01 · Référence
Définition, périmètre et hiérarchisation des ravageurs du colza
Un ravageur du colza est un animal phytophage dont l’activité peut réduire l’implantation, la croissance, la mise en place des composantes du rendement ou la qualité de la récolte de Brassica napus. La plupart des espèces sont des insectes, mais la page doit aussi intégrer les mollusques (limaces) et, dans une logique de diagnostic différentiel, les dégâts de vertébrés. La notion de ravageur est économique : une espèce peut être très fréquente sans dépasser le niveau de dommage qui justifie une intervention.
Le complexe français est dominé par des coléoptères spécialisés des Brassicacées. Les altises et plusieurs charançons exploitent successivement les organes de la culture. Les méligèthes ciblent les boutons floraux, les pucerons provoquent des dégâts directs et/ou transmettent des virus, tandis que la cécidomyie des siliques profite souvent des blessures laissées par le charançon des siliques. La hiérarchie varie fortement selon région, date de semis, historique de la parcelle, vigueur et conditions climatiques.
Sources clés : Guide colza 2026 [S1], Petit guide ravageurs [S5]
02 · Référence
Contexte français 2025-2026 : pression élevée mais dégâts très variables
La campagne 2025-2026 a combiné implantations parfois hétérogènes, excès d’eau hivernaux, reprise très précoce puis sécheresse et chaleur. Terres Inovia estime la sole de colza à environ 1,417 million d’hectares ; les récoltes ont débuté avec près de deux semaines d’avance dans de nombreuses régions. Les pressions de ravageurs ont fortement contribué aux écarts entre parcelles, en particulier les larves de grosses altises et les méligèthes.
En Normandie et dans l’Ouest de l’Île-de-France, les écarts de rendement se sont construits avant la floraison sous l’effet cumulé de l’excès d’eau, des pertes foliaires, des larves d’altises puis des méligèthes. Dans le Poitou-Charentes, la Vendée et le Limousin, la campagne est explicitement décrite comme marquée par une forte pression de ravageurs et un rendement régional estimé autour de 30 q/ha contre 35 q/ha en 2025. Dans les BSV 2026, des comptages de larves d’altises atteignent localement plusieurs dizaines par plante, illustrant une hétérogénéité extrême.
Sources clés : Bilan national [S2], Normandie 2026 [S25], Pays de Loire 2026 [S24], Bilan Poitou/Vendée/Limousin [S26]
03 · Référence
Calendrier de surveillance : du semis aux premières graines colorées
Sources clés : [S1], [S10], [S11], [S12], [S13]
04 · Référence
Méthode d’observation : distinguer présence, pression et risque
La surveillance doit répondre à trois questions différentes : le ravageur est-il présent ? La population ou les dégâts augmentent-ils ? La culture est-elle suffisamment sensible pour que cette pression se traduise en perte économique ? Une cuvette jaune répond surtout à la première question. Un comptage sur plantes, un pourcentage de surface foliaire détruite, une Berlèse ou un dénombrement de colonies répondent davantage aux deux suivantes.
05 · Référence
Avant toute intervention, rechercher les auxiliaires et vérifier la résistance régionale et le statut réglementaire du produit.
Sources clés : Méligèthes [S11], Guide [S1], Résistances [S3]
06 · Référence
Cuvette jaune, BSV et OAD : trois outils complémentaires
La cuvette jaune est l’outil de base pour détecter l’arrivée des coléoptères. Son positionnement évolue avec la culture : enterrée ou au niveau du sol pour certaines altises au démarrage, puis au niveau de la végétation pour les charançons. Elle doit être relevée régulièrement, identifiée correctement et replacée à la hauteur du couvert. Le nombre capturé ne constitue pas toujours un seuil : pour les méligèthes et le charançon des siliques, le dénombrement sur plantes reste indispensable.
Les Bulletins de santé du végétal (BSV) replacent la parcelle dans une dynamique régionale. Les OAD de Terres Inovia modélisent les vols de certains charançons en fonction du climat et complètent les réseaux de cuvettes. Pour le charançon du bourgeon terminal, l’OAD aide notamment à raisonner le pic de vol, car les larves deviennent inaccessibles une fois dans la plante.
Sources clés : Berlèse [S8], CBT/OAD [S7], Charançon tige [S10]
07 · Référence
Petites altises : premier risque des levées estivales
Les petites altises ou altises des crucifères (principalement Phyllotreta spp.) sont de petits chrysomèles actifs en été. Elles mordent cotylédons et jeunes feuilles en laissant de petits trous circulaires. Les attaques se concentrent souvent en bordure, notamment à proximité de repousses ou d’anciens colzas, puis peuvent s’étendre très rapidement lorsque les jeunes plantes poussent lentement.
La fenêtre de sensibilité va de la levée à 3 feuilles incluses (BBCH 13). Le repère Terres Inovia est atteint lorsque 8 pieds sur 10 présentent des morsures ET que 25 % de la surface foliaire est consommée. Ce couple de critères ne doit pas être lu de façon statique : la vitesse d’accumulation des dégâts et la vitesse d’émission des nouvelles feuilles déterminent le risque réel.
Éviter de détruire brutalement des repousses de colza voisines pendant la levée de la nouvelle culture : cela peut déplacer les adultes vers le semis.
Inspecter les bordures puis l’intérieur, au moins tous les 2-3 jours lors d’une phase chaude et sèche.
Un colza qui atteint rapidement 3-4 feuilles sort de la fenêtre de forte sensibilité.
08 · Référence
Grosse altise adulte : gérer le risque de défoliation, pas le seul piégeage
La grosse altise ou altise d’hiver, Psylliodes chrysocephala, mesure environ 3 à 5 mm et présente un corps sombre à reflets métalliques. Les adultes migrent vers les colzas à l’automne après leur phase estivale. Le dommage direct correspond aux morsures sur cotylédons et feuilles ; il devient critique lorsque la destruction foliaire dépasse la capacité de croissance de jeunes plantes.
La période la plus sensible s’étend de la levée à 3-4 feuilles. Comme pour les petites altises, le seuil indicatif national combine 8 plantes sur 10 mordues et 25 % de surface foliaire consommée. La cuvette enterrée permet surtout de détecter l’arrivée du vol. Une arrivée après le stade 4 feuilles sur un colza dynamique ne justifie généralement pas une protection contre les adultes.
Sources clés : Guide 2026 [S1], Altises adultes [S4], Revue 2024 [S30]
| Repère | Valeur / règle opérationnelle | Interprétation |
|---|---|---|
| Petites altises | Levée à 3 feuilles ; 8 plantes/10 mordues ET 25 % de surface foliaire consommée | Seuil à compléter par la vitesse des dégâts et la croissance du colza. |
| Grosses altises adultes | Levée à 3-4 feuilles ; même couple 80 % + 25 % | La cuvette signale l’arrivée, mais la décision se fait sur dégâts/plantes. |
| Larves de grosse altise | Berlèse ; indicatif 5 larves/plante en faible risque, 2-3 en situation agronomique à risque | Raisonner avec biomasse, croissance automnale, état du pivot et dynamique hivernale. |
| Méligèthes | D1-E ; colza vigoureux : pas d’intervention à D1, 6-9/plante à E (Sud : 4-6) | La capacité de compensation est centrale ; éviter les traitements dès que la floraison s’engage normalement. |
| Charançon des siliques | G2-G4 ; cas général hors Sud-Ouest : 1 charançon / 2 plantes à l’intérieur | Prioriser bordures et auxiliaires ; la cécidomyie exploite les perforations. |
| Puceron cendré | Reprise-mi-floraison : quelques colonies en différents points ; après mi-floraison : 2 colonies/m² | Vérifier auxiliaires et évolution ; les manchons installés deviennent difficiles à contrôler. |
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Que faut-il retenir sur définition, périmètre et hiérarchisation des ravageurs du colza ?
Un ravageur du colza est un animal phytophage dont l’activité peut réduire l’implantation la croissance la mise en place des composantes du rendement ou la qualité de la récolte de Brassica napus La plupart des espèces sont des insectes mais la page doit aussi intégrer les mollusques limaces et dans une logique de diagnostic différentiel les dégâts de vertébrés La notion de ravageur est économique une espèce peut être très fréquente sans dépasser le niveau de dommage qui justifie une intervention Le complexe français est dominé par des coléoptères spécialisés… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur contexte français 2025-2026 : pression élevée mais dégâts très variables ?
La campagne 2025-2026 a combiné implantations parfois hétérogènes excès d’eau hivernaux reprise très précoce puis sécheresse et chaleur Terres Inovia estime la sole de colza à environ 1 417 million d’hectares les récoltes ont débuté avec près de deux semaines d’avance dans de nombreuses régions Les pressions de ravageurs ont fortement contribué aux écarts entre parcelles en particulier les larves de grosses altises et les méligèthes En Normandie et dans l’Ouest de l’Île-de-France les écarts de rendement se sont construits avant la floraison sous l’effet cumulé de l’excès d’eau des… [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur calendrier de surveillance : du semis aux premières graines colorées ?
Sources clés : [S1], [S10], [S11], [S12], [S13] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur méthode d’observation : distinguer présence, pression et risque ?
La surveillance doit répondre à trois questions différentes : le ravageur est-il présent ? La population ou les dégâts augmentent-ils ? La culture est-elle suffisamment sensible pour que cette pression se traduise en perte économique ? Une cuvette jaune répond surtout à la première question. Un comptage sur plantes, un pourcentage de surface foliaire détruite, une Berlèse ou un dénombrement de colonies répondent davantage aux deux suivantes. [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur avant toute intervention, rechercher les auxiliaires et vérifier la résistance régionale et le statut réglementaire du produit. ?
Sources clés : Méligèthes [S11], Guide [S1], Résistances [S3] [S01][S02][S03]
Que faut-il retenir sur cuvette jaune, bsv et oad : trois outils complémentaires ?
La cuvette jaune est l’outil de base pour détecter l’arrivée des coléoptères Son positionnement évolue avec la culture enterrée ou au niveau du sol pour certaines altises au démarrage puis au niveau de la végétation pour les charançons Elle doit être relevée régulièrement identifiée correctement et replacée à la hauteur du couvert Le nombre capturé ne constitue pas toujours un seuil pour les méligèthes et le charançon des siliques le dénombrement sur plantes reste indispensable Les Bulletins de santé du végétal BSV replacent la parcelle dans une dynamique régionale Les… [S01][S02][S03]





