Référence agronomique · France

Agronomie · Fertilisation et nutrition

Molybdène

Le molybdène est un oligo-élément impliqué dans l’utilisation de l’azote par les plantes. Sa disponibilité varie avec le sol ; un apport ne se justifie qu’après diagnostic.

Mis à jour le 02/10/2026 Lecture 5 min
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Molybdène — illustration documentaire (Agronomie, Fertilisation et nutrition)
Molybdène · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Rôle

Métabolisme azoté

Il intervient dans des enzymes liées à l’azote.

Sol

Observer le pH

La disponibilité varie avec les conditions du sol.

Symptôme

Éviter le diagnostic rapide

D’autres causes peuvent produire des signes voisins.

Apport

Raisonner avant d’agir

Analyse et culture orientent la décision.

01 · Référence

À retenir

Le molybdène (Mo) est un oligo-élément essentiel absorbé principalement sous forme d’ion molybdate MoO4²⁻. Les quantités nécessaires sont parmi les plus faibles de tous les éléments minéraux essentiels, mais l’impact d’une carence peut être majeur parce que plusieurs enzymes-clés dépendent du cofacteur au molybdène.

Le molybdate libre n’est pas la forme catalytique finale. Il doit être inséré dans une molybdoptérine pour former le molybdenum cofactor (Moco), utilisé par la nitrate réductase, la sulfite oxydase, la xanthine déshydrogénase et les aldéhyde oxydases.

Contrairement à Cu, Zn, Mn ou Fe, la disponibilité du molybdène augmente généralement lorsque le pH s’élève. ARVALIS rappelle explicitement cet effet inverse lors du chaulage.

02 · Référence

Identité chimique et agronomique du molybdène

Le molybdène (Mo) est un oligo-élément essentiel absorbé principalement sous forme d’ion molybdate MoO4²⁻. Les quantités nécessaires sont parmi les plus faibles de tous les éléments minéraux essentiels, mais l’impact d’une carence peut être majeur parce que plusieurs enzymes-clés dépendent du cofacteur au molybdène.

Les sols acides, en particulier sableux ou fortement altérés, sont les situations classiques de carence : le molybdate y est davantage adsorbé sur les oxydes de Fe et d’Al et devient moins accessible aux racines.

03 · Référence

Moco : transformer le molybdate en cofacteur catalytique

Le molybdate absorbé n’est pas directement « actif ». La plante construit une molybdoptérine puis y insère le Mo pour produire le molybdenum cofactor (Moco). Cette biosynthèse, conservée chez de nombreux organismes, mobilise plusieurs protéines et compartiments cellulaires. La molybdenum insertase Cnx1 intervient dans l’étape d’insertion finale.

Le molybdate libre n’est pas la forme catalytique finale. Il doit être inséré dans une molybdoptérine pour former le molybdenum cofactor (Moco), utilisé par la nitrate réductase, la sulfite oxydase, la xanthine déshydrogénase et les aldéhyde oxydases.

Le chaulage peut donc corriger une carence induite en Mo en augmentant sa disponibilité, tout en corrigeant d’autres contraintes de l’acidité. Mais ce levier doit rester compatible avec la culture, le statut calcique et, en prairie, le risque d’augmentation du Mo du fourrage.

04 · Référence

Nitrate réductase : le nœud Mo–azote le plus important

La nitrate réductase est le lien agronomique le plus direct entre Mo et nutrition azotée : elle catalyse la première étape de l’assimilation du nitrate. Une carence en Mo peut donc mimer une carence en azote alors que le nitrate est présent dans le sol ou dans la plante.

Principales enzymes du molybdène citées dans la fiche.
EnzymeRôle citéCofacteur impliqué
Nitrate réductasePremière étape de l’assimilation du nitrateMoco végétal
Nitrogenase bactérienneFixe l’azote atmosphérique dans les nodulesCofacteur FeMo, distinct du Moco végétal
Sulfite oxydaseOxyde le sulfite potentiellement toxique en sulfateMoco végétal

05 · Référence

Fixation symbiotique : FeMo-cofacteur et nodules des légumineuses

La nitrogenase des bactéries symbiotiques fixe l’azote atmosphérique dans les nodules. Son site catalytique contient le FeMo-cofacteur, distinct du Moco végétal. Une alimentation insuffisante en molybdate peut donc limiter directement la fixation biologique de l’azote même lorsque l’inoculation rhizobienne est correcte.

La fixation symbiotique de N2 par les légumineuses dépend aussi du Mo, mais par une autre voie : la nitrogenase bactérienne contient le cofacteur fer-molybdène FeMo. Il faut distinguer ce FeMoco de la Moco des enzymes végétales.

06 · Référence

Sulfite oxydase, xanthine déshydrogénase et aldéhyde oxydases

La sulfite oxydase participe à l’oxydation du sulfite potentiellement toxique en sulfate. La xanthine déshydrogénase intervient dans la dégradation des purines et le recyclage de l’azote. Les aldéhyde oxydases utilisent un Moco sulfuré et contribuent notamment à la dernière étape de biosynthèse de l’ABA.

Les légumineuses ont donc un double enjeu Mo : assimilation du nitrate par la plante et alimentation des nodules/rhizobia pour la nitrogenase. Les systèmes de transport MOT sont plus développés chez plusieurs légumineuses précisément pour alimenter les nodules.

07 · Référence

Absorption racinaire : transporteurs MOT et haute affinité

Les travaux récents sur Arabidopsis décrivent MOT1. 1 comme un importateur racinaire à haute affinité, localisé à la membrane plasmique et important pour l’entrée du molybdate depuis le sol ainsi que sa distribution. Des transporteurs de la famille MOT2 assurent ensuite des fonctions de distribution cellulaire.

Le Mo intervient indirectement dans la réponse au stress hydrique via les aldéhyde oxydases nécessaires à la biosynthèse de l’acide abscissique (ABA). Une déficience sévère peut donc perturber la régulation stomatique et la réponse au stress, sans que ce mécanisme justifie pour autant un apport préventif systématique.

08 · Référence

Transport interne, stockage vacuolaire et remobilisation

Après absorption, le molybdate est transporté vers les parties aériennes puis importé dans les cellules. MOT1. 2 est décrit comme un exportateur tonoplastique permettant de remobiliser le Mo stocké dans la vacuole, notamment lors de la sénescence, et d’alimenter la biosynthèse du Moco.

La sulfite oxydase et la xanthine déshydrogénase ajoutent des fonctions dans la détoxification du sulfite, le métabolisme des purines et le recyclage de l’azote. Le rôle du Mo dépasse donc largement la seule nitrate réductase.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Sous quelle forme la plante absorbe-t-elle le molybdène?

Principalement sous forme d’ion molybdate MoO4²⁻. Le molybdate libre doit ensuite être inséré dans une molybdoptérine pour devenir actif.

Le chaulage peut-il corriger une carence en molybdène?

Il peut la corriger en augmentant la disponibilité du molybdène. Ce levier doit rester compatible avec la culture, le statut calcique et, en prairie, le risque d’augmentation du Mo du fourrage.

Une carence en molybdène peut-elle ressembler à une carence en azote?

Oui. Une carence en Mo peut mimer une carence en azote alors que le nitrate est présent dans le sol ou dans la plante.

Traçabilité

Sources utilisées

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