Référence agronomique · France

Viticulture · Conduite de la vigne

Ravageurs de la vigne

Les ravageurs de la vigne regroupent tordeuses et cicadelles : identifier l’espèce, suivre les vols et vérifier les obligations locales.

Mis à jour le 02/10/2026 Lecture 6 min
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Ravageurs de la vigne — illustration documentaire (Viticulture, Conduite de la vigne)
Ravageurs de la vigne · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Tordeuses

Eudémis et cochylis

Observer vols, pontes et dégâts.

Cicadelles

Espèces distinctes

Identifier le vecteur ou le ravageur.

Diagnostic

Au vignoble

Croiser pièges et observations directes.

Règles

Flavescence dorée

Vérifier les prescriptions officielles locales.

01 · Référence

Synthèse exécutive

Le risque « ravageurs » en vigne est hétérogène: certaines espèces détruisent directement boutons, feuilles ou baies; d’autres ont une nuisibilité directe faible mais deviennent déterminantes parce qu’elles transmettent un agent pathogène. Le raisonnement doit donc partir du couple ravageur × fonction: eudémis et cochylis ouvrent des portes d’entrée aux pourritures; Scaphoideus titanus transmet la flavescence dorée; plusieurs cochenilles transmettent les virus de l’enroulement; les cicadelles des grillures réduisent la surface foliaire active.

Les tordeuses de la grappe restent des références majeures de la protection intégrée. Les dégâts de première génération sont souvent peu préjudiciables au poids de récolte, alors que les générations sur baies peuvent dégrader fortement la qualité en favorisant Botrytis, pourriture acide et, en contexte méditerranéen, Aspergillus ochratoxinogènes. Les seuils sont régionaux et dépendants du risque de pourriture; l’IFV rappelle qu’ils sont indicatifs et que la décision doit croiser vols, pontes, glomérules/perforations et historique.

La campagne 2026 accentue la dimension réglementaire et émergente. Les traitements contre Scaphoideus titanus restent obligatoires dans les zones délimitées flavescence dorée, avec calendriers définis régionalement. Pour Jacobiasca lybica, deux dérogations d’urgence 120 jours ont été délivrées en 2026 en Corse, Var et Pyrénées-Orientales: NEEMAZAL-T/S (azadirachtine A) du 25 juin au 23 octobre et EXIREL (cyantraniliprole) du 24 juin au 22 octobre, avec conditions d’emploi spécifiques.

Popillia japonica a changé de statut de vigilance en 2026: des adultes isolés ont été capturés dans le Doubs, la Côte-d’Or, à Strasbourg et dans les Alpes-Maritimes. L’OEPP/EPPO qualifie officiellement la situation française de « Transient, actionable, under eradication ». Ce n’est donc pas une population établie à l’échelle nationale, mais une série d’incursions nécessitant signalement et éradication.

Le contrôle biologique naturel doit être traité comme un capital agronomique. Les typhlodromes contrôlent souvent les acariens phytophages; l’IFV indique qu’un niveau de l’ordre d’un acarien prédateur mobile par feuille peut suffire à éviter une intervention acaricide dans certaines situations. Les araignées, chrysopes, punaises prédatrices, parasitoïdes et chauves-souris participent également à la régulation, sans garantir à eux seuls le respect d’un seuil économique.

02 · Référence

Méthodologie documentaire et hiérarchie des décisions

Les informations sont hiérarchisées: textes réglementaires et décisions ministérielles pour les obligations; BSV/DRAAF pour la situation 2026; IFV, INRAE-Ephytia et chambres pour biologie et raisonnement; littérature scientifique et projets de recherche pour les enjeux émergents. Les produits commerciaux ne sont cités que lorsqu’une décision officielle 2026 l’exige ou pour expliquer un mécanisme, jamais comme liste permanente.

03 · Référence

Typologie des ravageurs : dégâts directs, indirects et vecteurs

Le même insecte peut changer de priorité selon le système. Une cochenille peu abondante peut être tolérable pour ses dégâts directs mais inacceptable dans un foyer d’enroulement. De même, Scaphoideus titanus possède une nuisibilité directe très faible sur la vigne mais devient prioritaire par son rôle de vecteur et par le cadre réglementaire.

Ravageurs cités et rôle dans le risque
RavageurDégât ou rôlePoint de vigilance
EudémisG1 détruit des boutons floraux ; G2 et G3 perforent les baiesNuisibilité surtout qualitative sur baies
CochylisLarves qui attaquent les organes fructifèresDégâts de fin d’été favorisant les pourritures
Scaphoideus titanusNuisibilité directe très faible ; vecteur de la flavescence doréePriorité liée au rôle de vecteur et au cadre réglementaire
EuliaPeut devenir localement importanteProgression signalée dans certains secteurs du Beaujolais, des Coteaux du Lyonnais et du nord de la vallée du Rhône
PyralePeut consommer feuilles et jeunes organesImportance historiquement plus marquée dans certains vignobles septentrionaux

04 · Référence

Calendrier annuel des risques par stade BBCH

Le calendrier doit être décalé par région, cépage et millésime. En 2026, par exemple, les premières larves de Scaphoideus ont été observées très tôt dans plusieurs bassins et les premiers vols de tordeuses ont commencé dès avril dans les secteurs précoces.

05 · Référence

Méthodes d’observation : piégeage, comptages et diagnostic

Le piégeage renseigne surtout sur la dynamique de vol, pas directement sur les dégâts. Le contrôle des grappes ou feuilles est indispensable. Une hausse de captures sert à positionner une observation renforcée et, si une stratégie le prévoit, le stade de traitement.

06 · Référence

Eudémis (Lobesia botrana)

L’eudémis est l’une des principales tordeuses européennes de la vigne. Elle préfère globalement les climats chauds et secs et réalise plusieurs générations. La chrysalide hiverne sous les écorces; une femelle pond typiquement 50 à 80 œufs.

G1 détruit des boutons floraux rassemblés en glomérules et a souvent une faible incidence sur le rendement. G2/G3 perforent les baies: la nuisibilité devient principalement qualitative car les blessures facilitent Botrytis, Aspergillus et les drosophiles associées à la pourriture acide. Ephytia documente des situations historiques dépassant 60 % de grappes atteintes, avec une variabilité interannuelle très forte.

L’IFV publie des seuils indicatifs: le raisonnement varie selon la région; la pression de Botrytis et l’historique de la génération précédente modifient fortement la décision. Ces valeurs doivent donc être utilisées comme repères locaux, non comme seuil national rigide.

07 · Référence

Cochylis (Eupoecilia ambiguella)

La cochylis présente une biologie et une nuisibilité proches de l’eudémis, mais son importance relative a diminué dans de nombreux bassins. Les larves attaquent les organes fructifères; les dégâts de fin d’été favorisent les pourritures et pénalisent la qualité.

La distinction des adultes est plus facile que celle des œufs. Dans les secteurs où les deux espèces coexistent, le suivi spécifique des pièges évite d’utiliser une dynamique de vol d’eudémis comme substitut de la cochylis. Les BSV Charentes 2026 ont par exemple signalé des captures précoces des deux espèces en avril.

08 · Référence

Eulia, pyrale et autres tordeuses secondaires

Argyrotaenia ljungiana (eulia) et Sparganothis pilleriana (pyrale) sont moins uniformément réparties mais peuvent devenir localement importantes. Les bilans BSV récents signalent une progression d’eulia dans certains secteurs du Beaujolais, des Coteaux du Lyonnais et du nord de la vallée du Rhône.

La pyrale peut consommer feuilles et jeunes organes. Son importance est historiquement plus marquée dans certains vignobles septentrionaux. Le cigarier Byctiscus betulae, autre ravageur spectaculaire, roule les feuilles en « cigares » pour la ponte mais nécessite aujourd’hui rarement une intervention.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Tous les ravageurs de la vigne ont-ils les mêmes dégâts?

Non. Certaines espèces détruisent directement boutons, feuilles ou baies, d’autres transmettent un agent pathogène, comme Scaphoideus titanus pour la flavescence dorée.

Le piégeage suffit-il à décider d’un traitement?

Non. Le piégeage renseigne surtout sur la dynamique de vol. Le contrôle des grappes ou des feuilles reste indispensable.

Les seuils de traitement sont-ils nationaux?

Non. Les seuils sont régionaux et indicatifs ; ils doivent être utilisés comme repères locaux, non comme seuil national rigide.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.