Référence agronomique · France

Élevage porcin · Races et systèmes porcins

Races porcines françaises

Les races porcines reconnues en France comprennent des populations de sélection et des races locales. Race, lignée et croisement répondent à des objectifs différents de reproduction, de croissance et de qualité de viande.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 5 min
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Races porcines françaises — illustration documentaire (Élevage porcin, Races et systèmes porcins)
Races porcines françaises · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Quatre points pour comprendre le sujet.

Cadre

Races reconnues

Sélection

Lignées spécialisées

Locales

Conservation suivie

Choix

Selon le débouché

01 · Guide

Que recouvre la notion de « race porcine française »?

Au sens réglementaire, une race reconnue est une population désignée dans la liste nationale applicable. Le Code rural, réorganisé par le décret du 20 mai 2025, renvoie au règlement (UE) 2016/1012 pour les règles zootechniques et généalogiques et distingue notamment reproducteurs de race pure, reproducteurs porcins hybrides, codes-race, codes-lignée et codes-croisement.

Une race locale est, dans le Code rural en vigueur depuis le 22 mai 2025, une race majoritairement liée par ses origines, son lieu et son mode d’élevage à un territoire donné. Cette qualification est distincte de la simple présence d’une race en France.

Une lignée est une population gérée à l’intérieur d’un programme de sélection avec ses propres objectifs et flux de gènes. Depuis la fin de la sélection collective entre les principaux opérateurs français, plusieurs lignées portant le même nom de race sont gérées indépendamment. Le mot « Large White », « Landrace », « Piétrain » ou « Duroc » doit donc être complété par l’identité de la lignée et du programme.

Le porc charcutier est, quant à lui, fréquemment le produit d’un croisement à plusieurs étages. Sa génétique ne se décrit pas correctement par une seule race : il faut identifier la lignée de la truie parentale, le verrat terminal et éventuellement la composition des populations synthétiques.

02 · Guide

Place de la génétique dans la filière porcine française

À la fin de 2024, Agreste comptabilise environ 11,6 millions de porcins en France, dont environ 824 000 truies. Le cheptel a reculé d’environ 13 % en dix ans. Les élevages de grande taille concentrent une part croissante des animaux ; la Bretagne reste le premier bassin, devant les Pays de la Loire et la Nouvelle-Aquitaine.

La génétique commerciale est logiquement implantée autour des principaux bassins de production, mais les élevages de sélection et les centres de collecte sont répartis sur le territoire. FranceAgriMer souligne la concentration dans le Grand Ouest tout en décrivant un dispositif national et international.

La pyramide IFIP 2024 exclut explicitement les races locales gérées par LIGERAL. Elle ne doit donc pas être additionnée sans précaution aux effectifs patrimoniaux.

Le croisement de populations suffisamment distinctes génétiquement permet de bénéficier de vigueur hybride. Dans les schémas français, la truie parentale est le plus souvent issue de Large White et de Landrace ; le verrat terminal apporte des aptitudes de croissance, d’efficacité alimentaire, de carcasse et/ou de qualité de viande.

03 · Guide

Architecture actuelle des programmes de sélection

FranceAgriMer distingue deux organisations : des établissements privés de sélection, souvent de dimension internationale et fonctionnant en noyaux fermés, et des éleveurs de races locales organisés collectivement autour de livres généalogiques et de programmes territorialisés.

Une dizaine d’établissements de sélection porcins agréés coordonnent des programmes de races et lignées. Des opérateurs agréés dans d’autres États peuvent également intervenir en France via des extensions de programmes approuvés.

La sélection ne repose plus uniquement sur le phénotype individuel. Les opérateurs collectent généalogie, performances de reproduction, croissance, consommation, carcasse, qualité de viande et génotypes. L’IFIP met en œuvre pour certains programmes des évaluations génétiques ou génomiques hebdomadaires et utilise des approches de type SS-GBLUP combinant pedigree, génotypes et phénotypes.

Lignées maternelles : prolificité, nombre sevré, qualité des porcelets, tétines, capacité laitière, homogénéité, rythme de reproduction, robustesse.

Trois populations citées dans la sélection porcine française
RaceRôle décrit dans la page
Large WhiteSocle polyvalent des schémas maternels, avec des lignées différenciées
Landrace FrançaisRace maternelle, partenaire du Large White pour les cochettes F1
PiétrainPopulation paternelle terminale, à raisonner par lignée

04 · Guide

Large White : socle polyvalent des schémas maternels

Le Large White est une race d’origine Yorkshire introduite en France au début du XXe siècle. Historiquement polyvalente, elle occupe une place centrale dans les lignées maternelles françaises ; certaines lignées mâles existent également.

Dans les programmes actuels, « Large White » ne désigne pas un seul niveau de performance. Les lignées sont différenciées et sélectionnées selon des index propres. Il faut donc distinguer Large White femelle, Large White mâle et lignées spécifiques d’entreprise.

05 · Guide

Landrace Français : spécialisation maternelle et complémentarité

Le Landrace Français appartient au groupe des Landrace européens et a été progressivement spécialisé comme race maternelle. Son rôle de partenaire du Large White pour produire des cochettes F1 est ancien et reste cohérent avec la description actuelle de FranceAgriMer, qui place Landrace et Large White au cœur des lignées femelles.

06 · Guide

Piétrain : référence terminale, mais à raisonner par lignée

À partir du début des années 2000, les lignées Piétrain se sont progressivement imposées comme principale population paternelle pour produire les porcs charcutiers en France. Elles sont recherchées pour la croissance, l’efficacité alimentaire et surtout la composition de carcasse, tout en intégrant désormais davantage de qualité de viande et de robustesse.

Les descriptions historiques de la race font souvent référence à la sensibilité au stress liée au gène halothane. Pour une décision 2026, ce raccourci est dangereux : l’IFIP utilise explicitement un Piétrain NN comme témoin dans une étude récente, preuve que les lignées actuelles doivent être caractérisées par leur statut génétique réel plutôt que par l’image ancienne de la race.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Qu’est-ce qu’une race porcine reconnue?

Au sens réglementaire, une race reconnue est une population désignée dans la liste nationale applicable. Une race locale se définit par ses origines, son lieu et son mode d’élevage.

Race, lignée et croisement sont-ils équivalents?

Non. Une lignée est une population gérée dans un programme de sélection avec ses propres objectifs. Le porc charcutier est souvent le produit d’un croisement à plusieurs étages.

Le Piétrain est-il lié au gène halothane?

Les descriptions historiques font souvent ce lien. Pour les lignées actuelles, il faut caractériser le statut génétique réel plutôt que l’image ancienne de la race.

Traçabilité

Sources utilisées

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