01 · Référence
Définition et place du pâturage en bovins viande
Le pâturage des bovins viande désigne l’ensemble des pratiques qui organisent l’accès des animaux à des végétations consommées sur pied: prairies permanentes, prairies temporaires, parcours, landes, alpages et, selon les systèmes, cultures fourragères pâturées. Il ne s’agit donc pas seulement de “mettre des vaches dans un pré”. Le pâturage combine une fonction alimentaire, une fonction agronomique - récolter l’herbe par l’animal tout en permettant sa repousse - et une fonction de pilotage du troupeau.
Dans les systèmes allaitants français, le pâturage intervient à plusieurs étapes: entretien et reproduction des vaches, croissance des génisses, alimentation des veaux sous la mère, production de broutards, voire finition de jeunes bovins, génisses, bœufs ou vaches de réforme. La valeur du pâturage dépend du compromis entre ingestion, qualité de l’herbe, quantité disponible, temps de repos de la prairie et niveau de besoin des animaux.
La logique économique est forte: l’animal réalise lui-même la récolte et l’épandage d’une partie des déjections. Mais l’herbe pâturée n’est “bon marché” que si elle est effectivement valorisée. Une surface sous-chargée ou gérée trop tard peut produire beaucoup de refus; une surface surchargée peut perdre sa capacité de repousse, dégrader la couverture et obliger à distribuer du stock. Le coût doit donc être lu à l’échelle du système fourrager, pas seulement à l’hectare.
02 · Référence
Comprendre la prairie : quantité, qualité et dynamique de pousse
La température pilote le démarrage et le rythme de croissance. Relever la hauteur d’herbe dans les paddocks et noter les dates de sortie aide à distinguer un déficit temporaire de pousse d’un chargement durablement excessif.
03 · Référence
Catégories animales et priorités d’allocation
Le principe d’allocation est simple: les animaux qui transforment le plus rapidement la qualité de l’herbe en production utile doivent recevoir les meilleures parcelles. Une vache tarie en bon état peut être un “lot nettoyeur” dans certaines situations; un veau d’automne destiné à une vente lourde en juin ne doit pas être utilisé pour finir une parcelle dépassée.
04 · Référence
Choisir un mode de pâturage
Le nombre de parcelles dépend du lot, du rythme de pousse et du temps de séjour recherché. Prévoir assez de parcelles pour laisser repousser l’herbe avant le retour des animaux, puis adapter la rotation à la saison. Une clôture supplémentaire n’a d’intérêt que si elle améliore l’accès à l’herbe, à l’eau et la surveillance.
Lorsque la pousse printanière dépasse les besoins du lot, une parcelle peut être retirée temporairement de la rotation et fauchée. En période sèche, agrandir le circuit ou complémenter avant que les animaux ne rasent les repousses.
05 · Référence
Concevoir le parcellaire et les équipements
La surface d’un paddock se calcule à partir des besoins du lot, de l’herbe disponible et de la durée de séjour visée. Prévoir une desserte en eau et des accès qui limitent les déplacements et les attroupements. Les surfaces d’un système de référence ne se transposent pas sans mesurer la pousse locale.
Tester le débit des abreuvoirs au moment où le lot est regroupé. Des points d’eau mal placés allongent les trajets et peuvent empêcher les animaux dominés d’accéder régulièrement à l’eau.
06 · Référence
Piloter avec les sommes de températures et la hauteur d’herbe
La hauteur d’herbe et la somme des températures donnent des repères pour décider de l’entrée et de la sortie des lots. ARVALIS retient environ 10 à 12 cm à l’entrée d’une prairie productive dans sa présentation Herbo-LIS. La décision doit aussi tenir compte de la portance, du stade des plantes et de la météo à venir.
Mesurer plusieurs points par parcelle et conserver une hauteur résiduelle qui permette la repousse. Après sécheresse, réduire la demande ou ouvrir des surfaces supplémentaires avant que le couvert soit trop ras.
07 · Référence
Calculer les jours d’avance
Mesurer régulièrement l’herbe disponible dans les parcelles encore accessibles au lot. Convertir ce stock en jours selon l’effectif et l’ingestion attendue, puis réviser après chaque passage ou changement de pousse. Ce calcul aide à décider d’ajouter une parcelle, de débrayer pour la fauche ou de complémenter avant une rupture.
08 · Référence
Repères de pilotage du pâturage
Le tableau reprend les repères de décision cités dans la page. Ils se lisent avec la pousse locale et la météo.
| Situation | Repère | Décision |
|---|---|---|
| Entrée dans une prairie productive | Environ 10 à 12 cm de hauteur d’herbe | Repère ARVALIS (Herbo-LIS), à compléter par la portance et la météo |
| Sortie et repousse | Hauteur résiduelle suffisante | Permettre la repousse avant le retour des animaux |
| Pousse printanière supérieure aux besoins | Parcelle retirée temporairement de la rotation | Faucher la surface excédentaire |
| Période sèche | Repousses encore présentes | Agrandir le circuit ou complémenter avant que les animaux ne les rasent |
| Stock disponible | Jours d’avance | Convertir l’herbe mesurée en jours selon l’effectif et l’ingestion attendue |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quelle hauteur d’herbe retenir à l’entrée?
ARVALIS retient environ 10 à 12 cm à l’entrée d’une prairie productive dans sa présentation Herbo-LIS. La décision doit aussi tenir compte de la portance, du stade des plantes et de la météo à venir.
Comment calculer les jours d’avance?
Il faut mesurer régulièrement l’herbe disponible dans les parcelles encore accessibles, la convertir en jours selon l’effectif et l’ingestion attendue, puis réviser ce calcul après chaque passage ou changement de pousse.
Que faire en période sèche?
Agrandir le circuit ou complémenter avant que les animaux ne rasent les repousses. Après sécheresse, réduire la demande ou ouvrir des surfaces supplémentaires avant que le couvert soit trop ras.





