01 · Référence
Définition et périmètre
L’alimentation des bovins viande couvre l’ensemble des ressources consommées par les animaux - lait, herbe pâturée, fourrages conservés, concentrés, coproduits, minéraux, vitamines et eau - et leur ajustement aux besoins d’entretien, croissance, gestation, lactation, engraissement et activité.
Elle concerne à la fois le troupeau reproducteur et les animaux destinés à la vente en maigre ou en gras. La page « Alimentation des bovins viande » est donc volontairement transversale ; les formulations de rations d’engraissement très détaillées seront approfondies dans la page « Ration d’engraissement des bovins ».
02 · Référence
Le système INRAE 2018 : base française du rationnement
La rénovation 2018 du système d’alimentation INRAE prend mieux en compte l’ingestion, les interactions digestives, l’efficience variable de l’utilisation des protéines, les réponses productives et les rejets. Elle s’applique aux productions de lait et de viande chez les ruminants. [S02-S04]
Une ration ne se résume donc pas à additionner les valeurs tabulées des ingrédients : la valeur réelle du mélange dépend de l’ingestion, de la digestibilité, du niveau d’alimentation et des interactions au rumen.
1. Une ration bovin viande doit être raisonnée par catégorie : vache gestante, vache en lactation, veau, broutard, génisse de renouvellement, animal en repousse, jeune bovin à l’engrais, génisse ou vache de réforme n’ont ni les mêmes besoins ni les mêmes objectifs.
03 · Référence
Le rumen : faire travailler la fermentation
Le bovin valorise l’herbe et les fourrages grâce au microbiote ruminal. Les micro-organismes fermentent les glucides, produisent des acides gras volatils et synthétisent des protéines microbiennes.
Une ration performante doit donc alimenter simultanément le bovin et son microbiote : fibres physiquement efficaces, énergie fermentescible et azote disponible doivent être synchronisés. Les transitions trop rapides vers des céréales ou des rations très riches en amidon augmentent le risque d’acidose. [S23-S25]
04 · Référence
Besoins : entretien + production + état corporel
Les besoins journaliers résultent de l’entretien, de l’activité, de la croissance, de la gestation, de la lactation et éventuellement de la reconstitution des réserves. Le poids métabolique, la race, le sexe, la température et l’activité au pâturage interviennent aussi.
La note d’état corporel (NEC) est centrale en allaitant : les réserves peuvent être mobilisées pendant une phase coûteuse à nourrir puis reconstruites à l’herbe, à condition de ne pas dépasser un amaigrissement incompatible avec reproduction et santé.
05 · Référence
Vaches allaitantes : raisonner par période de vêlage
Le besoin hivernal d’une vache dépend beaucoup de la date de vêlage. Une vache vêlant en début d’hiver est en lactation pendant une grande partie de la stabulation ; une vache vêlant au printemps peut valoriser davantage l’herbe pour couvrir son pic de besoins.
Figure 1 - Densités minimales de fourrage recommandées dans une référence Idele pour une vache Charolaise de 750 kg et NEC <2. Source [S06].
Cette grille ne signifie pas qu’un fourrage à 0,64 UFL/UEB suffit dans toutes les situations : l’ingestion réelle, la quantité de lait, la NEC, la primiparité et les conditions climatiques doivent être intégrées.
Les primipares sont moins capables de supporter une restriction forte car elles doivent encore achever leur croissance. Les références Idele en situation de pénurie fourragère recommandent de limiter au maximum les restrictions sur les trois derniers mois de gestation. [S08]
06 · Référence
Mobiliser les réserves sans dégrader la reproduction
En système vêlage de fin d’hiver, une vache en bon état peut perdre environ un point de NEC au cours de l’hiver - de 3 à 2 dans l’exemple Idele - soit de l’ordre de 50 kg vif pour une Charolaise de 750 kg. La remise à l’herbe fournit ensuite un flushing naturel permettant reprise de poids et lactation. [S06]
La stratégie devient dangereuse si la vache démarre l’hiver trop maigre, si le pâturage de printemps est insuffisant ou si la reproduction commence avant la reprise d’état.
07 · Référence
Lactation des vaches allaitantes et croissance du veau
La production laitière maternelle constitue la première ressource du veau. Les travaux INRAE/Idele sur vaches allaitantes montrent un gain moyen d’environ 60 g/j de croissance du veau par kg de lait bu supplémentaire, mais la relation se combine avec l’ingestion d’herbe. [S07]
Figure 2 - Illustration de la relation moyenne lait maternel / croissance. La référence n’est pas un modèle individuel de prédiction.
Une herbe pâturée jeune est particulièrement adaptée : la référence Idele/INRAE citée situe l’herbe autour de 0,85 à 1 UFV/kg MS et au moins 100 g PDI/UFV, permettant des croissances élevées sans concentré dans certaines conditions. [S07]
08 · Référence
Veaux sous la mère et broutards : lait, herbe puis concentré
Le veau évolue d’un monogastrique fonctionnel vers un ruminant. Le lait domine les premières semaines, puis l’herbe, le foin et les concentrés stimulent le développement du rumen.
La complémentation à l’auge est pertinente lorsque le lait maternel ou l’herbe ne permettent plus l’objectif de croissance, lors d’un sevrage précoce, pour préparer une vente lourde ou sécuriser une période de sécheresse.
Les essais FERM’INOV 2021-2024 sur des mâles charolais nés à l’automne montrent qu’une complémentation hivernale raisonnée à 1 kg de mash/100 kg de poids vif peut suffire lorsque le pâturage tournant est bien conduit. [S10]
| Situation | Repère | Précaution |
|---|---|---|
| VA Charolaise 750 kg - ingestion avant vêlage | ≈1,6 kg MS/100 kg PV | Référence de système avec fourrage de qualité. [S06] |
| VA - 1 mois après vêlage | ≈1,8 kg MS/100 kg PV | Besoin supérieur lié à la lactation. [S06] |
| VA après sevrage | ≈7,5 UFL/j | Ordre de grandeur en situation de sécheresse. [S08] |
| VA fin de lactation | ≈9 UFL/j | Ordre de grandeur Idele. [S08] |
| Veau - effet du lait | ≈+60 g GMQ/kg lait bu | Relation moyenne avec pâturage de qualité. [S07] |
| Broutard automne - complémentation FERM’INOV | 1 kg mash/100 kg PV | Essais 2021-2024. [S10] |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur définition et périmètre ?
L’alimentation des bovins viande couvre l’ensemble des ressources consommées par les animaux - lait, herbe pâturée, fourrages conservés, concentrés, coproduits, minéraux, vitamines et eau - et leur ajustement aux besoins d’entretien, croissance, gestation, lactation, engraissement et activité. Elle concerne à la fois le troupeau reproducteur et les animaux destinés à la vente en maigre ou en gras. La page « Alimentation des bovins viande » est donc volontairement transversale ; les formulations de rations d’engraissement très détaillées seront approfondies dans la page « Ration d’engraissement des bovins ». [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur le système inrae 2018 : base française du rationnement ?
La rénovation 2018 du système d’alimentation INRAE prend mieux en compte l’ingestion, les interactions digestives, l’efficience variable de l’utilisation des protéines, les réponses productives et les rejets. Elle s’applique aux productions de lait et de viande chez les ruminants. [S02-S04] Une ration ne se résume donc pas à additionner les valeurs tabulées des ingrédients : la valeur réelle du mélange dépend de l’ingestion, de la digestibilité, du niveau d’alimentation et des interactions au rumen. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur le rumen : faire travailler la fermentation ?
Le bovin valorise l’herbe et les fourrages grâce au microbiote ruminal. Les micro-organismes fermentent les glucides, produisent des acides gras volatils et synthétisent des protéines microbiennes. Une ration performante doit donc alimenter simultanément le bovin et son microbiote : fibres physiquement efficaces, énergie fermentescible et azote disponible doivent être synchronisés. Les transitions trop rapides vers des céréales ou des rations très riches en amidon augmentent le risque d’acidose. [S23-S25] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur besoins : entretien + production + état corporel ?
Les besoins journaliers résultent de l’entretien, de l’activité, de la croissance, de la gestation, de la lactation et éventuellement de la reconstitution des réserves. Le poids métabolique, la race, le sexe, la température et l’activité au pâturage interviennent aussi. La note d’état corporel (NEC) est centrale en allaitant : les réserves peuvent être mobilisées pendant une phase coûteuse à nourrir puis reconstruites à l’herbe, à condition de ne pas dépasser un amaigrissement incompatible avec reproduction et santé. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur vaches allaitantes : raisonner par période de vêlage ?
Le besoin hivernal d’une vache dépend beaucoup de la date de vêlage Une vache vêlant en début d’hiver est en lactation pendant une grande partie de la stabulation une vache vêlant au printemps peut valoriser davantage l’herbe pour couvrir son pic de besoins Figure 1 - Densités minimales de fourrage recommandées dans une référence Idele pour une vache Charolaise de 750 kg et NEC 2 Source S06 Cette grille ne signifie pas qu’un fourrage à 0 64 UFL UEB suffit dans toutes les situations l’ingestion réelle la quantité de lait… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur mobiliser les réserves sans dégrader la reproduction ?
En système vêlage de fin d’hiver, une vache en bon état peut perdre environ un point de NEC au cours de l’hiver - de 3 à 2 dans l’exemple Idele - soit de l’ordre de 50 kg vif pour une Charolaise de 750 kg. La remise à l’herbe fournit ensuite un flushing naturel permettant reprise de poids et lactation. [S06] La stratégie devient dangereuse si la vache démarre l’hiver trop maigre, si le pâturage de printemps est insuffisant ou si la reproduction commence avant la reprise d’état. [S01][S02][S03]





