01 · Référence
Résumé opérationnel
La féverole n’a pas un seul « ravageur-type »: les pertes changent de nature selon l’organisme et le stade. Le sitone menace surtout la fonction de fixation symbiotique de l’azote via les nodosités; les pucerons peuvent pénaliser croissance, floraison et virologie; la bruche dégrade surtout la qualité commerciale et germinative des graines; les nématodes Ditylenchus créent un risque parcellaire durable. La protection robuste repose donc sur une succession d’observations et non sur un traitement systématique.
02 · Référence
Contexte français et poids économique de la culture
La féverole (Vicia faba) est une légumineuse protéagineuse utilisée en alimentation animale, en alimentation humaine et, après transformation, dans des ingrédients ou l’aquaculture. Elle apporte un précédent agronomique intéressant grâce à la fixation symbiotique de l’azote. La féverole de printemps est surtout présente dans le Nord-Ouest et l’Est; la féverole d’hiver est davantage cultivée dans le Centre et le Sud-Ouest.
Pour la récolte 2025, Terres Univia, en reprenant des chiffres Agreste mis à jour en juin 2026, retient environ 112 000 ha, un rendement moyen de 25,2 q/ha et 283 000 t produites. Pour 2026, l’estimation Agreste arrêtée au 1er mai est de 106 000 ha, soit -5,6 % par rapport à 2025, mais +26,4 % par rapport à la moyenne 2021-2025.
03 · Référence
Raisonner les ravageurs par fonction, pas par simple présence
Une observation n’a de sens que reliée à une fonction de la plante et au stade. Avant 6 feuilles, la culture installe son système racinaire, ses nodosités et sa surface foliaire: le sitone et les pucerons précoces peuvent toucher des fonctions déterminantes. À floraison, les pucerons menacent directement les organes reproducteurs et les viroses restent possibles; la bruche devient surtout un problème de qualité. Après récolte, la priorité est la conformité du lot et la réduction des adultes sortant des graines.
• Sitone: les encoches visibles sont un indicateur; la nuisance la plus importante est souterraine, par les larves dans les nodosités.
• Pucerons: séparer nuisibilité directe, dynamique de colonie et risque de virose, particulièrement pénalisant lors d’une contamination précoce.
• Bruche: la perte de valeur peut précéder toute perte de rendement mesurable.
• Ditylenchus: penser historique parcellaire et semence, car le problème peut persister plusieurs années.
| Ravageur | Point d’observation |
|---|---|
| Sitone | Encoches comme indicateur ; nuisance principale souterraine, par les larves dans les nodosités |
| Pucerons | Nuisibilité directe, dynamique de colonie et risque de virose |
| Bruche | Perte de valeur pouvant précéder toute perte de rendement mesurable |
| Ditylenchus | Historique parcellaire et semence ; problème pouvant persister plusieurs années |
04 · Référence
Pucerons : le risque le plus dynamique
Aphis fabae est le puceron de référence de la féverole. L’aptère mesure environ 2 mm, avec un corps trapu noir mat à verdâtre foncé. Les colonies peuvent former des « manchons » visibles sur les tiges. L’espèce est très polyphage; les œufs d’hiver sont notamment portés par le fusain d’Europe et la viorne obier, puis les ailés colonisent de nombreuses plantes-hôtes au printemps. INRAE/Ephytia indique que les colonies peuvent croître très rapidement avant de régresser sous l’action de parasites et prédateurs.
• Ponction de sève: flétrissement, décoloration et ralentissement de croissance.
• Floraison: avortement de fleurs et de jeunes gousses lorsque les colonies deviennent importantes.
• Viroses: l’enjeu peut devenir majeur lorsque l’infection survient tôt; le puceron vert du pois peut également intervenir comme vecteur.
05 · Référence
Observer les pucerons correctement
Les pucerons sont souvent agrégés. Le BSV Normandie 2026 souligne que les bordures peuvent être plus colonisées que l’intérieur. Une observation uniquement en bordure peut donc surestimer le niveau moyen; une seule diagonale rapide peut au contraire manquer un foyer.
3 Le puceron vert du pois - Acyrthosiphon pisum
Le puceron vert est moins typique de la féverole que Aphis fabae, mais il peut être présent, parfois simultanément. Il se laisse facilement tomber lorsque la plante est agitée, ce qui permet de compléter l’observation visuelle par un battage sur support clair. Sa nuisibilité directe est généralement moindre sur féverole, mais son rôle de vecteur de viroses justifie une vigilance en début de cycle.
En 2026, Terres Inovia a de nouveau insisté sur une surveillance des légumineuses de printemps dès la levée. Fin avril, dans la zone Nord & Est, les féveroles de printemps se situaient globalement à 4-6 feuilles avec une forte activité de sitones; la vigilance pucerons était également renforcée par le temps sec et doux. Le BSV Pays de la Loire du 21 avril 2026 signalait les premiers manchons de pucerons noirs dans une parcelle de Maine-et-Loire ainsi que des coccinelles adultes dans les parcelles suivies.
06 · Référence
Sitone du pois - Sitona lineatus
1 Reconnaître le ravageur et comprendre la vraie nuisance
Le sitone du pois est un petit charançon gris-brun d’environ 4 à 5 mm. Les adultes découpent des encoches semi-circulaires sur le bord des feuilles. Ces morsures sont surtout un marqueur d’activité: les larves gagnent le sol, consomment les nodosités puis les racines, ce qui peut perturber la fixation symbiotique de l’azote et ralentir la végétation.
07 · Référence
Bruche de la féverole - Bruchus rufimanus
La bruche de la féverole pond sur les jeunes gousses. La larve se développe dans une graine et l’adulte laisse un trou rond en sortant, à la récolte ou pendant le stockage. Le dommage touche surtout la qualité visuelle et germinative des graines; les exigences varient selon le débouché.
Terres Inovia recommande de surveiller la culture du début de la floraison jusqu’à dix jours après sa fin. Une graine déjà perforée ne signale pas une multiplication du ravageur dans le stock: la bruche ne s’y reproduit pas.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Les encoches de sitone signalent-elles la principale nuisance?
Pas forcément. Les encoches sont un indicateur ; la nuisance la plus importante est souterraine, par les larves dans les nodosités.
Faut-il traiter dès qu’un puceron apparaît?
Non. Il faut séparer nuisibilité directe, dynamique de colonie et risque de virose. Une observation uniquement en bordure peut surestimer le niveau moyen.
Une graine perforée par la bruche signale-t-elle une multiplication dans le stock?
Non. Une graine déjà perforée ne signale pas une multiplication du ravageur dans le stock, car la bruche ne s’y reproduit pas.





