01 · Référence
Reconnaître et suivre les mammites
Une mammite est une inflammation de la glande mammaire, le plus souvent consécutive à une infection intramammaire. Elle peut être clinique (lait et/ou quartier anormaux, parfois signes généraux) ou subclinique (pas de signe visible, détection par cellules et/ou microbiologie).
Le comptage cellulaire est un marqueur d'inflammation, pas un test d'identification bactérienne. Autour de 200 000 cellules/mL au niveau individuel, la probabilité d'infection augmente nettement, mais aucun seuil isolé ne remplace l'historique, la parité, le stade et la bactériologie.
Le seuil réglementaire européen du lait cru de vache est différent d'un seuil diagnostique: la moyenne géométrique mobile des cellules du lait de collecte doit être ≤ 400 000/mL sur trois mois, avec au moins un prélèvement par mois sauf méthode saisonnière autorisée.
En France, les résultats du Contrôle Laitier 2024 montrent une dégradation récente: moyenne des concentrations cellulaires troupeaux à 234 000 cellules/mL en 2024 contre 212 000 en 2021, +0,6 point de contrôles >300 000, indicateur de guérison en période sèche/péripartum en retrait d'environ 1 point et fréquence des mammites cliniques en hausse entre 2023 et 2024.
La maîtrise des mammites suit une équation simple: réduire l'incidence des nouvelles infections et raccourcir la durée des infections existantes. Une stratégie uniquement fondée sur le traitement ne suffit pas.
02 · Référence
Définition précise : mammite, infection intramammaire et inflammation
La mammite bovine est une inflammation de la glande mammaire. Dans la très grande majorité des situations d'élevage laitier, elle est déclenchée par l'entrée et la multiplication d'un microorganisme dans un quartier mammaire. Il faut pourtant séparer trois notions: invasion du canal, infection intramammaire (IMI) et réponse inflammatoire. Une infection peut être transitoire ou persistante; l'intensité de l'inflammation varie fortement selon l'agent, la vache et le stade de l'infection.
Aucun de ces trois niveaux ne remplace les deux autres. Une vache peut être infectée sans lait visiblement anormal, et une inflammation peut persister après diminution de la charge bactérienne.
L'unité pertinente est le quartier. Une vache possède quatre quartiers biologiquement distincts; les décisions d'échantillonnage, l'étiologie et la persistance peuvent différer entre quartiers. Le niveau vache et le niveau troupeau restent néanmoins nécessaires pour calculer l'incidence, les récidives et la transmission.
03 · Référence
Mammite clinique et subclinique : deux expressions d’un même continuum
La mammite clinique se repère par des anomalies visibles. Une classification simple et internationale distingue: forme légère, avec modification du lait seulement (grumeaux, flocons, aspect aqueux ou coloré); forme modérée, avec lait anormal et signes inflammatoires du quartier (chaleur, douleur, gonflement); forme sévère, avec signes mammaires et atteinte générale.
La mammite subclinique ne donne pas de signe visible à la traite. Elle est suspectée par une augmentation persistante des cellules, un test de type CMT ou une variation d'indicateurs automatiques, puis confirmée ou caractérisée par microbiologie si nécessaire. Elle pèse souvent sur la production et peut constituer un réservoir de transmission.
04 · Référence
La porte d’entrée : canal du trayon, kératine et défenses locales
Le canal du trayon constitue la première barrière physique et chimique. Entre les traites, sa fermeture, la kératine et l'intégrité de l'épithélium limitent l'ascension bactérienne. Immédiatement après la traite et autour du tarissement/vêlage, cette barrière peut être plus vulnérable.
05 · Référence
Reconnaître les signes cliniques
Observer le lait, la mamelle et l’état général. Un lait modifié, un quartier chaud ou douloureux et une vache abattue ne présentent pas le même degré d’urgence. Consigner les signes et suivre le protocole de soins établi avec le vétérinaire, sans déduire le traitement d’un seul résultat cellulaire.
06 · Référence
Suivre les cellules et les cas dans le temps
Les cellules somatiques renseignent sur l’inflammation de la mamelle, tandis que les cas cliniques sont des événements à enregistrer. Comparer les nouvelles infections, récidives et résultats individuels par période. Une hausse du tank demande de rechercher les animaux et les pratiques concernés.
07 · Référence
Prévenir les nouvelles infections
Agir sur l’hygiène des trayons, les conditions de couchage, le fonctionnement de la machine à traire et la période de tarissement. Vérifier que les mesures réduisent les nouveaux cas, plutôt que de juger seulement un résultat moyen. Faire évoluer le plan avec le vétérinaire et les conseillers de l’élevage.
| Repère | Valeur ou constat cité |
|---|---|
| Comptage individuel | Autour de 200 000 cellules/mL, probabilité d’infection nettement accrue |
| Seuil réglementaire du lait cru | Moyenne géométrique mobile ≤ 400 000/mL sur trois mois |
| Moyenne des troupeaux en 2024 | 234 000 cellules/mL, contre 212 000 en 2021 |
| Mammites cliniques | Fréquence en hausse entre 2023 et 2024 |
| Quartiers de la mamelle | Quatre quartiers biologiquement distincts |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Un comptage cellulaire élevé suffit-il à diagnostiquer une infection?
Non. Le comptage cellulaire est un marqueur d’inflammation, pas un test d’identification bactérienne. Aucun seuil isolé ne remplace l’historique, la parité, le stade et la bactériologie.
Le seuil réglementaire du lait cru est-il un seuil diagnostique?
Non. Le seuil européen porte sur la moyenne géométrique mobile du lait de collecte, fixée à 400 000/mL au plus sur trois mois, et non sur le diagnostic d’une vache.
Un traitement suffit-il à maîtriser les mammites?
Non. La maîtrise repose sur la réduction des nouvelles infections et sur la durée plus courte des infections existantes. Une stratégie fondée uniquement sur le traitement ne suffit pas.





