01 · Guide
Identité, nomenclature et taxonomie
Plasmodiophora brassicae Woronin est l’agent causal de la hernie des crucifères, appelée aussi « hernie du chou », « gros pied » ou clubroot en anglais. EPPO retient le code PLADBR et les noms français hernie des crucifères, hernie du chou et maladie digitaire des crucifères. La classification EPPO place l’organisme dans Protista, Cercozoa, Phytomyxea, Plasmodiophorida, Plasmodiophoraceae, Plasmodiophora. Les phylogénies moléculaires modernes rattachent les Phytomyxea au supergroupe eucaryote Rhizaria.
02 · Guide
Importance agronomique en France et poids des bassins de choux
La hernie est surtout grave lorsqu’elle s’installe dans des systèmes où les Brassicacées reviennent souvent : rotations légumières à choux multiples, pépinières, sols contaminés par transferts de terre ou eau, ou alternance colza/choux/couverts crucifères. Terres Inovia décrit en 2025-2026 une recrudescence de la maladie en France dans un contexte climatique jugé plus favorable, et les projets PANGENOCLUB puis PLATOON couvrent explicitement le colza et le chou.
03 · Guide
Plantes hôtes et réservoirs
P. brassicae infecte principalement les Brassicaceae. Pour les légumes, les hôtes majeurs appartiennent aux espèces Brassica oleracea (chou-fleur, brocoli, chou pommé, chou de Bruxelles, kale/chou frisé, chou-rave), Brassica rapa (navet, pak-choï, pe-tsaï et apparentés), Brassica napus (rutabaga et colza), Raphanus sativus (radis) et d’autres crucifères cultivées. Des adventices Brassicaceae peuvent entretenir le cycle : capselles, moutardes, ravenelles, repousses de colza et autres crucifères selon leur sensibilité au pathotype local.
04 · Guide
Symptômes détaillés : racines, collet et parties aériennes
Le diagnostic doit commencer par l’arrachage soigneux de plusieurs plantes, y compris des plantes apparemment saines en bordure du foyer. Les galles sont très variables : renflement fusiforme d’une racine latérale, nodosités multiples, épaississement du pivot ou hypertrophie massive de la totalité du système racinaire. Jeunes, elles sont fermes, pleines et blanc-crème ; en vieillissant elles brunissent, se fissurent, sont colonisées par des organismes secondaires puis se décomposent, libérant les spores de repos.
| Élément | Description |
|---|---|
| Racine latérale | Renflement fusiforme |
| Système racinaire | Nodosités multiples, épaississement du pivot ou hypertrophie massive |
| Galles jeunes | Fermes, pleines et blanc-crème |
| Galles âgées | Brunissent, se fissurent, se décomposent et libèrent les spores de repos |
05 · Guide
Diagnostic différentiel : ne pas confondre une galle avec toute déformation racinaire
La présence d’une hypertrophie racinaire oriente fortement vers la hernie, mais plusieurs causes peuvent provoquer racines déformées, nécroses ou flétrissements. Le diagnostic différentiel repose sur l’aspect interne, la distribution des lésions, les insectes/galeries visibles, la présence de pourriture primaire et l’historique de la parcelle. Un laboratoire est recommandé lorsque le diagnostic conditionne un investissement de rotation, un changement variétal ou une désinfection de matériel.
06 · Guide
Réduire l’inoculum à l’échelle de la rotation
La hernie est favorisée par les retours fréquents de Brassicacées et un sol mal drainé. Terres Inovia insiste sur la prévention, le choix variétal et les pratiques agronomiques plutôt que sur une réponse curative.
Cartographier les foyers, limiter les repousses et les crucifères adventices, puis espacer les cultures sensibles selon l’historique. Sur sol acide, une correction du pH peut faire partie d’une stratégie agronomique ; elle ne supprime pas les spores déjà présentes et doit être raisonnée avec une analyse de sol.
07 · Guide
Confirmer la cause des déformations racinaires
Un jaunissement ou un flétrissement en surface n’est pas spécifique. Arracher des plantes récemment atteintes en conservant les racines pour rechercher des galles irrégulières et comparer plusieurs zones de la parcelle.
Une carence, une compaction ou d’autres pathogènes peuvent coexister avec la hernie. En cas de doute, demander une analyse ; une décision de rotation ou de variété fondée sur une simple silhouette de plante serait fragile.
Questions fréquentes
Pour aller à l’essentiel
Quel est l’agent de la hernie du chou?
C’est Plasmodiophora brassicae, aussi appelé clubroot en anglais. Le nom français recommandé par EPPO est hernie des crucifères.
Quelles cultures sont concernées?
Principalement les Brassicaceae : choux, navet, rutabaga, colza et radis, ainsi que des adventices crucifères.
Une racine déformée suffit-elle à conclure à la hernie?
Non. Plusieurs causes peuvent déformer les racines. Un laboratoire est recommandé lorsque le diagnostic conditionne une rotation ou une désinfection.





