Référence agronomique · France

Agronomie · Adventices

Véroniques

Veronica persica et espèces proches

Les véroniques sont plusieurs adventices de petite taille aux cycles différents. Une identification à l’espèce et un suivi des levées guident les interventions précoces.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 6 min
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Véroniques — illustration documentaire (Agronomie, Adventices)
Véroniques · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Groupe

Véroniques

Indice

Petites fleurs bleues

Diagnostic

Identifier l’espèce

Levier

Agir jeune

01 · Guide

Synthèse opérationnelle

Les véroniques sont un groupe d’adventices annuelles de la famille des Plantaginaceae. En grandes cultures françaises, deux espèces structurent l’essentiel du diagnostic: Veronica persica, capable de lever pratiquement toute l’année, et V. hederifolia, à comportement nettement plus automnal et hivernal. Cette différence suffit à modifier la valeur des leviers agronomiques: la rotation et l’alternance des dates de semis sont peu discriminantes pour V. persica, alors qu’elles peuvent réduire la pression de V. hederifolia.

02 · Guide

Pourquoi parler des véroniques au pluriel?

Le genre Veronica comprend plusieurs dizaines d’espèces en France et plus de 400 à l’échelle mondiale. Les flores agricoles ne concernent qu’un sous-ensemble, mais ce sous-ensemble est suffisamment divers pour rendre dangereuse une fiche générique. INRAE/ePhytia répertorie notamment V. acinifolia, V. triphyllos, V. agrestis, V. arvensis, V. hederifolia, V. opaca, V. persica, V. polita, V. praecox et V. verna parmi les taxons susceptibles d’être observés dans ou à proximité des cultures.

Le diagnostic a donc deux niveaux: 1) reconnaître qu’il s’agit d’une véronique; 2) déterminer l’espèce dominante. La deuxième étape est agronomiquement utile parce que taille de graine, profondeur d’émergence, dormance, calendrier et sensibilité au travail du sol diffèrent fortement.

03 · Guide

Taxonomie moderne : Plantaginaceae, pas Scrophulariaceae

Les anciennes flores et certaines bases techniques conservent l’ancienne attribution des véroniques aux Scrophulariaceae. Les classifications phylogénétiques modernes placent le genre Veronica dans les Plantaginaceae. Le nom Plantaginaceae permet de classer le genre aujourd’hui ; « Scrophulariaceae » reste utile pour retrouver des publications anciennes.

04 · Guide

Véronique de Perse - Veronica persica : plantule

La plantule présente des feuilles opposées. Les cotylédons, pétiolés, mesurent environ 9 à 12 mm sur 5 à 7 mm; le limbe est triangulaire à angles arrondis, souvent tronqué au sommet. Les premières feuilles sont triangulaires, dentées, d’abord 5 à 7 dents puis environ 9, avec un limbe légèrement poilu.

Au stade jeune, la confusion avec V. agrestis et V. polita est possible: observer aussi la couleur et la forme du limbe, puis les fleurs dès qu’elles apparaissent.

05 · Guide

Véronique de Perse : plante adulte, fleurs et graines

V. persica forme de nombreuses tiges couchées puis redressées, pubescentes. Les feuilles sont ovales à triangulaires, opposées sur les parties basses puis alternes, d’abord pétiolées puis presque sessiles. Les fleurs sont solitaires, bleu ciel, souvent de l’ordre de 9 à 14 mm dans les flores, portées par un pédoncule fin et relativement long. Les graines, jaunâtres, sont aplaties en bouclier et fortement concaves sur une face, de l’ordre de 1 à 2 mm.

Kew retient V. persica comme espèce native du Caucase au nord de l’Iran et introduite en France. Cette histoire d’introduction est cohérente avec son expansion rapide en Europe depuis le XIXe siècle et avec son profil d’espèce rudérale très plastique.

06 · Guide

Véronique à feuilles de lierre - Veronica hederifolia : plantule

V. hederifolia se distingue très tôt par des cotylédons beaucoup plus grands que ceux de V. persica: environ 1,5 à 3 cm sur 0,4 à 1 cm, elliptiques et terminés par un petit mucron. L’hypocotyle peut mesurer 1,5 à 5 cm. Les pétioles portent des poils blancs. La première paire de feuilles possède au plus trois lobes, puis les feuilles suivantes typiquement cinq.

Cette grande taille de graine et de plantule explique en partie une capacité d’émergence depuis des profondeurs inhabituelles pour une petite dicotylédone annuelle. Dans l’essai de Grundy et al. , V. hederifolia était la plus grosse graine du panel et pouvait encore émerger depuis 8 cm.

07 · Guide

Véronique à feuilles de lierre : adulte, fruit et graine

La plante est pubescente, à tiges nombreuses, prostrées ou rampantes. Les feuilles, généralement à cinq lobes et à base cordiforme, sont d’abord opposées puis alternes. Les fleurs sont petites, bleu pâle à blanchâtres, solitaires. Les graines mesurent environ 2 à 3,5 mm: elles sont nettement plus grosses que celles de V. persica et V. arvensis.

08 · Guide

Véronique des champs - Veronica arvensis

V. arvensis est une petite annuelle de 5 à 25 cm, pubescente, dressée à ascendante. Les feuilles inférieures sont opposées puis deviennent alternes, ovales et sessiles. Les fleurs bleues sont minuscules, souvent 2 à 3 mm, groupées vers le sommet en racème terminal avec des pédoncules très courts. Les graines sont parmi les plus petites des véroniques adventices.

L’espèce est signalée partout en France, dans les céréales, le colza, les vergers, les vignes et le maraîchage, notamment sur sols secs ou sableux. Dans les essais de profondeur, l’émergence chute fortement au-delà d’environ 1 cm, ce qui rend son comportement vis-à-vis du travail du sol très différent de V. hederifolia.

Repères documentaires à adapter au contexte de la parcelle.
DécisionV. persica - Véronique de PerseV. hederifolia - Véronique à feuilles de lierre
Fenêtre dominante de levéeToute l’année, levées étaléesAutomne-hiver, jusqu’au printemps
Rotation / alternance semisEffet faible à irrégulierEffet généralement plus pertinent
Faux-semisPeut être utile très superficiel fin août-début octobreSouvent moins fiable ; dormance et levées automnales profondes
LabourEffet moyen à neutre dans InflowebEffet moyen ; graines profondes capables d’émerger
Désherbage mécaniqueHerse étrille intéressante sur jeunes plantes ; intervenir tôtIntervenir très tôt ; grosses graines mais plantules contrôlables avant enracinement

09 · Guide

Identifier l’espèce au stade jeune

Comparer la forme et la disposition des feuilles, la pilosité et, si elles sont présentes, les fleurs. La véronique de Perse et celle à feuilles de lierre n’ont pas exactement les mêmes caractères ni la même dynamique de levée.

Cartographier les foyers dans les cultures sensibles et intervenir sur plants jeunes lorsque le stade de culture et les conditions de passage le permettent.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Pourquoi distinguer les espèces de véroniques?

La taille de graine, la profondeur d’émergence, la dormance, le calendrier et la sensibilité au travail du sol diffèrent fortement d’une espèce à l’autre. La détermination de l’espèce dominante est donc utile.

Quelle est la principale différence entre V. persica et V. hederifolia?

V. persica peut lever pratiquement toute l’année, tandis que V. hederifolia a un comportement nettement plus automnal et hivernal. La rotation et l’alternance des dates de semis sont plus pertinentes pour la seconde.

La véronique des champs émerge-t-elle depuis de grandes profondeurs?

Pas vraiment. Dans les essais de profondeur, son émergence chute fortement au-delà d’environ 1 cm. V. hederifolia, à graine plus grosse, peut encore émerger depuis 8 cm dans l’essai de Grundy et al.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.