01 · Référence
Résumé exécutif
Le Petit Verdot est un cépage noir de cuve originaire du sud-ouest de la France. En France, son nom officiel est « Petit Verdot » et aucun synonyme n’est officiellement reconnu dans le Catalogue français ni dans les autres États membres de l’Union européenne selon Plantgrape. Il est inscrit en liste A et classé pour la production de vin.
Son profil agronomique combine fertilité et productivité plutôt élevées, rameaux longs, souples et fragiles à la base, port horizontal et besoin de palissage. Plantgrape le décrit comme bien adapté aux sols graveleux ; dans les zones méridionales, une alimentation hydrique régulière est explicitement signalée. Le débourrement se situe trois jours après le Chasselas et la maturité environ trois semaines et demie à quatre semaines après ce témoin, ce qui en fait un cépage à maturation relativement tardive dans la grille française.
À maturité suffisante, les grappes moyennes et les petites baies peuvent donner des vins puissants, riches, colorés et tanniques, aptes à la garde. En assemblage, le Petit Verdot peut apporter corps, couleur et vivacité ; dans les conditions climatiques favorables, il peut accumuler beaucoup de sucres tout en conservant une acidité élevée.
Le vignoble français recensé par la série Plantgrape est passé de 338 ha en 1988 à 1 475 ha en 2018. L’Espagne comptait 2 031 ha au 31 juillet 2025, dont 1 556 ha en Castilla-La Mancha. En Australie, Wine Australia indique 12 040 t de Petit Verdot récoltées en 2025 ; l’estimation de surface affichée dans sa fiche 2025 reste fondée sur le recensement ABS 2015 (1 120 ha) et ne doit donc pas être présentée comme une surface 2025.
02 · Référence
Origine, histoire et diffusion
Plantgrape situe l’origine du Petit Verdot dans le sud-ouest de la France. Le cahier des charges de Bordeaux rappelle qu’à la fin du XVIIIe siècle, les « cabernets », le Côt/Malbec et le Petit Verdot figuraient parmi les cépages principaux du Bordelais, avant la diffusion massive du Merlot à partir du XIXe siècle. Cette mention réglementaire fournit un ancrage historique solide sans obliger…
Le recul des surfaces françaises durant une grande partie du XXe siècle, puis leur remontée depuis les années 1990-2000, illustre un regain d’intérêt. Entre 1988 et 2018, la série Plantgrape passe de 338 à 1 475 ha, soit une multiplication par environ 4,36. Entre 2008 et 2018, la surface a un peu plus que doublé.
La diffusion hors de France est aujourd’hui importante. Plantgrape indique que la variété est aussi inscrite dans les catalogues de Bulgarie, Croatie, Chypre, Italie, Malte, Portugal et Espagne. En Espagne, 2 031 ha étaient officiellement recensés au 31 juillet 2025 ; en Australie, la variété est suffisamment développée pour représenter 12 040 t de vendange en 2025.
03 · Référence
Génétique, parentage et diversité
La fiche Plantgrape consultée ne renseigne pas de parentage naturel du Petit Verdot. Cette absence doit être conservée telle quelle : un système de connaissances ne doit pas inventer un père ou une mère pour combler un champ vide.
Le Vitis International Variety Catalogue (VIVC) identifie la variété sous l’entrée « VERDOT PETIT » et confirme son origine française ; il constitue une ressource complémentaire pour la nomenclature internationale et les références de collections.
Des travaux de génétique de populations ont mis en évidence une part d’ascendance de Vitis vinifera subsp. sylvestris relativement élevée chez Petit Verdot et l’ont rapproché, dans certains jeux de données, de groupes présentant une introgression de vigne sauvage. Cette information est intéressante pour l’histoire de la domestication, mais elle ne constitue pas un parentage simple et ne doit pas être transformée en filiation généalogique.
04 · Référence
Phénologie : débourrement, floraison, véraison et maturité
Plantgrape exprime la phénologie par rapport au Chasselas au Domaine de Vassal : débourrement environ trois jours après le Chasselas ; maturité de deuxième époque, environ trois semaines et demie à quatre semaines après ce témoin. Les dates moyennes du Chasselas données à Vassal (17 mars au débourrement et 12 août à maturité) ne doivent pas être converties en calendrier national du Petit Verdot.
Figure 2 - Phénologie relative du Petit Verdot selon Plantgrape. Le graphique montre un décalage par rapport au Chasselas, et non des dates de vendange françaises.
05 · Référence
Vigueur, port, fertilité et rendement
Petit Verdot est décrit comme fertile et plutôt productif. Ses rameaux sont souples, relativement longs, fragiles à leur base et à port horizontal. Ce port crée un besoin clair de palissage et justifie un suivi de la solidité de la charpente, du relevage, de la distribution de la surface foliaire et de la charge.
La productivité ne doit pas être traduite par un rendement universel en hl/ha. Le rendement réel dépend de la densité, du clone, de la taille, du nombre de grappes, de leur poids, du millerandage/coulure, du sol, de la disponibilité en eau, du millésime et des règles de l’appellation.
06 · Référence
Floraison, coulure et sélection sanitaire/agronomique
Plantgrape indique qu’autrefois certaines souches étaient sensibles à la coulure en raison d’une malformation du stigmate. Ce caractère a été éliminé en France par les travaux de sélection. Cette information est importante pour interpréter les sources historiques : un défaut décrit dans des ouvrages anciens ne doit pas être automatiquement attribué au matériel certifié moderne.
La coulure reste cependant un phénomène viticole général pouvant survenir sous l’effet de conditions défavorables à la floraison, d’un déséquilibre végétatif ou d’autres facteurs. SILLOVA doit distinguer la malformation historique explicitement éliminée par sélection des accidents de nouaison non spécifiques susceptibles d’apparaître dans un millésime donné.
07 · Référence
Sols, profondeur et terroirs adaptés
La seule préférence de sol explicitement donnée par Plantgrape est une bonne adaptation aux sols graveleux. Dans le Médoc, les textes officiels décrivent précisément l’usage du Petit Verdot sur des terres chaudes et filtrantes ; l’INAO décrit par ailleurs des nappes de graves sableuses ou argileuses et des sols argilo-calcaires.
Cette compatibilité avec les graves ne signifie pas que tout sol graveleux est automatiquement adapté. Les points décisifs sont la profondeur exploitable, la réserve utile, le drainage, la proportion d’éléments grossiers, la matière organique, le calcaire actif, le pH, la vigueur induite et l’alimentation hydrique pendant la maturation.
08 · Référence
Climat, chaleur et fenêtre de maturation
La maturité relativement tardive rend le Petit Verdot sensible à la qualité de la fin de saison : disponibilité thermique, rayonnement, état foliaire, pluies de vendange et pression sanitaire. Dans le Bordelais, les études microclimatiques montrent que la température peut varier fortement à l’échelle locale : jusqu’à 10 °C d’amplitude des températures minimales sur une même journée et environ 320 degrés-jours d’écart…
Ces écarts démontrent qu’une recommandation à l’échelle « Bordeaux » ou « Sud-Ouest » est insuffisante. À variété identique, le choix de sous-zone, exposition, altitude, proximité de l’estuaire, texture et réserve en eau peut déplacer les stades et la composition des baies.
09 · Référence
Eau, sécheresse et irrigation
Plantgrape donne une indication spécifique rarement aussi explicite : en zone méridionale, Petit Verdot demande une alimentation hydrique régulière. Cela interdit de le présenter comme un cépage intrinsèquement « résistant à la sécheresse ».
Le pilotage doit viser un compromis : éviter l’excès d’eau durable qui entretient une vigueur élevée et un microclimat dense, mais aussi éviter le déficit sévère qui ferme les stomates, réduit la photosynthèse, freine la maturation et peut diminuer le poids des baies. La littérature générale sur la vigne montre que le statut hydrique dépend autant des conditions climatiques que de la réserve en eau du sol.
10 · Référence
Porte-greffes : matrice de choix
Le choix du porte-greffe doit partir des contraintes de sol et d’eau, puis intégrer vigueur, précocité et objectifs qualitatifs. Plantgrape cite explicitement l’association Petit Verdot × 101-14 MGt parmi les assemblages appréciés. Pour les autres porte-greffes ci-dessous, l’intérêt est déduit de leurs aptitudes propres et doit être validé localement ; l’absence de mention spécifique du Petit Verdot est…
Une étude conduite en Chine orientale en 2016-2017 sur Petit Verdot greffé sur 101-14 MGt, 1103P, Beta, 5BB et SO4 a trouvé un effet limité des porte-greffes sur la maturation technologique, mais des effets sur les profils de flavonoïdes. 1103P et Beta tendaient notamment à augmenter les anthocyanes des pellicules sur les deux saisons de l’essai. Ce résultat est expérimental et ne doit pas être transposé tel quel à Bordeaux.
| Marqueur | Allèle 1 | Allèle 2 |
|---|---|---|
| VRZAG62 | 194 | 204 |
| VRZAG79 | 252 | 256 |
| VVMD25 | 248 | 254 |
| VVMD27 | 176 | 186 |
| VVMD28 | 216 | 235 |
| VVMD32 | 239 | 239 |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur résumé exécutif ?
Le Petit Verdot est un cépage noir de cuve originaire du sud-ouest de la France. En France, son nom officiel est « Petit Verdot » et aucun synonyme n’est officiellement reconnu dans le Catalogue français ni dans les autres États membres de l’Union européenne selon Plantgrape. Il est inscrit en liste A et classé pour la production de vin. Son profil… [S01][S14][S15][S08][S09]
Que faut-il retenir sur origine, histoire et diffusion ?
Plantgrape situe l’origine du Petit Verdot dans le sud-ouest de la France. Le cahier des charges de Bordeaux rappelle qu’à la fin du XVIIIe siècle, les « cabernets », le Côt/Malbec et le Petit Verdot figuraient parmi les cépages principaux du Bordelais, avant la diffusion massive du Merlot à partir du XIXe siècle. Cette mention réglementaire fournit un ancrage historique… [S01][S08][S14][S15]
Que faut-il retenir sur génétique, parentage et diversité ?
La fiche Plantgrape consultée ne renseigne pas de parentage naturel du Petit Verdot. Cette absence doit être conservée telle quelle : un système de connaissances ne doit pas inventer un père ou une mère pour combler un champ vide. Le Vitis International Variety Catalogue (VIVC) identifie la variété sous l’entrée « VERDOT PETIT » et confirme son origine française ; il constitue une ressource complémentaire… [S01][S22][S21]
Que faut-il retenir sur phénologie : débourrement, floraison, véraison et maturité ?
Plantgrape exprime la phénologie par rapport au Chasselas au Domaine de Vassal : débourrement environ trois jours après le Chasselas ; maturité de deuxième époque, environ trois semaines et demie à quatre semaines après ce témoin. Les dates moyennes du Chasselas données à Vassal (17 mars au débourrement et 12 août à maturité) ne doivent pas être converties en calendrier national du Petit Verdot… [S01]
Que faut-il retenir sur vigueur, port, fertilité et rendement ?
Petit Verdot est décrit comme fertile et plutôt productif. Ses rameaux sont souples, relativement longs, fragiles à leur base et à port horizontal. Ce port crée un besoin clair de palissage et justifie un suivi de la solidité de la charpente, du relevage, de la distribution de la surface foliaire et de la charge. La productivité ne doit pas être traduite par… [S01]
Que faut-il retenir sur floraison, coulure et sélection sanitaire/agronomique ?
Plantgrape indique qu’autrefois certaines souches étaient sensibles à la coulure en raison d’une malformation du stigmate. Ce caractère a été éliminé en France par les travaux de sélection. Cette information est importante pour interpréter les sources historiques : un défaut décrit dans des ouvrages anciens ne doit pas être automatiquement attribué au matériel certifié moderne. La coulure reste cependant un phénomène… [S01]





