens culinaris Medik., est une Fabaceae annuelle de saison fraîche, récoltée en graines sèches et destinée principalement à l’alimentation humaine.

La plante forme une tige fine et basse, des feuilles composées terminées par une vrille, de petites fleurs papilionacées et des gousses courtes d’une à deux graines. La faible hauteur des premières gousses explique la difficulté de la récolte et la sensibilité aux parcelles pierreuses.

La production française est très majoritairement constituée de lentilles vertes, aux côtés des blondes et de types plus confidentiels. La qualité culinaire — tenue à la cuisson, texture, goût, homogénéité de couleur — s’ajoute aux critères commerciaux classiques de calibre et de propreté.

Sources de cette section [S01][S14]

02 · France

Un regain de surface porté par le bio et la demande

Les surfaces françaises sont passées de 7 317 ha en 2003 à un pic de 37 545 ha en 2019, puis à 35 754 ha en 2025 dans la série PAC publiée par Terres Univia.

La dynamique répond à la demande alimentaire en protéines végétales, aux filières de proximité, aux signes de qualité et à l’agriculture biologique : en 2024, 14 868 ha étaient conduits en biologique ou en conversion, soit environ 43 % de la surface totale si l’on rapproche les deux séries.

La géographie est multipolaire : Grand Est, Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Haute-Loire et Centre-Ouest. La Marne, la Haute-Loire, la Haute-Marne, la Côte-d’Or, le Cher, les Deux-Sèvres, l’Yonne et la Charente-Maritime dépassaient chacun environ 1 000 ha en 2024. Malgré ce développement, la France reste dépendante des importations pour certains types et volumes.

Lentille en France : repères récents (série PAC et interprofession).
IndicateurValeurRéférenceSource
Surface35 754 ha2025 · série PACTerres Univia / FranceAgriMer
Surface34 216 ha2024 · +19 % sur 2023Terres Univia
Rendement national15,0 q/ha2025Bilan technique national
Surface bio + conversion14 868 ha2024Terres Univia
Aide couplée138,04 €/haCampagne 2025Arrêté du 5 juin 2026
Sources de cette section [S08][S09][S10][S13]

03 · Parcelle

Drainage, pH et test Aphanomyces

La lentille est exigeante sur le choix de la parcelle : sols drainants, structure aérée dans les 15 premiers centimètres, pH d’au moins environ 6 pour sécuriser la nodulation, faible pression d’adventices difficiles.

Le système racinaire, faiblement prospectif, supporte mal tassement et hydromorphie. Un délai de retour d’au moins cinq ans entre deux lentilles est recommandé, pois, vesce, gesse et luzerne pouvant entretenir les mêmes maladies telluriques.

Aphanomyces euteiches est le risque racinaire déterminant : le test biologique mesurant le potentiel d’inoculum de la parcelle guide la décision — culture déconseillée au-delà du seuil défini par l’institut technique. Ce diagnostic préalable vaut mieux qu’un échec de culture.

Sources de cette section [S04][S05]

04 · Implantation

Semis de fin d’hiver, densité élevée

Le semis s’étale usuellement de mi-février à mi-avril selon les régions — début à mi-mars en plaine Centre, Champagne, Aube et Yonne — à 2-3 cm de profondeur dans un lit fin, meuble et ressuyé.

Les densités visées sont élevées : 270 graines/m² en semis précoce, 300 en semis tardif, 300 à 320 en altitude. La dose en kg/ha se calcule avec le PMG du lot, la faculté germinative et le taux d’établissement attendu : à PMG 30 g et 300 graines/m², on approche 90 kg/ha avant corrections.

La symbiose avec Rhizobium leguminosarum, naturellement présent dans les sols français, couvre une partie des besoins azotés ; l’inoculation sécurise la nodulation sur parcelles sans historique récent de légumineuses du même groupe.

Sources de cette section [S02][S03]

05 · Fertilisation

Peu d’intrants, des exportations à compenser

La lentille est peu exigeante en fertilisation minérale comparée aux céréales : l’azote minéral est inutile sur culture bien nodulée, et l’excès favorise végétation et verse.

Terres Inovia chiffre les exportations à 1,6 unité de phosphore et 6 unités de potassium par quintal récolté. Pour un objectif de 15 à 25 q/ha, l’ordre de grandeur proposé est de 30 à 50 unités de P2O5, 60 à 80 unités de K2O et 20 à 25 unités de magnésium par hectare, toujours adapté à l’analyse de sol.

Le raisonnement se fait à l’échelle de la rotation : la lentille laisse des reliquats azotés faibles mais un précédent apprécié des céréales, et sa place libère une fenêtre de semis de printemps utile contre les adventices d’automne.

Sources de cette section [S03]

06 · Santé

Maladies telluriques, ascochytose et bruche

Les risques sanitaires sont dominés par les maladies telluriques — Aphanomyces en tête —, l’ascochytose causée par Ascochyta lentis et, pour la qualité commerciale, la bruche.

L’ascochytose est identifiée par Terres Inovia comme la maladie la plus préjudiciable : semence saine, variétés, rotation et surveillance de la floraison au remplissage structurent la prévention. Sitones, thrips, pucerons et tordeuses complètent la liste des ravageurs à surveiller selon les stades.

La bruche est devenue le point noir qualité : en 2025, l’observatoire a mesuré 24,4 % de graines bruchées en moyenne, record de la série depuis 2021. La lutte se joue en amont — surveillance à la floraison, gestion des stocks et des résidus — car les dégâts sont irréversibles au moment de la vente. Toute intervention phytosanitaire se vérifie dans la base E-Phy de l’ANSES.

Sources de cette section [S06][S10][S17]

07 · Récolte

Bas, délicat et de plus en plus précoce

La récolte se déroule en été, souvent début juillet : la campagne 2026 a été décrite par Terres Inovia comme précoce et conduite sous de fortes températures.

La faible hauteur des premières gousses impose un battage bas et prudent, compliqué par les pierres et les sols inégaux ; pertes au sol et contamination par la terre dégradent directement la valeur du lot. Les graines trop sèches cassent, les trop humides se conservent mal.

La qualité post-récolte se juge sur humidité, PMG, calibre, graines cassées, tachées, germées ou pourries, impuretés et dégâts de bruche. Le nettoyage et le tri conditionnent l’accès aux débouchés les plus valorisants, notamment sous signes de qualité.

Sources de cette section [S07][S10]

08 · Signes de qualité

AOP du Puy, IGP du Berry, Label Rouge

La lentille française dispose de signes officiels emblématiques : l’AOP Lentille verte du Puy, l’IGP Lentilles vertes du Berry et un Label Rouge lentilles vertes homologué.

L’AOP du Puy repose sur un terroir de plateaux volcaniques et une reconnaissance ancienne ; l’IGP du Berry structure un autre bassin historique, dont le cahier des charges a été modifié par arrêté du 17 novembre 2025. Ces signes encadrent zone, pratiques et qualité, et soutiennent la valeur unitaire.

Pour le producteur, l’adhésion à un signe de qualité n’est pas neutre : cahier des charges, contrôles et exigences de tri doivent être pesés contre la prime de prix attendue et les débouchés réellement accessibles.

Sources de cette section [S14][S15]

09 · Variétés

Vertes et blondes, un catalogue qui avance

Le choix variétal croise type commercial — verte ou blonde —, rendement, précocité, tenue de tige, sensibilité aux maladies et qualité culinaire.

La liste 2026 publiée sur MyVar détaille les variétés disponibles ; la variété blonde FLORA y est citée comme la plus cultivée de son type, avec un indice de rendement de 105,1 %. La section CTPS de novembre 2025 a proposé 14 nouvelles variétés de protéagineuses, dont 2 lentilles.

L’innovation variétale est un enjeu national : le ministère a ouvert en 2026 un appel à projets pour l’obtention de variétés de légumineuses, afin de renforcer résistance aux bioagresseurs, adaptation climatique et qualité.

Sources de cette section [S11][S12]

10 · Débouchés

Marché humain porté, dépendance aux imports

Les achats de légumineuses progressent en France depuis 2015 selon FranceAgriMer : la lentille bénéficie de la demande en produits végétaux pratiques et de proximité.

La valeur unitaire de la lentille est élevée pour une grande culture, mais le marché reste spécialisé : qualité, calibre et absence de bruche déterminent le débouché réel — marché du sec, filières sous signes de qualité, transformation.

La marge se construit avec l’aide couplée légumineuses à graines — 138,04 €/ha en campagne 2025, montant recontrôlé chaque année —, la valeur de précédent et la prime qualité. Le point de vigilance 2025 reste la bruche : un taux élevé peut déclasser un lot entier malgré un bon rendement.

Sources de cette section [S16][S13][S10]

Repères documentés

Repères datés de la lentille

Ces données donnent un point de comparaison daté, à interpréter avec leur année, leur périmètre et leur statut.

Repères documentés — consulter la source et le millésime avant comparaison.
IndicateurValeur / situationRéférenceSource / lecture
Surface France35 754 ha2025 · série PACTerres Univia
Rendement national15,0 q/ha2025Bilan technique
Surface bio14 868 ha AB + conversion2024Terres Univia
Graines bruchées24,4 % en moyenneRécolte 2025Observatoire qualité
Aide couplée138,04 €/haCampagne 2025Arrêté du 5 juin 2026
Semis usuel270-320 graines/m² · 2-3 cmRepère techniqueTerres Inovia
Sources de cette section [S02][S08][S09][S10][S13]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quelle surface occupe la lentille en France ?

35 754 hectares en 2025 dans la série PAC publiée par Terres Univia, après 34 216 ha en 2024. La culture a fortement progressé depuis les 7 317 ha de 2003, portée par la demande alimentaire et le biologique. [S09]

Quand semer la lentille ?

Usuellement de mi-février à mi-avril selon les régions, à 2-3 cm de profondeur dans un lit fin et ressuyé. Les densités visées vont de 270 graines/m² en semis précoce à 300-320 en altitude ou semis tardif. [S02]

Qu’est-ce que le test Aphanomyces ?

Un test biologique qui mesure le potentiel d’inoculum de la parcelle vis-à-vis d’Aphanomyces euteiches, champignon tellurique dévastateur. Au-delà du seuil défini par l’institut technique, la culture est déconseillée. [S05]

Faut-il fertiliser la lentille en azote ?

Non sur culture bien nodulée : la symbiose avec Rhizobium leguminosarum couvre une partie des besoins. Le raisonnement porte sur phosphore, potassium et magnésium, à partir de l’analyse de sol. [S03]

Pourquoi la bruche inquiète-t-elle la filière ?

Parce que les dégâts sont irréversibles à la vente : en 2025, l’observatoire qualité a mesuré 24,4 % de graines bruchées en moyenne, un record depuis 2021. La lutte se joue à la floraison et dans la gestion des stocks. [S10]

Quels signes de qualité existent pour la lentille ?

L’AOP Lentille verte du Puy, l’IGP Lentilles vertes du Berry — cahier des charges modifié en novembre 2025 — et un Label Rouge lentilles vertes. Ces signes encadrent zone, pratiques et qualité. [S14][S15]

Quel rendement espérer ?

Le rendement national 2025 est de 15,0 q/ha, après 17,1 q/ha lors de l’exceptionnelle campagne 2024. La variabilité entre années et parcelles est forte : raisonner en pluriannuel. [S10]

Quelle aide PAC pour la lentille ?

L’aide couplée légumineuses à graines, fixée à 138,04 €/ha pour la campagne 2025 par l’arrêté du 5 juin 2026. Le montant est fixé chaque année et ne préjuge pas de la campagne suivante. [S13]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 17

  1. S01
  2. S02
  3. S03
  4. S04
  5. S05
  6. S06
  7. S07
  8. S08