01 · Identité
Identité et classification
L'Île-de-France est une grande race ovine française à viande, issue de croisements entre Mérinos de Rambouillet et Dishley/New Leicester conduits au XIXe siècle. Son positionnement est celui d'une race bouchère améliorée lourde et précoce.
La race combine forte conformation, croissance rapide, aptitude à produire des agneaux lourds sans excès de gras, qualités maternelles solides, prolificité intéressante et capacité de désaisonnement. Elle est utilisée en race pure mais aussi comme race paternelle de croisement terminal.
La sélection française est animée par l'OSON (Organisation de Sélection Ovine Nord), basée à Verdilly dans l'Aisne. Le dispositif combine contrôle en ferme, station de contrôle individuel, généalogies, évaluations génétiques et diffusion par insémination.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Origine | Croisement Mérinos × Dishley · XIXe siècle |
| Nom adopté | 1922 |
| Orientation | Viande · race bouchère lourde et précoce |
| Organisme de sélection | OSON · Verdilly (Aisne) |
| Spécificité | Désaisonnement · croisement terminal |
02 · Origine
Origine, berceau et histoire
La construction de la race associe deux héritages : le Mérinos de Rambouillet, recherché pour la laine, la rusticité et l'aptitude au désaisonnement, et le Dishley (New Leicester), mobilisé pour le format, la précocité et les aptitudes bouchères.
Les sources ne donnent pas exactement la même date de départ. AgroParisTech indique que le croisement commence en 1832, alors qu'OSON et Races de France parlent d'une race sélectionnée « à partir de 1840 ». Il est donc plus robuste de décrire une phase d'expérimentation au cours des années 1830, suivie d'une structuration de la sélection autour de 1840.
Le nom « Île-de-France » est adopté en 1922 après diffusion dans les fermes du bassin parisien. En 1972, la station de testage de Verdilly est créée. En 2009, les organismes de sélection Île-de-France et Texel sont regroupés au sein de l'OSON.
03 · Morphologie
Morphologie, robe et standard racial
L'Île-de-France est un mouton de grand format, massif sans être grossier, avec une tête dépourvue de laine et une toison blanche dense.
Le standard recherche un animal de forte carrure, avec un dos large et musclé, des gigots profonds et bien descendus, et une ossature fine. La tête est sans laine, de couleur blanche à rosée, avec un mufle large et des oreilles de longueur moyenne.
La toison est blanche, dense et de qualité lainière moyenne. La laine n'est pas l'objectif principal de la sélection mais reste un critère de race.
04 · Croissance
Croissance, conformation et aptitudes bouchères
L'Île-de-France est reconnue pour sa croissance rapide et sa conformation bouchère de qualité. Elle est particulièrement adaptée à la production d'agneaux lourds bien conformés.
La race produit des agneaux à croissance rapide, avec une bonne conversion alimentaire et une aptitude à atteindre rapidement les poids de marché. La conformation des carcasses est généralement classée dans les catégories U et R de la grille EUROP.
En croisement terminal, le bélier Île-de-France apporte croissance, musculature et conformation. Les filles de croisement peuvent être conservées comme reproductrices dans certains schémas lorsque l'objectif combine prolificité/maternité et aptitudes viande.
05 · Reproduction
Reproduction, prolificité et désaisonnement
L'Île-de-France combine des qualités maternelles solides avec une capacité de désaisonnement qui donne de la souplesse aux calendriers d'agnelage.
La prolificité est intermédiaire à bonne pour une race bouchère lourde. Les qualités maternelles (fertilité, comportement, lait) sont suivies dans le programme de sélection femelle.
La capacité de désaisonnement est un atout majeur : elle permet de produire des agneaux en dehors de la saison naturelle pour répondre aux pics de demande du marché, notamment autour de Pâques.
06 · Sélection
Sélection et organisation OSON
La sélection française est très structurée autour de l'OSON et de sa station de Verdilly. Le dispositif combine contrôle en ferme, station de contrôle individuel et diffusion par insémination.
La station de Verdilly est toujours opérationnelle en 2026, avec une sortie de SCI Île-de-France annoncée le 30 avril 2026. Les jeunes béliers sont évalués en station dans des conditions standardisées avant qualification et diffusion.
Les objectifs de sélection équilibrent caractères de croissance, de viande, de conformation et qualités maternelles. La génomique est intégrée pour améliorer la précision des évaluations génétiques.
07 · Alimentation
Systèmes herbagers et autonomie
L'Île-de-France est adaptée aux systèmes herbagers du nord et de l'est de la France. La race valorise les prairies permanentes et temporaires.
La conduite alimentaire vise à synchroniser les agnelages avec la pousse de l'herbe pour maximiser l'autonomie fourragère. La complémentation en finition permet d'exprimer le potentiel de croissance génétique.
La gestion du pâturage, la qualité des fourrages conservés et la maîtrise du parasitisme sont des déterminants majeurs de la performance et de la rentabilité.
08 · Économie
Débouchés et filière
L'Île-de-France génère de la valeur à trois niveaux : agneaux de boucherie en race pure ou croisement, reproducteurs mâles et femelles, et semences dans les échanges de génétique.
La race est particulièrement adaptée aux marchés recherchant des agneaux lourds bien conformés. La conformation et la croissance rapide soutiennent la valorisation des carcasses.
Le contexte de la filière ovine française reste déficitaire en viande : plus de la moitié de la consommation est importée. La race Île-de-France contribue à l'offre nationale de viande ovine de qualité.
Approfondir
Repères techniques complémentaires pour Île-de-France
Ces repères complètent la vue d’ensemble avec des éléments directement utilisables pour situer la production, comparer les pratiques et préparer les décisions de conduite.
Son positionnement zootechnique est celui d’une race bouchère améliorée lourde et précoce : forte conformation, croissance rapide, aptitude à produire des agneaux lourds sans excès de gras, qualités maternelles solides, prolificité intéressante et capacité de désaisonnement qui donne de la souplesse aux calendriers d’agnelage. Elle est utilisée en race pure mais aussi comme race paternelle de croisement terminal sur des femelles rustiques.
La sélection française est animée par l’Organisation de Sélection Ovine Nord (OSON), basée à Verdilly dans l’Aisne. Le dispositif combine contrôle en ferme, station de contrôle individuel, généalogies, évaluations génétiques, testage sur descendance et diffusion par insémination. La station de Verdilly est toujours opérationnelle en 2026, avec une sortie de SCI Île-de-France annoncée le 30 avril 2026.
Les données d’effectifs doivent être lues avec prudence. OSON affiche une estimation de 250 000 brebis et 18 371 brebis contrôlées sur une page mise à jour en 2023. Races de France indique 17 986 brebis contrôlées dans 97 élevages en 2022. Le bilan Idele de la campagne 2025 classe encore l’Île-de-France parmi les quatre races comptant chacune plus de 16 000 brebis suivies au contrôle de performances. Ces indicateurs ne décrivent pas exactement le même périmètre.
Espèce : Ovis aries. Orientation : viande, avec valeur lainière historique et fonctions maternelles. Type : race bouchère améliorée, lourde, précoce et sans cornes. Organisme de sélection français : OSON. Centre historique et technique contemporain : Verdilly (Aisne). Dans les documents de l’Institut de l’Élevage, le code abrégé OIF est utilisé pour identifier la race dans les résultats de testage.
La construction de la race associe deux héritages : le Mérinos de Rambouillet, recherché notamment pour la laine, la rusticité et une certaine aptitude au désaisonnement, et le Dishley, race britannique issue du travail de sélection de Robert Bakewell et connue sous le nom de New Leicester dans le monde anglophone, mobilisée pour le format, la précocité et les aptitudes bouchères.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
L'Île-de-France est-elle une race française ?
Oui, c'est une race ovine française créée au XIXe siècle par croisement de Mérinos de Rambouillet et de Dishley dans la région parisienne.
Quelle est son origine exacte ?
Le croisement Mérinos × Dishley commence dans les années 1830, avec une structuration de la sélection autour de 1840. Le nom définitif est adopté en 1922. [S03]
Quel est son format adulte ?
C'est une grande race ovine : les brebis adultes pèsent généralement entre 80 et 100 kg, les béliers peuvent dépasser 120 kg. [S01]
Quel est son débouché principal ?
La production d'agneaux de boucherie en race pure et l'utilisation du bélier comme père terminal en croisement pour améliorer croissance et conformation. [S01]
Se désaisonne-t-elle facilement ?
Oui, la capacité de désaisonnement est un atout majeur de la race, permettant de produire des agneaux en dehors de la saison naturelle. [S01]
Combien y a-t-il d'Île-de-France en France ?
OSON affiche une estimation de 250 000 brebis et 18 371 brebis contrôlées (page 2023). Races de France indiquait 17 986 brebis contrôlées en 2022. [S01][S02]
Qui gère la sélection ?
L'OSON (Organisation de Sélection Ovine Nord) à Verdilly (Aisne) gère les programmes de sélection Île-de-France et Texel. [S01]
Quels sont ses atouts en croisement ?
Le bélier Île-de-France apporte croissance rapide, musculature, conformation et précocité aux agneaux croisés, tout en maintenant de bonnes qualités maternelles chez les filles. [S01]
Où est-elle élevée principalement ?
La race s'est diffusée au-delà du bassin parisien et se rencontre dans de nombreuses régions herbagères françaises. [S02]
Quelle est la qualité de sa laine ?
La toison est blanche et dense mais la laine est un critère secondaire dans la sélection. La production lainière n'est pas l'objectif économique principal. [S01]





