01 · Référence
Vérifier les usages autorisés
L’oïdium forme un feutrage blanc pulvérulent; la rouille forme des pustules orangées/brunes; la ramulariose produit des taches plus claires et irrégulières que la cercosporiose.
Pseudomonas peut produire des taches foliaires après blessures/pluie et mimer une maladie fongique: un fongicide n’est pas une réponse à une bactériose.
Le mildiou est surtout une maladie de conditions fraîches et humides et touche préférentiellement le cœur avec des feuilles épaissies/déformées et un duvet grisâtre.
La jaunisse virale apparaît plusieurs semaines après l’inoculation par puceron: l’absence de pucerons au moment du symptôme n’exclut pas la maladie.
02 · Référence
Distinguer les maladies racinaires
Rhizopus est fortement associé aux épisodes chauds, au stress hydrique et aux blessures; la logistique de récolte devient un levier sanitaire.
En 2026, la cercosporiose demeure le sujet prioritaire de protection foliaire. Le réseau ITB Alerte Maladies montre toutefois une dynamique très dépendante de la région, de l’irrigation et de la météo. Le 21 août 2026, en Nord/Pas-de-Calais, 68 % des parcelles du réseau avaient atteint le seuil indicatif de risque pour une deuxième intervention. La même note rappelle qu’un renouvellement à moins de 45 jours d’un arrachage de septembre est rarement valorisé. Cette logique illustre la règle centrale: protéger une surface foliaire utile, pas appliquer un calendrier fixe.
03 · Référence
Suivre les symptômes émergents
La présence de ravageurs peut créer des portes d’entrée aux pathogènes ou exacerber le stress: croiser diagnostics maladies et ravageurs.
La sécheresse peut freiner certaines maladies foliaires mais favoriser les pourritures opportunistes et modifier le rapport coût/bénéfice d’un traitement.
L’irrigation peut préserver la croissance mais créer une humidité foliaire favorable à Cercospora: surveiller particulièrement les parcelles irriguées.
La cercosporiose, due à Cercospora beticola, est polycyclique. Les résidus de betterave contribuent à l’inoculum, les infections sont favorisées par chaleur et humidité foliaire, puis chaque génération de taches peut produire de nouvelles conidies. L’ITB indique des taches typiquement circulaires, grises et légèrement déprimées, bordées de rouge, d’environ 3 à 5 mm, avec des points noirs de fructification visibles à la loupe. En forte pression, le feuillage peut être détruit et la plante reconstitue un bouquet au détriment du sucre.
04 · Référence
Documenter le diagnostic
La résistance variétale est désormais un pilier de la stratégie. Elle ralentit l’épidémie, mais la résistance actuelle reste généralement partielle: elle ne dispense ni de la surveillance ni, en contexte à risque, de la protection. Les dispositifs CTPS/GEVES caractérisent la sensibilité à la cercosporiose, l’oïdium, la rouille et la ramulariose par des notations répétées et des indicateurs de type AUDPC. Pour les parcelles à arrachage tardif ou à historique cercosporiose, choisir une variété tolérante est un levier de premier rang.
05 · Référence
Périmètre : qu’appelle-t-on “maladie” de la betterave?
Dans ce dossier, une maladie est un trouble transmissible ou infectieux provoqué par un champignon, un oomycète, une bactérie, un virus, un phytoplasme ou un organisme associé qui se multiplie dans ou sur la plante. Les ravageurs (pucerons, cicadelles, Lixus, teignes, nématodes) sont distingués comme agents animaux, même lorsqu’ils transmettent ou favorisent une maladie. Cette distinction est importante pour raisonner la réponse: lutter contre un vecteur n’est pas traiter le virus déjà installé, et traiter un champignon ne corrige pas une carence ou une bactériose.
La cercosporiose se suit par un comptage de feuilles symptomatiques. Une observation régulière et standardisée permet de distinguer une progression de la maladie d’une simple impression visuelle.
La lutte chimique contre les maladies foliaires doit être présentée comme un élément de la protection intégrée. Les strobilurines ont perdu une grande part de leur efficacité contre certaines populations françaises de C. beticola en raison de résistances généralisées, et des résistances aux triazoles existent également. L’alternance des modes d’action, le recours à des produits performants aux doses homologuées, la limitation du nombre d’applications et l’ajout éventuel d’un multisite autorisé sont des outils de gestion de la résistance, mais ils ne remplacent pas rotation, résidus, variété et diagnostic.
06 · Référence
Méthode de diagnostic au champ
Le diagnostic fiable repose sur plusieurs plantes et plusieurs zones. Une maladie en foyers doit être cartographiée: centre du rond, bord du rond et zone apparemment saine. Une maladie foliaire doit être évaluée sur des feuilles comparables du bouquet intermédiaire, car les feuilles très âgées accumulent naturellement des nécroses et les feuilles du cœur peuvent exprimer des maladies différentes. Pour les racines, sélectionner des plantes à différents degrés de symptôme et les couper longitudinalement.
• Noter date, stade BBCH, variété, précédent, rotation, irrigation et dernier épisode météo marquant.
• Photographier face supérieure et inférieure des feuilles, puis la racine entière et la coupe.
• Utiliser une loupe 10× pour rechercher fructifications de Cercospora, sporulations ou pustules.
• Décrire la texture: sèche, liégeuse, molle, aqueuse; et l’odeur si pourriture.
07 · Référence
Reconnaître les signes distinctifs
Quelques signes permettent de distinguer les principales maladies au champ. Un signe isolé ne suffit pas à conclure.
| Maladie ou symptôme | Signe documenté |
|---|---|
| Oïdium | Feutrage blanc pulvérulent |
| Rouille | Pustules orangées ou brunes |
| Ramulariose | Taches plus claires et irrégulières que la cercosporiose |
| Mildiou | Cœur touché, feuilles épaissies ou déformées, duvet grisâtre |
| Jaunisse virale | Apparaît plusieurs semaines après l’inoculation par puceron |
| Pseudomonas | Taches après blessures ou pluie, pouvant imiter une maladie fongique |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Un fongicide corrige-t-il une bactériose?
Non. Pseudomonas peut produire des taches qui imitent une maladie fongique. Un fongicide n’est pas une réponse à une bactériose.
L’absence de pucerons exclut-elle une jaunisse virale?
Non. La jaunisse virale apparaît plusieurs semaines après l’inoculation par puceron. Un symptôme sans puceron visible ne l’exclut pas.
Comment distinguer la ramulariose de la cercosporiose?
La ramulariose produit des taches plus claires et irrégulières. La cercosporiose se suit par le comptage des feuilles symptomatiques.





