Référence agronomique · France

Cultures · Prairies, fourrages & couverts

Ray-grass hybride

Lolium × boucheanum Kunth

Le ray-grass hybride combine des caractères des ray-grass anglais et italien. Son intérêt dépend de la durée visée pour la prairie, des conditions de pousse et du mode d’exploitation prévu.

Mis à jour le 02/10/2026 Lecture 7 min
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Prairie de ray-grass hybride associé à des légumineuses
Ray-grass hybride · Image SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Famille

Graminée

Origine

Deux ray-grass

Usage

Prairie temporaire

Choix

Durée et variété

01 · Identité

Un hybride, pas un simple compromis

Le ray-grass hybride, Lolium × boucheanum Kunth, croise le ray-grass anglais (Lolium perenne) et le ray-grass d’Italie (Lolium multiflorum) : chaque variété exprime un type parental plutôt italien, plutôt anglais ou strictement intermédiaire.

Ce classement conditionne le port, la remontaison et la destination dominante : type italien pour la fauche intensive, type anglais pour le pâturage, intermédiaire pour les conduites mixtes fauche-pâture. Lire le type de la variété est la première étape du choix.

Dans les références françaises, le RGH est une graminée à installation rapide, très productive au printemps, d’une pérennité typique d’environ trois ans en conditions favorables : l’outil des prairies temporaires de 2 à 3 ans.

Cette durée intermédiaire répond aux rotations d’élevage qui recherchent une mise en production rapide sans engager une prairie longue. Elle doit toutefois être confirmée par le comportement local : sécheresse, excès d’eau, fréquence des coupes et pression de pâturage modifient fortement la persistance réelle du couvert.

02 · Implantation

Superficiel, comme tous les ray-grass

La graine se place autour de 1 cm, dans un lit fin, ferme et bien rappuyé : les références affichent 20-25 kg/ha pour les diploïdes et 25-30 kg/ha pour les tétraploïdes, avec des variantes de 15-20 et 20-25 kg/ha selon les publications.

Cette variabilité illustre une règle : raisonner en fonction de la ploïdie, du poids de mille grains, du mode de semis, de la faculté germinative, de la date et de l’objectif de peuplement, plutôt que figer une dose unique. Herbe-book indique que les graines tétraploïdes, plus grosses, justifient environ 30 % de dose supplémentaire à nombre de graines comparable.

Les tétraploïdes sont souvent plus appétents et digestibles, mais plus riches en eau, plus sensibles au piétinement en sol humide et plus lents à sécher en foin : la ploïdie se choisit aussi sur le chantier de conservation visé.

03 · Conduite

Azote au bon moment, fauche au bon stade

Comme les autres ray-grass, le RGH répond fortement à l’azote : la règle des 200 degrés-jours guide le premier apport de printemps, les suivants se raisonnant sur la pousse et les coupes.

La fertilisation phospho-potassique se raisonne différemment en prairie temporaire et permanente : ARVALIS détaille les deux approches, avec un entretien basé sur analyse de sol et exportations réelles des coupes.

En fauche, le stade pilote la qualité ; en pâturage, la souplesse dépend du type variétal — les types anglais supportent mieux les passages répétés. La principale faiblesse de l’espèce reste la sécheresse : un déficit hydrique marqué interrompt fortement la croissance, davantage que la chaleur seule.

04 · Valeur alimentaire

Très bonne jeune, moyenne à pleine épiaison

Dans les tables AFPF fondées sur des références INRA, un RGH pâturé au début de montaison atteint 0,99 UFL/kg MS et 168 g MAT/kg MS ; à pleine épiaison sous forme de foin, la référence tombe à 0,74 UFL et 84 g MAT/kg MS.

Le message opérationnel est clair : pour les animaux à forts besoins, récolter jeune et privilégier la qualité ; pour le foin plus fibreux, accepter une moindre densité énergétique en échange d’une meilleure aptitude au séchage.

L’ensilage est la voie dominante de conservation : chantier anticipé, fauche au stade, préfanage court, hachage et compactage soignés. L’enrubannage valorise les excédents printaniers ; le foin demande une fenêtre sèche solide.

05 · Association

Le couple RGH–trèfle violet

L’association phare du RGH est le trèfle violet : les références des Chambres d’agriculture proposent 8 à 10 kg/ha de trèfle violet avec une demi-dose de RGH, pour une prairie temporaire riche en protéines.

La complémentarité est complète : le RGH apporte vitesse d’installation et rendement, le trèfle violet fixation d’azote, valeur alimentaire et tenue des coupes. Une étude de cas bovin viande en Bretagne illustre l’économie du mélange, à 11,5 t MS/ha en routine dans le cas suivi.

Dans les prairies multi-espèces, le RGH sert de moteur de première et deuxième année : ARVALIS détaille la composition des formules et la gestion de la fertilisation azotée des prairies multi-espèces, où les légumineuses modifient le raisonnement.

06 · Variétés

Lire les essais sans les confondre avec la ferme

Les résultats CTPS 2016-2018 illustrent l’offre variétale : Bovinel, Enduro, Kirial, RGT Spacial, avec des cumuls sur trois années dépassant 19 à 22 t MS/ha et des teneurs en matière sèche de 11 à 12 %.

Un total A1+A2+A3 de 21 à 22 t MS/ha dans la brochure ne signifie pas « 21 à 22 t MS/ha chaque année » : ces chiffres servent à comparer les variétés dans le réseau d’essais, avec leurs notes de méthode. Pour une prévision d’exploitation, employer des références locales et l’historique parcellaire.

Le catalogue officiel et la Gazette du GEVES suivent le statut des variétés ; le choix croise type parental, ploïdie, précocité et conduite visée — fauche, pâturage ou mixte.

07 · Santé du couvert

Rouilles et maladies des graminées

Les maladies des graminées fourragères — rouilles couronnée et naine, rhynchosporiose, helminthosporiose — pèsent sur la qualité et la pérennité des ray-grass : ePhytia en détaille symptômes et facteurs favorisants.

La résistance variétale est le premier levier, complétée par une fertilisation équilibrée — l’excès d’azote favorise la verse et les maladies — et par le renouvellement des prairies avant épuisement du couvert.

Toute protection phytosanitaire éventuelle se vérifie dans la base E-Phy de l’ANSES ; en prairie, l’essentiel de la « protection » est agronomique : choix variétal, conduite des coupes et équilibre du mélange.

08 · Cadre

Prairie temporaire, PAC et nitrates

Une prairie de RGH se déclare en prairie temporaire — code PTR ou mélange MLG dans la notice TéléPAC 2026 — avec les règles de l’année pour l’écorégime et les aides.

La fertilisation respecte les programmes d’action nitrates : zones vulnérables, doses et calendrier régionaux s’appliquent aux prairies comme aux cultures. La huitième édition du programme national est en concertation en 2026.

Sur le plan statistique, le RGH n’a pas de ligne dédiée : il entre dans les prairies temporaires de la SAA, qui couvrent environ 1,87 million d’hectares en 2025 provisoire, toutes compositions confondues.

09 · Compléments

Repères datés du ray-grass hybride

Ces données donnent un point de comparaison daté, à interpréter avec leur année, leur périmètre et leur statut.

Repères documentés — consulter la source et le millésime avant comparaison.
IndicateurValeur / situationRéférenceSource
Semis diploïde20-25 kg/haRepère AFPFGuides techniques
Semis tétraploïde25-30 kg/ha≈ +30 % à graines égalesHerbe-book
Début montaison0,99 UFL · 168 g MAT/kg MSRéférences INRAAFPF
Foin pleine épiaison0,74 UFL · 84 g MAT/kg MSRéférences INRAAFPF
Pérennité≈ 3 ansConditions favorablesAFPF / Herbe-book
Association TV8-10 kg/ha + demi-dose RGHRéférences régionalesChambres d’agriculture

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Qu’est-ce que le ray-grass hybride?

Un hybride entre le ray-grass anglais et le ray-grass d’Italie, Lolium × boucheanum. Chaque variété exprime un type plutôt italien, plutôt anglais ou intermédiaire, ce qui conditionne son usage : fauche, pâturage ou mixte.

Quelle dose de semis?

20 à 25 kg/ha pour les diploïdes et 25 à 30 kg/ha pour les tétraploïdes, à environ 1 cm de profondeur. Les graines tétraploïdes, plus grosses, justifient environ 30 % de dose supplémentaire.

Pourquoi associer le RGH au trèfle violet?

Le RGH apporte vitesse et rendement, le trèfle violet fixation d’azote, protéines et tenue des coupes : 8 à 10 kg/ha de trèfle avec une demi-dose de RGH, selon les références régionales.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.