Référence agronomique · France

Cultures · Grandes cultures · Protéagineux

Haricot sec

Phaseolus vulgaris L.

Monographie du haricot sec (Phaseolus vulgaris) : légumineuse alimentaire d’été, 7 254 ha et 16 380 t en France en 2025, rendement moyen de 23 q/ha, filières de tri-conditionnement et signes de qualité — Haricot tarbais, Mogette de Vendée, Lingot du Nord, Coco de Paimpol —, semis sur sol chaud, désherbage et bruche comme points de vigilance.

Vérifié le 19 août 2026 Lecture 14 min
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Gousses de haricot sec arrivées à maturité dans une parcelle française
Haricot sec · Image SILLOVA
16 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Provisoire

7 254 ha

Surface France 2025

SAA provisoire révisée · −1,9 % sur 2024 [S01]

02
Provisoire

16 380 t

Production 2025

23 q/ha en moyenne · −11,4 % sur 2024 [S01]

03
Consolidé

18 483 t

Production 2024

7 395 ha · 25 q/ha · chiffres définitifs [S02]

04
Consolidé

≈ 13 %

Humidité de stockage

Repère technique · ventilation immédiate après récolte [S03]

01 · Identité

Phaseolus vulgaris, une légumineuse d’été

Le haricot sec français est essentiellement Phaseolus vulgaris L., Fabaceae annuelle de saison chaude récoltée à maturité complète pour l’alimentation humaine ; Phaseolus coccineus constitue une exception patrimoniale, tuteurée et récoltée à la main.

L’espèce est originaire des Amériques : la génomique a établi deux domestications distinctes, andine et mésoaméricaine, dont descendent les types européens actuels — lingots, cocos, rouges, noirs et bien d’autres, différenciés par taille, forme et couleur du grain.

Comme toute légumineuse, le haricot fixe une partie de son azote par symbiose, mais la fixation est variable et dépendante du contexte : variété, nodulation, disponibilité en azote du sol. Il ne faut ni la surestimer — un apport d’azote minéral peut inhiber la nodulation — ni la négliger dans le bilan de rotation.

Sources de cette section [S15][S16]

02 · France

Une petite culture au poids territorial réel

À environ 7 000 à 7 500 ha ces dernières campagnes, le haricot sec est une petite culture à l’échelle nationale, mais il alimente marchés des légumes secs, filières sous signes de qualité, ateliers de tri-conditionnement et circuits courts.

La SAA 2025 provisoire révisée donne 7 254 ha, 23 q/ha et 16 380 t ; les chiffres définitifs 2024 étaient de 7 395 ha, 25 q/ha et 18 483 t. La campagne 2025 ne traduit donc pas un effondrement de la sole — la surface ne recule que de 1,9 % — mais un rendement moyen inférieur de 2 q/ha, cohérent avec une culture sensible à la levée, à l’eau et aux stress thermiques.

Les chiffres 2025 restent provisoires et seront remplacés par la version définitive. La dispersion derrière la moyenne est forte : types de grain, parcelles irriguées ou non, régions, systèmes biologiques, filières manuelles ou mécanisées ne produisent pas les mêmes rendements.

Haricot sec en France, 2024 définitif et 2025 provisoire révisé (Agreste SAA).
AnnéeSurfaceRendement moyenProductionStatut
20247 395 ha25 q/ha18 483 tDéfinitif
20257 254 ha23 q/ha16 380 tProvisoire révisé
Sources de cette section [S01][S02]

03 · Parcelle & semis

Un sol chaud, une dose dictée par le PMG

Le haricot est une plante de chaleur : le semis attend un sol suffisamment réchauffé et ressuyé, sans risque de pourriture des graines en sol froid et humide.

Le guide Bretagne recommande pour l’itinéraire biologique une parcelle à pH supérieur à 6, à faible pression sclérotinia, avec faux-semis puis semis en sol réchauffé. Le désherbage se joue largement avant et autour de la levée : herse, bineuse et faux-semis structurent l’itinéraire mécanique.

La dose se calcule avec le PMG du lot : dose (kg/ha) = graines visées par m² × PMG (g) / 100, corrigée de la faculté germinative et du taux de levée. À objectif égal, un type à PMG 600 g demande environ 50 % de semence en plus qu’un type à 400 g — un écart majeur de coût, la semence étant un poste clé de la culture.

Sources de cette section [S03][S04]

04 · Conduite

Eau, chaleur et fenêtres critiques

Le haricot supporte mal les excès comme les déficits : levée homogène, floraison et remplissage des gousses sont les stades où l’alimentation hydrique conditionne le rendement.

Les fortes chaleurs pendant la floraison provoquent avortements floraux et chute des jeunes gousses ; la littérature récente sur la tolérance à la chaleur de Phaseolus vulgaris confirme l’enjeu pour les campagnes à venir. L’irrigation, lorsqu’elle est disponible, vise ces fenêtres plutôt qu’un apport systématique.

La fertilisation azotée est inutile sur culture bien nodulée et peut même inhiber la fixation symbiotique ; phosphore et potassium se raisonnent sur analyse de sol et exportations. La culture est sensible au tassement et à l’asphyxie racinaire : la structure du sol prime.

Sources de cette section [S03][S16]

05 · Santé

Semence saine, bruche et bactérioses

La qualité sanitaire de la semence est le premier verrou : le GEVES maintient des méthodes officielles d’analyse pour la germination, la pureté et la détection des bruches et bactérioses sur semences de haricot.

La bruche du haricot, Acanthoscelides obtectus, figure parmi les organismes du mandat du Laboratoire national de référence : les dégâts en stock sont irréversibles, et la prévention passe par la propreté des locaux, la température et le contrôle des lots.

Pour les maladies et ravageurs de la culture, la base E-Phy de l’ANSES est la référence de droit pratique : les usages autorisés relèvent souvent du cadre « légumineuses potagères sèches » et se vérifient avant chaque intervention, sans figer une recommandation d’une année sur l’autre.

Sources de cette section [S04][S14]

06 · Récolte & stockage

Récolter sec, ventiler aussitôt

La récolte s’effectue à maturité complète, quand gousses et graines ont séché sur pied ; en itinéraire bio breton, elle démarre généralement début septembre.

Les graines trop sèches cassent au battage ; les trop humides s’échauffent en stock. Le guide Bretagne retient 13 % d’humidité comme norme de stockage et recommande une ventilation immédiatement après récolte pour éviter la montée en température — la sécurité réelle dépendant aussi de la température, de la propreté et de la durée.

Après récolte, nettoyage et tri déterminent la valeur : pureté, calibre, couleur, absence de grains tachés, cassés ou piqués. C’est là que se joue l’accès aux filières de qualité, qui exigent des lots homogènes et traçables.

Sources de cette section [S03]

07 · Signes de qualité

Un patrimoine d’IGP et d’AOP

Le haricot sec français s’appuie sur une constellation de signes officiels : Haricot tarbais IGP, Mogette de Vendée IGP, Lingot du Nord IGP, Haricot de Castelnaudary IGP, Haricot de Soissons IGP et Coco de Paimpol AOP.

Ces signes encadrent aire géographique, type de grain, pratiques et qualité. Le Haricot de Soissons illustre l’extrême spécificité de certaines filières : Phaseolus coccineus grimpant et tuteuré, récolté manuellement, avec 19 producteurs et 11 ha recensés en 2021 par l’INAO et un rendement historique de 2 à 2,5 t/ha en 2019 — des chiffres patrimoniaux à ne jamais utiliser comme référence d’un haricot nain mécanisé.

Le Coco de Paimpol, en AOP, est principalement commercialisé demi-sec : sa récolte en gousses encore fraîches en fait un cas à part dans la famille. Pour le producteur, l’adhésion à un signe suppose cahier des charges, contrôles et débouchés réellement accessibles.

Sources de cette section [S09][S10][S11][S12]

08 · Débouchés

Logistique, tri et souveraineté protéique

Agreste a documenté la logistique des légumineuses en France : collecte, stockage, travail du grain et bassins spécialisés structurent la valeur autant que la production elle-même.

Les ateliers de tri-conditionnement sont le maillon déterminant entre la ferme et le marché des légumes secs. La planification écologique a consacré en juillet 2025 11,7 M€ à la souveraineté protéique, dont la structuration des filières de légumineuses et leurs outils de collecte.

Sur le plan nutritionnel, la table Ciqual de l’ANSES documente l’intérêt des légumes secs — protéines, fibres, minéraux — qui soutient la demande. Pour le producteur, le haricot sec relève de l’aide couplée protéines végétales de la PAC 2023-2027, dont les montants sont fixés par campagne et à vérifier chaque année.

Sources de cette section [S05][S06][S07][S08][S13]

Repères documentés

Repères datés du haricot sec

Ces données donnent un point de comparaison daté, à interpréter avec leur année, leur périmètre et leur statut.

Repères documentés — consulter la source et le millésime avant comparaison.
IndicateurValeur / situationRéférenceSource / lecture
Surface France7 254 ha2025 provisoireAgreste SAA
Production France16 380 t · 23 q/ha2025 provisoireAgreste SAA
Production France18 483 t · 25 q/ha2024 définitifAgreste SAA
Stockage≈ 13 % d’humiditéRepère technique 2022Chambre d’agriculture Bretagne
Haricot de Soissons19 producteurs · 11 ha2021 · chiffres INAOINAO, données historiques
Souveraineté protéique11,7 M€ d’aidesJuillet 2025Ministère de l’Agriculture
Sources de cette section [S01][S02][S03][S06][S11]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quelle différence entre haricot sec et demi-sec ?

Le haricot sec est récolté à maturité complète, graines sèches sur pied. Le demi-sec, comme le Coco de Paimpol, est récolté en gousses encore fraîches puis écossé : un produit distinct, avec ses propres filières et signes de qualité. [S12]

Quelle surface occupe le haricot sec en France ?

7 254 hectares en 2025 selon la statistique agricole annuelle provisoire révisée, pour 16 380 tonnes et 23 q/ha. En 2024 définitif : 7 395 ha, 25 q/ha et 18 483 tonnes. [S01][S02]

Quand semer le haricot sec ?

Lorsque le sol est suffisamment réchauffé et ressuyé, au printemps. Un sol froid et humide fait pourrir les graines ; la dose se calcule avec le PMG du lot, la faculté germinative et le taux de levée attendu. [S03]

Comment calculer la dose de semis ?

Dose (kg/ha) = graines visées par m² × PMG (g) / 100, corrigée de la germination et de la levée. À objectif égal, un type à PMG 600 g demande environ 50 % de semence de plus qu’un type à 400 g. [S03]

Faut-il apporter de l’azote au haricot ?

Non sur culture bien nodulée : un apport d’azote minéral peut inhiber la fixation symbiotique. Phosphore et potassium se raisonnent sur analyse de sol et exportations. [S16]

Comment stocker le haricot sec ?

Vers 13 % d’humidité, avec une ventilation immédiate après récolte pour éviter l’échauffement. La propreté du lot et le contrôle de la bruche conditionnent la conservation et la valeur commerciale. [S03]

Quels signes de qualité existent pour le haricot ?

Haricot tarbais IGP, Mogette de Vendée IGP, Lingot du Nord IGP, Haricot de Castelnaudary IGP, Haricot de Soissons IGP et Coco de Paimpol AOP. Chacun encadre aire, type de grain et pratiques. [S09][S10][S11]

Le haricot sec reçoit-il une aide PAC ?

Oui, il relève des aides couplées protéines végétales de la PAC 2023-2027 (code PHS pour haricot sec et demi-sec). Les montants sont fixés par campagne et se vérifient chaque année. [S07]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 16

  1. S01
  2. S02
  3. S03
  4. S04
  5. S05
  6. S06
  7. S07
  8. S08