Référence agronomique · France

Élevage · Bovins · Races bovines

Saosnoise

Bos taurus — Race Saosnoise

Fiche complète de la race bovine locale Saosnoise : origine du Saosnois et de l'Ouest de la Sarthe, quatre types de robe, ancienne race mixte à orientation viande actuelle, carcasses lourdes et systèmes herbagers. Données sourcées et datées.

Vérifié le 19 août 2026 Lecture 20 min
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Vache Saosnoise dans un paysage de Sarthe
Saosnoise dans le Saosnois · Image SILLOVA
11 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

1 300

Vaches 2022

Races de France · 165 élevages [S02]

02
Consolidé

1 797

Femelles totales 2022

OS RBLPE · 1 052 de plus de 2 ans [S03]

03
Consolidé

Allaitante/viande

Orientation actuelle

Anciennement traite · carcasses lourdes [S01]

04
Consolidé

~800 kg

Poids vif femelle

CRAPAL · environ 1,40 m au garrot [S01]

01 · Identité

Identité et classification

La Saosnoise est une race bovine locale de l'Ouest de la Sarthe, rattachée aux anciennes populations Mancelle et Percheronne avec une influence Durham/Shorthorn. Anciennement mixte traite, elle est aujourd'hui recherchée pour des carcasses lourdes.

Le terme « Saosnoise » renvoie au Saosnois, territoire historique du nord de la Sarthe. La population moderne ne doit pas être réduite aux limites administratives actuelles de ce seul pays. Le standard a été actualisé en 2017.

La race relève de l'OS RBLPE avec une dérogation correspondant aux races menacées. La Région Pays de la Loire identifie l'Institut de l'Élevage comme organisme gestionnaire pour la Saosnoise dans le dispositif PRM.

Repères identitaires de la Saosnoise
CaractéristiqueValeur
OrigineSaosnois · Ouest de la Sarthe
Standard2017 (CRAPAL)
OrientationAllaitante/viande (anciennement traite)
Organisme de sélectionOS RBLPE / Institut de l'Élevage
RobesQuatre types décrits par le CRAPAL
Sources de cette section [S01][S02]

02 · Origine

Origine, berceau et histoire

Le CRAPAL rattache la Saosnoise aux anciennes populations bovines Mancelle et Percheronne, plus ou moins influencées par la Durham (Shorthorn). L'aire traditionnelle est principalement l'Ouest de la Sarthe.

Historiquement, les animaux étaient de type mixte : traite et valorisation des herbages, avec un grand format permettant la production d'animaux lourds. La spécialisation bovine du XXe siècle a fortement fragilisé ces populations locales.

La Saosnoise a toutefois persisté dans des élevages et des concours locaux. La reprise contemporaine s'appuie sur la reconnaissance de sa valeur patrimoniale et sur l'intérêt pour des systèmes herbagers produisant des carcasses différenciées.

Sources de cette section [S01]

03 · Morphologie

Morphologie, standard et quatre robes

Le standard actualisé en 2017 montre une race de grand format, à ossature fine, dont la diversité de robe est un caractère patrimonial majeur.

Le CRAPAL décrit quatre types de robe. Cette diversité morphologique est un atout génétique : éviter une classification visuelle trop rigide, car des animaux peuvent présenter des expressions intermédiaires.

Le grand format permet des poids de finition élevés, mais cette aptitude ne doit pas être convertie en objectif unique de sélection : dans une population menacée, les qualités maternelles, la fertilité, la facilité de vêlage et la diversité génétique doivent rester des critères majeurs.

Mensurations de référence
ParamètreValeur
Garrot (femelle)~1,40 m
Garrot (mâle)~1,50 m
Poids vif femelle~800 kg (jusqu'à ~1 000 kg)
OrientationAllaitante/viande
Sources de cette section [S01][S02]

04 · Reproduction

Reproduction, fertilité et gestion de population

Le bilan de l'OS présenté aux éleveurs en 2024 fournit plusieurs indicateurs pour l'année 2022. La reproduction est un axe critique pour une race menacée.

Choisir les taureaux sur ascendance, apparentement, facilité de naissance et fonction, pas uniquement sur morphologie bouchère. Les accouplements doivent être préparés à partir de la parenté, de la représentation des lignées et du standard.

Un document de suivi de réseaux d'élevage en Pays de la Loire (2010, dix élevages) donne des PAT 210 jours d'environ 293 kg pour les mâles et 268 kg pour les femelles. Ces chiffres sont des repères historiques, pas des performances actuelles de la race.

Sources de cette section [S03][S09]

05 · Croissance

Croissance, carcasses et performances viande

Le CRAPAL met en avant la production de viande et décrit des carcasses lourdes bien cotées localement. Le grand format est un atout pour les marchés recherchant des animaux lourds.

Un cas naisseur-engraisseur publié par le CRAPAL en 2018 montre 42 vaches Saosnoises (59 UGB) conduites sur 57 ha de pâturages. L'exploitation se dit autonome en fourrages et achète des compléments pour les veaux et la finition.

Aucune série nationale récente n'a été identifiée pour les poids de carcasse, conformation EUROP ou rendement à l'abattage spécifiques à la Saosnoise.

Sources de cette section [S07][S01]

06 · Alimentation

Alimentation et systèmes herbagers

La Saosnoise est d'abord documentée comme une race d'herbage. La conduite alimentaire doit être raisonnée selon le stade physiologique.

Dans le cas 2018, l'exploitation récolte 30 ha de foin et 8 ha d'enrubannage sur 57 ha de pâturages. Les vaches restent dehors une grande partie de l'année et rentrent autour du vêlage.

Le poids adulte élevé signifie qu'une « rusticité » ne justifie jamais une sous-alimentation chronique. Les rations doivent être calculées sur le poids vif réel et le stade physiologique.

Sources de cette section [S07][S10]

07 · Santé

Santé, bien-être et logement

Le dimensionnement des bâtiments doit tenir compte d'animaux adultes de 800 kg ou davantage. Couloirs, cornadis, cases de vêlage et bétaillères doivent être conçus pour cette masse.

Le système 2018 disposait d'une stabulation de 480 m² pour les vaches prêtes à vêler et les taureaux, d'un hangar pour les génisses et de 300 m² de stockage de fourrage.

La race est associée à des territoires de bocage et d'herbage de l'Ouest. Les sols hydromorphes ou les périodes très humides nécessitent une gestion des chemins, du chargement instantané et des zones d'affouragement.

Sources de cette section [S07][S10]

08 · Génétique

Myostatine et gestion de la musculature

La myostatine est une protéine régulatrice de la croissance musculaire. Dans la Saosnoise, l'objectif opérationnel est de connaître le statut des reproducteurs et d'organiser les accouplements.

Un article technique de 2021 décrivait l'utilisation d'une puce génomique et citait un taureau hétérozygote MH/+. Les fréquences de l'allèle dans la population n'ont pas été retrouvées dans une source officielle récente librement accessible.

Dans une population menacée, les qualités maternelles, la fertilité, la facilité de vêlage et la diversité génétique doivent rester des critères majeurs de sélection.

Sources de cette section [S01]

09 · Filière

Filière, débouchés et valorisation

Une filière de race à petit effectif ne peut pas être pilotée comme une filière de masse. La disponibilité de carcasses est irrégulière et les animaux sont dispersés.

La valeur peut provenir de la proximité, de la transparence, de l'histoire de la race et d'une finition adaptée plutôt que d'un volume standardisé. Les circuits courts, la restauration et les magasins spécialisés sont des débouchés cohérents.

La faible taille nationale de la population implique une diversité de profils d'éleveurs : troupeaux professionnels, ateliers complémentaires, élevages de sauvegarde ou projets en circuits courts.

Sources de cette section [S01]

10 · Effectifs

Effectifs, répartition et dynamique

Races de France indique 1 300 vaches dans 165 élevages pour 2022. Un bilan OS distinct recense 1 797 femelles au total au 31 décembre 2022, dont 1 052 de plus de deux ans.

La Sarthe demeure le principal département. Les départements voisins et d'autres régions accueillent aussi des troupeaux, ce qui peut réduire le risque territorial.

L'augmentation du nombre de troupeaux de plus de 30 vaches signalée en 2024 traduit une professionnalisation d'une partie de la population.

Sources de cette section [S02][S03]

Repères approfondis

Éléments techniques et contexte de référence

Les repères suivants complètent la lecture opérationnelle avec des éléments issus du dossier de recherche dédié à cette production.

La Saosnoise n’est pas une grande race nationale en termes d’effectif. Sa fonction dans l’agriculture française est d’abord celle d’une ressource zoogénétique locale : elle porte une histoire de sélection, une diversité morphologique et génétique, des aptitudes à des systèmes herbagers et un ancrage territorial qui ne sont pas interchangeables avec ceux des races dominantes. Le statut officiel de race locale et menacée reconnaît précisément l’enjeu de maintien d’une population reproductrice suffisamment diversifiée.

Le CRAPAL rattache la Saosnoise aux anciennes populations bovines Mancelle et Percheronne, plus ou moins influencées par la Durham, nom historique français de la Shorthorn. Cette pluralité d’origines se lit encore dans la diversité des robes. L’aire traditionnelle est principalement l’Ouest de la Sarthe, dans un espace où la Rouge des Prés (ancienne Maine-Anjou) est également fortement présente. Le terme « Saosnoise » renvoie au Saosnois, territoire historique du nord de la Sarthe, mais la population moderne ne doit pas être réduite aux limites administratives actuelles de ce seul pays.

Sources de cette section [S01][S02]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

La Saosnoise est-elle une race française ?

Oui, c'est une race locale originaire du Saosnois et de l'Ouest de la Sarthe, rattachée aux anciennes populations Mancelle et Percheronne. [S01]

Quelles sont les quatre robes ?

Le CRAPAL décrit quatre types de robe dans le standard 2017. La diversité de robe est un caractère patrimonial majeur de la race. [S01]

Combien reste-t-il de Saosnoises ?

Races de France indique 1 300 vaches dans 165 élevages pour 2022. Un bilan OS distinct recense 1 797 femelles au total dont 1 052 de plus de deux ans. [S02][S03]

Quel est son poids adulte ?

Le CRAPAL donne environ 800 kg comme poids de référence pour une femelle, avec certaines pouvant atteindre près de 1 000 kg. Les mâles sont autour de 1 50 m au garrot. [S01]

Quelle est son orientation actuelle ?

Allaitante/viande avec des carcasses lourdes bien cotées localement. Elle était autrefois traite. [S01]

Est-elle éligible aux aides ?

Oui, la MAEC Protection des Races Menacées en Pays de la Loire propose des aides pour la conservation des races locales comme la Saosnoise. [S04]

Quel est le principal débouché ?

La viande en circuits courts, vente directe et restauration. La disponibilité de carcasses est irrégulière du fait du faible effectif. [S01]

Quel est son berceau ?

Le Saosnois, territoire historique du nord de la Sarthe, dans les Pays de la Loire. [S01]

Est-elle rustique ?

Oui, elle est adaptée aux systèmes herbagers de l'Ouest, mais cela ne justifie jamais une sous-alimentation chronique. [S01]

Qui gère la race en France ?

L'OS RBLPE (Organisme de Sélection des Races Bovines Locales à Petits Effectifs) basé à l'Institut de l'Élevage, avec le CRAPAL pour le suivi régional. [S03]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 11

  1. S01
  2. S02
  3. S03

    Bilan de l'OS aux éleveurs Saosnois

    Bilan de l'OS aux éleveurs Saosnois — campagne 2022

    2025

  4. S04
  5. S05
  6. S06
  7. S07

    Cas d'étude naisseur-engraisseur Saosnoise

    Cas d'étude naisseur-engraisseur Saosnoise — 2018

    2025

  8. S08

    Contexte bovin régional Pays de la Loire et Sarthe

    Contexte bovin régional Pays de la Loire et Sarthe — 2024

    2025