Référence agronomique · France

Élevage bovin · Conduite des bovins viande

Alimentation des bovins viande

Référence technique · Alimentation des bovins viande

L’alimentation des bovins viande couvre l’ensemble des ressources consommées par les animaux - lait, herbe pâturée, fourrages conservés, concentrés, coproduits, minéraux, vitamines et eau - et leur ajustement aux besoins d’entretien, croissance, gestation, lactation, engraissement et activité. Elle concerne à la fois le troupeau reproducteur et les animaux destinés à la vente en maigre ou en gras. La page « Alimentation des bovins viande » est donc volontairement transversale ; les formulations de rations d’engraissement très détaillées seront approfondies dans la page « Ration d’engraissement des bovins ».

Vérifié le 25 août 2026 Lecture 12 min
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Vue agricole consacrée à alimentation des bovins viande
Alimentation des bovins viande · Photographie documentaire SILLOVA
14 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

≈1,6 kg MS/100 kg PV

VA Charolaise 750 kg - ingestion avant vêlage

Référence de système avec fourrage de qualité. [S06] [S01][S02]

02
Consolidé

≈1,8 kg MS/100 kg PV

VA - 1 mois après vêlage

Besoin supérieur lié à la lactation. [S06] [S01][S02]

03
Consolidé

≈7,5 UFL/j

VA après sevrage

Ordre de grandeur en situation de sécheresse. [S08] [S01][S02]

04
Consolidé

≈9 UFL/j

VA fin de lactation

Ordre de grandeur Idele. [S08] [S01][S02]

01 · Référence

Définition et périmètre

L’alimentation des bovins viande couvre l’ensemble des ressources consommées par les animaux - lait, herbe pâturée, fourrages conservés, concentrés, coproduits, minéraux, vitamines et eau - et leur ajustement aux besoins d’entretien, croissance, gestation, lactation, engraissement et activité.

Elle concerne à la fois le troupeau reproducteur et les animaux destinés à la vente en maigre ou en gras. La page « Alimentation des bovins viande » est donc volontairement transversale ; les formulations de rations d’engraissement très détaillées seront approfondies dans la page « Ration d’engraissement des bovins ».

Sources de cette section [S01][S02][S03]

02 · Référence

Le système INRAE 2018 : base française du rationnement

La rénovation 2018 du système d’alimentation INRAE prend mieux en compte l’ingestion, les interactions digestives, l’efficience variable de l’utilisation des protéines, les réponses productives et les rejets. Elle s’applique aux productions de lait et de viande chez les ruminants. [S02-S04]

Une ration ne se résume donc pas à additionner les valeurs tabulées des ingrédients : la valeur réelle du mélange dépend de l’ingestion, de la digestibilité, du niveau d’alimentation et des interactions au rumen.

1. Une ration bovin viande doit être raisonnée par catégorie : vache gestante, vache en lactation, veau, broutard, génisse de renouvellement, animal en repousse, jeune bovin à l’engrais, génisse ou vache de réforme n’ont ni les mêmes besoins ni les mêmes objectifs.

Sources de cette section [S01][S02][S03]

03 · Référence

Le rumen : faire travailler la fermentation

Le bovin valorise l’herbe et les fourrages grâce au microbiote ruminal. Les micro-organismes fermentent les glucides, produisent des acides gras volatils et synthétisent des protéines microbiennes.

Une ration performante doit donc alimenter simultanément le bovin et son microbiote : fibres physiquement efficaces, énergie fermentescible et azote disponible doivent être synchronisés. Les transitions trop rapides vers des céréales ou des rations très riches en amidon augmentent le risque d’acidose. [S23-S25]

Sources de cette section [S01][S02][S03]

04 · Référence

Besoins : entretien + production + état corporel

Les besoins journaliers résultent de l’entretien, de l’activité, de la croissance, de la gestation, de la lactation et éventuellement de la reconstitution des réserves. Le poids métabolique, la race, le sexe, la température et l’activité au pâturage interviennent aussi.

La note d’état corporel (NEC) est centrale en allaitant : les réserves peuvent être mobilisées pendant une phase coûteuse à nourrir puis reconstruites à l’herbe, à condition de ne pas dépasser un amaigrissement incompatible avec reproduction et santé.

Sources de cette section [S01][S02][S03]

05 · Référence

Vaches allaitantes : raisonner par période de vêlage

Le besoin hivernal d’une vache dépend beaucoup de la date de vêlage. Une vache vêlant en début d’hiver est en lactation pendant une grande partie de la stabulation ; une vache vêlant au printemps peut valoriser davantage l’herbe pour couvrir son pic de besoins.

Figure 1 - Densités minimales de fourrage recommandées dans une référence Idele pour une vache Charolaise de 750 kg et NEC <2. Source [S06].

Cette grille ne signifie pas qu’un fourrage à 0,64 UFL/UEB suffit dans toutes les situations : l’ingestion réelle, la quantité de lait, la NEC, la primiparité et les conditions climatiques doivent être intégrées.

Les primipares sont moins capables de supporter une restriction forte car elles doivent encore achever leur croissance. Les références Idele en situation de pénurie fourragère recommandent de limiter au maximum les restrictions sur les trois derniers mois de gestation. [S08]

Sources de cette section [S01][S02][S03]

06 · Référence

Mobiliser les réserves sans dégrader la reproduction

En système vêlage de fin d’hiver, une vache en bon état peut perdre environ un point de NEC au cours de l’hiver - de 3 à 2 dans l’exemple Idele - soit de l’ordre de 50 kg vif pour une Charolaise de 750 kg. La remise à l’herbe fournit ensuite un flushing naturel permettant reprise de poids et lactation. [S06]

La stratégie devient dangereuse si la vache démarre l’hiver trop maigre, si le pâturage de printemps est insuffisant ou si la reproduction commence avant la reprise d’état.

Sources de cette section [S01][S02][S03]

07 · Référence

Lactation des vaches allaitantes et croissance du veau

La production laitière maternelle constitue la première ressource du veau. Les travaux INRAE/Idele sur vaches allaitantes montrent un gain moyen d’environ 60 g/j de croissance du veau par kg de lait bu supplémentaire, mais la relation se combine avec l’ingestion d’herbe. [S07]

Figure 2 - Illustration de la relation moyenne lait maternel / croissance. La référence n’est pas un modèle individuel de prédiction.

Une herbe pâturée jeune est particulièrement adaptée : la référence Idele/INRAE citée situe l’herbe autour de 0,85 à 1 UFV/kg MS et au moins 100 g PDI/UFV, permettant des croissances élevées sans concentré dans certaines conditions. [S07]

Sources de cette section [S01][S02][S03]

08 · Référence

Veaux sous la mère et broutards : lait, herbe puis concentré

Le veau évolue d’un monogastrique fonctionnel vers un ruminant. Le lait domine les premières semaines, puis l’herbe, le foin et les concentrés stimulent le développement du rumen.

La complémentation à l’auge est pertinente lorsque le lait maternel ou l’herbe ne permettent plus l’objectif de croissance, lors d’un sevrage précoce, pour préparer une vente lourde ou sécuriser une période de sécheresse.

Les essais FERM’INOV 2021-2024 sur des mâles charolais nés à l’automne montrent qu’une complémentation hivernale raisonnée à 1 kg de mash/100 kg de poids vif peut suffire lorsque le pâturage tournant est bien conduit. [S10]

Repères documentés issus du dossier de référence SILLOVA.
SituationRepèrePrécaution
VA Charolaise 750 kg - ingestion avant vêlage≈1,6 kg MS/100 kg PVRéférence de système avec fourrage de qualité. [S06]
VA - 1 mois après vêlage≈1,8 kg MS/100 kg PVBesoin supérieur lié à la lactation. [S06]
VA après sevrage≈7,5 UFL/jOrdre de grandeur en situation de sécheresse. [S08]
VA fin de lactation≈9 UFL/jOrdre de grandeur Idele. [S08]
Veau - effet du lait≈+60 g GMQ/kg lait buRelation moyenne avec pâturage de qualité. [S07]
Broutard automne - complémentation FERM’INOV1 kg mash/100 kg PVEssais 2021-2024. [S10]
Sources de cette section [S01][S02][S03]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Que faut-il retenir sur définition et périmètre ?

L’alimentation des bovins viande couvre l’ensemble des ressources consommées par les animaux - lait, herbe pâturée, fourrages conservés, concentrés, coproduits, minéraux, vitamines et eau - et leur ajustement aux besoins d’entretien, croissance, gestation, lactation, engraissement et activité. Elle concerne à la fois le troupeau reproducteur et les animaux destinés à la vente en maigre ou en gras. La page « Alimentation des bovins viande » est donc volontairement transversale ; les formulations de rations d’engraissement très détaillées seront approfondies dans la page « Ration d’engraissement des bovins ». [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur le système inrae 2018 : base française du rationnement ?

La rénovation 2018 du système d’alimentation INRAE prend mieux en compte l’ingestion, les interactions digestives, l’efficience variable de l’utilisation des protéines, les réponses productives et les rejets. Elle s’applique aux productions de lait et de viande chez les ruminants. [S02-S04] Une ration ne se résume donc pas à additionner les valeurs tabulées des ingrédients : la valeur réelle du mélange dépend de l’ingestion, de la digestibilité, du niveau d’alimentation et des interactions au rumen. [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur le rumen : faire travailler la fermentation ?

Le bovin valorise l’herbe et les fourrages grâce au microbiote ruminal. Les micro-organismes fermentent les glucides, produisent des acides gras volatils et synthétisent des protéines microbiennes. Une ration performante doit donc alimenter simultanément le bovin et son microbiote : fibres physiquement efficaces, énergie fermentescible et azote disponible doivent être synchronisés. Les transitions trop rapides vers des céréales ou des rations très riches en amidon augmentent le risque d’acidose. [S23-S25] [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur besoins : entretien + production + état corporel ?

Les besoins journaliers résultent de l’entretien, de l’activité, de la croissance, de la gestation, de la lactation et éventuellement de la reconstitution des réserves. Le poids métabolique, la race, le sexe, la température et l’activité au pâturage interviennent aussi. La note d’état corporel (NEC) est centrale en allaitant : les réserves peuvent être mobilisées pendant une phase coûteuse à nourrir puis reconstruites à l’herbe, à condition de ne pas dépasser un amaigrissement incompatible avec reproduction et santé. [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur vaches allaitantes : raisonner par période de vêlage ?

Le besoin hivernal d’une vache dépend beaucoup de la date de vêlage Une vache vêlant en début d’hiver est en lactation pendant une grande partie de la stabulation une vache vêlant au printemps peut valoriser davantage l’herbe pour couvrir son pic de besoins Figure 1 - Densités minimales de fourrage recommandées dans une référence Idele pour une vache Charolaise de 750 kg et NEC 2 Source S06 Cette grille ne signifie pas qu’un fourrage à 0 64 UFL UEB suffit dans toutes les situations l’ingestion réelle la quantité de lait… [S01][S02][S03]

Que faut-il retenir sur mobiliser les réserves sans dégrader la reproduction ?

En système vêlage de fin d’hiver, une vache en bon état peut perdre environ un point de NEC au cours de l’hiver - de 3 à 2 dans l’exemple Idele - soit de l’ordre de 50 kg vif pour une Charolaise de 750 kg. La remise à l’herbe fournit ensuite un flushing naturel permettant reprise de poids et lactation. [S06] La stratégie devient dangereuse si la vache démarre l’hiver trop maigre, si le pâturage de printemps est insuffisant ou si la reproduction commence avant la reprise d’état. [S01][S02][S03]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 14

  1. S01

    INRAE. Les tables d’alimentation des animaux, 5 novembre

    S02] INRAE. Les tables d’alimentation des animaux, 5 novembre 2018.

    2026

  2. S02

    INRAE UE Le Pin Atelier de digestibilité animale et valeur…

    S05] INRAE UE Le Pin. Atelier de digestibilité animale et valeur des fourrages, 2021-2023.

    2026

  3. S03
  4. S04
  5. S05
  6. S06
  7. S07
  8. S08