01 · Référence
Résumé opérationnel
Les thrips sont de minuscules Thysanoptères phytophages dont la nuisance dépasse largement leur taille En maraîchage français deux espèces structurent l’essentiel du risque Frankliniella occidentalis ou thrips californien très polyphage et particulièrement problématique dans les fleurs des cultures sous abri et Thrips tabaci ou thrips du tabac de l’oignon ravageur majeur des Allium et fréquent sur de nombreuses autres cultures D’autres espèces existent en France ou dans les DROM tandis que Thrips palmi et Scirtothrips…
Les dégâts directs résultent du grattage puis de l’aspiration du contenu cellulaire plages argentées ou blanchâtres ponctuations noires de déjections nécroses déformations cicatrices liégeuses avortements floraux et déclassement des fruits Sur poireau et oignon les attaques peuvent réduire la surface photosynthétique et le grossissement sur fraise poivron concombre aubergine et tomate quelques individus dans les…
02 · Référence
Périmètre, taxonomie et terminologie
Les thrips appartiennent à l’ordre Thysanoptera, caractérisé chez les adultes ailés par des ailes très étroites bordées de longues franges. Le mot « thrips » désigne couramment l’ensemble des Thysanoptères, alors que Thrips est aussi un genre taxonomique. Les espèces phytophages d’intérêt maraîcher appartiennent principalement à la famille des Thripidae. [2, 7]
La morphologie externe des adultes est petite et peu contrastée une identification fiable d’espèce nécessite souvent loupe binoculaire ou microscope en examinant antennes soies peignes du tergite abdominal nervation et coloration Pour la conduite quotidienne l’enjeu est d’abord de distinguer complexe thrips présent et d’associer l’espèce probable à la culture et au type de dégâts…
03 · Référence
Espèces majeures et espèces à surveiller
Originaire d’Amérique du Nord F occidentalis est devenu cosmopolite avec le commerce horticole Il s’est imposé en Europe à partir des années 1980 et est aujourd’hui l’un des ravageurs les plus difficiles des cultures sous abri Sa polyphagie couvre des centaines d’hôtes poivron tomate aubergine concombre fraise haricot fleurs coupées et de nombreuses adventices Les adultes et larves se concentrent volontiers dans les fleurs bourgeons et zones protégées ce qui réduit le contact avec les…
L’adulte mesure généralement 1 à 2 mm avec une coloration jaune à brun clair variable La femelle insère ses œufs dans les tissus Les larves I et II sont mobiles et nourricières les stades prénymphal et nymphal sont non nourriciers et fréquemment localisés dans le sol le substrat ou les débris Cette alternance de compartiments…
04 · Référence
Identification détaillée des stades
Les œufs sont réniformes à ovales, translucides, de l’ordre de quelques dixièmes de millimètre. La femelle les insère sous l’épiderme des feuilles, pétales, sépales ou jeunes fruits : ils sont donc difficiles à observer et partiellement protégés des produits de contact. Les cicatrices de ponte peuvent toutefois devenir visibles sur certains fruits. [2, 3]
Les larves sont aptères, allongées, jaunâtres à orangées selon espèce et alimentation. Elles se déplacent rapidement lorsqu’elles sont dérangées. Ce sont, avec les adultes, les stades qui provoquent les dégâts alimentaires. Sur fleurs, elles peuvent rester profondément cachées entre anthères, pétales et calice. [2–5]
05 · Référence
Biologie, température et vitesse de multiplication
La vitesse de développement est fortement thermodépendante Sur fleurs de chrysanthème une étude de référence sur F occidentalis a mesuré environ 34 2 jours à 15 C 19 2 jours à 20 C 12 1 jours à 25 C et 9 5 jours à 30 C pour le développement pré-adulte avec un seuil inférieur estimé à 9 5 C D’autres synthèses donnent des durées légèrement différentes selon l’hôte et le point de départ du cycle…
Pour T. tabaci, Murai a estimé environ 232,6 degrés-jours au-dessus de 10,8 °C pour achever le développement de l’œuf jusqu’à l’adulte en pré-oviposition dans son dispositif expérimental. La fécondité et la survie sont elles aussi dépendantes de la température et de la qualité alimentaire. [25]
06 · Référence
Reproduction, sex-ratio et capacité d’invasion
F. occidentalis peut se reproduire sexuellement et par arrhénotoquie : les œufs non fécondés produisent des mâles, les œufs fécondés des femelles. La fécondité publiée varie fortement avec l’hôte : les fleurs et le pollen peuvent soutenir des productions d’œufs très supérieures à celles observées sur feuilles pauvres. Cette dépendance explique pourquoi les fleurs constituent souvent les foyers les plus productifs. [3, 24]
La combinaison d’un cycle court, d’une forte fécondité, d’une polyphagie extrême, d’une dispersion passive efficace et d’une vie cachée dans fleurs et substrat explique le succès invasif de F. occidentalis. Ces mêmes traits accélèrent aussi la sélection de résistance aux insecticides lorsque des modes d’action sont répétés. [22, 23]
07 · Référence
Mécanisme des dégâts directs
Les pièces buccales des thrips râpent/perforent les cellules superficielles puis aspirent leur contenu. Les cellules vidées se remplissent d’air et donnent l’aspect argenté caractéristique. À forte densité, la réduction de surface fonctionnelle, les nécroses et la destruction des tissus jeunes ralentissent la croissance. [2, 4]
Les déjections noires ponctiformes sont un indice utile surtout lorsqu’elles accompagnent des plages argentées Dans les fleurs les piqûres sur étamines ovaire et jeunes tissus peuvent conduire à l’avortement ou à des fruits asymétriques Les piqûres et sites de ponte sur fruits créent des cicatrices dont la valeur économique dépend du marché sur fraise poivron…
08 · Référence
Virus transmis par les thrips : le risque indirect
Le TSWV possède une gamme d’hôtes très large et touche de nombreuses cultures légumières. L’INRAE indique en 2026 que F. occidentalis, T. palmi et S. dorsalis font partie des vecteurs principaux, F. occidentalis étant le vecteur le plus efficace en France. Pour les plants de tomate, poivron/piment, aubergine et laitue concernés par le statut ORNQ, les exigences européennes visent une tolérance nulle sur le matériel et imposent surveillance des vecteurs et mesures d’assainissement. [6]
La transmission est persistante-propagative. Un point déterminant est l’acquisition : les thrips doivent acquérir le virus pendant les stades larvaires précoces pour devenir des adultes transmetteurs compétents. Des adultes non virulifères peuvent ingérer du virus sans devenir des vecteurs efficaces, ce qui explique l’importance de bloquer le cycle larvaire sur les plantes réservoirs. [26]
| Niveau | Taxon / terme | Intérêt agronomique |
|---|---|---|
| Ordre | Thysanoptera | Petits insectes aux ailes frangées; appareils buccaux asymétriques de type piqueur-râpeur. |
| Famille | Thripidae | Regroupe la majorité des thrips phytophages majeurs des légumes. |
| Espèce | Frankliniella occidentalis | Thrips californien; très polyphage; fleurs; serre; vecteur majeur du TSWV. |
| Espèce · repère 4 | Thrips tabaci | Thrips de l’oignon/tabac; Allium majeurs; IYSV; dégâts foliaires directs. |
| Surveillance réglementaire | Thrips palmi | Hexagone : absent, intercepté seulement selon OEPP; présent dans plusieurs DROM. |
| Menace émergente | Scirtothrips dorsalis | Expansion récente en Europe du Sud; petites pousses et fruits; risque d’introduction. |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur résumé opérationnel ?
Les thrips sont de minuscules Thysanoptères phytophages dont la nuisance dépasse largement leur taille En maraîchage français deux espèces structurent l’essentiel du risque Frankliniella occidentalis ou thrips californien très polyphage et particulièrement problématique dans les fleurs des cultures sous abri et Thrips tabaci ou thrips du tabac de l’oignon ravageur majeur des Allium et fréquent sur de nombreuses autres cultures D’autres espèces existent en France ou dans les DROM tandis que Thrips palmi et Scirtothrips Les dégâts directs résultent du grattage puis de l’aspiration du contenu cellulaire plages argentées ou… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur périmètre, taxonomie et terminologie ?
Les thrips appartiennent à l’ordre Thysanoptera caractérisé chez les adultes ailés par des ailes très étroites bordées de longues franges Le mot thrips désigne couramment l’ensemble des Thysanoptères alors que Thrips est aussi un genre taxonomique Les espèces phytophages d’intérêt maraîcher appartiennent principalement à la famille des Thripidae 2 7 La morphologie externe des adultes est petite et peu contrastée une identification fiable d’espèce nécessite souvent loupe binoculaire ou microscope en examinant antennes soies peignes du tergite abdominal nervation et coloration Pour la conduite quotidienne l’enjeu est d’abord de distinguer… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur espèces majeures et espèces à surveiller ?
Originaire d’Amérique du Nord F occidentalis est devenu cosmopolite avec le commerce horticole Il s’est imposé en Europe à partir des années 1980 et est aujourd’hui l’un des ravageurs les plus difficiles des cultures sous abri Sa polyphagie couvre des centaines d’hôtes poivron tomate aubergine concombre fraise haricot fleurs coupées et de nombreuses adventices Les adultes et larves se concentrent volontiers dans les fleurs bourgeons et zones protégées ce qui réduit le contact avec les L’adulte mesure généralement 1 à 2 mm avec une coloration jaune à brun clair variable… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur identification détaillée des stades ?
Les œufs sont réniformes à ovales translucides de l’ordre de quelques dixièmes de millimètre La femelle les insère sous l’épiderme des feuilles pétales sépales ou jeunes fruits ils sont donc difficiles à observer et partiellement protégés des produits de contact Les cicatrices de ponte peuvent toutefois devenir visibles sur certains fruits 2 3 Les larves sont aptères allongées jaunâtres à orangées selon espèce et alimentation Elles se déplacent rapidement lorsqu’elles sont dérangées Ce sont avec les adultes les stades qui provoquent les dégâts alimentaires Sur fleurs elles peuvent rester profondément… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur biologie, température et vitesse de multiplication ?
La vitesse de développement est fortement thermodépendante Sur fleurs de chrysanthème une étude de référence sur F occidentalis a mesuré environ 34 2 jours à 15 C 19 2 jours à 20 C 12 1 jours à 25 C et 9 5 jours à 30 C pour le développement pré-adulte avec un seuil inférieur estimé à 9 5 C D’autres synthèses donnent des durées légèrement différentes selon l’hôte et le point de départ du cycle Pour T tabaci Murai a estimé environ 232 6 degrés-jours au-dessus de 10 8 C… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur reproduction, sex-ratio et capacité d’invasion ?
F occidentalis peut se reproduire sexuellement et par arrhénotoquie les œufs non fécondés produisent des mâles les œufs fécondés des femelles La fécondité publiée varie fortement avec l’hôte les fleurs et le pollen peuvent soutenir des productions d’œufs très supérieures à celles observées sur feuilles pauvres Cette dépendance explique pourquoi les fleurs constituent souvent les foyers les plus productifs 3 24 La combinaison d’un cycle court d’une forte fécondité d’une polyphagie extrême d’une dispersion passive efficace et d’une vie cachée dans fleurs et substrat explique le succès invasif de F… [S01][S02][S03]





