Référence agronomique · France

Cultures · Grandes cultures · Cultures industrielles

Houblon

Humulus lupulus L.

Monographie du houblon (Humulus lupulus) : liane pérenne des brasseries, 724 ha en France en 2025 dont 68 % dans le Grand Est, 818 t à 15,5 q/ha, 40 % de la surface en biologique, cônes et acides alpha, treille de 6 mètres, certification européenne et plan de souveraineté visant 1 500 ha en 2035.

Vérifié le 19 août 2026 Lecture 15 min
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Cônes de houblon sur lianes dans une houblonnière
Houblon · Image SILLOVA
14 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

724 ha

Surface France 2025

Déclarations PAC · −3,6 % sur 2024 [S01]

02
Provisoire

818 t

Production 2025

15,5 q/ha · provisoire · 673 t en 2024 [S01]

03
Consolidé

68 %

Part du Grand Est

494 ha · moyenne de 11,4 ha par déclarant [S01]

04
Consolidé

40 %

Part biologique

291,5 ha AB + conversion en 2025 [S01]

01 · Identité

Une liane pérenne cultivée pour ses cônes

Le houblon, Humulus lupulus L., est une Cannabaceae vivace grimpante : la partie récoltée est le cône femelle, dont les glandes à lupuline concentrent résines amères, huiles essentielles et composés phénoliques.

Les acides alpha — humulones — sont les précurseurs de l’amertume : à l’ébullition du moût, ils s’isomérisent en iso-alpha-acides solubles. Les acides beta participent moins directement à l’amertume mais contribuent à l’évolution aromatique. On distingue houblons aromatiques, amérisants à forte teneur en alpha et variétés duales.

La plante est grimpante et exige une treille haute — typiquement 6 mètres — fils et armature compris : c’est un investissement lourd et pérenne, qui engage la parcelle pour quinze à vingt ans. Chaque année, les tiges repartent de la souche pour courir jusqu’au sommet des fils.

Sources de cette section [S07][S08]

02 · France

Alsace historique, diffusion régionale récente

La France compte 724,38 ha de houblon en 2025 selon les déclarations PAC, après 751,6 ha en 2024 ; la SAA estime provisoirement la production 2025 à 818 t, à 15,5 q/ha.

Le Grand Est concentre 494 ha, soit 68 % des surfaces : 43 déclarants y exploitent en moyenne 11,4 ha, héritiers de la houblonnière alsacienne structurée depuis le XIXe siècle autour de la variété Strisselspalt. Dans les autres régions, 178 déclarants détiennent en moyenne 1,2 ha : des micro-houblonnières nées avec les brasseries artisanales.

La structure est très hétérogène : 181 producteurs sur 221 exploitent moins de 5 ha, mais les 9 exploitations de plus de 20 ha concentrent 221 ha. Coûts, mécanisation et modèles de commercialisation diffèrent radicalement entre ces deux mondes.

Houblon en France : repères 2024-2025 (PAC, SAA, DRAAF).
Indicateur20242025Lecture
Surface métropolitaine751,6 ha724,38 ha−3,6 % environ
Production673 t818 t2025 provisoire
Rendement13,1 q/ha15,5 q/haSous le pic de 2021
Surface Grand Est503 ha494 ha68 % du national
Surface bio + conversion317,25 ha291,54 ha40 % du total
Aide couplée313 474 €306 589 €440 €/ha en 2025
Sources de cette section [S01]

03 · Histoire

Huit siècles de houblon français

Le houblon est documenté en France depuis le haut Moyen Âge ; InterHoublon cite des mentions au VIIIe siècle et date de 1808 la première exploitation houblonnière alsacienne structurée.

Le Bas-Rhin passe d’environ 120 ha en 1840 à un apogée proche de 4 600 ha au début du XXe siècle ; le territoire français comptait alors près de 6 944 ha à la veille de la Première Guerre mondiale, dont plus de 58 % en Alsace. Guerres, surproductions et chutes de cours ont ensuite réduit les surfaces.

Le renouveau actuel date des années 2015-2020 : multiplication des brasseries artisanales, petits projets régionaux, création d’InterHoublon en 2020 et mission d’institut technique confiée à l’ITEIPMAI. La géographie de la culture s’en est trouvée recomposée.

Sources de cette section [S11]

04 · Plantation

Une houblonnière se construit pour vingt ans

La plantation associe un sol profond et drainé, une armature de treille — poteaux, câbles, fils de guidage — et des plants ou rhizomes certifiés de variétés adaptées au débouché visé.

Le guide des Chambres d’agriculture Hauts-de-France détaille l’implantation : préparation du sol, densité, orientation des rangs pour la mécanisation, choix variétal entre aromatiques, amérisants et duales. L’investissement initial est lourd : treille, plantation, irrigation éventuelle et équipement de récolte conditionnent la rentabilité future.

Les premières années ne produisent pas à plein : la montée en charge est progressive sur deux à trois ans, ce qui doit figurer dans le plan de financement. Une houblonnière se pense comme une installation pérenne, pas comme une culture annuelle de diversification.

Sources de cette section [S08][S09]

05 · Conduite

Tailler, guider, nourrir, surveiller

La saison commence par la taille de la souche au printemps, puis le guidage des tiges sur les fils : les lianes montent de plusieurs centimètres par jour en juin et exigent une nutrition et une eau régulières.

La fertilisation est conséquente pour une culture pérenne : azote fractionné, phosphore-potassium sur analyse, composts ou engrais organiques en bio — 40 % de la surface française est conduite en agriculture biologique ou conversion, un chiffre remarquable qui reflète la demande des brasseries artisanales.

La surveillance sanitaire est continue : mildiou, oïdium, pucerons, tétranyques et, depuis peu, le scarabée japonais font l’objet de bulletins de santé du végétal dédiés dans le Grand Est. Toute intervention se vérifie dans la base E-Phy de l’ANSES.

Sources de cette section [S02][S09][S14]

06 · Récolte & séchage

Une fenêtre courte, un séchage énergivore

La récolte s’effectue fin août-septembre, lorsque les cônes atteignent la maturité technologique : la fenêtre est courte, car la teneur en acides alpha évolue vite et les cônes frais s’oxydent en quelques heures.

Les lianes sont coupées puis égrainées mécaniquement ; les cônes, chargés à 75-80 % d’eau, doivent être séchés immédiatement vers 8-10 % d’humidité. L’ITEIPMAI a publié en 2024 un état des lieux du séchage des PPAM et du houblon : l’énergie de post-récolte est un poste économique et environnemental majeur.

Après séchage, les cônes sont conditionnés en balles, transformés en pellets ou en extraits : la Commission européenne regroupe commercialement le secteur en cônes frais ou secs, poudres et pellets, et extraits.

Sources de cette section [S07][S10]

07 · Certification

Un cadre européen refondu en 2024

Le houblon fait l’objet d’une certification européenne refondue par les règlements (UE) 2024/601 — procédure, certificats, contrôles, traçabilité — et 2024/602 — normes de commercialisation, qui abrogent le règlement 1850/2006.

En France, FranceAgriMer conduit les procédures d’agrément et de certification du houblon et de ses produits transformés : attestation de variété, traçabilité des lots, contrôles qualité. Pour le producteur, cette certification conditionne l’accès au marché régulé.

Les exigences minimales de commercialisation portent sur la qualité des lots et l’information des acheteurs ; les brasseurs ajoutent leurs propres cahiers des charges — teneur en alpha, profil aromatique, résidus — qui pilotent les contrats pluriannuels.

Sources de cette section [S03][S04][S05][S06]

08 · Climat

Une culture directement exposée au réchauffement

Une étude publiée dans Nature Communications en 2023 documente le déclin induit par le climat de la quantité et de la qualité du houblon européen : rendements et teneurs en acides alpha sous pression, phénologie décalée.

Les projections à 2050 appellent des mesures d’adaptation immédiates : variétés tolérantes, irrigation maîtrisée, conduite de la treille et choix des sites. Pour la filière française, c’est un argument supplémentaire pour sécuriser eau et génétique.

Cette vulnérabilité est d’autant plus stratégique que la demande française dépend des importations : en 2025, la France a exporté 14,99 M€ de houblon et dérivés et importé 26,98 M€, soit un solde de −11,99 M€.

Sources de cette section [S01][S13]

09 · Économie

Souveraineté : de 25 % à 50 % de couverture

La France ne couvre qu’environ 25 % de sa demande de houblon : le plan de souveraineté de la filière vise 1 500 ha en 2035 pour atteindre 50 %, un objectif professionnel de 84 M€ structuré en cinq axes.

Cette synthèse, issue des Conférences de souveraineté alimentaire, a été élaborée par les professionnels : elle ne constitue pas à elle seule un engagement de l’État. Elle donne néanmoins l’horizon de la filière — sécuriser variétés, plants, institut technique et débouchés brassicoles.

Le producteur bénéficie d’une aide couplée spécifique — 440 €/ha en 2025 — et de modèles économiques contrastés : contrats pluriannuels avec les brasseurs industriels en Alsace, vente directe aux brasseries artisanales locales pour les petites houblonnières. La rentabilité dépend de la mécanisation possible et du prix au kilo d’acides alpha ou de cônes.

Sources de cette section [S01][S12]

Repères documentés

Repères datés du houblon

Ces données donnent un point de comparaison daté, à interpréter avec leur année, leur périmètre et leur statut.

Repères documentés — consulter la source et le millésime avant comparaison.
IndicateurValeur / situationRéférenceSource / lecture
Surface France724,38 ha2025 · PACDRAAF Grand Est
Production France818 t · 15,5 q/ha2025 provisoireAgreste SAA
Grand Est494 ha · 68 %2025DRAAF Grand Est
Bio + conversion291,54 ha · 40 %2025DRAAF / Agence Bio
Couverture de la demande≈ 25 %2025Synthèse souveraineté
Objectif filière1 500 ha en 2035Plan FranceHoublonInterHoublon
Sources de cette section [S01][S12]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quelle surface occupe le houblon en France ?

724,38 hectares en 2025 selon les déclarations PAC, après 751,6 ha en 2024. La production 2025 est estimée provisoirement à 818 tonnes à 15,5 q/ha. [S01]

Où cultive-t-on le houblon en France ?

À 68 % dans le Grand Est — l’Alsace historique, 494 ha — et le reste dans de petites houblonnières régionales liées aux brasseries artisanales : 178 déclarants hors Grand Est exploitent en moyenne 1,2 ha. [S01]

À quoi servent les acides alpha du houblon ?

Ce sont les précurseurs de l’amertume de la bière : à l’ébullition du moût, ils s’isomérisent en iso-alpha-acides solubles. Leur teneur conditionne la valeur commerciale des variétés amérisantes. [S07]

Combien de temps vit une houblonnière ?

Quinze à vingt ans : la plante est pérenne et la treille est un investissement lourd. La pleine production n’est atteinte qu’après deux à trois ans de montée en charge. [S08]

Le houblon français est-il certifié ?

Oui : les règlements (UE) 2024/601 et 2024/602 encadrent certification, contrôles, traçabilité et normes de commercialisation. FranceAgriMer conduit les procédures d’agrément en France. [S04][S05][S06]

Quelle part du houblon français est bio ?

40 % de la surface 2025, soit 291,5 ha en agriculture biologique ou conversion — un niveau remarquable porté par la demande des brasseries artisanales. [S01]

La France est-elle autosuffisante en houblon ?

Non : elle couvre environ 25 % de sa demande et importe plus qu’elle n’exporte. Le plan de souveraineté de la filière vise 1 500 ha en 2035 pour atteindre 50 % de couverture. [S01][S12]

Le changement climatique menace-t-il le houblon ?

Oui : une étude de Nature Communications (2023) documente le déclin des rendements et des teneurs en acides alpha du houblon européen, avec phénologie décalée, et appelle à des mesures d’adaptation. [S13]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 14

  1. S01
  2. S02
  3. S03
  4. S04
  5. S05
  6. S06
  7. S07
  8. S08