Référence agronomique · France

Cultures · Grandes cultures · Cultures industrielles

Tabac

Nicotiana tabacum L.

Monographie de la culture du tabac en France (Nicotiana tabacum) : 1 394 ha et 505 producteurs en 2024, 3 670 t de feuilles à 2,6 t/ha, Virginie, Burley et tabac noir, surfaces divisées par deux depuis 2016, production contractuelle concentrée dans le Sud-Ouest, séchage au four ou à l’air et filière industrielle contrôlée.

Vérifié le 19 août 2026 Lecture 13 min
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Parcelle de tabac en végétation dans le Sud-Ouest
Tabac · Image SILLOVA
12 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

1 394 ha

Surface France 2024

505 producteurs · −55,7 % depuis 2016 [S01]

02
Consolidé

3 670 t

Production 2024

2,6 t/ha en moyenne nationale [S01]

03
Consolidé

14,9 M€

Valeur de production

Comptes économiques de l’agriculture · 2024 [S01]

04
Consolidé

Virginie · 60,5 %

Type dominant

2 219 t sur 800 ha · séchage au four [S01]

01 · Identité

Une feuille, trois types de séchage

Le tabac cultivé, Nicotiana tabacum L., est une Solanaceae annuelle dont la feuille est récoltée, séchée puis transformée industriellement ; en France, trois types coexistent : Virginie, Burley et tabac noir.

Le Virginie, dit flue-cured, est séché au four à air chaud : 800 ha et 2 219 t en 2024, soit 60,5 % de la production. Le Burley et le tabac noir sont séchés à l’air, naturel ou ventilé (air-cured) : 542 ha et 1 321 t pour le Burley, 52 ha et 130 t pour le noir. Chaque type a sa chimie, ses variétés et son cahier des charges.

La culture est intégrée de bout en bout : le producteur travaille sous contrat avec une coopérative ou un acheteur, qui fournit souvent les plants ou encadre la pépinière, fixe le calendrier et reprend la totalité de la récolte triée. Il n’existe pas de marché spot.

Sources de cette section [S01][S04]

02 · France

Une filière qui a perdu la moitié de sa surface

Entre 2016 et 2024, la surface française de tabac est passée de 3 149 à 1 394 ha (−55,7 %) et la production de 7 564 à 3 670 t (−51,5 %), pour 505 producteurs recensés en 2024.

La lecture du nombre de producteurs demande prudence : FranceAgriMer signale des changements de méthode de comptage autour de 2019-2021, et toute la rupture de série ne s’attribue pas à des cessations d’activité. Entre 2023 et 2024, la surface a rebondi de 6,2 % tandis que la production restait stable — signe d’une campagne moins productive par hectare.

La production se concentre dans le Sud-Ouest, autour du bassin bergeracois, avec des relais dans d’autres régions du quart sud. La surface moyenne par producteur est de 2,8 ha : une culture de main-d’œuvre et de maîtrise technique, adossée à des bâtiments de séchage spécifiques.

Tabac en France en 2024, par type (FranceAgriMer).
TypeSurfaceProductionPartRendementSéchage
Virginie800 ha2 219 t60,5 %2,77 t/haFlue-cured (four)
Burley542 ha1 321 t36,0 %2,44 t/haAir-cured (air)
Tabac noir52 ha130 t3,5 %2,50 t/haAir-cured (air)
Ensemble1 394 ha3 670 t100 %2,6 t/ha
Sources de cette section [S01][S02]

03 · Monde

Une production française marginale à l’échelle mondiale

Le tabac est une culture mondiale concentrée : environ 6,04 Mt produites en 2024 sur 3,29 Mha selon FAOSTAT, avec la Chine à environ 37 % du volume, devant l’Inde et le Brésil.

La France se situe autour du 63e rang mondial de production en 2024 : son poids est symbolique à l’échelle internationale, et la filière nationale travaille sur des segments de qualité et des cahiers des charges plutôt que sur les volumes.

À l’échelle européenne, l’Italie, l’Espagne et la Hongrie comptent parmi les profils producteurs documentés par la coordination européenne des usages mineurs, le tabac étant précisément une culture à usages mineurs pour la protection phytosanitaire.

Sources de cette section [S02][S09]

04 · Pépinière & plantation

La culture commence en pépinière

Le tabac ne se sème pas en place : les plants sont produits en pépinière — sous abri ou en plaques alvéolées — puis repiqués au champ au printemps, lorsque le sol est réchauffé.

Le guide FREDON de bonnes pratiques culturales détaille cette étape déterminante : densité de semis, conduite de la pépinière, écimage et endurcissement des plants, calendrier de repiquage. Un plant vigoureux et homogène conditionne la régularité de la parcelle, donc le tri final.

La plantation, mécanisée ou manuelle selon les structures, place les plants en lignes espacées permettant le passage des outils et la récolte feuille à feuille. La densité varie selon le type et le cahier des charges : c’est un paramètre contractuel autant qu’agronomique.

Sources de cette section [S04]

05 · Conduite

Nutrition, eau, écimage et boutonnage

La conduite du tabac combine une nutrition azotée maîtrisée — trop d’azote retarde la maturité et dégrade la combustion —, une alimentation en eau régulière et des opérations manuelles spécifiques.

L’écimage supprime l’inflorescence pour concentrer la plante sur les feuilles ; le boutonnage enlève les bourgeons axillaires qui repoussent ensuite. Ces opérations, répétées, structurent la charge de travail estivale de la culture.

L’irrigation est fréquente dans le Sud-Ouest : la feuille doit rester en croissance active jusqu’à la maturité, sans stress qui durcirait le limbe. Le désherbage et la protection sanitaire s’inscrivent dans le guide de bonnes pratiques et les bulletins de santé du végétal nationaux, dont le bilan 2025 documente la pression climatique et sanitaire de la campagne.

Sources de cette section [S04][S05]

06 · Récolte & séchage

Feuille à feuille, puis le four ou l’air

La récolte s’étale en plusieurs passages : les feuilles mûrissent de bas en haut de la tige et sont cueillies par étage, ou la plante entière est coupée pour le Burley et le noir.

Au four (Virginie), la feuille suit une courbe de température contrôlée qui jaunit puis fixe la couleur et l’arôme ; à l’air (Burley, noir), le séchage dure des semaines dans des bâtiments ventilés, au gré de l’humidité ambiante. Le séchage est l’étape où se fabrique la qualité marchande — et où se concentre l’essentiel de la consommation d’énergie de la filière.

Point de vigilance santé au travail : la manipulation du tabac vert humide expose à la « maladie du tabac vert », intoxication nicotinique cutanée documentée par le NIOSH. Gants, vêtements et organisation des chantiers humides font partie des bonnes pratiques.

Sources de cette section [S04][S10]

07 · Qualité

Tri, fermentation et chimie de la feuille

Après séchage, les feuilles sont triées par position, couleur et qualité, puis fermentées ou vieillies selon le type : c’est cette chimie — sucres, nicotine, azote — qui détermine l’usage industriel.

Le tri est une compétence métier à part entière : une erreur de classement dévalue le lot entier. Les coopératives contrôlent et pèsent les lots, et le prix suit une grille contractuelle par qualité.

Le catalogue variétal, illustré par celui de Bergerac Seed & Breeding, décline les variétés par type — Virginie, Burley, noir — avec des niveaux de résistance aux maladies ; la disponibilité exacte se vérifie sur le catalogue de la campagne.

Sources de cette section [S04][S11]

08 · Cadre

Une filière hors aides couplées, sous conditionnalité

Le tabac ne figure pas dans la liste officielle des productions éligibles aux aides couplées de la PAC : la culture vit de son contrat, pas de soutien direct couplé.

Les exploitations restent soumises à la conditionnalité des aides — ERMG, BCAE, conditionnalité sociale — et aux règles environnementales : zones vulnérables nitrates, restrictions d’usage de l’eau, distances de traitement. Ces contraintes se vérifient par campagne.

Pour la protection phytosanitaire, le tabac relève des usages mineurs : la base E-Phy de l’ANSES est la référence opérationnelle, complétée au niveau européen par la coordination des usages mineurs qui documente les besoins de la culture.

Sources de cette section [S06][S07][S08][S09]

09 · Économie

14,9 M€ de valeur, des niches à suivre

La valeur de la production agricole française de tabac est estimée à 14,9 M€ en 2024 par les comptes économiques de l’agriculture — soit environ 4 060 €/t en ratio macro, sans valeur de prix contractuel.

La destination des feuilles est contractuelle et industrielle : cigarettes et produits du tabac manufacturés, mais aussi marchés de niche — chicha pour certains Virginie, débouchés émergents liés aux e-liquides ou à l’extraction de nicotine. Ces indications ne constituent pas des parts de marché quantifiées.

L’avenir de la filière se joue sur la qualité, la mécanisation partielle des opérations manuelles et la capacité à retenir les producteurs malgré une charge de travail élevée : c’est l’un des derniers exemples français de culture industrielle intensive en main-d’œuvre.

Sources de cette section [S01][S02]

Repères documentés

Repères datés du tabac

Ces données donnent un point de comparaison daté, à interpréter avec leur année, leur périmètre et leur statut.

Repères documentés — consulter la source et le millésime avant comparaison.
IndicateurValeur / situationRéférenceSource / lecture
Surface France1 394 ha · 505 producteurs2024FranceAgriMer
Production France3 670 t · 2,6 t/ha2024FranceAgriMer
Valeur de production14,9 M€2024Agreste / FranceAgriMer
Recul de surface−55,7 %2016 → 2024FranceAgriMer
Production mondiale6,04 Mt · 3,29 Mha2024FAOSTAT
Rang mondial France≈ 63e2024FranceAgriMer
Sources de cette section [S01][S02]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Où cultive-t-on du tabac en France ?

Principalement dans le Sud-Ouest, autour du bassin bergeracois, avec des relais dans d’autres régions du quart sud. La surface moyenne par producteur est de 2,8 hectares. [S01]

Quelle production de tabac en France ?

3 670 tonnes de feuilles en 2024 sur 1 394 hectares et 505 producteurs, soit 2,6 t/ha en moyenne. La surface a reculé de 55,7 % depuis 2016. [S01][S02]

Quelle différence entre Virginie, Burley et tabac noir ?

Le Virginie est séché au four à air chaud (flue-cured), le Burley et le noir à l’air (air-cured). Types, variétés, chimie de la feuille et cahiers des charges diffèrent : le Virginie représente 60,5 % de la production 2024. [S01]

Comment le tabac est-il planté ?

Il est produit en pépinière puis repiqué au champ au printemps, jamais semé en place. La densité et le calendrier sont fixés par le type et le contrat avec l’acheteur. [S04]

Qu’est-ce que la maladie du tabac vert ?

Une intoxication nicotinique par contact cutané avec des feuilles de tabac vert humide, documentée par le NIOSH. Gants, vêtements de protection et organisation des chantiers humides la préviennent. [S10]

Le tabac reçoit-il des aides PAC ?

Il ne figure pas dans la liste officielle des productions éligibles aux aides couplées. Les exploitations restent soumises à la conditionnalité et aux règles environnementales. [S06][S07]

La France est-elle un grand producteur mondial ?

Non : autour du 63e rang en 2024, pour 6,04 Mt produites dans le monde — la Chine pesant environ 37 % du volume. La filière française travaille sur des segments de qualité. [S02]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 12

  1. S01
  2. S02
  3. S03
  4. S04
  5. S05
  6. S06
  7. S07
  8. S08