01 · Guide
Identité, taxonomie et complexe Alternaria
Alternaria solani Sorauer et Alternaria alternata (Fr. ) Keissl. appartiennent au règne Fungi, phylum Ascomycota, classe Dothideomycetes, ordre Pleosporales, famille Pleosporaceae. L’OEPP attribue les codes ALTESO et ALTEAL. Cette position taxonomique les distingue clairement du mildiou, causé par un oomycète.
02 · Guide
Symptômes sur feuilles
Le symptôme classique est une tache nécrotique brune à brun noir, relativement sèche, souvent anguleuse parce que limitée par les nervures. Lorsque la lésion s’agrandit, des anneaux concentriques peuvent devenir visibles, donnant l’aspect de « cible » très connu de l’early blight. Un halo jaune peut entourer la nécrose. Les lésions multiples fusionnent, entraînant jaunissement puis dessèchement d’une grande partie du limbe.
03 · Guide
Symptômes sur tiges, pétioles et tubercules
Les pétioles et tiges peuvent porter des lésions brunes allongées, mais l’atteinte foliaire demeure le signe le plus fréquemment utilisé pour la surveillance. Sur tubercules, A. solani peut provoquer une pourriture sèche, brune à noire, déprimée, souvent ferme et bien délimitée. Ces symptômes peuvent apparaître ou s’accentuer en conservation.
04 · Guide
Diagnostic différentiel
La confusion est l’un des enjeux majeurs. ARVALIS a indiqué, dans une synthèse de diagnostics réalisés sur plusieurs années, qu’environ un tiers seulement de plus de 300 échantillons envoyés pour suspicion d’alternariose étaient effectivement associés à Alternaria. Parmi les échantillons positifs, A. alternata était plus fréquent qu’A. solani. Ce résultat ne signifie pas qu’A. alternata explique toutes les lésions : il rappelle surtout que la clinique visuelle seule génère beaucoup de faux positifs.
05 · Guide
Facteurs de risque et décision au champ
L’alternariose est favorisée lorsque le feuillage vieillit ou subit des stress. Des taches brunes ne prouvent pourtant pas à elles seules une infection par Alternaria : d’autres maladies, des carences et des accidents climatiques peuvent lui ressembler.
Avant de choisir une protection, observer la progression des taches sur plusieurs plantes, le stade de la culture et l’état des feuilles encore productives. Le diagnostic doit tenir compte du précédent, de la sensibilité variétale et des conditions météo. Une analyse peut être utile si le résultat change la décision.
06 · Guide
Prévention et qualité des lots
La gestion du risque commence avant les symptômes par le choix du plant et par une conduite qui limite les stress hydriques et nutritionnels. Les mesures qui maintiennent un feuillage actif ne remplacent pas un diagnostic : elles réduisent seulement les situations favorables.
En fin de campagne, enregistrer la date de première observation, la répartition des taches et les éventuels résultats de laboratoire. Ces données permettent d’ajuster la stratégie de la parcelle suivante sans confondre un vieillissement naturel avec une épidémie.
07 · Guide
Quand demander une confirmation?
Les taches concentriques orientent le diagnostic mais ne permettent pas de distinguer avec certitude toutes les espèces d’Alternaria. Un prélèvement est utile lorsque la distinction avec un autre stress changerait la conduite de la parcelle.
Prélever des feuilles récemment atteintes, identifier la variété et le stade, puis décrire la répartition des lésions. Un échantillon de tissus déjà totalement nécrosés peut contenir plusieurs champignons secondaires et compliquer l’interprétation. Les fiches FN3PT et INRAE servent de base au tri initial.
08 · Repères
Retenir les repères d’identification
Quatre repères situent l’alternariose : les agents, l’organe le plus touché, l’indice visible et le point à vérifier.
| Repère | Point à retenir |
|---|---|
| Agents | Alternaria spp. |
| Organe | Feuilles surtout |
| Indice | Taches parfois concentriques |
| À vérifier | Confusions et espèce |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quels agents sont en cause?
Alternaria solani et Alternaria alternata sont les deux espèces citées. Ce sont des champignons, distincts du mildiou, causé par un oomycète.
Une tache brune suffit-elle à diagnostiquer l’alternariose?
Non. D’autres maladies, des carences et des accidents climatiques peuvent lui ressembler. ARVALIS indique qu’environ un tiers seulement de plus de 300 échantillons suspects étaient associés à Alternaria.
Quand demander une confirmation?
Un prélèvement est utile lorsque la distinction avec un autre stress changerait la conduite de la parcelle. Il faut alors prélever des feuilles récemment atteintes.





