01 · Référence
Définition : qu’est-ce qu’une ration d’engraissement ?
Une ration d’engraissement est l’ensemble des aliments et de l’eau distribués à un bovin pendant une phase dont l’objectif est la production de poids vif et de carcasse, avec une quantité de gras compatible avec le débouché. Elle se distingue d’une ration d’entretien ou de repousse par une densité nutritionnelle plus élevée et un pilotage serré de la croissance, de la consommation et de la santé ruminale.
La page « Ration d’engraissement des bovins » porte sur la formulation et le pilotage de la ration. La page « Finition des bovins » « Finition des bovins » traite plus largement de la décision d’engraisser, des critères d’abattage et des débouchés ; la page « Engraissement en bâtiment » « Engraissement en bâtiment » approfondit l’organisation du système.
02 · Référence
Catégories d’animaux : une ration différente pour chaque trajectoire
Le sexe, la castration, la race, la précocité et l’âge modifient la capacité de croissance et de dépôt de gras. Les mêmes 0,90 UFV/kg MS n’ont donc pas la même signification économique pour un Charolais mâle de 400 kg et une vache de réforme déjà grasse.
1. Une ration d’engraissement se construit à partir d’un objectif de sortie : catégorie, poids vif et carcasse, conformation, état d’engraissement, âge et date de vente. Sans objectif, la ration ne peut pas être optimisée.
03 · Référence
Commencer par l’objectif de carcasse
La ration doit être construite à rebours de la vente : poids carcasse attendu, rendement carcasse, classement EUROP, état d’engraissement, date et prix prévisionnel. Une densité trop faible prolonge les jours de présence ; une densité excessive peut engraisser trop vite un animal précoce ou augmenter le risque digestif.
Dans les références INOSYS 2025-2026, le cas type étudié est un broutard Charolais de 340 kg vif conduit vers un jeune bovin de 450 kg de carcasse. Ce cadre sert à comparer six rations ; il ne constitue pas un objectif national. [S11-S13]
2. Pour les jeunes bovins, les références françaises situent généralement la densité énergétique entre 0,85 et 1,00 UFV/kg MS, avec environ 90 à 110 g PDI/UFV selon race, sexe et régime. [S03-S06]
04 · Référence
Base de calcul : système INRAE 2018
Le système INRAE 2018 a rénové le calcul de l’ingestion, de l’énergie et des protéines digestibles. Il tient davantage compte des interactions digestives et du niveau de production que les anciennes tables statiques. [S02-S04]
3. Idele recommande de viser environ 100-105 g PDI/UF pour les jeunes bovins de races allaitantes, 90-95 g pour les JB de races laitières et 90-100 g pour les femelles en finition ; au-delà, le supplément protéique n’améliore généralement pas la croissance. [S05]
05 · Référence
Ingestion : la variable que la ration papier ne doit jamais oublier
Deux rations de même concentration énergétique peuvent produire des GMQ différents si l’une est moins consommée. L’ingestion est influencée par poids, âge, fourrage, MS, appétence, état sanitaire, compétition, température et transition.
Le suivi pratique doit combiner quantité distribuée, refus, effectif réel du lot et évolution du poids. Une erreur de 0,5 à 1 kg MS/j sur l’ingestion réelle peut suffire à rendre faux un calcul économique ou protéique.
4. Dans une ration d’engraissement à base de maïs fourrage, ARVALIS propose comme garde-fous environ 30 % de NDF minimum dans la MS de la ration, dont 25 % issus des fourrages, et 35-38 % d’amidon total maximum. [S09]
06 · Référence
Densité énergétique : viser la croissance sans surcharger le rumen
ARVALIS situe les rations de jeunes bovins entre environ 0,85 et 1,00 UFV/kg MS selon le niveau de croissance et le régime. [S08] Les rations à base de maïs ensilage, de MGH ou de céréales permettent d’atteindre ces densités, tandis que les rations riches en herbe conservée nécessitent parfois une complémentation énergétique.
Augmenter la densité raccourcit souvent la durée de finition, mais le gain économique dépend du prix de l’énergie et de la réponse réelle. Une ration plus dense mais mal tolérée peut réduire l’ingestion et perdre son avantage.
07 · Référence
Protéines : ajuster au strict nécessaire
Le complément protéique est coûteux et son excès n’améliore pas la croissance lorsque les PDI nécessaires sont déjà couverts. Idele propose environ 100-105 g PDI/UF pour les JB de races allaitantes, 90-95 pour les JB de races laitières et 90-100 pour les femelles en finition. [S05]
La qualité protéique des fourrages modifie fortement le besoin d’achat : luzerne, herbe jeune ou méteil peuvent réduire tourteau de soja ou colza. Les essais MGH + herbe conservée de Saint-Hilaire ont réduit d’environ 20 % la consommation d’aliments protéiques à croissance équivalente. [S08]
Figure 1 - Effet relatif observé dans des essais ARVALIS associant MGH et environ 30 % d’herbe conservée. [S08]
08 · Référence
Fibres, amidon et risque acidogène
Figure 2 - Garde-fous proposés par ARVALIS pour les rations d’engraissement à base de maïs fourrage. [S09]
Le risque d’acidose augmente lorsque l’amidon fermentescible progresse, que la fibre efficace diminue ou que la transition est trop rapide. Une ration riche en céréales peut rester sûre si la fibre longue, la régularité et l’adaptation ruminale sont correctes ; une ration théoriquement fibreuse peut devenir risquée si les animaux trient la paille.
ARVALIS recommande, pour une ration d’engraissement à base de maïs fourrage, au moins 30 % de NDF dans la MS, dont 25 % provenant des fourrages, et de limiter l’amidon total vers 35-38 %. [S09]
| Paramètre | Repère technique | Interprétation |
|---|---|---|
| Densité énergétique JB | 0,85-1,00 UFV/kg MS | Plage ARVALIS selon objectif et type de ration. [S08] |
| PDI/UF - JB viande | 100-105 g | Repère Idele ; inutile de surprotéiner. [S05] |
| PDI/UF - JB laitiers | 90-95 g | Repère Idele. [S05] |
| PDI/UF - femelles | 90-100 g | Repère Idele. [S05] |
| NDF ration maïs | ≥30 % MS | Dont ≥25 % MS provenant des fourrages. [S09] |
| Amidon total ration maïs | ≤35-38 % MS | ARVALIS ; 32-35 % d’amidon dégradable rumen. [S09] |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur définition : qu’est-ce qu’une ration d’engraissement ? ?
Une ration d’engraissement est l’ensemble des aliments et de l’eau distribués à un bovin pendant une phase dont l’objectif est la production de poids vif et de carcasse avec une quantité de gras compatible avec le débouché Elle se distingue d’une ration d’entretien ou de repousse par une densité nutritionnelle plus élevée et un pilotage serré de la croissance de la consommation et de la santé ruminale La page « Ration d’engraissement des bovins » porte sur la formulation et le pilotage de la ration La page « Finition des bovins » Finition des bovins traite plus largement de… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur catégories d’animaux : une ration différente pour chaque trajectoire ?
Le sexe, la castration, la race, la précocité et l’âge modifient la capacité de croissance et de dépôt de gras. Les mêmes 0,90 UFV/kg MS n’ont donc pas la même signification économique pour un Charolais mâle de 400 kg et une vache de réforme déjà grasse. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur commencer par l’objectif de carcasse ?
La ration doit être construite à rebours de la vente : poids carcasse attendu, rendement carcasse, classement EUROP, état d’engraissement, date et prix prévisionnel. Une densité trop faible prolonge les jours de présence ; une densité excessive peut engraisser trop vite un animal précoce ou augmenter le risque digestif. Dans les références INOSYS 2025-2026, le cas type étudié est un broutard Charolais de 340 kg vif conduit vers un jeune bovin de 450 kg de carcasse. Ce cadre sert à comparer six rations ; il ne constitue pas un objectif national. [S11-S13] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur base de calcul : système inrae 2018 ?
Le système INRAE 2018 a rénové le calcul de l’ingestion, de l’énergie et des protéines digestibles. Il tient davantage compte des interactions digestives et du niveau de production que les anciennes tables statiques. [S02-S04] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur ingestion : la variable que la ration papier ne doit jamais oublier ?
Deux rations de même concentration énergétique peuvent produire des GMQ différents si l’une est moins consommée. L’ingestion est influencée par poids, âge, fourrage, MS, appétence, état sanitaire, compétition, température et transition. Le suivi pratique doit combiner quantité distribuée, refus, effectif réel du lot et évolution du poids. Une erreur de 0,5 à 1 kg MS/j sur l’ingestion réelle peut suffire à rendre faux un calcul économique ou protéique. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur densité énergétique : viser la croissance sans surcharger le rumen ?
ARVALIS situe les rations de jeunes bovins entre environ 0 85 et 1 00 UFV kg MS selon le niveau de croissance et le régime S08 Les rations à base de maïs ensilage de MGH ou de céréales permettent d’atteindre ces densités tandis que les rations riches en herbe conservée nécessitent parfois une complémentation énergétique Augmenter la densité raccourcit souvent la durée de finition mais le gain économique dépend du prix de l’énergie et de la réponse réelle Une ration plus dense mais mal tolérée peut réduire l’ingestion et perdre… [S01][S02][S03]





