01 · Guide
Territoire, relief et géographie agricole
Mayotte est un archipel volcanique de superficie très limitée, densément peuplé et caractérisé par un relief accidenté. Les zones agricoles se répartissent sur des versants, des fonds de vallées, des plateaux et des espaces périurbains. La combinaison pente + pluie tropicale + sols nus crée un risque d’érosion très élevé ; la rareté des terrains plats complique la mécanisation et le développement d’unités de grande taille.
02 · Guide
Climat tropical maritime : saisonnalité, sécheresse et cyclones
Le climat mahorais est tropical maritime, chaud toute l’année, avec une saison humide généralement concentrée autour de l’été austral et une saison plus sèche et plus fraîche pouvant durer plusieurs mois. Pour l’agriculture, la difficulté vient moins d’une moyenne annuelle que de la concentration temporelle des pluies. Le Plan de souveraineté alimentaire de 2023 décrit une saison sèche de six à huit mois et souligne que l’irrigation est encore très peu développée.
03 · Guide
Sols volcaniques, pentes, érosion et protection du lagon
Les sols de Mayotte sont issus d’un substrat volcanique ancien et fortement altéré. Leur potentiel varie selon profondeur, pente, matériau parental, drainage et historique de culture. Dans de nombreux jardins mahorais, la présence d’un couvert arboré et de résidus organiques limite l’exposition directe du sol, mais le défrichement, les pistes, les terrassements ou la répétition d’un travail du sol en pente peuvent déclencher des pertes de terre rapides.
04 · Guide
Structure des exploitations : la microferme comme norme statistique
Le RA 2020 recense 4 312 exploitations pour 5 959 ha de SAU. La moyenne de 1,4 ha cache une forte concentration : 3 446 exploitations sont classées « micro », soit environ 80 % du total. Elles utilisent 3 067 ha, représentent 4 651 ETP et génèrent une PBS de 41,1 M€. Les 803 petites exploitations utilisent 2 372 ha et génèrent 33,3 M€ de PBS.
Les exploitations moyennes et grandes sont très peu nombreuses : 59 moyennes et seulement 4 grandes selon la classification PBS. Pourtant, leur poids économique ou zootechnique peut être disproportionné. Les quatre grandes unités concentrent notamment 1 359 UGB avec seulement 32 ha de SAU déclarée, reflet de systèmes hors-sol ou très intensifs.
| Catégorie | Exploitations |
|---|---|
| Ensemble | 4 312 |
| Micro-exploitations | 3 446 |
| Petites exploitations | 803 |
| Moyennes exploitations | 59 |
| Grandes exploitations | 4 |
05 · Guide
Agriculture déclarée, agriculture informelle et ménages vivriers
Une partie importante de la production échappe au modèle classique de l’exploitation commerciale enregistrée. Une étude complémentaire au RA 2020 estime qu’environ 35 % des ménages agricoles relèvent de systèmes vivriers très petits, souvent autour d’un demi-hectare, en dehors du champ principal du recensement agricole. Les publications DAAF rappellent également l’importance de l’autoconsommation.
Cette réalité a des conséquences pratiques : les statistiques de marché sous-estiment la valeur alimentaire du jardin familial ; les aides publiques atteignent plus facilement les exploitations dotées d’un SIRET, d’un PACAGE ou d’une affiliation sociale ; et les politiques sanitaires sont plus difficiles à diffuser dans une multitude de petites parcelles non formalisées.
06 · Guide
Travail agricole, rôle des femmes et renouvellement
Le RA 2020 recense 12 834 personnes participant au travail agricole, mais seulement 6 255 équivalents temps plein. Ce rapport illustre la place du temps partiel, de l’activité familiale et de la pluriactivité. Les chefs et coexploitants sont 4 319 et représentent une part majeure du volume de travail ; les autres membres de la famille restent également très présents.
Les femmes occupent une place particulièrement forte : 48 % des chefs ou coexploitants sont des femmes. Cet indicateur doit être intégré aux politiques d’installation, de formation et de financement, car la représentation d’une agriculture exclusivement masculine est particulièrement inadéquate à Mayotte.
07 · Guide
Le jardin mahorais : cœur agronomique et culturel
Le jardin mahorais est un système agroforestier pluristratifié dans lequel arbres, bananiers, tubercules, plantes aromatiques et cultures vivrières coexistent. Le CIRAD estime que ce type de système représente plus de 90 % des surfaces cultivées dans certains travaux de caractérisation. Il est généralement faiblement mécanisé et utilise historiquement peu d’intrants chimiques.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Combien d’exploitations Mayotte compte-t-elle?
Le recensement agricole 2020 en dénombre 4 312, pour 5 959 ha de SAU, soit une moyenne de 1,4 ha.
Qu’est-ce que le jardin mahorais?
C’est un système agroforestier pluristratifié où arbres, bananiers, tubercules, plantes aromatiques et cultures vivrières coexistent. Il est généralement faiblement mécanisé.





