01 · Guide
Synthèse opérationnelle
Les véroniques sont un groupe d’adventices annuelles de la famille des Plantaginaceae. En grandes cultures françaises, deux espèces structurent l’essentiel du diagnostic: Veronica persica, capable de lever pratiquement toute l’année, et V. hederifolia, à comportement nettement plus automnal et hivernal. Cette différence suffit à modifier la valeur des leviers agronomiques: la rotation et l’alternance des dates de semis sont peu discriminantes pour V. persica, alors qu’elles peuvent réduire la pression de V. hederifolia.
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Pourquoi parler des véroniques au pluriel?
Le genre Veronica comprend plusieurs dizaines d’espèces en France et plus de 400 à l’échelle mondiale. Les flores agricoles ne concernent qu’un sous-ensemble, mais ce sous-ensemble est suffisamment divers pour rendre dangereuse une fiche générique. INRAE/ePhytia répertorie notamment V. acinifolia, V. triphyllos, V. agrestis, V. arvensis, V. hederifolia, V. opaca, V. persica, V. polita, V. praecox et V. verna parmi les taxons susceptibles d’être observés dans ou à proximité des cultures.
Le diagnostic a donc deux niveaux: 1) reconnaître qu’il s’agit d’une véronique; 2) déterminer l’espèce dominante. La deuxième étape est agronomiquement utile parce que taille de graine, profondeur d’émergence, dormance, calendrier et sensibilité au travail du sol diffèrent fortement.
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Taxonomie moderne : Plantaginaceae, pas Scrophulariaceae
Les anciennes flores et certaines bases techniques conservent l’ancienne attribution des véroniques aux Scrophulariaceae. Les classifications phylogénétiques modernes placent le genre Veronica dans les Plantaginaceae. Le nom Plantaginaceae permet de classer le genre aujourd’hui ; « Scrophulariaceae » reste utile pour retrouver des publications anciennes.
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Véronique de Perse - Veronica persica : plantule
La plantule présente des feuilles opposées. Les cotylédons, pétiolés, mesurent environ 9 à 12 mm sur 5 à 7 mm; le limbe est triangulaire à angles arrondis, souvent tronqué au sommet. Les premières feuilles sont triangulaires, dentées, d’abord 5 à 7 dents puis environ 9, avec un limbe légèrement poilu.
Au stade jeune, la confusion avec V. agrestis et V. polita est possible: observer aussi la couleur et la forme du limbe, puis les fleurs dès qu’elles apparaissent.
05 · Guide
Véronique de Perse : plante adulte, fleurs et graines
V. persica forme de nombreuses tiges couchées puis redressées, pubescentes. Les feuilles sont ovales à triangulaires, opposées sur les parties basses puis alternes, d’abord pétiolées puis presque sessiles. Les fleurs sont solitaires, bleu ciel, souvent de l’ordre de 9 à 14 mm dans les flores, portées par un pédoncule fin et relativement long. Les graines, jaunâtres, sont aplaties en bouclier et fortement concaves sur une face, de l’ordre de 1 à 2 mm.
Kew retient V. persica comme espèce native du Caucase au nord de l’Iran et introduite en France. Cette histoire d’introduction est cohérente avec son expansion rapide en Europe depuis le XIXe siècle et avec son profil d’espèce rudérale très plastique.
06 · Guide
Véronique à feuilles de lierre - Veronica hederifolia : plantule
V. hederifolia se distingue très tôt par des cotylédons beaucoup plus grands que ceux de V. persica: environ 1,5 à 3 cm sur 0,4 à 1 cm, elliptiques et terminés par un petit mucron. L’hypocotyle peut mesurer 1,5 à 5 cm. Les pétioles portent des poils blancs. La première paire de feuilles possède au plus trois lobes, puis les feuilles suivantes typiquement cinq.
Cette grande taille de graine et de plantule explique en partie une capacité d’émergence depuis des profondeurs inhabituelles pour une petite dicotylédone annuelle. Dans l’essai de Grundy et al. , V. hederifolia était la plus grosse graine du panel et pouvait encore émerger depuis 8 cm.
07 · Guide
Véronique à feuilles de lierre : adulte, fruit et graine
La plante est pubescente, à tiges nombreuses, prostrées ou rampantes. Les feuilles, généralement à cinq lobes et à base cordiforme, sont d’abord opposées puis alternes. Les fleurs sont petites, bleu pâle à blanchâtres, solitaires. Les graines mesurent environ 2 à 3,5 mm: elles sont nettement plus grosses que celles de V. persica et V. arvensis.
08 · Guide
Véronique des champs - Veronica arvensis
V. arvensis est une petite annuelle de 5 à 25 cm, pubescente, dressée à ascendante. Les feuilles inférieures sont opposées puis deviennent alternes, ovales et sessiles. Les fleurs bleues sont minuscules, souvent 2 à 3 mm, groupées vers le sommet en racème terminal avec des pédoncules très courts. Les graines sont parmi les plus petites des véroniques adventices.
L’espèce est signalée partout en France, dans les céréales, le colza, les vergers, les vignes et le maraîchage, notamment sur sols secs ou sableux. Dans les essais de profondeur, l’émergence chute fortement au-delà d’environ 1 cm, ce qui rend son comportement vis-à-vis du travail du sol très différent de V. hederifolia.
| Décision | V. persica - Véronique de Perse | V. hederifolia - Véronique à feuilles de lierre |
|---|---|---|
| Fenêtre dominante de levée | Toute l’année, levées étalées | Automne-hiver, jusqu’au printemps |
| Rotation / alternance semis | Effet faible à irrégulier | Effet généralement plus pertinent |
| Faux-semis | Peut être utile très superficiel fin août-début octobre | Souvent moins fiable ; dormance et levées automnales profondes |
| Labour | Effet moyen à neutre dans Infloweb | Effet moyen ; graines profondes capables d’émerger |
| Désherbage mécanique | Herse étrille intéressante sur jeunes plantes ; intervenir tôt | Intervenir très tôt ; grosses graines mais plantules contrôlables avant enracinement |
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Identifier l’espèce au stade jeune
Comparer la forme et la disposition des feuilles, la pilosité et, si elles sont présentes, les fleurs. La véronique de Perse et celle à feuilles de lierre n’ont pas exactement les mêmes caractères ni la même dynamique de levée.
Cartographier les foyers dans les cultures sensibles et intervenir sur plants jeunes lorsque le stade de culture et les conditions de passage le permettent.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Pourquoi distinguer les espèces de véroniques?
La taille de graine, la profondeur d’émergence, la dormance, le calendrier et la sensibilité au travail du sol diffèrent fortement d’une espèce à l’autre. La détermination de l’espèce dominante est donc utile.
Quelle est la principale différence entre V. persica et V. hederifolia?
V. persica peut lever pratiquement toute l’année, tandis que V. hederifolia a un comportement nettement plus automnal et hivernal. La rotation et l’alternance des dates de semis sont plus pertinentes pour la seconde.
La véronique des champs émerge-t-elle depuis de grandes profondeurs?
Pas vraiment. Dans les essais de profondeur, son émergence chute fortement au-delà d’environ 1 cm. V. hederifolia, à graine plus grosse, peut encore émerger depuis 8 cm dans l’essai de Grundy et al.





