01 · Référence
Périmètre, méthode et niveau de preuve
La partie 561 du plan directeur SILLOVA demande une page de référence sur la biologie du sol couvrant au minimum les microorganismes la faune et les réseaux trophiques les fonctions de décomposition d’agrégation et de nutrition les indicateurs et méthodes de mesure les effets des pratiques agricoles et les limites d’interprétation Le présent dossier développe ce cahier des charges en distinguant trois niveaux qu’il ne faut pas confondre l’identité des organismes présents leur activité à…
La hiérarchie documentaire privilégie les référentiels français de l’INRAE du GIS Sol RMQS et de l’ADEME le cadre réglementaire européen en vigueur puis les synthèses et méta-analyses internationales Les chiffres de biomasse de diversité ou d’activité sont toujours rattachés à une méthode une valeur obtenue par extraction d’ADN fumigation-extraction PLFA respiration ou dénombrement faunistique n’est…
02 · Référence
Définir la biologie du sol et ses échelles
La biologie du sol désigne l’ensemble des organismes vivant dans le sol sur sa surface immédiate ou dans des microhabitats directement couplés à la matrice minérale et organique ainsi que leurs interactions leurs activités et les fonctions qui en résultent La directive européenne 2025 2360 définit la biodiversité des sols comme la variation de la vie dans le sol des gènes jusqu’aux communautés d’organismes et aux complexes écologiques auxquels elles appartiennent Cette définition impose d’aller…
Pour un agriculteur quatre questions sont distinctes qui est présent en quelle quantité que fait cette communauté aujourd’hui et quelles fonctions le système peut-il maintenir sous stress La première question relève surtout de la taxonomie et de l’ADN environnemental la deuxième de la biomasse ou du dénombrement la troisième de la respiration des enzymes des…
03 · Référence
Ordres de grandeur : biodiversité et biomasse
Les estimations de la part de biodiversité terrestre liée au sol ont fortement évolué avec l’essor des méthodes moléculaires Les documents de vulgarisation institutionnelle ont longtemps retenu l’ordre de grandeur plus de 25 des espèces Une revue publiée dans PNAS en 2023 intégrant microorganismes et macro-organismes estime que 59 15 des espèces de la Terre vivent dans le sol au moins pendant une partie de leur cycle ce qui ferait du sol l’habitat singulier le…
À l’échelle agricole française INRAE indique un ordre de grandeur d’environ 5 t de biomasse biologique par hectare en zone agricole toutes catégories confondues Cet ordre de grandeur permet surtout de rappeler que l’essentiel du vivant d’un champ n’est pas visible Il ne constitue pas une cible de gestion la biomasse varie avec le type…
04 · Référence
Le sol comme habitat : pores, agrégats, rhizosphère et drilosphère
La matrice du sol n’est pas un milieu homogène. Les organismes occupent des pores de tailles différentes, la surface des agrégats, les films d’eau, les résidus en décomposition, les galeries de faune et surtout la rhizosphère. Cette mosaïque explique pourquoi deux prélèvements séparés de quelques dizaines de centimètres peuvent différer fortement en activité biologique, et pourquoi un échantillon composite est nécessaire pour caractériser une parcelle.
La rhizosphère est la zone influencée par les racines vivantes et leurs exsudats Elle constitue un point chaud biologique les composés carbonés libérés par la plante alimentent une communauté microbienne plus abondante et active que dans le sol non rhizosphérique La drilosphère désigne la zone influencée par les galeries turricules et mucus des vers de…
05 · Référence
Bactéries et archées
Les bactéries dominent numériquement de nombreux compartiments du sol et occupent une très grande diversité de niches. Elles contribuent à la décomposition de composés simples, à la transformation de l’azote, du soufre et du fer, à la production de polysaccharides favorisant l’agrégation et à de multiples interactions avec les plantes. Les archées, longtemps sous-estimées car difficiles à cultiver, comprennent notamment des organismes importants pour l’oxydation de l’ammoniac et pour des processus liés aux milieux anoxiques.
La communauté bactérienne n’a pas de composition universellement idéale Les grands déterminants observés à l’échelle nationale et internationale incluent le pH la texture le carbone organique l’humidité la température la végétation et l’usage du sol Le rapport INRAE IndiQuaSols insiste sur l’intérêt d’indicateurs tels que biomasse qCO₂ qMIC activités enzymatiques et minéralisation tout en rappelant…
06 · Référence
Champignons : saprotrophes, symbiotes et pathogènes
Les champignons relient des microhabitats grâce à leurs hyphes, exploitent des substrats complexes et contribuent à la stabilité structurale des agrégats. Les saprotrophes décomposent les résidus végétaux, notamment des composés plus complexes ; les mycorhiziens forment des symbioses avec les racines et améliorent l’exploration du sol ; d’autres champignons sont pathogènes ou opportunistes. La frontière entre « bénéfique » et « nuisible » dépend donc du taxon, de la plante hôte et du contexte.
L’Atlas français des champignons du sol publié en 2024 s’appuie sur le séquençage massif de l’ADN environnemental des quelque 2 200 parcelles du RMQS Il fournit la première cartographie nationale des grands groupes fongiques de leurs habitats et de leurs réseaux de cooccurrence et développe leur usage comme bioindicateurs La France dispose ainsi d’un socle…
07 · Référence
Protistes, virus et organismes encore peu suivis
Les protistes sont souvent les grands oubliés des diagnostics de terrain alors qu’ils exercent une prédation sur bactéries, champignons et autres microorganismes. Cette prédation peut accélérer le renouvellement microbien et la libération de nutriments. Les virus du sol, notamment les bactériophages, modulent les populations microbiennes et le transfert de gènes, mais restent aujourd’hui peu intégrés aux référentiels agronomiques opérationnels.
08 · Référence
Nématodes et microfaune
Les nématodes forment un ensemble fonctionnel particulièrement intéressant parce qu’ils occupent plusieurs niveaux trophiques bactériophages fongivores phytoparasites prédateurs et omnivores Une analyse nématologique peut donc renseigner à la fois sur l’enrichissement du milieu la structure du réseau trophique les perturbations et le risque phytoparasitaire Les…
| Niveau | Question pratique | Exemples de métriques | Limite majeure |
|---|---|---|---|
| Abondance / biomasse | Combien d’organismes ou de biomasse ? | ADN extrait, C microbien, nombre/biomasse de vers, densité de nématodes | Ne renseigne pas à elle seule la diversité ni l’activité. |
| Diversité / composition | Qui est présent et comment la communauté est-elle structurée ? | Métabarcoding 16S/ITS, richesse, Shannon, groupes trophiques | Dépend des marqueurs, bases de données et pipelines. |
| Activité | Quelle intensité biologique au moment de la mesure ? | Respiration basale, respiration induite, enzymes | Très sensible à l’humidité, température et substrat. |
| Fonction | Quel processus est effectivement réalisé ? | Minéralisation N, décomposition, agrégation, infiltration, bioturbation | Fonction souvent partagée par plusieurs groupes : redondance. |
| Résilience | Le système récupère-t-il après une perturbation ? | Trajectoire après sécheresse, travail du sol ou apport | Nécessite des séries temporelles et un état de référence. |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur périmètre, méthode et niveau de preuve ?
La partie 561 du plan directeur SILLOVA demande une page de référence sur la biologie du sol couvrant au minimum les microorganismes la faune et les réseaux trophiques les fonctions de décomposition d’agrégation et de nutrition les indicateurs et méthodes de mesure les effets des pratiques agricoles et les limites d’interprétation Le présent dossier développe ce cahier des charges en distinguant trois niveaux qu’il ne faut pas confondre l’identité des organismes présents leur activité à La hiérarchie documentaire privilégie les référentiels français de l’INRAE du GIS Sol RMQS et de… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur définir la biologie du sol et ses échelles ?
La biologie du sol désigne l’ensemble des organismes vivant dans le sol sur sa surface immédiate ou dans des microhabitats directement couplés à la matrice minérale et organique ainsi que leurs interactions leurs activités et les fonctions qui en résultent La directive européenne 2025 2360 définit la biodiversité des sols comme la variation de la vie dans le sol des gènes jusqu’aux communautés d’organismes et aux complexes écologiques auxquels elles appartiennent Cette définition impose d’aller Pour un agriculteur quatre questions sont distinctes qui est présent en quelle quantité que fait… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur ordres de grandeur : biodiversité et biomasse ?
Les estimations de la part de biodiversité terrestre liée au sol ont fortement évolué avec l’essor des méthodes moléculaires Les documents de vulgarisation institutionnelle ont longtemps retenu l’ordre de grandeur plus de 25 des espèces Une revue publiée dans PNAS en 2023 intégrant microorganismes et macro-organismes estime que 59 15 des espèces de la Terre vivent dans le sol au moins pendant une partie de leur cycle ce qui ferait du sol l’habitat singulier le À l’échelle agricole française INRAE indique un ordre de grandeur d’environ 5 t de biomasse… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur le sol comme habitat : pores, agrégats, rhizosphère et drilosphère ?
La matrice du sol n’est pas un milieu homogène Les organismes occupent des pores de tailles différentes la surface des agrégats les films d’eau les résidus en décomposition les galeries de faune et surtout la rhizosphère Cette mosaïque explique pourquoi deux prélèvements séparés de quelques dizaines de centimètres peuvent différer fortement en activité biologique et pourquoi un échantillon composite est nécessaire pour caractériser une parcelle La rhizosphère est la zone influencée par les racines vivantes et leurs exsudats Elle constitue un point chaud biologique les composés carbonés libérés par la… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur bactéries et archées ?
Les bactéries dominent numériquement de nombreux compartiments du sol et occupent une très grande diversité de niches Elles contribuent à la décomposition de composés simples à la transformation de l’azote du soufre et du fer à la production de polysaccharides favorisant l’agrégation et à de multiples interactions avec les plantes Les archées longtemps sous-estimées car difficiles à cultiver comprennent notamment des organismes importants pour l’oxydation de l’ammoniac et pour des processus liés aux milieux anoxiques La communauté bactérienne n’a pas de composition universellement idéale Les grands déterminants observés à l’échelle… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur champignons : saprotrophes, symbiotes et pathogènes ?
Les champignons relient des microhabitats grâce à leurs hyphes exploitent des substrats complexes et contribuent à la stabilité structurale des agrégats Les saprotrophes décomposent les résidus végétaux notamment des composés plus complexes les mycorhiziens forment des symbioses avec les racines et améliorent l’exploration du sol d’autres champignons sont pathogènes ou opportunistes La frontière entre bénéfique et nuisible dépend donc du taxon de la plante hôte et du contexte L’Atlas français des champignons du sol publié en 2024 s’appuie sur le séquençage massif de l’ADN environnemental des quelque 2 200 parcelles… [S01][S02][S03]





