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Élevage · Porcs · Races locales

Porc Blanc de l'Ouest

Sus scrofa domesticus — Race Porc Blanc de l'Ouest

Le Porc Blanc de l’Ouest est une race locale du Grand Ouest, issue de populations historiques normandes et craonnaises. Son élevage privilégie une croissance lente, souvent en plein air, et la préservation d’une population de faible effectif.

Mis à jour le 02/10/2026 Lecture 7 min
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Porc Blanc de l'Ouest en élevage plein air
Porc Blanc de l'Ouest · Image SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Berceau

Grand Ouest

Robe

Blanche

Conduite

Plein air

Enjeu

Préserver la race

01 · Identité

Identité, nomenclature et statut

Le Porc Blanc de l'Ouest (PBO) est une race locale de grand format, entièrement blanche, issue des anciennes populations porcines de l'Ouest. Il ne faut pas confondre « Craonnais », « Normand » ou « Flamand » avec des synonymes : ce sont des populations historiques ayant contribué à la constitution de la race actuelle.

La fusion de 1958 réunit formellement Craonnais et Normand ; certaines synthèses mentionnent aussi une contribution flamande. En 1968-1970, une infusion de Veredelte Landschwein allemand a modifié le type d'origine ; la persistance du PBO actuel est liée aux éleveurs ayant refusé ou limité ce croisement.

L'arrêté du 29 avril 2015 classe le PBO parmi les races porcines reconnues comme locales et menacées d'être perdues pour l'agriculture. LIGERAL porte le programme de sélection/conservation reconnu (code 4).

Repères identitaires du PBO
CaractéristiqueValeur
Nom d'usagePorc Blanc de l'Ouest (PBO)
OrigineFusion Craonnais + Normand (1958)
RobeBlanche uniforme, peau légèrement rosée
FormatGrand porc (350-400 kg adulte)
StatutReconnue, locale, menacée
OrganismeLIGERAL (programme code 4)

02 · Origine

Origine, berceau et histoire

Le PBO s'inscrit dans l'histoire des grands porcs blancs de type ancien élevés sur la façade ouest de la France. Le Craonnais est doté d'un Pig-Book à Craon en 1926 ; une association de race Normande est créée en 1937.

Au début des années 1970, la population s'effondre dans le contexte de la spécialisation de la filière. En 1971, la sélection structurée s'arrête alors qu'il subsiste environ 50 éleveurs, 700 femelles et 60 verrats. La race disparaît ensuite des recensements de l'UPRA porcine en 1976.

Le tournant conservatoire intervient au début des années 1980. Un recensement ministériel de 1981 retrouve 84 éleveurs, 169 truies et seulement 10 verrats en Normandie. Le syndicat d'éleveurs est créé en 1994, LIGERAL en 1996, la reconnaissance officielle en janvier 1998.

03 · Morphologie

Morphologie et standard

Le PBO est un grand porc blanc, à peau légèrement rosée, avec oreilles hautes tombant vers l'avant, profil de tête légèrement concave et une ou plusieurs rosaces/épis dorsaux.

Les fiches collectives donnent environ 350 kg pour une femelle et 400 kg pour un mâle, avec respectivement environ 1,05 m et 1,10 m de hauteur.

Races de Bretagne indique que le PBO est mal adapté à une forte concentration en bâtiment. Cette formulation doit être comprise comme un retour de filière et de comportement, non comme une interdiction zootechnique.

04 · Croissance

Croissance, carcasse et qualité de viande

La publication des Journées de la Recherche Porcine 2000 compare quatre races locales au Large White dans un protocole de station.

Le GMQ du PBO était de 504 g/j de 30 à 150 kg contre 671 g/j pour le Large White. L'indice de consommation était de 3,64 contre 2,55. Le lard à 90 kg atteignait 37 mm contre 13 mm. Les lipides intramusculaires étaient de 3,0 % contre 1,9 %.

Dans le panel de consommateurs, le rôti de PBO recevait une appréciation globale moyenne de 6,4/10 et 70,7 % des participants déclaraient vouloir en remanger, contre 3,7/10 et 23,2 % pour le Large White.

Performances comparatives (essai 2000)
ParamètrePBOLarge White
GMQ 30-150 kg (g/j)504671
IC 30-150 kg3,642,55
Lard à 90 kg (mm)3713
Lipides intra. (%)3,01,9
Appréciation rôti (/10)6,43,7

05 · Reproduction

Reproduction et qualités maternelles

Les données reproductives disponibles sont hétérogènes et ne correspondent pas à un contrôle de performances national récent.

Le guide CIVAM 2018 évoque environ 7 porcelets nés en moyenne dans les systèmes suivis, avec des portées pouvant atteindre 10. Le CRAPAL indique quant à lui une prolificité moyenne de 8 à 9 porcelets par portée.

Les deux sources convergent sur les qualités maternelles et la capacité laitière. Les porcelets sont décrits comme lourds et précoces, autour de 2 kg à la naissance.

06 · Alimentation

Alimentation, autonomie et ressources

Le PBO est souvent élevé dans des systèmes où l'alimentation cherche à maximiser les ressources de la ferme et du territoire : céréales, pâtures, fourrages et coproduits laitiers.

Dans les systèmes observés par le CIVAM, le pâturage pouvait représenter jusqu'à environ 30 % de la ration, chiffre fortement dépendant de la saison et de la biomasse. Le petit-lait pouvait représenter jusqu'à environ 25 % de la ration.

Une ration « locale » ou « rustique » ne doit pas être interprétée comme une ration improvisée. La croissance lente du PBO peut permettre une stratégie de finition longue et une plus grande utilisation d'aliments fibreux.

07 · Plein air

Systèmes d'élevage et plein air

Le PBO est décrit comme très bien adapté au plein air. Mais le plein air est un système technique complet : parcelles, clôtures, abris, zones sèches, points d'eau, alimentation, biosécurité et gestion des effluents.

Le choix entre plein air intégral, système mixte ou bâtiments paillés dépend du foncier, de la portance des sols, du climat, de la main-d'œuvre et de la stratégie commerciale.

La biosécurité s'applique à tous les détenteurs de suidés. Les parcelles de plein air doivent disposer d'un système de protection empêchant le contact direct avec les suidés sauvages.

08 · Bio

Agriculture biologique et PBO

Le lien entre PBO et agriculture biologique est très fort dans les systèmes contemporains. Une revue INRAE 2024 indique que 90 % des élevages de PBO sont certifiés AB.

Cette proportion élevée décrit surtout la structure de la microfilière : nombreuses petites exploitations, plein air, vente différenciée et recherche d'autonomie.

Il faut cependant séparer deux concepts. Une race n'est pas « biologique » par nature : la certification porte sur le système de production.

09 · Conservation

Conservation génétique et Cryobanque

Dans une population aussi petite, le nombre de reproducteurs mâles utilisés et la distribution de leur descendance influencent fortement la taille efficace.

Le programme PBO conserve une forte place à la monte naturelle et cherche à maintenir au moins un verrat dans différents troupeaux. L'IA reste utile de façon ciblée.

La Cryobanque nationale française, créée en 1999, ne sert pas uniquement à « garder des paillettes au cas où ». Les ressources anciennes peuvent être réutilisées pour réintroduire des lignées sous-représentées.

10 · Économie

Débouchés et économie

Le PBO ne peut pas être analysé avec les seuls indicateurs d'un porc charcutier standard. Sa croissance plus lente et son gras important seraient des handicaps dans une filière rémunérant principalement vitesse et maigreur.

Le modèle économique PBO cherche à monétiser des attributs différenciés : race locale, plein air, bio, transformation, goût, charcuterie, vente directe, proximité et patrimoine.

En Bretagne, le PBO est éligible aux mesures PRM, avec conditions sur le livre généalogique et la reproduction en race pure.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Qu'est-ce que le Porc Blanc de l'Ouest?

Une race porcine locale française de grand format, issue des anciennes populations de l'Ouest, aujourd'hui maintenue à très faible effectif pour la viande, la charcuterie et la conservation génétique.

Le PBO est-il une race française officielle?

Oui. Il est reconnu comme race locale et figure parmi les races menacées d'être perdues pour l'agriculture.

Combien pèse un adulte?

Les fiches collectives donnent environ 350 kg pour une femelle et 400 kg pour un mâle.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.