Référence agronomique · France

Élevage · Porcs · Races locales

Porc de Bayeux

Sus scrofa domesticus — Race Porc de Bayeux

Fiche complète du Porc de Bayeux : race locale normande à robe blanche tachée de noir, berceau dans le Calvados, conservation par LIGERAL, programme de retrempe 2024-2026, valorisation charcutière et enjeux de viabilité économique.

Vérifié le 19 août 2026 Lecture 20 min
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Porc de Bayeux en élevage normand
Porc de Bayeux · Image SILLOVA
19 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

~130

Truies reproductrices (2024)

Sources de filière convergentes [S03]

02
Consolidé

~40

Verrats reproducteurs (2024)

Fédération Races de Normandie [S03]

03
Consolidé

26

Éleveurs (2024)

Fédération Races de Normandie [S03]

04
Donnée stable

~300 / ~350 kg

Poids adulte (femelle / mâle)

Races de France [S04]

05
Donnée stable

Race locale menacée

Statut officiel

Étude INRAE 2023 / Ministère [S05]

06
Provisoire

200 €/UGB

MAEC PRM Normandie 2026

Dispositif clôturé ; vérifier campagnes futures [S08]

01 · Identité

Identité, définition et classification

Le Porc de Bayeux est une population porcine domestique française constituée comme race locale en Normandie. Il relève du porc domestique (Sus scrofa domesticus) et est géré en conservation par LIGERAL avec l'appui de l'IFIP.

L'étude INRAE « Races locales — Volet 1 : Races menacées », publiée en janvier 2023, classe explicitement le Porc de Bayeux à la fois comme race locale et comme race menacée d'abandon.

Le berceau est situé dans le Calvados. Le Syndicat et la Fédération situent sa création au milieu du XIXe siècle, par croisement de porcs normands avec le Berkshire, race britannique.

Repères identitaires du Porc de Bayeux
CaractéristiqueValeur
OrigineCalvados, Normandie
RobeBlanche tachée de noir, épi dorsal recherché
FormatGrand porc long et épais
StatutReconnue, locale, menacée
OrganismeLIGERAL / IFIP
Sources de cette section [S02][S03][S04][S05]

02 · Origine

Origine, berceau et histoire

Le lien avec l'économie laitière normande est particulièrement important. Les porcs étaient présents dans de nombreuses fermes pour consommer de grandes quantités de petit-lait issu de la fabrication fromagère.

La Seconde Guerre mondiale et les destructions associées au débarquement de Normandie ont fortement réduit les effectifs. En 1977, les derniers éleveurs de la période avaient abandonné la production, conduisant la race au bord de la disparition.

Le tournant de la conservation intervient en 1984 : l'IFIP intègre le Bayeux au programme de conservation. À cette date, le Syndicat ne recense plus que 15 truies et 5 verrats chez 4 éleveurs. Le Syndicat reprend son activité en 1993, LIGERAL est créé en 1996.

Sources de cette section [S02][S03]

03 · Morphologie

Morphologie, robe et standard

Le standard diffusé par le Syndicat décrit un porc de grand format, long et épais. La tête est relativement courte et large, le tronc développé, les aplombs corrects, la croupe large.

La robe est blanche marquée de taches noires arrondies et limitées. Un épi dorsal est recherché. Les oreilles sont décrites comme horizontales ou légèrement tombantes.

Les mesures de poids et de hauteur publiées par Races de France sont des valeurs descriptives de référence : environ 300 kg pour une femelle adulte et 350 kg pour un mâle.

Sources de cette section [S02][S04]

04 · Conservation

Génétique, consanguinité et conservation

La taille extrêmement réduite de la population reproductrice rend la gestion des apparentements aussi importante que la sélection morphologique. La Fédération qualifie la consanguinité du Bayeux de forte.

Le projet 2024-2026 prévoit un programme de retrempe génétique visant à réintroduire de la variabilité tout en respectant le standard racial. L'objectif annoncé est d'améliorer la vitalité et la capacité reproductive.

La stratégie associe conservation in situ (reproducteurs vivants en élevage) et ex situ (Cryobanque Nationale). LIGERAL est agréé comme organisme de sélection pour la tenue des livres généalogiques.

Sources de cette section [S06][S07]

05 · Effectifs

Effectifs récents et répartition

Les sources de 2024 convergent vers environ 130 truies et 40 verrats, répartis chez 26 éleveurs, mais les extractions ne donnent pas exactement les mêmes chiffres.

La Statistique Agricole Annuelle 2024 comptabilise 659 605 porcins en Normandie, dont 48 184 truies. À titre d'ordre de grandeur, 126 truies Bayeux représentent environ 0,26 % des truies normandes.

L'abattage porcin régional s'est effondré entre 2017 et 2024. C'est précisément pour cette raison que la modernisation de la chaîne de l'abattoir de Carentan en mars 2026 est stratégique.

Sources de cette section [S03][S09]

06 · Reproduction

Reproduction, fertilité et qualités maternelles

Aucun jeu complet de références race-spécifiques sur prolificité, GMQ, indice de consommation, mortalité ou coût de production n'a été identifié dans les sources primaires récentes.

La Fédération Races de Normandie cite explicitement des « problèmes de reproduction » et le « manque de références techniques » parmi les motifs du projet 2024-2026.

Il serait méthodologiquement incorrect d'attribuer au Bayeux les performances des troupeaux conventionnels français. Les références IFIP 2023 — 25,3 porcs produits par truie présente et par an — décrivent des élevages professionnels majoritairement modernes.

Sources de cette section [S07][S16]

07 · Alimentation

Alimentation et conduite technique

Historiquement, la valorisation du lactosérum issu de la fabrication fromagère a joué un rôle majeur. Aujourd'hui, une ration doit couvrir les besoins en énergie, acides aminés, minéraux, vitamines et fibres.

Dans un système de plein air ou de diversification, les ressources territoriales peuvent améliorer l'autonomie. Mais la simple disponibilité d'un coproduit ne garantit ni l'équilibre nutritionnel ni la performance.

L'arrêté du 16 octobre 2018 interdit de nourrir les porcs avec des déchets de cuisine et de table. Cette règle est particulièrement importante dans une petite filière de plein air.

Sources de cette section [S10]

08 · Plein air

Systèmes d'élevage, plein air et biosécurité

Le Bayeux est décrit comme rustique, docile et adapté au plein air. Mais le plein air est un système technique complet : parcelles, clôtures, abris, zones sèches, points d'eau, biosécurité et gestion des effluents.

Au 3 août 2026, le Ministère indique que la France reste indemne de peste porcine africaine, tandis que la maladie circule dans 19 pays européens. Les mesures de clôture et de gestion des visiteurs sont particulièrement sensibles pour les élevages plein air.

Les normes minimales françaises relatives à la protection des porcs s'appliquent au Bayeux comme à toute autre race, notamment surfaces minimales, lumière, aire de couchage et matériaux manipulables.

Sources de cette section [S10][S11][S13]

09 · Économie

Débouchés, valorisation et économie

La Fédération identifie explicitement une rentabilité économique plus faible que celle des races plus productives et une filière encore fragile. Cette faiblesse ne se corrige pas seulement en augmentant le prix de vente.

La viande est valorisée en frais et en charcuterie ; les acteurs de race mettent en avant le persillé et le gras. La modernisation de la chaîne de Carentan permet de traiter des porcs lourds, notamment des Bayeux dépassant parfois 200 kg de carcasse.

La Région Normandie a ouvert en 2026 une MAEC « Protection des Races Menacées » incluant le Porc de Bayeux, à 200 € par UGB. Le dispositif 2026 est clôturé ; toute campagne future doit être revérifiée.

Sources de cette section [S08][S17]

Repères approfondis

Éléments techniques et contexte de référence

Les repères suivants complètent la lecture opérationnelle avec des éléments issus du dossier de recherche dédié à cette production.

Une race locale n’est pas simplement une race « ancienne » ou « régionale ». Pour la gestion des ressources génétiques, elle correspond à une population dont l’histoire, la diffusion et les usages sont liés à un territoire et dont les effectifs sont souvent limités par rapport aux lignées dominantes. Pour le Porc de Bayeux, l’enjeu principal est de conserver des animaux reproducteurs, des lignées et des allèles, mais aussi les savoir-faire d’élevage, les débouchés et l’organisation économique qui permettent à la population de rester vivante.

Le berceau du Porc de Bayeux est situé dans le Calvados, au cœur de la Normandie. Le Syndicat de race et la Fédération Races de Normandie situent sa création au milieu du XIXe siècle, par croisement de porcs normands — rapprochés dans les sources du Blanc de l’Ouest — avec le Berkshire, race britannique. Cette origine explique la robe blanche marquée de taches noires et une partie du type morphologique historique.

La Seconde Guerre mondiale et les destructions associées au débarquement de Normandie ont fortement réduit les effectifs. Après-guerre, la population a connu une reprise et le livre généalogique a été réorganisé dans les années 1960. Mais l’évolution structurelle de l’agriculture et l’industrialisation de la transformation fromagère ont supprimé l’un des usages historiques de la race. Le Syndicat indique qu’en 1977 les derniers éleveurs de la période avaient abandonné la production, conduisant la race au bord de la disparition.

Sources de cette section [S02][S03][S04]

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Qu'est-ce que le Porc de Bayeux ?

Une race porcine locale française originaire du Calvados, issue historiquement de croisements entre des porcs normands/Blanc de l'Ouest et le Berkshire. [S02]

Est-il officiellement menacé ?

Oui. L'étude INRAE publiée par le Ministère en janvier 2023 le classe parmi les races locales porcines menacées d'abandon. [S05]

Combien reste-t-il de reproducteurs ?

Les sources 2024 indiquent environ 130 truies et 40 verrats, répartis chez 26 éleveurs. [S03]

Quelle est sa robe ?

Fond blanc, taches noires arrondies et limitées ; soies claires sur le blanc et noires sur les taches. Un épi dorsal est recherché. [S02]

Quel est son poids adulte ?

Races de France publie environ 300 kg pour une femelle adulte et 350 kg pour un mâle. Ce sont des valeurs descriptives. [S04]

Est-il adapté au plein air ?

Les organismes de race le décrivent comme rustique et bien adapté à la vie en plein air. Le système doit respecter les exigences de biosécurité. [S02]

Pourquoi parle-t-on de consanguinité ?

Le faible nombre de reproducteurs augmente les apparentements. La Fédération décrit une forte consanguinité et un programme de retrempe 2024-2026. [S07]

Qui gère le livre généalogique ?

LIGERAL, organisme de sélection reconnu par le Ministère. [S06]

Existe-t-il une aide spécifique ?

La Normandie a ouvert une MAEC PRM en 2026 à 200 €/UGB, mais le dispositif 2026 est clôturé. Toute campagne future doit être revérifiée. [S08]

La viande est-elle vraiment plus persillée ?

C'est une caractéristique mise en avant par les organismes de race. Pour une affirmation scientifique quantitative, il faut des analyses harmonisées. [S02]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 19

  1. S02
  2. S03
  3. S04
  4. S05
  5. S06
  6. S07
  7. S08
  8. S09