01 · Référence
Reconnaître les stades de la racine
L’échelle BBCH distingue la germination, le développement des feuilles puis la croissance de la racine de betterave. Les observations doivent noter le stade visible et le référentiel utilisé, car les conventions de terrain ne sont pas toujours identiques.
02 · Référence
Observer la betterave à deux feuilles
Le désherbage se raisonne d’abord sur le stade des adventices, tout en respectant la tolérance de la betterave et les conditions d’emploi.
Le binage devient pertinent lorsque la culture est suffisamment robuste; en 2026 l’ITB cite notamment des fenêtres à partir d’environ 6 feuilles dans certains contextes.
La fin de la fenêtre de désherbage chimique conventionnelle est souvent rapprochée de 70 % de couverture, selon les stratégies et produits.
03 · Référence
Comprendre le risque de montaison
Le froid après semis et la sensibilité variétale influencent le risque de montaison. Un cumul de degrés-jours n’a de sens que si la température de base et le modèle de calcul sont précisés.
04 · Référence
Pourquoi les stades structurent toute la conduite de la betterave
Le stade phénologique est une façon de remplacer une date fixe par un état biologique observable. Deux parcelles semées le même jour peuvent diverger fortement après une période froide, une battance, une levée irrégulière, un stress hydrique, une différence de structure de sol ou une variété plus vigoureuse. À l’inverse, deux parcelles semées à des dates différentes peuvent se retrouver au même stade et supporter des décisions comparables. Cette logique est particulièrement importante en betterave, où la durée entre semis et couverture varie fortement selon les conditions de printemps.
Le stade intervient à trois niveaux. Premièrement, il décrit le développement réel de la plante: germination, feuilles, rosette, couverture puis racine de réserve. Deuxièmement, il sert de clé réglementaire ou technique: les étiquettes de produits et les recommandations de l’ITB utilisent souvent des codes BBCH. Troisièmement, il devient une variable explicative de risque: sensibilité aux pucerons, compétition avec les adventices, fragilité aux gels précoces, intérêt du binage, exposition aux maladies foliaires ou au déficit hydrique.
05 · Référence
Biologie : une plante bisannuelle récoltée en première année
La betterave sucrière (Beta vulgaris L. ssp. vulgaris) possède un cycle biologique bisannuel. En conditions naturelles, la première année est consacrée à la production d’une rosette foliaire et d’une racine hypertrophiée qui accumule des réserves; après une période de froid suffisante, la plante peut entrer en phase reproductive, émettre une hampe florale puis fleurir. La production sucrière exploite volontairement la première année et arrache la racine avant le cycle reproducteur normal.
Cette particularité explique pourquoi la majorité des codes utiles au planteur concernent la germination, les feuilles, le recouvrement et la racine. Les stades de floraison ne sont pas des objectifs de conduite. Une plante qui monte à graines pendant l’été est une plante qui détourne des assimilats vers la reproduction, gêne la récolte et peut créer un stock de semences adventices durable. Le phénomène doit donc être enregistré comme anomalie et non comme « stade normal » de la parcelle.
06 · Référence
Conventions françaises de terrain et ambiguïtés de codage
Les outils de terrain français n’emploient pas toujours les codes exactement de la même manière que la table BBCH historique. Des BSV récents de grandes cultures ont par exemple affiché 10 feuilles = BBCH 20, 11 feuilles = BBCH 21, jusqu’à 16 feuilles = BBCH 26, puis des codes de couverture 34 à 39, avec BBCH 40 pour 100 % de couverture. Cette représentation est pratique pour un graphique de réseau d’observation, mais elle crée une ambiguïté si elle est réinjectée sans métadonnée dans une base standardisée.
Il ne faut donc pas « corriger » automatiquement les BSV ni conclure qu’une source est fausse. Il faut distinguer le référentiel strict de la monographie et la convention de suivi opérationnelle d’un réseau.
Exemples: BSV Grandes cultures Champagne-Ardenne 2025 (BBCH 20–26 pour 10–16 feuilles; BBCH 40 pour 100 % de couverture); monographie BBCH de la betterave.
07 · Référence
Méthode d’observation d’une parcelle
Le diagnostic doit éviter les bordures, passages de roues, zones de manœuvre, fourrières, cuvettes ou pointes de parcelle lorsque ces secteurs ne représentent pas la majorité de la surface. L’idéal est un parcours en W ou en diagonale, avec plusieurs points d’arrêt. Les zones atypiques doivent être décrites séparément: elles sont utiles pour expliquer une hétérogénéité, mais ne doivent pas fausser le stade principal.
2 Feuilles: compter ce qui est réellement étalé
Les cotylédons sont les deux organes issus de la graine et ne comptent pas comme feuilles vraies. Une feuille vraie doit être suffisamment déployée pour être reconnue. Au stade BBCH 12, la première paire est étalée; au stade BBCH 14, deux paires le sont. Au-delà, la plante produit des feuilles individuellement dans la rosette, et l’observation devient plus facile en regardant le cœur puis les feuilles périphériques.
3 Couverture: mesurer le contact entre rangs
Le passage de l’échelle foliaire à l’échelle de recouvrement évite de compter des dizaines de feuilles. Le critère BBCH porte sur la proportion de plantes des rangs adjacents dont les feuilles se touchent. Ce n’est ni un pourcentage de surface verte mesuré par satellite, ni un pourcentage de largeur d’interrang. Une mesure par image ou drone peut néanmoins être utile à condition de calibrer la correspondance avec le critère agronomique utilisé.
| Code | Définition opérationnelle | Critère visuel / commentaire |
|---|---|---|
| 00 | Graine sèche | Semence non imbibée; aucune activité visible. |
| 01 | Début de l’imbibition | La graine commence à absorber l’eau. |
| 03 | Imbibition complète | Les enveloppes se fendent; la germination est engagée. |
| 05 | Radicule sortie | La radicule est visible. |
| 07 | Jeune pousse sortie de la graine | La pousse progresse vers la surface. |
| 09 | Levée | La jeune pousse perce la surface du sol. |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quand compter une feuille vraie?
Les cotylédons ne comptent pas. Une feuille vraie doit être assez déployée pour être reconnue. Au stade BBCH 12, la première paire est étalée.
Comment mesurer le recouvrement d’une parcelle?
Le critère BBCH porte sur la proportion de plantes des rangs adjacents dont les feuilles se touchent, et non sur une surface verte mesurée par satellite.
Les stades de floraison sont-ils des objectifs de conduite?
Non. La majorité des codes utiles concernent la germination, les feuilles, le recouvrement et la racine. Une plante qui monte à graines pendant l’été détourne des assimilats.





