Référence agronomique · France

Cultures · Prairies, fourrages & couverts

Ray-grass anglais

Lolium perenne L.

Monographie du ray-grass anglais (Lolium perenne) : graminée vivace emblématique des prairies pâturées océaniques, semis de 20 à 30 kg/ha selon la ploïdie, 0,98 UFL et 155 g MAT/kg MS avant l’épiaison, partenaire du trèfle blanc, diploïdes et tétraploïdes, fauche précoce et autonomie fourragère.

Vérifié le 19 août 2026 Lecture 14 min
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Prairie de ray-grass anglais en végétation dense au printemps
Ray-grass anglais · Image SILLOVA
15 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

20-30 kg/ha

Dose de semis

Diploïde 20-25 · tétraploïde 25-30 · très superficiel [S01][S02]

02
Consolidé

0,98 UFL · 155 g MAT/kg MS

Valeur avant épiaison

Fourrage vert de premier cycle · repère AFPF [S02][S06]

03
Provisoire

1,873 Mha

Prairies temporaires

2025 provisoire · contexte, pas surface de RGA [S08]

04
Provisoire

538 ha présentés

Semences 2025

RGA fourrager · statistique provisoire SEMAE [S07]

01 · Identité

La graminée des prairies océaniques

Le ray-grass anglais, Lolium perenne L. — « RGA » —, est une Poaceae vivace, cespiteuse et très tallante : l’espèce emblématique des prairies pâturées de climat océanique.

L’AFPF le décrit comme l’une des graminées fourragères les plus utilisées en France, particulièrement adaptée aux régions à pluviométrie régulière ; Herbe-book souligne son excellente appétence, sa qualité alimentaire et sa bonne pérennité lorsque sol et climat lui conviennent.

Il s’utilise en culture pure mais surtout en prairie temporaire et en association — le duo avec le trèfle blanc étant la combinaison classique des systèmes herbagers. Sa vivacité de repousse et son tallage dense en font un pilier du pâturage tournant.

Sources de cette section [S01][S02]

02 · Contexte

Partout dans les prairies, isolé nulle part

Les statistiques nationales n’isolent pas le RGA : Agreste l’agrège dans les prairies temporaires, qui représentaient 1,873 million d’hectares en 2025 provisoire, avec un rendement moyen de 6,9 t MS/ha contre 8,8 t MS/ha en 2024.

Ces chiffres décrivent l’ensemble des prairies temporaires, pas le RGA seul. Agreste définit la prairie temporaire comme à base de graminées semées à au moins 20 %, classée temporaire jusqu’à la sixième année : une vieille prairie de RGA peut sortir de la catégorie sans que l’espèce disparaisse du terrain.

Le contexte climatique pèse : au 31 juillet 2026, la pousse cumulée des prairies permanentes françaises était estimée 30 % sous la référence 1989-2018, sous l’effet de conditions exceptionnellement chaudes et sèches — un aléa à intégrer au choix des espèces et au dimensionnement des stocks.

Contexte prairial national (Agreste SAA) — toutes prairies temporaires, pas le RGA seul.
Indicateur20242025 provisoireLecture
Prairies temporaires1,902 Mha1,873 MhaContexte national
Rendement moyen8,8 t MS/ha6,9 t MS/haEffet de campagne
Production16,79 Mt MS12,90 Mt MSToutes prairies temporaires
Sources de cette section [S08][S09][S10]

03 · Implantation

Très superficiel, lit fin et rappuyé

Les repères convergent : 20 à 25 kg/ha pour un diploïde, 25 à 30 kg/ha pour un tétraploïde selon l’AFPF ; Herbe-book donne 20 et 26 kg/ha comme repère synthétique. La graine doit rester dans le premier centimètre, sur un sol fin, nivelé et fermement rappuyé.

ARVALIS recommande de viser environ 500 plantes levées/m² pour les espèces prairiales autres que bromes et RGI, et rappelle que les pertes à la levée peuvent atteindre 50 % pour les petites graines : profondeur, contact terre-graine et humidité de la fenêtre commandent le peuplement.

En mélange multi-espèces, la dose totale reste généralement sous 30 kg/ha et la part de RGA souvent sous 12 kg/ha selon son rôle dans la formule : limiter la compétition entre espèces à la levée conditionne l’équilibre futur du couvert.

Sources de cette section [S02][S03][S05]

04 · Variétés

Diploïde ou tétraploïde, précoce ou tardif

Le catalogue distingue ploïdie et précocité : les tétraploïdes offrent grosses feuilles, appétence et valeur, les diploïdes densité de talles et tenue au pâturage ; les précocités calent les coupes et les périodes de production.

Les essais officiels affichent des potentiels très élevés : dans la plaquette GEVES 2020, certaines variétés dépassent 18-19 t MS/ha cumulées sur plusieurs années dans le réseau d’inscription — un potentiel expérimental comparatif, pas une moyenne de ferme.

Le choix se fait sur le témoin du groupe de précocité et la ploïdie, replacés dans le sol, le climat et le mode d’exploitation. Depuis 2024, Herbe-book traite l’évaluation variétale par modèle mixte : les notes se lisent en pluriannuel.

Sources de cette section [S11][S14]

05 · Conduite

Azote raisonné, pâturage tournant

Le RGA répond fortement à l’azote : ARVALIS recommande d’appliquer la règle des 200 degrés-jours pour le premier apport de printemps sur prairies de graminées, puis de raisonner les apports suivants sur la pousse réelle.

En pâturage, la conduite tournante exploite la vitesse de repousse : hauteur d’herbe à l’entrée et à la sortie, temps de repos adapté à la saison. Les repères de l’Institut de l’Élevage détaillent les hauteurs pour bovins et ovins.

Phosphore et potassium s’entretiennent sur analyse de sol : une prairie fauchée exporte beaucoup, une prairie pâturée restitue une partie. En association avec le trèfle blanc, l’apport d’azote minéral se réduit d’autant que la légumineuse tient sa part.

Sources de cette section [S04]

06 · Valeur alimentaire

Le stade de coupe, premier levier de qualité

L’AFPF donne, pour du fourrage vert de premier cycle une semaine avant l’épiaison, 155 g MAT/kg MS, 0,98 UFL/kg MS, 0,94 UFV/kg MS, 97 g PDIN et 94 g PDIE/kg MS : l’herbe jeune vaut un concentré de production.

Les valeurs chutent avec la montaison et l’épiaison : ARVALIS a documenté l’évolution UFL/MAT du RGA selon le stade, montrant que le calendrier de fauche ou de pâture pèse plus que la technique de conservation elle-même.

L’ensilage d’herbe demande un chantier anticipé : fauche au bon stade, préfanage court, hachage et compactage soignés. L’enrubannage convient bien aux excédents de pâturage de printemps.

Sources de cette section [S02][S06][S13]

07 · Association

Le couple RGA–trèfle blanc

L’association ray-grass anglais–trèfle blanc est le système prairial de référence : la graminée produit et structure, la légumineuse fixe l’azote et enrichit la ration.

L’essai historique de Trévarez en pâturage continu, publié par l’AFPF, a établi les bases de la conduite du mélange ; les références de l’Institut de l’Élevage documentent les valeurs alimentaires de l’herbe d’automne issue de cette association.

La clé est l’équilibre : maintenir le trèfle autour de 30 à 50 % du couvert selon la saison, sans laisser la graminée l’étouffer au printemps ni la légumineuse dominer en été. Le sur-semis de légumineuses permet de corriger une dérive.

Sources de cette section [S02]

08 · Pérennité & risques

Trois à cinq ans, si le climat le permet

Le RGA est vivace mais pas éternel : sa pérennité dépend du sol, du climat et de la conduite. Il peut durer plus longtemps en conditions favorables, mais chaleur sèche estivale et gel sans neige le mettent à l’épreuve.

Les campagnes récentes illustrent la vulnérabilité : pousse fortement déficitaire en 2025-2026 dans de nombreuses régions, avec des prairies de RGA marquant le coup dès juin en zone sèche. Le choix d’espèces alternatives ou complémentaires s’analyse à l’aune de ces aléas.

Côté sanitaire, le couvert demande peu d’interventions ; toute protection éventuelle se vérifie dans la base E-Phy de l’ANSES. En semences, la filière recensait 538 ha de RGA fourrager présentés pour la récolte 2025, contre 830 ha de RGA gazon.

Sources de cette section [S07][S10][S15]

Repères documentés

Repères datés du ray-grass anglais

Ces données donnent un point de comparaison daté, à interpréter avec leur année, leur périmètre et leur statut.

Repères documentés — consulter la source et le millésime avant comparaison.
IndicateurValeur / situationRéférenceSource / lecture
Semis diploïde20-25 kg/haGuides techniquesAFPF / Herbe-book
Semis tétraploïde25-30 kg/haGuides techniquesAFPF / Herbe-book
Avant épiaison0,98 UFL · 155 g MAT/kg MSRepère fourragerAFPF
Potentiel essais> 18-19 t MS/ha cumuléesRéseau pluriannuelCTPS 2020 · expérimental
Prairies temporaires1,873 Mha · 6,9 t MS/ha2025 provisoireAgreste SAA · contexte
Pousse prairies−30 % vs référence31 juillet 2026Agreste · contexte climatique
Sources de cette section [S01][S02][S08][S10][S11]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quelle dose de semis pour le ray-grass anglais ?

20 à 25 kg/ha pour un diploïde, 25 à 30 kg/ha pour un tétraploïde, dans le premier centimètre de sol sur un lit fin et rappuyé. En mélange, la part de RGA descend souvent sous 12 kg/ha. [S01][S02]

Diploïde ou tétraploïde ?

Les tétraploïdes offrent grosses feuilles, appétence et valeur ; les diploïdes densité de talles et tenue au pâturage. Le choix croise aussi la précocité, qui cale les périodes de production. [S14]

Quelle valeur alimentaire ?

Une semaine avant l’épiaison : 155 g MAT et 0,98 UFL par kg MS. Les valeurs chutent avec la montaison : le stade de coupe est le premier levier de qualité, avant la conservation. [S02][S06]

Pourquoi associer le RGA au trèfle blanc ?

La graminée produit et structure le couvert, le trèfle fixe l’azote et enrichit la ration : c’est le système prairial de référence, à condition de maintenir l’équilibre entre les deux espèces. [S02]

Combien d’années dure une prairie de RGA ?

Trois à cinq ans en conduite courante, davantage en conditions favorables. Chaleur sèche estivale et gel sans neige raccourcissent la pérennité. [S01][S10]

Existe-t-il une statistique de surface de RGA en France ?

Non : Agreste agrège l’espèce dans les prairies temporaires — 1,873 Mha en 2025 provisoire — sans ligne spécifique. Seule la filière semences publie des surfaces dédiées : 538 ha présentés en 2025. [S07][S08]

Comment piloter l’azote sur une prairie de RGA ?

ARVALIS recommande la règle des 200 degrés-jours pour le premier apport de printemps, puis un raisonnement sur la pousse réelle. En association avec du trèfle blanc, les apports se réduisent. [S04]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 15

  1. S01
  2. S02
  3. S03
  4. S04
  5. S05
  6. S06
  7. S07
  8. S08