Référence agronomique · France

Élevage bovin · Conduite du troupeau laitier

Mammites

Une mammite peut être clinique, avec des signes visibles, ou détectée par des indicateurs de santé mammaire. Noter l’animal, les signes et les résultats, puis appliquer le protocole vétérinaire du troupeau.

Mis à jour le 03/10/2026 Lecture 5 min
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Mammites — illustration documentaire (Élevage bovin, Conduite du troupeau laitier)
Mammites · Photographie documentaire SILLOVA
Données datéesPrévisions distinguées des bilans
Contexte avant conseilRégion, sol, variété et débouché

Repères essentiels

Quatre points pour guider la lecture.

Signes

Lait et mamelle

Cellules

Indicateur de suivi

Alerte

Évaluer la gravité

Soins

Protocole vétérinaire

01 · Référence

Reconnaître et suivre les mammites

Une mammite est une inflammation de la glande mammaire, le plus souvent consécutive à une infection intramammaire. Elle peut être clinique (lait et/ou quartier anormaux, parfois signes généraux) ou subclinique (pas de signe visible, détection par cellules et/ou microbiologie).

Le comptage cellulaire est un marqueur d'inflammation, pas un test d'identification bactérienne. Autour de 200 000 cellules/mL au niveau individuel, la probabilité d'infection augmente nettement, mais aucun seuil isolé ne remplace l'historique, la parité, le stade et la bactériologie.

Le seuil réglementaire européen du lait cru de vache est différent d'un seuil diagnostique: la moyenne géométrique mobile des cellules du lait de collecte doit être ≤ 400 000/mL sur trois mois, avec au moins un prélèvement par mois sauf méthode saisonnière autorisée.

En France, les résultats du Contrôle Laitier 2024 montrent une dégradation récente: moyenne des concentrations cellulaires troupeaux à 234 000 cellules/mL en 2024 contre 212 000 en 2021, +0,6 point de contrôles >300 000, indicateur de guérison en période sèche/péripartum en retrait d'environ 1 point et fréquence des mammites cliniques en hausse entre 2023 et 2024.

La maîtrise des mammites suit une équation simple: réduire l'incidence des nouvelles infections et raccourcir la durée des infections existantes. Une stratégie uniquement fondée sur le traitement ne suffit pas.

02 · Référence

Définition précise : mammite, infection intramammaire et inflammation

La mammite bovine est une inflammation de la glande mammaire. Dans la très grande majorité des situations d'élevage laitier, elle est déclenchée par l'entrée et la multiplication d'un microorganisme dans un quartier mammaire. Il faut pourtant séparer trois notions: invasion du canal, infection intramammaire (IMI) et réponse inflammatoire. Une infection peut être transitoire ou persistante; l'intensité de l'inflammation varie fortement selon l'agent, la vache et le stade de l'infection.

Aucun de ces trois niveaux ne remplace les deux autres. Une vache peut être infectée sans lait visiblement anormal, et une inflammation peut persister après diminution de la charge bactérienne.

L'unité pertinente est le quartier. Une vache possède quatre quartiers biologiquement distincts; les décisions d'échantillonnage, l'étiologie et la persistance peuvent différer entre quartiers. Le niveau vache et le niveau troupeau restent néanmoins nécessaires pour calculer l'incidence, les récidives et la transmission.

03 · Référence

Mammite clinique et subclinique : deux expressions d’un même continuum

La mammite clinique se repère par des anomalies visibles. Une classification simple et internationale distingue: forme légère, avec modification du lait seulement (grumeaux, flocons, aspect aqueux ou coloré); forme modérée, avec lait anormal et signes inflammatoires du quartier (chaleur, douleur, gonflement); forme sévère, avec signes mammaires et atteinte générale.

La mammite subclinique ne donne pas de signe visible à la traite. Elle est suspectée par une augmentation persistante des cellules, un test de type CMT ou une variation d'indicateurs automatiques, puis confirmée ou caractérisée par microbiologie si nécessaire. Elle pèse souvent sur la production et peut constituer un réservoir de transmission.

04 · Référence

La porte d’entrée : canal du trayon, kératine et défenses locales

Le canal du trayon constitue la première barrière physique et chimique. Entre les traites, sa fermeture, la kératine et l'intégrité de l'épithélium limitent l'ascension bactérienne. Immédiatement après la traite et autour du tarissement/vêlage, cette barrière peut être plus vulnérable.

05 · Référence

Reconnaître les signes cliniques

Observer le lait, la mamelle et l’état général. Un lait modifié, un quartier chaud ou douloureux et une vache abattue ne présentent pas le même degré d’urgence. Consigner les signes et suivre le protocole de soins établi avec le vétérinaire, sans déduire le traitement d’un seul résultat cellulaire.

06 · Référence

Suivre les cellules et les cas dans le temps

Les cellules somatiques renseignent sur l’inflammation de la mamelle, tandis que les cas cliniques sont des événements à enregistrer. Comparer les nouvelles infections, récidives et résultats individuels par période. Une hausse du tank demande de rechercher les animaux et les pratiques concernés.

07 · Référence

Prévenir les nouvelles infections

Agir sur l’hygiène des trayons, les conditions de couchage, le fonctionnement de la machine à traire et la période de tarissement. Vérifier que les mesures réduisent les nouveaux cas, plutôt que de juger seulement un résultat moyen. Faire évoluer le plan avec le vétérinaire et les conseillers de l’élevage.

Repères cellulaires et de suivi cités dans la page
RepèreValeur ou constat cité
Comptage individuelAutour de 200 000 cellules/mL, probabilité d’infection nettement accrue
Seuil réglementaire du lait cruMoyenne géométrique mobile ≤ 400 000/mL sur trois mois
Moyenne des troupeaux en 2024234 000 cellules/mL, contre 212 000 en 2021
Mammites cliniquesFréquence en hausse entre 2023 et 2024
Quartiers de la mamelleQuatre quartiers biologiquement distincts

Questions fréquentes

Pour aller à l’essentiel

Un comptage cellulaire élevé suffit-il à diagnostiquer une infection?

Non. Le comptage cellulaire est un marqueur d’inflammation, pas un test d’identification bactérienne. Aucun seuil isolé ne remplace l’historique, la parité, le stade et la bactériologie.

Le seuil réglementaire du lait cru est-il un seuil diagnostique?

Non. Le seuil européen porte sur la moyenne géométrique mobile du lait de collecte, fixée à 400 000/mL au plus sur trois mois, et non sur le diagnostic d’une vache.

Un traitement suffit-il à maîtriser les mammites?

Non. La maîtrise repose sur la réduction des nouvelles infections et sur la durée plus courte des infections existantes. Une stratégie fondée uniquement sur le traitement ne suffit pas.

Traçabilité

Sources utilisées

Les principales références utilisées pour vérifier les repères de cette page.

  1. Institut de l’Élevage

    Dossier : les mammites

    Consulté en octobre 2026

  2. Institut de l’Élevage

    Évolution des cellules et mammites cliniques 2020–2024

    Consulté en octobre 2026

  3. Union européenne

    Règlement (CE) 853/2004 : lait cru

    Consulté en octobre 2026