Référence agronomique · France

Maraîchage · Légumes, petits fruits et systèmes de culture

Maraîchage sous serre

Le maraîchage sous serre couvre des abris et des niveaux d’équipement très différents. Structure, climat, énergie, eau et choix des cultures guident la conception.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 6 min
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Maraîchage sous serre — illustration documentaire (Maraîchage, Légumes, petits fruits et systèmes de culture)
Maraîchage sous serre · Illustration documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Une lecture synthétique des informations à retenir avant d’entrer dans le détail.

Abris

Tunnel à serre équipée

Énergie

Selon le système

Racines

Sol ou substrat

Pilotage

Climat et irrigation

01 · Guide

Synthèse exécutive et chiffres clés

Pour la tomate et le concombre frais, la serre est au cœur de la production française. Le CTIFL indique qu’environ 1 129,4 ha de serres chauffées sont dédiés à ces deux espèces, avec 89 % de la surface en tomate et 11 % en concombre. Le projet PERTOMCO rappelle aussi le poids majeur du chauffage dans l’empreinte carbone des systèmes chauffés hors-sol : 72 à 75 % des émissions de gaz à effet de serre, devant le CO2 liquide autour de 8 % et la construction de l’abri autour de 6 %.

Repères de surfaces et d’empreinte carbone cités dans la page.
RepèreValeurLecture
Serres chauffées tomate et concombre frais (CTIFL)1 129,4 haDont 89 % en tomate et 11 % en concombre
Émissions liées au chauffage (PERTOMCO)72 à 75 %Part des émissions des systèmes chauffés hors-sol
CO2 liquide (PERTOMCO)Environ 8 %Part de l’empreinte carbone
Construction de l’abri (PERTOMCO)Environ 6 %Part de l’empreinte carbone

02 · Guide

Définition, fonctions et frontières du maraîchage sous serre

Les fonctions principales sont la protection des cultures contre la pluie, le vent et certains aléas, l’allongement de la saison, la sécurisation de la qualité commerciale, l’augmentation de la productivité surfacique et la création d’un environnement compatible avec la protection biologique intégrée. Elles s’accompagnent de contraintes spécifiques : investissement immobilisé, dépendance aux équipements, gestion de l’humidité, risque de propagation rapide d’un organisme nuisible dans un milieu favorable, concentration de main-d’œuvre et, pour les serres chauffées, dépendance historique à l’énergie.

03 · Guide

Histoire et évolution technique

L’enquête CTIFL 2016 illustre la transformation du parc chauffé : sur 1 081,6 ha étudiés, la consommation de chauffage et d’électricité hors éclairage atteignait 3,3 TWh, et l’étude signalait la progression de la cogénération, des serres semi-fermées et de la déshumidification active. Le contexte énergétique depuis 2021-2022 a accéléré la recherche de stratégies de sobriété, d’écrans plus performants et d’énergies alternatives.

04 · Guide

Place en France et repères européens

Il n’existe pas un chiffre unique répondant à toutes les définitions de « surface sous serre ». Le Recensement agricole distingue notamment les légumes sous serre ou abri haut chauffé et non chauffé. Les publications par culture peuvent, elles, compter des surfaces développées, des surfaces physiques ou des surfaces de campagne. Le document SILLOVA doit conserver la définition statistique associée à chaque nombre.

La Bretagne constitue un cas très spécialisé : l’étude DRAAF publiée en 2024 indique environ 1 500 ha de « maraîchage en intérieur », dont environ 900 ha chauffés. Elle souligne que la tomate y est produite quasi exclusivement sous serre, le plus souvent chauffée, et que les serristes sont fortement concentrés dans le Finistère.

05 · Guide

Typologie des serres et abris

Le choix de structure fixe une grande partie des possibilités futures : lumière disponible, inertie climatique, hauteur de palissage, capacité de ventilation, charge admissible pour les écrans ou l’éclairage, durabilité de la couverture, facilité de mécanisation et niveau d’investissement. Une structure peu coûteuse mais mal adaptée au climat local peut générer ensuite des coûts de travail ou des pertes difficiles à corriger.

Le terme « serre froide » ne signifie pas absence totale d’équipements : aération motorisée, goutte-à-goutte, écrans d’ombrage, filets, brumisation ponctuelle ou protections antigel peuvent exister. Inversement, une serre chauffée peut être conduite avec des consignes fortement réduites selon la saison et le prix de l’énergie.

06 · Guide

Espèces, segments commerciaux et calendriers

Les calendriers doivent être construits à rebours du débouché. Une plantation précoce n’est intéressante que si le surcoût de chauffage, de plant, d’éclairage éventuel et de travail est compensé par un prix plus élevé ou une meilleure continuité commerciale. À l’inverse, une stratégie sobre peut accepter un retard de production pour réduire le risque énergétique. Les essais CTIFL sur conduite climatique économe montrent précisément ce compromis entre économie d’énergie et précocité.

07 · Guide

Bassins de production et logiques territoriales

La localisation devient une variable énergétique. Une serre neuve à proximité d’une source de chaleur fatale, d’un réseau de chaleur ou d’une ressource biomasse sécurisée peut avoir un profil carbone et économique très différent d’un site dépendant du gaz. Le projet PERTOMCO estime que la chaleur fatale peut, dans certains scénarios, réduire fortement les émissions mais avec un investissement et des contraintes de localisation importants.

08 · Guide

Choix du site et conception de l’outil

Le drainage du site est critique. Une serre concentre l’eau de pluie sur les chéneaux et modifie les écoulements. Il faut dimensionner collecte, évacuation ou stockage des eaux pluviales sans transférer le risque d’inondation vers l’outil ou l’aval. En pleine terre, un sol hydromorphe sous serre peut devenir encore plus difficile à gérer car la pluie naturelle n’assure plus de lessivage ni de ressuyage.

09 · Guide

Physique du climat sous serre

Une température d’air unique ne décrit pas l’état de la plante. La température de feuille peut diverger selon rayonnement, humidité, mouvement d’air et transpiration. Les capteurs doivent donc être positionnés dans un environnement représentatif, protégés du rayonnement direct, entretenus et comparés régulièrement. Dans les grandes serres, plusieurs zones de mesure sont nécessaires pour détecter les gradients.

10 · Guide

Température, chauffage, ventilation et refroidissement

Les essais CTIFL montrent que réduire les consignes peut économiser 35 à 45 % d’énergie dans certains protocoles tomate, mais avec un retard ou une perte de rendement précoce. En concombre, le projet COOL CCB a mesuré 35 % d’économie d’énergie en 2024 ; la stratégie devenait économiquement pertinente au-dessus d’un seuil énergétique calculé à 61,20 €/MWh dans le contexte de l’essai. Ces valeurs ne sont pas des règles générales : elles démontrent l’importance du raisonnement économique dynamique.

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Quelle part du chauffage dans l’empreinte carbone?

Le projet PERTOMCO rappelle que le chauffage pèse 72 à 75 % des émissions de gaz à effet de serre des systèmes chauffés hors-sol.

Réduire les consignes économise-t-il de l’énergie?

Les essais CTIFL montrent une économie de 35 à 45 % d’énergie dans certains protocoles tomate, avec un retard ou une perte de rendement précoce.

Quel était le parc chauffé de l’enquête CTIFL 2016?

L’enquête porte sur 1 081,6 ha de serres chauffées. La consommation de chauffage et d’électricité hors éclairage atteignait 3,3 TWh.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.