Référence agronomique · France

Maraîchage · Légumes, petits fruits et systèmes de culture

Maraîchage sous serre

Référence technique · Maraîchage sous serre

Le maraîchage sous serre regroupe des systèmes extrêmement différents. Un tunnel non chauffé de diversification et une serre verre chauffée de plusieurs hectares peuvent produire des légumes frais sous abri, mais leurs investissements, calendriers, rendements, besoins en énergie et en main-d’œuvre n’ont rien de comparable. La première règle documentaire est donc de toujours préciser le…

Vérifié le 25 août 2026 Lecture 13 min
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Vue agricole consacrée à maraîchage sous serre
Maraîchage sous serre · Illustration documentaire SILLOVA
32 sources analyséesOrganismes publics et techniques
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères de campagne

Les chiffres à retenir

Chaque valeur garde son année, son statut et sa source.

01
Consolidé

tunnel simple, multi-chapelle, serre verre, serre plastique

Structure

volume d’air, lumière, ventilation, durée de vie, coût [W01][W02]

02
Consolidé

non chauffée, hors-gel, chauffée, cogénération, biomasse, chaleur fatale…

Énergie

calendrier, coût, GES, résilience [W01][W02]

03
Consolidé

pleine terre, sol aménagé, laine de roche, coco, organique…

Milieu racinaire

nutrition, maladies telluriques, recyclage [W01][W02]

04
Consolidé

passif, ventilé, chauffé, refroidi, semi-fermé

Climat

précision de conduite et risques [W01][W02]

01 · Référence

Synthèse exécutive et chiffres clés

Le maraîchage sous serre regroupe des systèmes extrêmement différents. Un tunnel non chauffé de diversification et une serre verre chauffée de plusieurs hectares peuvent produire des légumes frais sous abri, mais leurs investissements, calendriers, rendements, besoins en énergie et en main-d’œuvre n’ont rien de comparable. La première règle documentaire est donc de toujours préciser le type de structure, le mode de chauffage…

Pour la tomate et le concombre frais, la serre est au cœur de la production française. Le CTIFL indique qu’environ 1 129,4 ha de serres chauffées sont dédiés à ces deux espèces, avec 89 % de la surface en tomate et 11 % en concombre. Le projet PERTOMCO rappelle aussi le poids majeur du chauffage dans l’empreinte carbone des systèmes chauffés hors-sol : 72 à 75 % des émissions de gaz à effet de serre, devant le CO2 liquide autour de 8 % et la construction de l’abri autour de 6 %.

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02 · Référence

Définition, fonctions et frontières du maraîchage sous serre

Une serre crée un microclimat distinct du climat extérieur. Son enveloppe transmet une partie du rayonnement solaire, réduit le vent, modifie les échanges convectifs et radiatifs et permet d’agir sur la température, l’humidité, l’eau, la nutrition, parfois le CO2 et la lumière. Dans un abri non chauffé, le contrôle reste principalement passif : ouverture, aération, ombrage, choix de date. Dans une serre chauffée…

Les fonctions principales sont la protection des cultures contre la pluie, le vent et certains aléas, l’allongement de la saison, la sécurisation de la qualité commerciale, l’augmentation de la productivité surfacique et la création d’un environnement compatible avec la protection biologique intégrée. Elles s’accompagnent de contraintes spécifiques : investissement immobilisé, dépendance aux équipements, gestion de l’humidité, risque de propagation rapide d’un organisme nuisible dans un milieu favorable, concentration de main-d’œuvre et, pour les serres chauffées, dépendance historique à l’énergie.

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03 · Référence

Histoire et évolution technique

La protection des cultures par châssis, cloches et vitrages est ancienne. L’essor moderne résulte de plusieurs vagues d’innovation : généralisation des films plastiques et des tunnels au XXe siècle, développement de serres verre plus hautes et mieux ventilées, chauffage centralisé, goutte-à-goutte et fertigation, cultures sur substrat, ordinateurs climatiques, PBI, cogénération, écrans thermiques, éclairage LED et, plus récemment, déshumidification active, serres semi-fermées…

L’enquête CTIFL 2016 illustre la transformation du parc chauffé : sur 1 081,6 ha étudiés, la consommation de chauffage et d’électricité hors éclairage atteignait 3,3 TWh, et l’étude signalait la progression de la cogénération, des serres semi-fermées et de la déshumidification active. Le contexte énergétique depuis 2021-2022 a accéléré la recherche de stratégies de sobriété, d’écrans plus performants et d’énergies alternatives.

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04 · Référence

Place en France et repères européens

Il n’existe pas un chiffre unique répondant à toutes les définitions de « surface sous serre ». Le Recensement agricole distingue notamment les légumes sous serre ou abri haut chauffé et non chauffé. Les publications par culture peuvent, elles, compter des surfaces développées, des surfaces physiques ou des surfaces de campagne. Le document SILLOVA doit conserver la définition statistique associée à chaque nombre.

La Bretagne constitue un cas très spécialisé : l’étude DRAAF publiée en 2024 indique environ 1 500 ha de « maraîchage en intérieur », dont environ 900 ha chauffés. Elle souligne que la tomate y est produite quasi exclusivement sous serre, le plus souvent chauffée, et que les serristes sont fortement concentrés dans le Finistère.

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05 · Référence

Typologie des serres et abris

Le choix de structure fixe une grande partie des possibilités futures : lumière disponible, inertie climatique, hauteur de palissage, capacité de ventilation, charge admissible pour les écrans ou l’éclairage, durabilité de la couverture, facilité de mécanisation et niveau d’investissement. Une structure peu coûteuse mais mal adaptée au climat local peut générer ensuite des coûts de travail ou des pertes difficiles à corriger.

Le terme « serre froide » ne signifie pas absence totale d’équipements : aération motorisée, goutte-à-goutte, écrans d’ombrage, filets, brumisation ponctuelle ou protections antigel peuvent exister. Inversement, une serre chauffée peut être conduite avec des consignes fortement réduites selon la saison et le prix de l’énergie.

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06 · Référence

Espèces, segments commerciaux et calendriers

Sous serre, le choix d’espèce ne dépend pas seulement du potentiel biologique. Il résulte du rapport entre valeur commerciale, durée d’occupation, besoin thermique, intensité de travail, capacité à valoriser le volume de serre et opportunités de marché. Les cultures longues…

Les calendriers doivent être construits à rebours du débouché. Une plantation précoce n’est intéressante que si le surcoût de chauffage, de plant, d’éclairage éventuel et de travail est compensé par un prix plus élevé ou une meilleure continuité commerciale. À l’inverse, une stratégie sobre peut accepter un retard de production pour réduire le risque énergétique. Les essais CTIFL sur conduite climatique économe montrent précisément ce compromis entre économie d’énergie et précocité.

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07 · Référence

Bassins de production et logiques territoriales

Les serres françaises se localisent selon plusieurs logiques : proximité des marchés ou plateformes, tradition maraîchère, disponibilité de main-d’œuvre, rayonnement et climat, coût et accès à l’énergie, eau, foncier, structuration coopérative et opportunités de récupération de chaleur. Les régions atlantiques…

La localisation devient une variable énergétique. Une serre neuve à proximité d’une source de chaleur fatale, d’un réseau de chaleur ou d’une ressource biomasse sécurisée peut avoir un profil carbone et économique très différent d’un site dépendant du gaz. Le projet PERTOMCO estime que la chaleur fatale peut, dans certains scénarios, réduire fortement les émissions mais avec un investissement et des contraintes de localisation importants.

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08 · Référence

Choix du site et conception de l’outil

Le projet doit partir d’un cahier des charges agronomique et commercial avant de choisir une structure. La culture cible détermine la hauteur, les charges de palissage, la largeur des allées, la capacité de ventilation et la compatibilité avec les chariots ou…

Le drainage du site est critique. Une serre concentre l’eau de pluie sur les chéneaux et modifie les écoulements. Il faut dimensionner collecte, évacuation ou stockage des eaux pluviales sans transférer le risque d’inondation vers l’outil ou l’aval. En pleine terre, un sol hydromorphe sous serre peut devenir encore plus difficile à gérer car la pluie naturelle n’assure plus de lessivage ni de ressuyage.

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09 · Référence

Physique du climat sous serre

Le climat résulte d’un bilan d’énergie. Le rayonnement solaire apporte de l’énergie ; la serre en perd par conduction à travers l’enveloppe, renouvellement d’air, rayonnement vers le ciel et échanges avec le sol. La culture transforme une partie…

Une température d’air unique ne décrit pas l’état de la plante. La température de feuille peut diverger selon rayonnement, humidité, mouvement d’air et transpiration. Les capteurs doivent donc être positionnés dans un environnement représentatif, protégés du rayonnement direct, entretenus et comparés régulièrement. Dans les grandes serres, plusieurs zones de mesure sont nécessaires pour détecter les gradients.

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10 · Référence

Température, chauffage, ventilation et refroidissement

La température agit sur la vitesse de développement, l’allongement, la floraison, la nouaison, la respiration et la maturation. Les consignes pertinentes varient fortement entre tomate, concombre, salade ou fraise ; elles dépendent aussi du rayonnement. Dans les cultures longues, le pilotage moderne…

Les essais CTIFL montrent que réduire les consignes peut économiser 35 à 45 % d’énergie dans certains protocoles tomate, mais avec un retard ou une perte de rendement précoce. En concombre, le projet COOL CCB a mesuré 35 % d’économie d’énergie en 2024 ; la stratégie devenait économiquement pertinente au-dessus d’un seuil énergétique calculé à 61,20 €/MWh dans le contexte de l’essai. Ces valeurs ne sont pas des règles générales : elles démontrent l’importance du raisonnement économique dynamique.

Repères documentés issus du dossier de référence SILLOVA.
DimensionModalités à documenterPourquoi c’est déterminant
Structuretunnel simple, multi-chapelle, serre verre, serre plastiquevolume d’air, lumière, ventilation, durée de vie, coût
Énergienon chauffée, hors-gel, chauffée, cogénération, biomasse, chaleur fatale, PACcalendrier, coût, GES, résilience
Milieu racinairepleine terre, sol aménagé, laine de roche, coco, organique, eaunutrition, maladies telluriques, recyclage
Climatpassif, ventilé, chauffé, refroidi, semi-ferméprécision de conduite et risques
Équipementmanuel, motorisé, ordinateur climatique, capteurs, IAtravail, précision, dépendance technique
Marchécircuits courts, expédition, OP, GMS, contratcalibre, conditionnement, volumes, prix
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Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Que faut-il retenir sur synthèse exécutive et chiffres clés ?

Le maraîchage sous serre regroupe des systèmes extrêmement différents. Un tunnel non chauffé de diversification et une serre verre chauffée de plusieurs hectares peuvent produire des légumes frais sous abri, mais leurs investissements, calendriers, rendements, besoins en énergie et en main-d’œuvre n’ont rien de comparable. La première règle documentaire est donc de toujours préciser le type de structure, le… [W01][W02]

Que faut-il retenir sur définition, fonctions et frontières du maraîchage sous serre ?

Une serre crée un microclimat distinct du climat extérieur. Son enveloppe transmet une partie du rayonnement solaire, réduit le vent, modifie les échanges convectifs et radiatifs et permet d’agir sur la température, l’humidité, l’eau, la nutrition, parfois le CO2 et la lumière. Dans un abri non chauffé, le contrôle reste principalement passif : ouverture, aération, ombrage, choix de date. Dans… [W01][W02]

Que faut-il retenir sur histoire et évolution technique ?

La protection des cultures par châssis, cloches et vitrages est ancienne. L’essor moderne résulte de plusieurs vagues d’innovation : généralisation des films plastiques et des tunnels au XXe siècle, développement de serres verre plus hautes et mieux ventilées, chauffage centralisé, goutte-à-goutte et fertigation, cultures sur substrat, ordinateurs climatiques, PBI, cogénération, écrans thermiques, éclairage LED et, plus récemment, déshumidification active… [W01][W02]

Que faut-il retenir sur place en france et repères européens ?

Il n’existe pas un chiffre unique répondant à toutes les définitions de « surface sous serre ». Le Recensement agricole distingue notamment les légumes sous serre ou abri haut chauffé et non chauffé. Les publications par culture peuvent, elles, compter des surfaces développées, des surfaces physiques ou des surfaces de campagne. Le document SILLOVA doit conserver la définition statistique associée à chaque nombre… [W01][W02]

Que faut-il retenir sur typologie des serres et abris ?

Le choix de structure fixe une grande partie des possibilités futures : lumière disponible, inertie climatique, hauteur de palissage, capacité de ventilation, charge admissible pour les écrans ou l’éclairage, durabilité de la couverture, facilité de mécanisation et niveau d’investissement. Une structure peu coûteuse mais mal adaptée au climat local peut générer ensuite des coûts de travail ou des pertes difficiles à… [W01][W02]

Que faut-il retenir sur espèces, segments commerciaux et calendriers ?

Sous serre, le choix d’espèce ne dépend pas seulement du potentiel biologique. Il résulte du rapport entre valeur commerciale, durée d’occupation, besoin thermique, intensité de travail, capacité à valoriser le volume de serre et opportunités de marché. Les cultures longues à haute valeur permettent d’amortir des équipements lourds ; les systèmes froids recherchent souvent des successions rapides et une diversité… [W01][W02]

Traçabilité

Sources utilisées

Les chiffres et repères affichés sur cette page renvoient à leur organisme d’origine. Les bases vivantes sont vérifiées avant toute recommandation opérationnelle.

8 sources affichées sur 32

  1. W01

    CTIFL, « Amélioration de la performance environnementale en tomate et concombre…

    CTIFL, « Amélioration de la performance environnementale en tomate et concombre sous abri », INFOS CTIFL n°406, 1 mai 2025.

    2025

  2. W02

    CTIFL, « Évaluation de leviers de réduction des émissions de gaz…

    projet GreenGO PERTOMCO, consulté 2026.

    2026

  3. W03

    CTIFL, « Conduite climatique économe en énergie, culture de tomate », présentation…

    CTIFL, « Conduite climatique économe en énergie, culture de tomate », présentation 16 septembre 2025.

    2025

  4. W04

    CTIFL, « Conduite climatique économe en énergie sur tomate », 12 septembre…

    CTIFL, « Conduite climatique économe en énergie sur tomate », 12 septembre 2024.

    2024

  5. W05
  6. W06

    CTIFL, « Concombre sous serre chauffée »

    chemin d’impact, publié 17 avril 2026, modifié 23 avril 2026.

    2026

  7. W07
  8. W08

    DRAAF Bretagne / Agreste, Recensement agricole 2020

    tableau détaillé des cultures, serres et abris hauts.

    2020