01 · Référence
Synthèse décisionnelle
Sources clés : Terres Inovia - Guide colza 2026 [S1], Terres Inovia - leviers maladies [S7], GEVES/CTPS [S15]
02 · Référence
Définition et place des maladies dans l’itinéraire technique
Le terme « maladies du colza » regroupe des bioagresseurs de natures différentes : champignons ascomycètes (phoma, sclérotinia, cylindrosporiose, mycosphaerella, oïdium, alternaria), protiste tellurique (hernie des crucifères), virus (TuYV, TuMV, CaMV), phytoplasmes et quelques agents secondaires. Leur importance ne se juge pas seulement à la fréquence des symptômes : certaines maladies très visibles sont peu nuisibles sur feuilles, alors que d’autres deviennent dommageables lorsqu’elles atteignent le collet, la tige ou les siliques.
La fenêtre de décision s’étend de l’avant-semis à la récolte. La rotation, le pH et l’hygiène du matériel se raisonnent sur plusieurs années ; le choix variétal se fait avant semis ; phoma et viroses se surveillent dès l’automne ; cylindrosporiose et mycosphaerella peuvent s’installer en hiver ; sclérotinia se raisonne à la floraison ; oïdium, alternaria et certaines maladies des siliques deviennent surtout des enjeux de fin de cycle. Cette chronologie explique pourquoi une stratégie « un fongicide = toutes les maladies » est techniquement fragile.
Objectif agronomique : préserver peuplement, système vasculaire, surface photosynthétique, nombre de siliques et PMG.
Objectif sanitaire : réduire le stock d’inoculum et la sélection de populations virulentes ou résistantes aux fongicides.
Objectif économique : intervenir uniquement lorsque la probabilité de gain couvre le coût du produit, du passage et les pertes liées au passage.
03 · Référence
Panorama des maladies du colza en France en 2026
La campagne 2025-2026 a été marquée par une reprise et une floraison très précoces. Terres Inovia estime la sole nationale de colza à 1,417 million d’hectares, une production proche de 4,7 Mt et un rendement moyen provisoire autour de 33,4 q/ha. Le profil sanitaire 2026 n’a pas été dominé par une épidémie nationale : le mycosphaerella a été observé dès mars surtout dans l’Ouest, avec quelques symptômes tardifs sur siliques en Normandie, Bourgogne et Champagne ; le sclérotinia est resté très discret ; la hernie reste sous surveillance dans plusieurs bassins.
Cette situation illustre la variabilité interannuelle : 2024 avait au contraire été très favorable aux maladies de fin de cycle, notamment mycosphaerella et cylindrosporiose dans certaines régions. La page SILLOVA doit donc distinguer « maladie historiquement importante », « maladie actuellement fréquente » et « risque parcellaire de l’année ».
Sources clés : Bilan national 2026 [S2], Phoma [S8], Cylindrosporiose [S10], Mycosphaerella [S11], Hernie [S12], PRECOTION [S13]
04 · Référence
Calendrier de surveillance de la levée à la récolte
Sources clés : [S1], Diagnostics Terres Inovia [S4] [S5]
05 · Référence
Méthode de diagnostic terrain et diagnostic différentiel
Le diagnostic doit commencer par la répartition spatiale. Une maladie aérienne disséminée par spores peut produire un gradient ou une distribution diffuse ; une maladie tellurique comme la hernie apparaît souvent en foyers liés aux zones humides, entrées de parcelle ou déplacements de terre ; un stress hydrique ou une carence épouse davantage les hétérogénéités de sol. La répartition n’est pas une preuve, mais elle oriente fortement la suite des observations.
Observer au moins 5 zones représentatives, en évitant de conclure à partir d’un seul pied spectaculaire.
Identifier précisément l’organe atteint : feuille, pétiole, collet, racine, tige, bouton, fleur ou silique.
Rechercher les signes du pathogène : pycnides, acervules, mycélium, sclérotes, fructifications concentriques.
Couper tiges et collets : la nécrose interne, les microsclérotes ou la pourriture blanche apportent des indices essentiels.
06 · Référence
Phoma : agent, cycle et épidémiologie
Le phoma (blackleg / stem canker) est principalement causé par Leptosphaeria maculans, aussi désigné dans certaines classifications par Plenodomus lingam. L’agent alterne phases saprophyte sur résidus, biotrophe/endophyte dans la plante puis nécrotrophe. Les résidus de colza contaminés constituent l’inoculum primaire et peuvent rester actifs au moins 3 à 4 ans. En fin d’été et à l’automne, les pseudothèces produisent des ascospores disséminées par le vent après humidification des résidus.
Les ascospores infectent cotylédons et feuilles ; des macules apparaissent, puis le mycélium progresse sans symptôme visible dans le pétiole et la tige vers le collet. La nécrose au collet s’exprime plus tard, souvent à la sortie d’hiver et au printemps. La synchronisation entre contamination automnale et progression vers le collet explique l’intérêt d’un colza robuste mais non excessivement élongué.
Dispersion primaire : ascospores par le vent ; secondaire possible par pycnidiospores et éclaboussures.
Période clé : automne, dès le stade cotylédonaire.
Dommage économique : nécrose au collet, défaut d’alimentation hydrique, dessèchement et casse.
07 · Référence
Phoma : reconnaître les symptômes et évaluer la nuisibilité
Sur feuille, la macule typique est arrondie, gris cendré, souvent de 5 à 15 mm, avec de nombreuses pycnides noires régulières et peu ou pas de halo jaune. La pseudocercosporellose peut lui ressembler mais ne présente pas ces pycnides au début. Leptosphaeria biglobosa peut produire des lésions plus concentriques, au centre parfois déchiré, avec halo jaune plus marqué et pycnides moins évidentes.
Au collet, une nécrose gris-noir s’étend dans les tissus. En cas d’attaque forte, elle peut ceinturer le collet, fragiliser la plante et provoquer dessèchement ou rupture. Terres Inovia rappelle que les symptômes foliaires n’entraînent pas directement la perte de rendement ; ce sont les lésions au collet qui sont déterminantes. Dans des situations sévères sur matériel sensible, des pertes supérieures à 50 % ont été rapportées historiquement.
08 · Référence
Phoma : résistance variétale et gestion intégrée
Le choix variétal est le levier central. Terres Inovia recommande de privilégier les variétés TPS (très peu sensibles). Deux mécanismes peuvent se combiner : une résistance quantitative, polygénique, qui réduit la progression et les nécroses de manière plus durable ; et des résistances spécifiques Rlm/LepR, très efficaces lorsque le pathogène porte le gène d’avirulence correspondant, mais susceptibles d’être contournées sous pression de sélection.
En France, l’efficacité de Rlm3 et Rlm7 a fortement diminué avec l’évolution des populations. Des gènes plus récents comme RlmS ou LepR1 peuvent conserver de l’efficacité, mais leur durabilité suppose une gestion raisonnée et un suivi régional. Une variété portant un gène contourné peut néanmoins rester TPS grâce à son fond de résistance quantitative.
Éviter les variétés PS/S en contexte de risque.
Limiter l’élongation automnale : densité raisonnable, pas d’excès d’azote disponible à l’automne, implantation régulière.
Gérer les résidus et éviter une concentration excessive de colza dans le voisinage/rotation.
| Situation observée | Réflexe prioritaire | Décision de protection |
|---|---|---|
| Macules gris cendré à pycnides à l’automne | Identifier phoma, vérifier variété et profil Rlm / résistance quantitative | Pas de traitement systématique : priorité au levier variétal et agronomique. |
| Chute des premiers pétales, historique sclérotinia / rotation courte | Évaluer risque agronomique + BSV + contamination des fleurs | Si risque justifié : protection préventive au stade G1, jamais en curatif. |
| Taches liégeuses + acervules blanches, climat frais/humide | Cylindrosporiose ; vérifier sensibilité variétale et évolution vers siliques | Protection ciblée surtout sur variétés sensibles ; le passage G1 peut couvrir le risque. |
| Taches concentriques à nombreux petits points noirs, Ouest / printemps humide | Mycosphaerella ; suivre montée feuilles → siliques | Raisonner avec la protection de floraison ; relais seulement situations ciblées à fort risque. |
| Galles racinaires, flétrissement par temps chaud | Hernie : isoler la parcelle, pH, rotation, matériel | Variété résistante adaptée au pathotype + prophylaxie ; pas de solution curative au champ. |
| Feutrage blanc tardif | Oïdium ; surtout Sud / fin de cycle | Intervention non systématique ; intérêt décroît avec la tardiveté des symptômes. |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur synthèse décisionnelle ?
Sources clés : Terres Inovia - Guide colza 2026 [S1], Terres Inovia - leviers maladies [S7], GEVES/CTPS [S15] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur définition et place des maladies dans l’itinéraire technique ?
Le terme maladies du colza regroupe des bioagresseurs de natures différentes champignons ascomycètes phoma sclérotinia cylindrosporiose mycosphaerella oïdium alternaria protiste tellurique hernie des crucifères virus TuYV TuMV CaMV phytoplasmes et quelques agents secondaires Leur importance ne se juge pas seulement à la fréquence des symptômes certaines maladies très visibles sont peu nuisibles sur feuilles alors que d’autres deviennent dommageables lorsqu’elles atteignent le collet la tige ou les siliques La fenêtre de décision s’étend de l’avant-semis à la récolte La rotation le pH et l’hygiène du matériel se raisonnent sur plusieurs… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur panorama des maladies du colza en france en 2026 ?
La campagne 2025-2026 a été marquée par une reprise et une floraison très précoces Terres Inovia estime la sole nationale de colza à 1 417 million d’hectares une production proche de 4 7 Mt et un rendement moyen provisoire autour de 33 4 q ha Le profil sanitaire 2026 n’a pas été dominé par une épidémie nationale le mycosphaerella a été observé dès mars surtout dans l’Ouest avec quelques symptômes tardifs sur siliques en Normandie Bourgogne et Champagne le sclérotinia est resté très discret la hernie reste sous surveillance dans… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur calendrier de surveillance de la levée à la récolte ?
Sources clés : [S1], Diagnostics Terres Inovia [S4] [S5] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur méthode de diagnostic terrain et diagnostic différentiel ?
Le diagnostic doit commencer par la répartition spatiale Une maladie aérienne disséminée par spores peut produire un gradient ou une distribution diffuse une maladie tellurique comme la hernie apparaît souvent en foyers liés aux zones humides entrées de parcelle ou déplacements de terre un stress hydrique ou une carence épouse davantage les hétérogénéités de sol La répartition n’est pas une preuve mais elle oriente fortement la suite des observations Observer au moins 5 zones représentatives en évitant de conclure à partir d’un seul pied spectaculaire Identifier précisément l’organe atteint feuille… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur phoma : agent, cycle et épidémiologie ?
Le phoma blackleg stem canker est principalement causé par Leptosphaeria maculans aussi désigné dans certaines classifications par Plenodomus lingam L’agent alterne phases saprophyte sur résidus biotrophe endophyte dans la plante puis nécrotrophe Les résidus de colza contaminés constituent l’inoculum primaire et peuvent rester actifs au moins 3 à 4 ans En fin d’été et à l’automne les pseudothèces produisent des ascospores disséminées par le vent après humidification des résidus Les ascospores infectent cotylédons et feuilles des macules apparaissent puis le mycélium progresse sans symptôme visible dans le pétiole et la… [S01][S02][S03]





