Référence agronomique · France

Grandes cultures · Conduite de l’orge

Stades de l’orge

Les stades de l’orge se déterminent en observant les plantes, de la levée à la maturité. Les codes BBCH et Zadoks servent à situer les interventions, mais la date calendaire ne remplace pas le diagnostic au champ.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 6 min
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Stades de l’orge — illustration documentaire (Grandes cultures, Conduite de l’orge)
Stades de l’orge · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Quatre points pour guider la lecture.

Levée

Début du cycle

Tallage

Nombre de tiges

Montaison

Élongation des nœuds

Épiaison

Sortie de l’épi

01 · Guide

Repérer les stades de l’orge au champ

Le stade de l’orge est une information de pilotage, pas une simple description visuelle. Une même parcelle peut présenter simultanément plusieurs stades, surtout après une levée hétérogène, un semis tardif, un excès d’eau, une sécheresse ou des différences de profondeur de semis. Le bon réflexe est donc d’observer un échantillon représentatif de plantes, d’identifier le maître-brin et, à partir de la montaison, de disséquer plusieurs tiges. Les stades « épi 1 cm », « 1 nœud » et « 2 nœuds » ne peuvent pas être déterminés avec fiabilité depuis la route.

L’échelle décimale BBCH, dérivée du code de Zadoks, permet de parler le même langage du semis à la récolte: 00–09 germination, 10–19 développement foliaire, 20–29 tallage, 30–39 montaison, 40–49 gonflement, 50–59 épiaison, 60–69 floraison, 70–79 grain laiteux, 80–89 grain pâteux à maturité, 90–99 maturation/sénescence et récolte.

En pratique française, certains repères sont particulièrement structurants: BBCH 13 (3 feuilles), 21 (début tallage), 29 (fin tallage), 30 (épi 1 cm), 31 (1 nœud), 32 (2 nœuds), 37 (dernière feuille pointante), 39 (dernière feuille étalée), 49 (premières barbes visibles), 51 (début épiaison), 55 (mi-épiaison), 59 (fin épiaison) puis la floraison et le remplissage.

La vitesse de progression dépend surtout de la température, de la photopériode, de la vernalisation pour les types d’hiver, de la génétique variétale, de la date de semis et des stress. Les campagnes précoces illustrent à quel point une règle calendaire peut devenir fausse: en 2026, des BSV français plaçaient déjà certaines orges d’hiver entre dernière feuille étalée et début épiaison dès la deuxième quinzaine d’avril, alors que des parcelles plus tardives restaient à dernière feuille pointante.

02 · Guide

Définition : qu’est-ce qu’un stade phénologique?

Un stade phénologique décrit un état observable du développement de la plante. Il ne mesure ni l’âge en jours ni la biomasse: deux parcelles semées le même jour peuvent atteindre un stade différent. À l’inverse, deux parcelles semées à des dates différentes peuvent se retrouver au même stade après une période chaude, un effet variétal ou une accélération printanière. La phénologie est donc la chronologie des événements biologiques — émergence des feuilles, tallage, initiation et montée de l’épi, sortie des barbes, épiaison, floraison, remplissage et maturation — sous le contrôle du génotype et du milieu.

Le stade est une donnée de pilotage: il relie la parcelle à des règles de diagnostic et de décision. Une observation sanitaire n’a pas la même portée à 3 feuilles, 1 nœud ou sortie des barbes; un stress hydrique n’endommage pas les mêmes composantes du rendement avant et après la floraison; une opération autorisée à un stade donné peut être hors fenêtre quelques jours plus tard.

03 · Guide

Les trois langages à connaître : BBCH, Zadoks et repères français

Le code de Zadoks publié en 1974 a proposé une échelle décimale internationale pour les céréales. La BBCH, formalisée ensuite comme échelle générale de croissance des plantes, en reprend la logique: un premier chiffre indique la phase principale et le second précise le sous-stade. Cette structure facilite l’enregistrement, la comparaison d’essais et l’intégration informatique.

Dans les documents français, on rencontre souvent simultanément un code BBCH et un vocabulaire de terrain: « épi 1 cm », « 1 nœud », « dernière feuille étalée », « gonflement », « sortie des barbes ». Il est utile de consigner les deux repères dans le suivi de la parcelle. Le code BBCH est interopérable; le terme français est plus immédiatement compréhensible par l’agriculteur.

04 · Guide

Comment déterminer le stade d’une parcelle : protocole terrain

Le diagnostic doit éviter les bordures, les passages de roues, les zones hydromorphes isolées et les manques de levée, sauf si l’objectif est précisément de caractériser leur hétérogénéité. Une méthode robuste consiste à parcourir la parcelle en diagonale, prélever plusieurs bouquets dans au moins quatre à cinq zones et noter une vingtaine de plantes ou davantage si la parcelle est très hétérogène. La plante la plus avancée d’un prélèvement n’est pas forcément représentative de la parcelle.

Identifier le maître-brin (tige principale) avant de compter feuilles et nœuds; les talles peuvent être en retard de plusieurs sous-stades.

Avant BBCH 30, observer surtout les feuilles et le tallage. À partir de la montaison, retirer les gaines et ouvrir longitudinalement les tiges avec un couteau propre.

Pour les nœuds, vérifier la présence d’un véritable entre-nœud creux et distinguer un faux nœud ou un renflement de gaine. Les BSV français recommandent explicitement la coupe longitudinale lorsqu’un doute persiste.

Noter la dispersion: par exemple 30 % BBCH31, 60 % BBCH32, 10 % BBCH33. C’est plus utile qu’un unique code lorsque la décision est sensible au stade.

05 · Guide

BBCH 00–09 : germination et levée

La phase 0 commence avec le grain sec et se termine lorsque le coléoptile atteint la surface et que la levée devient visible. Le processus comprend l’imbibition, l’émission de la radicule, le développement des racines séminales et l’allongement du coléoptile. Le succès de cette phase conditionne la densité réelle, l’homogénéité et la capacité future de tallage.

06 · Guide

BBCH 30 : « épi 1 cm », bascule vers la montaison

Le début de montaison se vérifie sur des plantes prélevées dans la parcelle plutôt qu’à partir d’une date fixe.

Repères à vérifier dans la parcelle ou le contrat.
PhaseBBCH / ZadoksRepère terrain usuelCe qu’il faut regarder
Germination00–09Semis à levéeCaryopse, radicule, coléoptile, sortie du sol
Feuilles10–191 à 9 feuillesFeuilles déployées du maître-brin
Tallage20–29Début à fin tallageNombre de talles visibles
Montaison30–39Épi 1 cm à dernière feuille étaléeDissection, nœuds, feuille étendard
Gonflement40–49Gonflement / sortie des barbesGaine de F1, barbes
Épiaison50–59Début à fin épiaisonProportion de l’épi sortie de la gaine

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Un stade phénologique mesure-t-il l’âge de la culture?

Non. Il décrit un état observable du développement, et non l’âge en jours ni la biomasse. Deux parcelles semées le même jour peuvent atteindre des stades différents.

Quelle différence entre le code BBCH et les repères français?

Le code BBCH est interopérable, tandis que des termes comme « épi 1 cm » ou « 1 nœud » sont plus immédiatement compréhensibles au champ. Il est utile de consigner les deux.

Faut-il déterminer le stade sur une seule plante?

Non. Il faut observer un échantillon représentatif, identifier le maître-brin et noter la dispersion, par exemple 30 % en BBCH 31 et 60 % en BBCH 32.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.